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DE MÉDECINE

LAND

DE CHIRURGIE ET DE PHARMACOLOGIE,

PUBLIÉ

Par la Société des Sciences Médicales et Naturelles

DE BRUXELLES,

SOUS LA DIRECTION D'UN COMITÉ

COMPOSÉ DE

MM. DIEUDONNÉ, D.-M., Redacleur principal. Membre du Conseil central de salu-

brité publique et du Conseil supérieur d'hygiène, Secrétaire de la Commission

de statistique du Brabant, Correspondant de l'Académie royale de médecine, etc.
HENRIETTE, D.-M., Secrétaire de la Société et du Conseil central de salubrité,

médecin de l'Hospice des enfants trouvés, membre de la Commission médicale

de Bruxelles, etc.
JOLY. D.-M., Chirurgien de l'hôpital Saint-Pierre, Médecin légiste attaché au

parquet de la Cour de justice, Membre du Conseil de salubrité, etc.
LEROY, Pharmacien, Collaborateur au Journal de Chimie médicale, de phar-

macie et de toxicologie de Paris, Membre de la Commission médicale de Bruxel-

les, du Conseil central de salubrité publique, etc.
MOUREMANS. D.-M., Membre du Conseil central de salubrité publique et de

plusieurs Sociétés savantes.
NOLLET, Professeur de physique à l'École militaire, Membre et Secrétaire du

Comité pour les affaires industrielles au Ministère de l'Intérieur, etc.
PIGEOLET, D.-M., Bibliothécaire de la Société, Professeur d'accouchement à

l'Université, Médecin de l'hôpital Saint-Pierre, Membre de la Commission mé-

dicale de Bruxelles, etc.
RIEKEN, D.-M., Médecin de S. M. le Roi des Belges, Membre correspondant

de l'Académie royale de médecine de Belgique et de plusieurs Académies et
Sociétés savantes régnicoles et étrangères.

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DE MÉDECINE.

( JUILLET 1852.)

1.- MÉMOIRES ET OBSERVATIONS.

TOPOGRAPHIE ET STATISTIQUE MÉDICALES DU CANTON DE Haeght (Province de

Brabant), (Mémoire auquel la Société a accordé une médaille d'encouragement au concours de 1851); par M. SWERON, docteur en médecine à Haeght. (Suite. Voir notre tome XIV, p. 489.)

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Des HEURES DU REPOS. Elles doivent varier en raison de diverses circonstances, d'après les forces de l'individu, le sexe, l'âge et la nature des travaux. Pour les adultes adonnés aux travaux rudes, il suffit de sept heures de sommeil, tandis qu'il en faut neuf ou dix pour les enfants, dont les pertes sont plus grandes par l'accroissement et le développement du corps. On oublie souvent à la campagne, surtout pendant la moisson, de se livrer au sommeil, alors que le besoin s'en fait vivement sentir. Cette habitude est aussi dangereuse que celle de dormir au delà du besoin. Il est imprudent de se livrer au sommeil immédiatement après le dîner; il faut attendre jusqu'à ce que la digestion soit à peu près accomplie, sinon on s'expose aux indigestions et aux congestions cérébrales.

DU CHAUFFAGE. — Les combustibles qu'on emploie, tant pour se chauffer que pour faire la cuisine et préparer la nourriture des bestiaux, sont: la houille, le bois et la tourbe. Ces combustibles sont bons, mais nous recommandons de procurer des moyens de chauffage aux indigents qui brûlent ordinairement des feuilles mortes et du bois vert qui répandent une fumée épaisse, irritante, capable de produire des ophthalmies et des maladies des voies respiratoires.

DE LA VOIRIE VICINALE. — Le mauvais état et la malpropreté des habitations, des rues et des chemins dans l'intérieur des villages, méritent d'être signalés à la sollicitude de l'autorité supérieure.

L'existence, au seuil des maisons, de dépôts de fumier ou de matières animales et végétales décomposées, le croupissement des engrais liquides au milieu de la voie publique, le défaut d'écoulement des eaux pluviales et ménagères, la stagnation des eaux corrompues dans les fossés ou cours d'eau mal entretenus, les mares d'eau dans le voisinage des habitations, l'insuffisance de la quantité d'air, le manque de ventilation des locaux servant de lieux de réunion, tels que les églises, les écoles, etc.; la construction vicieuse des habitations et la disposition plus vicieuse encore de certaines étables dont les émanations nuisibles insectent l'intérieur des maisons; la construction vicieuse ou la mauvaise disposition des lieux d'aisance, souvent l'insuflisance de l'eau pure pour les usages domestiques, sont autant d'infractions à l'hygiène, qui occasionnent souvent des maladies épidémiques et contagieuses. Il faut donc que les commissaires-voyers usent de tout leur pouvoir pour engager les autorités communales et leurs administrés à faire enlever ces dépôts et à soigner l'écoulement des eaux corrompues, à empêcher le croupissement des engrais liquides sur la voie publique, le rouissage du chanvre et du lin autour des maisons; qu'ils portent leur attention sur le blanchissage tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des habitations des pauvres, et fassent comprendre aux habitants les bienfaits immenses que les travaux d'assainissement exercent sur le physique et le moral des classes inférieures.

Il serait à désirer que l'on s'occupât du curage des ruisseaux sur le déclin de l'hiver; mais malheureusement, on choisit ordinairement l'époque où les eaux sont le plus basses sans tenir compte des dangers qui en résultent pour la salubrité publique.

ÉTAT-CIVIL. - Voici le mouvement de l'état civil dans le canton pendant les années 1845 à 1850.

Naissances.
Werchter.

289

251 Bael.

155

159 Wesemael.

253

161 Wespelaer.

110

92 Rotselaer.

306

263 Thildonck.

117

121 Tremeloo.

273

248 llever.

259

201 Holsbeek.

153

115 Keerbergen. 298

295 Boortmeerbeeck. 215

164 Haeght.

544

269 2,752 2,559

Décès.

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5:55

576 2,752

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On voit donc que le nombre des naissances dépasse de beaucoup celui des décès. Les recherches statistiques faites dans tout notre pays ainsi que dans les autres, démontrent d'ailleurs à l'évidence que la population tend sans cesse à s'accroitre; les causes qui augmentent la population sont l'extension de la vaccine, l'aisance et les progrès de l'hygiène publique. Les obstacles au développement de la population, sont la débauche, la misère, les lieux insalubres, la malpropreté, la mauvaise nourriture, les vêtements insuffisants, l'abus des boissons spiritueuses et les maladies nombreuses qui sévissent sur l'homme (1).

La mortalité des villes et des campagnes comparée à la mortalité générale présente de grandes différences; dans les districts manufacturiers de l'Angleterre, la mortalité est de 1 sur 53, tandis que dans les districts agricoles, elle est de 1 sur 67 (Motard); il en est de même dans les départements agricoles de la France et dans le plat pays en Belgique; c'est dans les campagnes qu'on trouve les plus nombreux exemples de longévité (Casper).

Ces résultats statistiques s'expliquent très-bien par les avantages suivants , que les campagnards ont sur ceux des villes : ils respirent généralem plus pur, ils sont obligés à un exercice musculaire utile à leur santé, sont moins atteints par des maladies produites par la corruption des villes (syphilis, scrofules, tubercules); ils sont moins exposés aux mauvais conseils et à la mauvaise compagnie, les passions sont plus rares, il y a moins de misère; en un mot, la population agricole se trouve placée dans de meilleures conditions hygiéniques. A côté de ces faveurs, nous trouvons des inconvénients qui peuvent occasionner un certain nombre de maladies: une alimentation peu nourrissante et insuffisante, eu égard aux travaux longs et pénibles auxquels ils se livrent, les intempéries des saisons et les vicissitudes atmosphériques.

Les moyens d'améliorer la condition physique des populations agricoles, sont l'aisance, l'abondance des productions, l'emploi pour la panification d'un mélange de froment et de seigle, des habitations commodes et plus spacieuses,

(1) BECQUEREL, Hygiène privée et publique, p. 52 et 55.

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