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Chevaliers Errass.

Pour trouver l'origine des chevaliers errans dont nos vieux romanciers font si souvent l'éloge, il faut remonter au temps où des gouverneurs de provinces s'étaient rendus indépendans, et où la plupart des gentilshommes, fortifiés dans leurs châteaux, n'en sortaient que pour piller les voyageurs et enlever les femmes. Quelques gentilshommes coururent les campagnes pour mettre fin à ces brigandages; il y en eut même qui assiégèrent des châteaux, pour délivrer des beautés qui y étaient détenues.

Le vert que les chevaliers avaient choisi pour la couleur de leur vêtement, annonçait la vigueur de leur courage. Au retour de leurs courses, dont la durée était fixée à un an et un jour, ils devaient faire un récit fidèle de leurs aventures, et exposer ingénument leurs fautes et leurs malheurs. Le roman de Don Quichotte est la critique la plus fine qui ait été faite de cette manie de guerroyer.

CHEVAUX ; [Monter sur ses grands)

Parler avec hauteur.

"Vulgairement : Monter sur ses ergots.

Dans le temps où les armures étaient extraordinairement pesantes, la victoire des combattans dépendait en grande partie de la force des chevaux ; il y avait donc de grands chevaux de bataille ; et lorsque le danger l'appelait au combat, un seigneur montait sur ses grands chevaux.

CHEVEUX. ( On ne peut prendre un homme ray

(rasé) aux)
On ne peu* dépouiller un homme nu.

Ce dernier proverbe est la traduction du passage de Plaute : Non possunt nudo vestimenta detrahi.

Le proverbe suivant a le même sens : Oh il n'y a rien, le roi perd ses droits. Sophie Arnould en fit un bon mot, lorsque mademoiselle Clairon quitta le théâtre. Irritée d'avoir éternise en prison, elle disait avec emphase que le roi était maître de sa vie et de sa fortune, mais non de son honneur. Vous avez raison, observa Sophie; il n'y a rien, le roi perd ses droits.

Chèvre.

Ou la chèvre est attachée il faut qu'elle broute.

Ce proverbe ne concerne pas les hommes ; il ne concerne pas même les femmes en général : on le cite pour imposer silence à une femme qui se plaint de son mari.

CHÈVRE. {Prendre la)

C'est-à-dire, l'air de la chèvre, faire comme les chèvres, bondir, se mettre en colère sans sujet.

Quelquefois,prendre la chèvre, signifie simplement prendre de l'humeur, comme dans ce passage de Montaigne : «J'en ai vu (des malades imaginaires)prendre la chèvre de ce qu'on leur trouvoit le visage frais et le pouls posé. »

Prendre la chèvre est la même chose que se cabrer, expression qui vient aussi du mot chèvre.

On dit encore : Prendre la mouche, pour se piquer, se fâcher mal à propos. C'est une imitation de la phrase proverbiale italienne: La mosca vi salta al naso.

CHEVROTIN. ( Tirer au)

C'est-à-dire, boire à qui mieux mieux. Avant de se servir de tonneaux, on a mis le vin dans des outres faites de peaux de chèvre.

Chiche.

Il est tard d'être chiche quand on est au Jbnd du sac et du tonneau.

Proverbe rapporté par Des Caarres ( Œuvres morales , année i585).

Ce moraliste voulait prouver qu'une mère de famille devait, en entrant en ménage, être économe des provisions de sa maison.

Un ouvrage tont-à-fait dans le sens de notre proverbe, a pour titre : Manuel de la maîtresse de maison, ou Lettres sur l'économie domestique, par madame Pariset. Un volume in-\8, Paris, Audot, 1821.

Ces lettres, au nombre de dix-sept, sont adressées à une jeune orpheline, qui est sur le point de sortir d'un pensionnat pour se marier.

Madame Pariset ne borne pas ses conseils à la conservation des provisions; elle parle de l'achat et de l'entretien du mobilier, de l'habillement, de la cuisine, des domestiques, etc. etc. La première chose qu'elle recommande à la future épouse, est de proportionner la dépense de sa maison à ses revenus. «Regardez-vous, lui dit-elle,comme un ministre de l'intérieur, et ne négligez jamais la conduite de votre administration.... Divisez votre revenu par douzièmes, et faites en sorte non seulement que ce douzième suffise à chaque mois, mais qu'il en reste encore une petite partie que vous mettrez à part, et qui à la fin de l'année vous donnera une somme de réserve, soit pour les cas imprévus, soit pour ies services qu'elle vous mettra à même de rendre. »

Chien.

f Faire le chien couchant;

k FJatter bassement.

Chien qui aboie ne mord pas. Souvent celui qui élève la voix, est un poltron qui essaie d'intimider.

Le chien aboie, mais la caravane passe.
(Proverbe turc. *)

Faire bras de fer, ventre de fourmi, âme de chien.

Ce proverbe s'applique aux personnes qui, poussées par la cupidité, travaillent rudement, se refusent la nourriture, et agissent de mauvaise foi.

Acbille, furieux contre Agamemnon, àaa&YIliade, l'appelle visage de chien; et tous les jours on dit en proverbe : Faire un repas de chien, s'ennuyer comme un chien.

Dans les proverbes où les chats figurent, ils sont, en général, mieux traités que les chiens.

CHIEN. ( Cela n'est pas tant)

Par opposition au mot chien, employé pour des choses que l'on déteste; par exemple: Chien de tier, chien de procès.

CHIENDENT. (Voici le)

C'est-à-dire, la partie la plus difficile d'un ouvrage. Le chiendent est une plante dont les racines sont fort difficiles à arracher.

Chiens.

De chiens, d'armes, d'amours,
Pour un plaisir mille doulours.

De chins, d'armes, d'amours, per oun plésir mille doulours.

(Proverbe provençal.)

Ces douleurs ne paraissent pas avoir épouvanté en France les amateurs de chiens.

Sous Charles ix les dames de la cour apprivoisèrent jusqu'à des adives, chiens d'une espèce très voisine de celle du chacal, « dont la physionomie, disent les naturalistes, porte l'empreinte de l'astuce et de la perfidie. »

Brantôme rapporte que Henri ni fit cordon bleu un seigneur de sa cour, pour obtenir de lui de petits chiens turcs y qui passaient pour les plus jolis de l'Europe. On mettait alors ces chiens dans de petites corbeilles galamment ornées, que l'on suspendait à son col avec un ruban. Ces corbeilles, lorsqu'on marchait, se plaçaient du côté gauche; assis, on les posait sur ses genoux.

Sous Louis xiv, les chiens à la mode étaient les chiens burgos. Le régent aimait les chiens loups.

Sous Louis xv, on vit paraître successivement les chiens lions, les épagneuls, ou chiens d'Espagne, les danois, les carlins, auxquels ont succédé les caniches et les griffons.

CHIENS. {Rompre les)

Au propre, c'est passera travers les chiens pendant qu'ils chassent, les tirer des voies de la bête qu'ils poursuivent. Au figuré, c'est interrompre quelqu'un dans son discours, pour l'empêcher de dire quelque chose à notre désavantage.

CHIENS. {Iln'est chasse que de vieux)

Parce qu'ils connaissent mieux les ruses du gibier.

Le sens de ce proverbe est que rien ne remplace, dans les affaires, l'expérience des vieillards.

Ce proverbe a été ainsi parodié par Camus, évêque de Belley : II n'est châsse que de vieux saints.

Jean Bachot, dont les opuscules portent le titre de Nuitsmormantines, parce qu'il était curé de Mormanten-Brie, écrivait en 1629:

Ne &»• rien aans conseil; la grise expérience
Et blanche foj du vieil beaucoup te servira:

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