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Les ordres

que V. M. m'a donnés depuis quelques temps, sont d'éviter avec soin d'entrer dans aucun traité qui la puisse engager de fournir des subsides au Roy d'Angleterre ; cependant, V. M. désire, en même temps, que ce Prince ne prenne aucune liaison nouvelle avec les autres Puissances de l'Europe, à quoi je me suis appliqué, et m'applique comme je le dois. Milord Sunderland peut être en cela d'un grand secours, et il me l'a été en m'avertissant de ce qui se passe ; mais son zèle et son attachement pour les intérêts de V. M. peuvent se refroidir, principalement si sa faveur augmente. Je crois qu'il seroit du service de V. M. d'achever de le mettre dans ses intérêts par une gratification qui l'engageroit entière. ment. Je suis persuadé qu'il ne s'éloignera pas de recevoir des marques de la bienveillance de V. M.: il croit les avoir méritées, et témoigne les vouloir mériter à l'avenir. Le poste où est Milord Sunderland, et l'apparence qu'il sera encore plus en crédit, font que si V. M. juge à-propos de l'engager tout-à-fait, on ne doit pas lui faire une gratification médiocre; et il vaudroit mieux ne lui rien donner, que de lui offrir moins de six mille pièces, et faire entendre, en même temps, que celte gratification continuera tous les ans. V. M. sera toujours en pouvoir de juger si elle devra être continuée. Je ne pense pas qu'il puisse y avoir de dépense mieux employée en ce pays ici que celle-là, surtout dans le dessein qu'a V. M. de ne point donner de subside au Roy d'Angleterre, et de l'empêcher pourtant d'entrer dans d'autres liaisons. Il y a longtemps que j'hésite à faire cette proposition à V. M.; je comprens que je prends assez mal mon temps présentement qu'il paroît que V. M. penche plutôt à ménager les membres du Parlement les plus accrédités; mais je me crois obligé pour

le bien du service de V. M. de proposer ce qui me paroît de plus avantageux et de plus solide. Il peut être que l'on ne retrouvera pas l'occasion si favorable, si on la laisse échapper. C'est à V. M. à juger combien il lui importe que l'Angleterre n'entre pas dans d'autres intérêts et dans d'autres mesures. V. M. a bien reconnu que la cessation des payements a produit le renouvellement du traité avec les Etats Généraux: V. M. sait si le renouvellement de ce traité n'a pas été nuisible à ses intérêts, et quels avan. tages en ont tirés les ennemis de sa grandeur, et entre autres, M. le Prince d'Orange, qui en ont au moins conçu de grandes espérances pour l'avenir Je me garderai bien de ine jamais avancer à rien dire ou faire par mon propre sens, et je me tiendrai seulement en état d'éxécuter à la lettre les ordres de V. M.

La Chambre des Communes a commencé ce matin par la lecture de l'Adresse qui doit être présentée à sa Majesté Britannique. On m'a assuré qu'elle est conçue en des termes extrêmements forts et positifs contre les officiers Catholiques. On a mis ensuite en délibération, de prier la Chambre Haute de se joindre sur cette Adresse à la Chambre des Communes ; la proposition a été réjetée, et le parti de la Cour a prévalu. On a délibéré sur le subside, et, après beaucoup de contestation, on est demeuré d'accord de donner sept cent mille livres sterling une fois payés. Le Roy d'Angleterre en prétendoit quatorze cent; mais cependant je crois qu'il ne sera pas mal content, pourvu que le fonds de cette somme soit bien établi, et que la Chambre Basse n'insiste pas sur l'Adresse qu'elle doit présenter comme sur une condition préalable; c'est ce qui est encore incertain ; il faut attendre pour voir s'il n'arrivera point quelque incident qui empêche l'effet de la résolution qui a été prise. Si l'affaire de l'argent se peut séparer entièrement des autres choses qui sont agitées, le Roy d'Angleterre aura son compte, et pourra se passer de Parlement, au moins pendant quelque temps. Milord Sunderland vient de me dire qu'il ne croit pas que le Roy et le Parlement puissent convenir, parce que chacun de son côté veut des choses entièrement opposées. Je suis, &c.

M. Barillon au Roy.

30 Novembre, 1685, à Londres. Le Parlement a été prorogé ce matin jusques au 20 Fevrier. Le Roy d'Angleterre a bien reconnu, par ce qui se passa hier dans la Chambre, que le parti des factieux augmentoit et se fortifioit tous les jours, et qu'il y avoit beaucoup d'inconvénients de les laisser plus longtemps ensemble. J'apprends que la surprise a été grande, et qu'on ne s'attendoit pas que le Parlement dût être séparé avant que l'acte pour le subside fut passé. La prorogation rend nul tout ce qui a été proposé et commencé sans être achevé. Ainsi la concession d'un subside tombe entièrement comme non avenue. Il n'y a pas d'apparence que la prorogation du Parlement produise d'autre effet que celui d'augmenter le mécontentement des gens qui sont déjà aigris. Ceci apporte un grand changement dans les affaires d'Angleterre. Je serai appliqué, comme je le dois, à en rendre un compte exact à V. M. pour pouvoir recevoir ses ordres sur la conduite que j'aurai à tenir.

Je suis, &c.

Le Roy à M. Barillon.

à Versailles, le 6 Decembre, 1685. M. Barillon j'ai reçu depuis trois jours, tant par le retour du courier que je vous avez dépêché, que par la voïe ordinaire, cinq de vos lettres des 22, 25, 26, 29, et 30 Novembre, avec les remontrances faites

par

les deux Chambres du Parlement d'Angleterre au Roy leur maître, les réponses de ce Prince, et le journal de ce qui s'est passé dans les dernières séances jusqu'à la prorogation.

Il y a bien de l'apparence que la mortification que le dit Roy vient de donner à cette Assemblée rendra ceux qui la composent plus soumis à ses volontés, et qu'il obtiendra plus facilement à leur retour ce que le chagrin de quelques particuliers avoit pu rendre douteux dans cette conjoncture. Quoiqu'il en soit, sa fermeté à maintenir les officiers Catholiques, et à ne pas souffrir

que la religion dont il fait profession demeure plus longtemps exposée aux loix pénales, ne peut produire que de bons effets pour sa réputation, et pour la sûreté de son gouvernement.

Je m'assure cependant qu'il ne s'empressera pas de rencuveller une alliance avec l'Espagne, et que le peu de secours qu'il pouvoit tirer de cette couronne, l'empêchera de faire aucune démarche qui puisse rompre les liaisons d'amitié et de bonne intelligence qu'il y a entre moi et lui. Puisque vous jugez que le ministre dont vous m'avez écrit, peut beaucoup contribuer à l'entretenir, je veux bien que vous l'y obligiez encore plus étroitement par une gratification qui le puisse contenter, et l'attacher fortement à mes intérêts. Je consens pour cet effet que vous la puissiez

porter jusqu'à 20, et même 25 mille écus, et je continuerai à lui faire payer la même somme d'année à d'autre, tant qu'il contribuera, en tout ce qui dépend de lui, au maintien d'une bonne correspondence entre moi et le Roy son maître, et à éloigner tout engagement qui pourroit être contraire à mes intérêts. Je laisse à votre prudence de faire les premiers payements de cette somme, lorsque vous le jugerez nécessaire pour le bien de mon service.

L'éclaircissement que vous me donnez de l'emploi des deniers qui ont passé par vos mains, me fait croire que vous n'avez effectivement payé que la somme de cent mille livres au-delà de mes ordres, et comme je suis bien persuadé que vous ne l'avez fait que parce que vous l'avez cru nécessaire pour le bien de mon service, il ne m'en reste aucun sujet de mécontentement.

II. CorresPONDENCE between the Earl of Sunderland and the BISHOP

of Oxford, respecting Mr. Locke. See p. 57, et seqq.

[In the hands of the late Anthony Collins, Esq.]

From Birch's Papers in the British MuseumCopies in Birch's hand-writing.

To the Lord Bishop of Oxford.
My Lord,

Whitehall, November 6, 1684. The King being given to understand that one Mr. Locke, who belonged to the late Earl of Shaftesbury, and has, upon several occasions, behaved himself very factiously and undutifully to the Government, is a student of Christchurch; his Majesty commands me to signify to your Lordship, that he would have him removed from being a student, and that in order thereunto, your Lordship would let me know the method of doing it. I am, my Lord, &c.

SUNDERLAND.

To the Right Honourable lhe Earl of Sunderland, Principal Secretary

of State. Right Hon.

November 8, 1684. I have received the honour of your Lordship's letter, wherein you are pleased to enquire concerning Mr. Locke's being a student of this House, of which I have this account to render; that he being, as your Lordship is truly informed, a person who was much trusted by the late Earl of Shaftesbury, and who is suspected to be ill affected to the Government, I have for divers years had an eye upon him, but so close has his guard been on himself, that after several strict enquiries, I may confidently affirm,

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