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Paris. Cette rue , aujourd'hui fermée par une barrière , aboutissait d'un côté à la rue de la Huchette, et se dirigeait de l'autre vers la rivière.

CHAUDE. ( Faire gorge)

Proverbe tiré de la fauconnerie, commefaire curée l'a été de la vénerie.

CHAUSSES. ( Va te promener, tu auras des) Les premiers religieux feuillans marchaient nu-pieds; mais lorsqu'ils allaient à la campagne, il leur était permis d'être chaussés; de là le proverbe populaire : Va te promener, tu auras des chausses. Ces mêmes religieux ne couvraient jamais leur tête que hors du monastère, ne mangeaient ni viande, ni poisson, ni œufs, dormaient tout habillés sur une planche, et gardaient un silence perpétuel.

CHAUSSES. ( Avoir la clef de ses)

C'est-à-dire, n'être plus en âge de recevoir le fouet.

Cette façon de parler n'est pas tout-à-fait métaphorique. L'aiguillette qui fermait les chausses, vêtement correspondant à noire culotte, était une sorte de clef.

Il faut qu'anciennement on ait distingué les chausses, prises dans le sens du proverbe, ou chausses hautes, du bas déchausses, qui couvrait les jambes et les pieds; car le mot bas est devenu synonyme de chausses dans cette dernière acception.

CHAUSSES. ( Gentilhomme de Beauce,

Qui est au lit quand on refait ses )

C'est-à-dire, un pauvre gentilhomme.

Dans Gargantua, Rabelais, pour peindre la pauvreté des gentilshommes de Beauce, dit : « Encoresde présent les gentilshommes de Beauce desjeunent de bâiller ; » c'est-à-dire, se contentent de bâiller, comme font des personnes à jeun.

CHAUSSES. {Porter le haut de)

On se sert de cette expression populaire pour dire qu'une femme maîtrise son mari.

Sire Hain et dame Anieuse, dans un fabliau composé par Hugues Piaucelle, l'un de nos anciens poètes, et imité par Imbert, s'étaient long-temps disputé le droit de gouverner la maison. Sire Hain porte devant sa ■ femme:

Une calotte au milieu de la cour:
Disputons-nous, dit-il, ce joyau-là, ma belle;
Celui qui s'en rendra le maître, dès ce jour
Prendra l'autorité, mais entière, éternelle.

Après un combat long et opiniâtre, dont les témoins sont la commère Maupais et le voisin Simon $ et où dame Anieuse est tombée à la renverse dans un baquet plein d'eau,

Sire Hain, fort content d'être libre à ce prix,

La laisse là nager ou boire,
S'en Ta de la culotte amasser les débris,
Et les étale en signe de victoire.

Anieuse promet obéissance, parle avec douceur, etc.

On la retire enfin. Anieuse moins fière,

De ce combat judiciaire
Garda long souvenir avec longue douleur.
Elle comprit enfin que si la Providence
A la force ici-bas attache le pouvoir,
La femme à son époux doit pleine obéissance:
Aussi toujours depuis elle en fit son devoir;

Cette leçon eut pleine réussite.
Mon fablier ajoute : 6 vous, maris souffrans!
A faire comme lui, sire Hain vous invite;
Mais n'attendez pas si long-temps.

CHAUSSURE. ( Cordonnier, borne-loi a la )

Ne tutor ultra crepidam.

(phèdre.)

Un mot de Voltaire a donné une variante à ce proverbe : Faites des perruques, monsieur André.

Cet André, perruquier, avait fait imprimer une tragédie et l'avait dédiée à Voltaire. (Voyez Poudre. // n'a pas inventé la)

Chemin.

Qui trop se haste, en beau chemin se fourvoyé. Ce proverbe a fourni au P. Barbe, doctrinaire, le sujet de la fable suivante:

Avant la fin du jour je veux être à Paris,
Disait un jeune fat. Ses chevaux hors d'haleine
Étaient tout en sneur. Que vous avez de peine,
Pauvres chevaux, quand vous êtes conduits
Par de tels étourdis!
Passe un manant. — Bon homme, écoute.
Arriverai-je avant la nuit ? — Sans doute,
Si vous faites aller lentement votre char;
Sinon , vous coucherez en route. —
Ah ! tu fais donc le goguenard!

Cela te convient bien Notre fier personnage

Lui donne de son fouet à travers le visage. —

Apprends à vivre, impertinent Il part.

Mais tandis que le jeune guide
Va comme un trait, l'essieu perfide
Crie et se rompt. Monsieur tombe dans un fossé.
Monsieur n'arriva pas, pour s'être trop pressé.

Les fables de Barbe forment deux volumes i/î-i8; le premier parut à Paris en 176a, sous le voile de l'anonyme; le second en 1771, avec le nom de l'auteur.

CHEMINÉE, ( Il faut faire une croix à la) dit-on à l'arrivée d'une, personne qu'on est bien aise de voir, et qui n'était point attendue.

Les anciens marquaient d'une pierre blanche les jours heureux, et d'une pierre noire les malheureux, comme on le voit dans Perse et dans Horace. Les Romains ont pu nous transmettre cet usage. Pour faire une marque blanche, il est tout simple qu'on ait choisi la cheminée; il est naturel encore qu'on ait adopté une croix comme marque, parce qu'il est aisé de croiser deux traits : les personnes qui ne savent pas signer ne font-elles pas une croix? Soliman signa d'une croix la capitulation de l'île de Rhodes.

Chemise.

Ses promesses ressemblent à celles d'Une mariée qui entrerait au lit en chemise.

C'est-à-dire, ses promesses sont ridicules et difficiles à tenir.

Dans le moyen âge, l'usage était de coucher sans chemise ; et les miniatures où se trouvent des personnes au lit, les représentent toujours nues. De là cette expression coucher nu à nue, si commune dans nos fabliaux; de là ces ordonnances de nos rois et ces dispositions de nos anciennes coutumes, qui déclarent convaincus d'adultère la femme mariée et l'homme qu'on aura seulement surpris nus dans une môme chambre ; de là enfin ces peines sévères qu'on infligeait en justice à celui qui avait fait le sac à une fille, c'est-à-dire qui, par jeu , l'avait enveloppée dans les draps de son lit comme dans un sac, parce qu'en l'état de nudité où il fallait avoir vu la fille pour faire cette impudente plaisanterie, elle avait couru risque d'être déshonorée.

Dans Je roman de Gérard de Nevers, une vieille qui a/de une demoiselle à se coucher, ne peut revenir de son étonnement de la voir entrer au lit en chemise.

CHENEVOTES. (Reteiller ses)

Métaphore prise des teilleurs de chanvre. La chenevote est la partie ligneuse du chanvre, partie bien moins précieuse que l'écorce ou filasse qui la recouvre.

Celui de qui le peuple dit : Nous le verrons bientôt reteiller ses chenevotes, est un dissipateur sur le point de faire ressource de quelques débris de sa fortune.

CHEVAL. ( L'œil du maître engraisse le)

C'est-à-dire, jamais les choses ne vont mieux, que lorsqu'on y veille soi-même.

A la montée ne me presse, a la descente ne me monte, dans la plaine ne m'épargne, dans l'écurie ne m'oublie, tu auras un cheval pour la vie.

Cheval de foin,

Cheval de rien;

Cheval d'avoine,

Cheval de peine;

Cheval de paille,

Cheval de bataille.

Il n'y a si bon cheval qui ne bronche;

Il n'y a point d'homme infaillible. Le plus sage, le plus prudent peut errer.

On dit aussi : // n'y a si bon cocher qui ne verse.

On ne passe jamais sur le Pont-Neuf sans voir un moine, un cheval blanc et une catin.

Cette triple rencontre était passée en proverbe avant la révolution de 1789.

Deux dames de la cour passant sur ce pont virent en deux minutes un moine et un cheval blanc. L'une des deux poussant l'autre du coude, lui dit : Pour la catin, vous et moi n'en sommes pas en peine.

CHEVAL. ( // se tient mieux à table qu'à)

Se dit d'un gastronome.

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