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prononcé définitivement sur les résultats de ce médicament qui sont meilleurs que ceux obtenus par les autres procédés, je n'hésite pas à publier cette formule d'après l'engagement de l'Académie impériale de médecine, persuadé de son double avantage au point de vue de l'art et de l'économie. (Répertoire de pharmacie.)

EMPLATRE DE cicUE; par M. ÉMILE MOUCHON, pharmacien à Lyon. — L'emplâtre de ciguë du Codex m'a toujours paru ·tellement défectueux que j'ai eu lieu d'être · moins étonné des nombreuses modifications proposées que du maintien de la formule légale. J'ai constamment pensé qu'un tel produit ne pouvait avoir une efficacité réelle, ne pouvait être calmant et résolutif, comme on l'entend générale·ment, que sous certaines conditions que l'on cherche en vain soit dans les constituants, soit dans le mode opératoire. De là la complète adhésion que j'ai donnée dans le temps à la formule si simple, si facile et si rationnelle de l'honorable Planche; de là aussi la réforme du même genre que je me suis permis de proposer, avec quelques modifications jugées utiles , dans un mémoire publié en 1845 , sous le titre de Considérations sur les emplâtres de ciguë, jusquiame, belladone et autres. (Voir les journaux de médecine de Lyon, de chimie médicale de Paris et de pharmacie du Midi, décembre et octobre 1843, mars 1844.) Je n'ai jamais cru à la solubilité des principes actifs des solanées, de la ciguë et autres végétaux dans les corps gras. Le mémoire que je rédigeai, en 1845, sous le titre de Considérations théoriques et pratiques sur les huiles médicinales, le prouve suffisamment. Je crois, avec juste raison, • à la présence de toute la chlorophylle dans · ces éléolés; je crois aussi qu'à la faveur de ce corps éminemment soluble, il peut se dissoudre quelque peu de matière ac·tive, mais je ne puis admettre rien de plus. Je pense du reste que si mon preInier mémoire sur ce sujet n'a pas porté la conviction dans tous les esprits, le second, que je me propose de publier prochainement, ne laissera plus le moindre doute à cet égard.

Il est évident que, d'après cette croyance, je suis de ceux qui approuvent le procédé de MM. Henri et Guibourt, sur la présence de la poudre de ciguë dans la masse emplastique. Or, comme ce procédé, quelque bon qu'il soit, me paraît susceptible de quelque modification d'une

certaine utilité, voici comment je voudrais le modifier :

Poix blanche. . . .. 1,000 Poix résine. . . . .. 1,000 Cire jaune. . . . .. 1,000 Gomme ammoniaq. 750 Huile de ciguë. . . 250 Ciguë en poudre fine. 1,0 0 Eau commune, 2000

Tot. de la masse emplastiq. 5.ooo

Placez dans une bassine à forme convexe la cire jaune et l'huile de ciguë, formez une masse pâteuse avec la ciguë et l'eau, ajoutez ce dernier mélange au précédent, déjà liquéfié , procédez à l'évaporation d'une grande partie de l'eau, et ajoutez les autres constituants que vous aurez préalablement dépurés par liquéfaction et filtration à la toile, opération qui leur fait perdre environ 125 grammes d'impuretés.

Vous obtiendrez à peu près 5,155 grammes de produit, la masse devant avoir retenu 260 grammes d'eau.

Cet emplâtre est d'un plus beau vert que celui qui résulte du mode opératoire adopté par MM. Henry et Guibourt, la ciguë ne cédant sa chlorophylle à la cire, à l'huile et aux corps résineux qui le constituent, qu'avec l'intermède d'une quantité convenable d'eau; il est d'ailleurs évident que la présence de l'eau retenue par la masse (250 à 260) favorise fortement l'interposition de la matière active, et qu'il résulte de cette interposition un profit réel pour les propriétés de l'agent médical. (Ibid. )

ENRoBAGE DEs PILULEs; par M. CALLOUD, pharmacien à Chambéry. (Extrait d'une lettre à M. Dorvault.) — Dans un mémoire relatif à l'enrobement médicamenteux présenté à la Société médicale de Chambéry et reproduit, sous forme d'extrait, dans le numéro d'avril 1855 du Journal de pharmacie, j'avais proposé un nouveau mode d'enrobage pilulaire par le saccharolé de mucilage de lin , comme me paraissant préférable à l'emploi de la gomme arabique simultanément avec le sucre. Bien que le saccharolé de lin m'ait réussi assez bien pour l'enrobement pilulaire, il ne fournit pas une couverte parfaitement blanche qu'il conviendrait d'obtenir. J'ai cherché depuis quelque temps à changer cette manière d'enrobage par un autre plus convenable, tant sous le rapport pharmaceutique que sous celui de la préparation.

Je viens vous communiqucr ce nrocédé, à vous qui avez le premier cherché à vulgariser l'excellente méthode d'enrobement dans le but utile de protéger certains médicaments et d'en faciliter la distribution. Voici comment je procède maintenant :

Je fais un mucilage de gomme adragante de la même manière que pour la préparation des tablettes, je le passe à travers un linge avec expression, je mêle exactement ce mucilage à une certaine quantité de sucre de lait en poudre fine dont je fais une pâte molle, je l'émiette et l'étends sur des plateaux de terre vernissée, je la fais dessécher d'abord lentement, puis j'en achève la dessiccation à l'étuve. La matière bien desséchée, je la pulvérise dans un mortier de marbre pour obtenir ensuite, à l'aide d'un tamis de soie, une poudre blanche et bien fine.

Cette poudre donne un enrobage blanc et bien moins hygrométrique que par le saccharolé de lin ; elle fournit une assez bonne couverte.

Voici les proportions de cette poudre involvante :

Gomme adragante entière, 50 gram. Eau distillée, 100 Sucre de lait pulvérisé, 1,000

L'opération de l'enrobage ou involvage avec cette composition se fait extemporanément avec la plus grande facilité. Les pilules préalablement mouillées d'un peu d'eau , soit simple, soit aromatique, sont roulées, suivant la méthode ordinaire, dans la composition réduite en poudre. Je voudrais bien pouvoir présenter un procédé propre à faire exclure de la pratique l'enrobage argenté et doré qui est d'un fort mauvais goût et qui fournit un brillant bien déplacé dans un médicament. On objecte qu'il est élégant et commode; quant à l'élégance, je la trouve ridicule ici, et quant à la commodité, je ne sais pas comment on comprend l'art. ses obligations et ses ressources. Puisque l'enrobement est une bonne invention pharmaceutique, il faut lui conservcr le cachet médicamenteux et pour tout lustre la propreté et la netteté. Ce doivent être là les seuls moyens dignes réservés au préparateur qui prétend à la distinction. (Répertoire de pharmacie.)

NoUvELLE MÉTHoDE PoUR LA PRÉPARATION DE LA LIMoNADE AU CITRATE DE MAGNÉSIE.M. Wislin, pharmacien à Gray, pense que les mauvais résultats obtenus par la plupart des formules proposées pour la préparation de la limonade au citrate de magnésie, tiennent surtout à ce que l'on s'est

attaché à produire un citrate neutre, qui a peu de stabilité dans ses éléments , tandis que le citrate acide se conserve sort longtemps sans altération, n'a aucune action irritante et purge très-bien.

En conséquence, il propose la formule suivante pour six bouteilles à 60 grammes de citrate, qui est la dose la plus habituelle :

Sous-carbonate de magnésie, 120 gram.
Acide citrique, 270
Sirop de sucre aromatisé à
l'orange ou au citron, 600 —
Bicarbonate de soude, 1 5
Eau froide, 1,250 —

Faites dissoudre l'acide dans l'eau froide, ajoutez par portions la magnésie, laissez reposer pendant quelques heures ; filtrez et divisez en six bouteilles, dans chacune desquelles vous aurez préalablement pesé 100 grammes de sirop aromatique; achevez de les remplir avec de l'eau , et ajoutez à chacune 2 grammes 112 de bicarbonate de soude ; bouchez et ficelez rapidement.

Il n'est point indifférent de mettre l'acide le premier; en agissant en sens inverse, on s'exposerait à avoir un citrate neutre qui se déposerait au fond des bouteilles.

Ces limonades, couchées dans un lieu frais, se conservent plus de six mois, sans éprouver la moindre altération.

(La France médicale et pharmaceut.)

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Sirop de guano, dépuratif très-puissant
et antistrumeux.
Guano purifié . .. .. 8 grammes.
Eau . .. .. . . . .. 250
Sucre . . . . . . . .. 500

F. L. A. un sirop qu'on aromatise avec : Teinture de vanille . . .. 8 grammes Ce sirop est très-agréable, malgré la répugnance qu'inspire sa provenance. (Journ. de chim. méd.)

SpEcIEs LAxANTEs ST.-GERMAIN. — Cette préparation laxative, fort employée en Allemagne et dans le grand-duché de Luxembourg, où elle est connue sous le nom vulgaire de charmanten The, présente, sur les infusions de séné simples, l'avantage de purger modérément sans occasionner les coliques si fréquemment observées après l'administration de celle-ci. En voici la formule, telle qu'elle nous a été communiquée par un pharmacien de Grevenmacher : R. Fol. sennae spiritu vini extractorum (1). . .. uncias quat. Fol. sambuci . . . .. uncias duas cum dimidia Seminis fœniculi — anisi vulg... singularum drachmas decem. Concisa et contusa misceantur. In dispensatione adde : Tartari depurati pulver. drachmas septem. On s'en sert en guise d'infusion théiforme. (Ann. méd. de la Flandre occid.)

Médecine légale. CAs REMARQUABLE DE MoNoMANIE INcENDIAIRE. - La cour d'assises de la Sarthe vient d'avoir à juger une jeune fille de douze ans, qui a présenté un cas fort remarquable de monomanie incendiaire ou pyromanie. Cette enfant, née de parents pauvres, mais très-honnêtes, habitait avec eux une ferme appartenant à M. DruetDesvaux, propriétaire fort aimé dans le pays et pour qui la famille de l'accusée n'avait que de la reconnaissance. Quatre fois en quelques jours le feu se manifesta dans les dépendances de la ferme. Cette jeune fille, que personne ne soupçonnait d'abord, avait imaginé une fable assez habilement construite pour rejeter le crime sur un étranger qu'elle assurait avoir vu

(1) Folia sennae spiritu vini extracta :
R. Folia sennae cum partibus quatuor spi-
ritus vini rectificatissimi per biduum
macerentur, tunc exprimantur et SiC-
CeI)lur.

et qui même, prétendait-elle, avait voulu la frapper avec son bâton. Mais, lors du quatrième incendie, les soupçons se portèrent sur elle et on l'arrêta.Après avoir nié d'abord avec beaucoup de présence d'esprit, elle avoua ensuite qu'elle était coupable et déclara qu'elle avait commis ces crimes à l'instigation d'un de ses oncles, puis. enfin, elle reconnut que personne ne l'y avait engagée et qu'elle avait mis le feu pour s'amuser. Traduite devant les assises de l'Orne, elle fut condamnée à dix années de reclusion dans une maison de correction. Mais cet arrêt ayant été cassé pour vice de forme, elle a paru devant la cour d'assises de la Sarthe, et là cette manie incendiaire a été reconnue de la manière la plus explicite. M. le docteur Ragaine, chargée d'examiner l'état physique et moral de l'accusée, a déclaré que, dans les deux premiers mois, aucun fait caractéristique n'était venu indiquer de perturbation chez elle, mais que, depuis cctte époque, il était survenu des accès d'hystérie accompagnés de désordres manifestes dans l'intelligence. Pendant plusieurs heures après ces accès. elle ne reconnaissait aucune des personnes qui l'entouraient; elle les menaçait, les injuriait , les frappait même, et cette agitation était accompagnée de délire et de sensations étranges. Alors, en effet, elle avait des hallucinations et toutes ses idées se concentraient sur l'existence du feu qu'elle croyait apercevoir et qu'elle contemplait avec admiration. M. le docteur Fisson, qui l'a observée pendant douze jours seulement dans la prison du Mans, a déclaré que d'abord elle avait présenté un état de tristesse et de mélancolie peu habituelle aux enfants de son âge, puis que bientôt il s'était développé des accès d'hystérie suivis de délire avec hallucinations. Dans une de ces crises elle regardait en riant au plancher et disait : « Oh ! que c'est beau ! oh! que c'est beau ! le feu ! — Voulez-vous venir mettre le feu encore? lui dit quelqu'un. — Oh! oui, réponditelle, c'est si beau, le feu ! » Quand elle voyait une lumière, elle entrait dans un grand état d'irritation et voulait se précipiter dessus. Cette jeune fille était d'une constitution éminemment nerveuse, peu intelligente, mais très-impressionnable ; elle avait été vivement frappée du bruit qui s'était répandu quelque temps avant son crime, qu'un miracle s'était opéré dans le voisinage. Elle avait souvent des hallucinations et disait aux personnes qui l'entouraient : « Je vois la bonne Vierge, elle cause avee moi, je ferai bien ma seconde commu

nion. » Et en effet elle renouvela sa communion avec une ferveur édifiante.

Tous ces faits ont été exposés devant le jury qui, plus complétement éclairé que ne l'avait été celui de l'Orne, a prononcé un verdict d'acquittement.

Il serait difficile de rencontrer un exemple plus frappant de monomanie incendiaire. Toutes les circonstances se trouvent réunies pour rendre ce fait intéressant. L'accusée , tout en délirant sur un point , puisqu'elle cédait à une force irrésistible en mettant le feu , conservait néanmoins toute la finesse nécessaire pour détourner les soupçons et même pour les faire tomber sur un autre. Elle sait qu'une voisine était presque aveugle et c'est chez elle qu'elle dispose la petite comédie dans laquelle elle suppose qu'elle est menacée par un étranger. La pauvre aveugle accourt ; elle ne voit rien ; mais comme clle entend la jeune fille qui parle à quelqu'un et qui paraît fort effrayée, elle ne doute pas qu'en effet un étranger ne soit entré dans la maison , et elle vient ajouter son

| témoignage à celui de la rusée pyromane

qui engage ainsi la justice dans une fausse TOute.

Mais ce qui doit surtout être noté , c'est que, lors de son premier jugement, personne ne la crut atteinte d'aliénation mentale et que la justice, pensant avoir à punir une de ces misérables qui débutent dans le crime avant l'âge de raison, l'avait frappée d'un châtiment terrible. C'est qu'en effet la monomanie incendiaire , comme toutes les autres monomanies, est bien difficile à constater et demande un examen attentif et surtout prolongé. Pour peu que le moindre doute s'élève dans l'esprit des médecins appelés à observer des prévenus, ils ne doivent pas hésiter à demander un prolongement d'instruction, pendant lequel il surviendra peut-être des accidents qui, comme dans l'observation que l'on vient de lire, ne laisseront aucun doute sur l'état mental des sujets. Dans l'aliénation mentale, comme dans toutes les maladies, c'est le début qu'il est difficile de saisir et souvent une action criminelle est le prélude d'un désordre dans les idées, auquel chacun d'abord refuse de croire, mais qui va bientôt en s'aggravant de manière à ne laisser aucun doute, même aux esprits les plus prévenus. (Journ. de méd. et de chirurg.prat.)

III. BIBL10GRAPHIE.

TRAITÉ DEs MALADIEs DU sEIN ET DE LA RÉGIoN MAMMAIRE (1) ; par A. VELPEAU, membre de l'Institut (Académie des sciences) et de l'Académie impériale de médecine, professeur à la Faculté de médecine de Paris, chirugien de l'hôpital de la Charité, etc.

Bien que tous les praticiens aient senti que les articles de Boyer et de A. Cooper et de nos dictionnaires ne peuvent tenir lieu d'un traité de pathologie du sein et de la région mammaire ; bien que les affections de la plupart de nos organes (cerveau, œil, oreille, rein et vessie, voire aussi les os , le cuir chevelu et le système cutané) soient étudiées dans des ouvrages spéciaux et même déjà depuis longues années, cependant, nul chirurgien n'a osé entreprendre la monographie des maladies du sein.

La spécialité dont s'occupe le nouvel ouvrage de M. Velpeau, que le monde médical attendait impatiemment, excité par la connaissance des leçons cliniques, de l'article MAMELLE du Répertoire des sciences médicales, et des discours académiques de ce professeur; la position si brillante de celui-ci, lequel, par sa grande

(l) En vente chez J. B. Tircher, à Bruxelles.

érudition, sa vaste expérience et son profond savoir, tient, en quelque sorte, le sceptre de la chirurgie contemporaine; la spécialité, dis-je, que traite cette monographie, et le nom de son auteur recommandent suffisamment le Traité des maladies du scin à tous les savants et aux praticiens désireux de suivre les progrès de la science. Qui pouvait, mieux que le chirurgien de la Charité, élucider cette question si difficile et si importante des maladies du sein ? Cependant, il faut le reconnaître, elle a fixé l'attention de quelques hommes d'un grand savoir, ainsi que le témoignent les mémoires de MM. Bérard et Nélaton et celui de M. Cruveilhier. On se le rappelle encore, ce dernier professeur présenta, en 1844, à l'Académie de médecine de Paris, un travail sur les tumeurs fibreuses du sein, qui suscita une discussion à laquelle prirent part MM. Blandin, Gerdy, Moreau, Roux et Velpeau, et qui servit à démontrer, d'une manière évidente, combien alors l'état de la science, sur les maladies du sein, laissait à désirer. Cette lacune est-elle comblée par l'ouvrage que nous analysons? L'auteur, avec la modestie qui est un des cachets de la haute science, convient que, « dans plu» sieurs de ses parties, son travail n'est » qu'une ébauche, qu'au point de vue » scientifique ou doctrinal, comme sous le » rapport de la pratique, il doit attendre » beaucoup de l'avenir. » (Préface, p. xvIII). Quoi qu'il en soit, les praticiens qui ont entre les mains ce nouvel ouvrage, savent très-bien « que les questions qu'il em» brasse ne sont pas de celles qui se résol» vent en un jour; que les faits dont elles » ont besoin ne s'inventent pas et qu'il » faut attendre qu'ils se présentent d'eux» mêmes; » et ils sentent s'il est possible au critique de ne point applaudir vivement à la sagesse des conseils pratiques et à la richesse de l'érudition qui brillent dans cette monographie, à la fois doctrinale et pratique. Un traité d'une aussi longue haleine, d'une pensée scientifique et clinique si élevée, ne saurait exiger une analyse méthodique ou détaillée; car celle-ci serait aussi longue que l'ouvrage lui-même. Par ce motif, nous devons nous borner à quelques aperçus généraux. Le Traité des maladies du sein et de la région mammaire, composé uniquement avec les matériaux puisés dans le propre fond de l'auteur, est divisé en trois parties principales. La première traite des maladies de la région mammaire de la femme ; La seconde s'occupe des maladies de la mamelle chez l'homme ; La troisième a pour objet l'étude des maladies de la mamelle chez les nouveaunés et les enfants. Ces deux dernières ne sont, en quelque sorte, que le complément de l'ouvrage entier, qui est précédé d'une préface, dans laquelle l'auteur révèle déjà et explique sa juste défiance vis-à-vis les données microscopiques, par suite non-seulement des opinions différentes des micographes, mais aussi des variations d'opinions de chacun d'entre eux. La première partie est la plus importante. L'auteur l'a divisée en deux sections : dans la première, il expose les maladies de nature bénigne de la mamelle de la femme ; dans la seconde, il traite des maladies malignes de la région mammaire de la femme. Cette division originale, qui dévoile la pensée de l'auteur, n'est peut-être pas, aux yeux de tous les chirurgiens, entièrement exempte de légers reproches. En effet, le médecin peut-il toujours, avec certitude , différencier une maladie bénigne d'un mal cancéreux ? Je sais très-bien que M. Velpeau affirme « qu'un praticien

» exercé distinguera sans peine la tumeur » cancéreuse de celle qui ne l'est pas.....; » qu'on ne l'a jamais vu se tromper (page » 590); » mais est-ce que pareille profondeur dans le coup d'œil est donnée à tout chirurgicn ? Quel est le praticien , un peu répandu, qui n'a vu, maintes fois, certains accidents syphilitiques constitutionnels simuler une affection cancéreuse de l'œil, de la lèvre, de la langue, de la matrice, du rectum, de la verge, du testicule (voir la Gazette médicale de Paris, 1841, p. 652; le Traité de la phthisie laryngée de MM. Trousseau et Belloc, observat. 49; le Traité des maladies de matrice de Duparcque ; le Traité de pathologie de M. Vidal, de Cassis ; les Leçons orales de clinique chirurgicale de Dupuytren, t. IV, p. 248; et l'article Sarcocèle du Dictionnaire de decine, par Roux). Sauvages et le docteur Yvaren n'ont-ils pas vu une affection vénérienne de la mamelle prise pour un cancer ? Tous ces faits démontrent, ce me semble, la grande difficulté de porter un diagnostic, dans certains cas de tumeurs cancéreuses, comme d'ailleurs l'ont soutenu, en 1844, à l'Académie de médecine de Paris, Roux, Blandin, Lisfranc. M. Velpeau, lui-même, ne le reconnaît-il pas quand il dit : « L'em» barras du diagnostic n'est guère possible » qu'au début de la maladie ; plus tard, les » cas douteux sont rares (p. 590). » La première section renferme deux chapitres. Le premier, consacré aux maladies inflammatoires, est divisé en trois articles principaux : l'un destiné aux maladies inflammatoires du mamelon; le deuxième à l'inflammation proprement dite de la mamelle ; enfin, le troisième est consacré aux abcès. Le second chapitre de la première section traite des maladies non inflammatoires. Son premier article est consacré à l'étude des contusions ; le second à cclle des tumeurs indolentes et de nature bénigne; enfin, le troisième à celle des tumeurs appelées adénoïdes. Dans la deuxième section de la première partie, l'auteur traite des maladies de nature maligne ou cancéreuse. Cette section contient cinq chapitres : le premier a pour objet les formes diverses du cancer; le second leur diagnostic différentiel; le troisième parle de la nature et de l'étiologie du cancer; le quatrième du pronostic et le dernier du traitement. Tel est le vaste cadre que M. Velpeau a su remplir d'une telle manière, tant sous le point de vue scientifique que sous celui clinique, appuyé sur des faits nombreux et bien choisis, que la monographie des maladies du sein atteint le but que s'est

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