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MM. DIEUDONNÉ, D.-M., Rédacteur principal. Membre du Conseil central de salu-

brité publique et du Conseil supérieur d'hygiène, Secrétaire de la Commission

de statistique du Brabant, Correspondant de l'Académie royale de médecine, etc.
HENRIETTE, D.-M., Secrétaire de la Société et du Conseil central de salubrité,

médecin de l'Hospice des enfants trouvés, membre de la Commission médicale

de Bruxelles, etc.
JOLY, D.-M., Chirurgien de l'hôpital Saint-Pierre, Médecin légiste attaché au

parquet de la Cour de justice, Membre du Conseil de salubrité, etc.
LEROY, Pharmacien, Collaborateur au Journal de Chimie médicale, de phar-

macie et de toxicologie de Paris, Membre de la Commission médicale de Bruxel-

les, du Conseil central de salubrité publique, etc.
MOUREMANS, D.-M., Membre du Conseil central de salubrité publique et de

plusieurs Sociétés savantes.
NOLLET, Professeur de physique à l'École militaire, Membre et Secrétaire du

Comité pour les affaires industrielles au Ministère de l'Intérieur, etc.
PIGEOLET, D.-M., Bibliothécaire de la Société, Professeur d'accouchement à

l'Université, Médecin de l'hôpital Saint-Pierre, Membre de la Commission mé-

dicale de Bruxelles, etc.
RIEKEN, D.-M., Médecin de S. M. le Roi des Belges, Membre correspondant

de l'Académie royale de médecine de Belgique et de plusieurs Académies et
Sociétés savantes régnicoles et étrangères.

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DE MÉDECINE.

(JANVIER 1852.)

1.- MÉMOIRES ET OBSERVATIONS.

DE L'ASTHME (Mémoire auquel la Société des sciences médicales et naturelles

de Bruxelles a décerné une médaille d'honneur au concours de 1850); par E. PUTEGNAT, membre correspondant de la Société à Lunéville.

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Eum vero recte curaturum dicitur, quem prima origo. causæ non fefellerit.

(Celse, De medicina, præfatio.)

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ÉTYMOLOGIE. – Le mot asthme, en latin anhelatio, tire son origine des verbes grecs A obraiverv, A'olmas et qui signifient haletér, étre essoufflé, dont la racine est А’sw, souffler.

DÉFINITION. – L'asthme chez l'homme, ou la pousse chez la bête de charge, est une affection essentiellement nerveuse et sans fièvre, qui peut exister comme la conséquence de certaines lésions organiques, qui est caractérisée par de violents paroxysmes, intermittents et rémittents, d'une dyspnée plus ou moins grande et souvent extrême, et par la convulsion des muscles du thorax.

Si je voulais mieux caractériser l'asthme, je dirais : c'est une névrose de la muqueuse bronchique, qui est souvent le résultat d'un surcroit de l'électricité de cette membrane, causé par l'abondance de la sécrétion des bronches, produisant la contraction spasmodique de ces canaux et, par suite, des accès plus ou moins violents , intermittents ou rémittents, d'une dyspnée, fréquemment extrême, avec la convulsion des muscles du thorax. (Voir le paragraphe qui traite de la nature de cette maladie.)

Robert Brée nomme asthme la contraction excessive des muscles de la respiration, sans fièvre aiguë, déterminée par une irritation, qui a son siége dans quelques-uns des viscères, aux fonctions desquels ces muscles participent.

Pour Roche, le mot asthme désigne la névrose de la membrane muqueuse pulmonaire, provoquant la convulsion des muscles.

En un mot : autant d'auteurs, autant de définitions différentes.
Division. — Sydenham (Op., t. II, p. 322) et Willis admettent trois espèces

. d'asthme : le pneumonique, le convulsif et le mixte. Cullen reconnait deux asthmes : l'idiopathique et le symptomatique; puis il subdivise le premier en

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trois espèces (Éléments de médecine pratique, t. II, p. 576, édit. de 1745). Sauvages en décrit dix-huit (Nosologie méthodique, t. II, p. 93 à 101, édit. de 1771). Floyer en admet deux principaux : le continuel, auquel il reconnait douze espèces, et le périodique, auquel il en reconnaît six.

Enfin, généralement (voir le t. 1 du Compendium de médecine), on décrit deux asthmes : le nerveux et le symptomatique. A ces deux, Ferrus en ajoute un troisième, qui est l'idiopathique (Dict. en 30 vol., t. iv, p. 235.)

Pour moi, il n'y a que deux asthmes : le nerveux, qui, comme toutes les névroses, reconnait des causes, et l'idiopathique, qui est une des conséquences d'une lésion organique du système nerveux.

SYMPTOMES.

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S jer. – L'asthme se montre, ai-je dit, par des accès, intermittents ou rémittents, d'une dyspnée plus ou moins grande, séparés par des intervalles plus ou moins longs, pendant lesquels le malade peut jouir d'une santé parfaite ou être tourmenté par une dyspnée, résultat de certaines lésions organiques.

Le premier aceès, d'ordinaire, se montre subitement; mais les suivants s'annoncent par des prodromes particuliers.

Cela étant, je dois, à l'exemple de Floyer, de Sauvages, de J. Frank et de plusieurs autres écrivains, traiter des symptômes précurseurs et des symptômes des accès.

S II. SYMPTOMES PRÉCURSEURS. Un symptôme avant-coureur, assez fréquent, suivant Floyer et Sauvages, est un sentiment d'oppression vers le creux de l'estomae, causé par une grande quantité de gaz. L'accès, disent Lieutaud (Médecine pratique, t. 1, p. 357, édit, de 1781), Frank (Traité de pathologie), Bosquillon (Médecine pratique de Cullen, t. II, p. 378, édit. de 1745), etc., est annoncé communément par des rots, par le gonflement de l'estomac et par des rapports acides. Avant ces auteurs, Arétée a écrit la phrase suivante : Signa asthmati imminentis sunt flatus in præcordiis et eructationes præter rationem. Les urines, abondantes, deviennent pâles, aqueuses, limpides (Sauvages) et sans odeur (Cullen). La salive peut être visqueuse (Floyer, p. 112), salée. (Van Helmont, de Asthmate, p. 566.)

Les narines sont sèches. Quelquefois il y a constipation. Les exutoires, un peu douloureux, fournissent moins de suppuration et souvent même ne donnent que du sang. La voix devient rauque.

Le patient, un peu triste et sombre, ressent un malaise et accuse de la lassitude et une agitation plus ou moins grandes. Il éprouve de l'anxiété et une espèce d'irritabilité morale, qui lui inspirent de l'éloignement à se mettre au travail ou bien à se livrer à une occupation quelconque. Il se plaint d'une pesanteur, d'un embarras et d'un resserrement de poitrine : Sensus quidam gravitatis, dit Fernel, percipitur ad pectus et ad spinam (édit. de 1547, p. 527).

Le vin, le feu et le tabac produisent un sentiment de chaleur que les boissons froides modèrent. (Cullen, Floyer, Sauvages.)

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Tourmenté par l'insomnie, le malade a des bâillements et une douleur gravative de la tête, qui occupe surtout la région sus-orbitaire. (Frank.)

Bientôt surviennent le désir d'être seul; un sentiment de prurit à la peau, qui va s'aggravant sous l'influence de la chaleur du lit; une augmentation du mal de tête; de l'affaissement et une sorte de somnolence. C'est alors et dans cet état que le malade se couche.

L'apparition des premiers symptômes précurseurs a lieu communément deux à trois heures après le repas.

SIII. SYMPTOMES DE L'ACCÈS. C'est ordinairement dans la nuit (je dis ordinairement, car, avec Wepfer, Cullen et Frank, j'ai vu des accès pendant le jour) et entre dix heures du soir et deux heures du matin (in principio sumni, comme le dit Wepfer, observ. 76me), que les accès se montrent.

Leur arrivée est brusque; si le malade dort, il est réveillé en sursaut et obligé de quitter à l'instant la position horizontale, pour en prendre une verticale.

Il éprouve un poids énorme sur la poitrine; ressent une constriction violente des parois thoraciques, qui ne peuvent se dilater et, par conséquent, permettre à une suffisante quantité d'air d'arriver dans les poumons. Le diaphragme est contracté et ne peut encore s'abaisser, vu la grande distension des parois de l'estomac par des gaz, et par cela même, ne permet point l'arrivée facile et normale de l'air dans les vésicules des poumons. De ces phénomènes résulte une gène très-grande de la respiration.

Quelquefois le malade se jette promptement à bas du lit et s'élance à la fenêtre ou à la porte. Vi quadam, dit Wepfer (édit. de 1727, p. 257), projicit in pavimentum cubilis, ac celerrime, a lecto se proripit et ad fenestram aut januam currit.

D'autres fois, il se tient assis sur son lit, les jambes pendantes, ou il reste debout, appuyé avec force à un meuble, et de préférence au pied du lit, sa tête reposant sur ses mains.

Le plus ordinairement, il reste assis sur son lit, les jambes horizontalement placées, le tronc penché en avant, appuyé sur les coudes, et la tête dans les mains.

Il demande et cherche de l'air frais et le plus possible; multum et frigidum aerem cupit (Arétée, lib. II, c. xi) : aussi, du geste et de la voix, recommande-til aux personnes présentes d'ouvrir les portes et les fenêtres de sa chambre, comme si l'appartement était trop petit et trop étroit (Arétée, lib. 11), et écarte-til avec précipitation et même avec violence les vêtements qui couvrent sa poitrine, comme s'ils étaient la cause du sentiment de constriction thoracique, extrême parfois et de la très grande gêne de la respiration, qu'il endure.

Souvent il renverse la tête en arrière, dilate les narines, ouvre la bouche(Arétée, I. c.) ou dispose ses lèvres comme pour sucer (Floyer, p. 17.)

Appuyé qu'il est sur ses bras, solidement fixés, il fait de violents efforts pour dilater le plus possible le thorax; (ut thorax plurimum dilatet, dit Galien p. 1246, édit. de Båle, de 1551). Il contracte énergiquement tous les muscles qui élèvent les épaules, qui redressent les côtes, qui tendent le diaphragme; en

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