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1° action mécanique; 2° action irritante ; 5° action putréfiante. L'action mécanique n'est pas ce qu'elle serait, pratiquée sur un sujet bien portant. Tous les malades, après l'évacuation de la plèvre, éprouvent un soulagement notable ; les organes voisins reprennent leur position habituelle, et font profiter le poumon sain de l'espace qu'ils ont laissé libre. Même avant l'oblitération de la plaie, le poumon malade reprend une partie de son volume et reçoit de l'air à son sommet. La difformité du thorax diminue de plus en plus après la guérison, et la Revue dico-chirurgicale a rapporté, en septembre 1852, un fait dû à M. Marrotte, dans lequel, trois mois après la guérison de la plaie, on ne constatait plus qu'une trèslégère différence entre les deux côtés du thorax. L'action irritante de l'air n'est ni aussi grave , ni aussi absolue qu'on l'a cru. lntroduit en petite quantité et non renouvelé, il ne produit aucun accident. Si des colonnes d'air considérables circulent dans la plèvre, il se produit bientôt une inflammation qui peut devenir très-intense, surtout si la plèvre était déjà le siége d'une phlegmasie aiguë, et principalement d'une inflammation suppurative. Mais, là encore, le danger n'est pas aussi grand qu'on peut le croire; l'auteur pense que quelquefois cette recrudescence de la phlegmasie devient un coup de fouet dont les résultats peuvent être avantageux : il se développe une de ces inflammations substitutives que le médecin emploie si souvent dans un but thérapeutique. , Pour l'action putréfiante, M. Marrotte prouve par des faits que la putréfaction des liquides de la plèvre n'est ni constante ni fatale après l'empyème. Il est même arrivé souvent que l'on a fait cesser la putridité du pus pleural en combattant l'inslammation excessive, en ouvrant à la suppuration et à l'air une issue large qui permet de nettoyer le foyer par des injections. Thoracocentèse. — La thoracocentèse a l'avantage sur l'empyème de ne pas laisser l'air s'introduire dans la cavité de la plèvre. Si le poumon n'a pas contracté d'adhérences, il peut se faire et il arrive souvent qu'il reprenne peu à peu son volume normal ; dans ce cas il ne reste plus de liquide dans le thorax, et le côté malade conserve ses dimensions; si des adhérences s'opposent à ce qu'il se laisse distendre par l'air extérieur pendant l'inspiration, ou il restera une ccrtaine quantité de liquide dans la plèvre, ou le côté malade se rétrécira plus ou moiiis.

Plusieurs accidents peuvent survenir à la suite de la thoracocentèse. Lorsque les fausses membranes qui retiennent le poumon opposent de la résistance, les malades ont souvent la sensation de leur rupture pendant l'expansion pulmonaire. L'évacuation du liquide s'accompagne souvent de toux, ce qui est d'un bon augure. Mais si cette toux devient incoërcible, il faut interrompre la sortie du liquide, quitte à y revenir plus tard. Il peut aussi intervenir des syncopes à la suite d'une déplétion trop rapide et trop abondante de la cavité pleurale. Il est bon de prescrire pcndant quelques jours aux malades, pour éviter les accidents, une immobilité presque complète. Enfin, la thoracocentèse, détermine vers les poumons un afflux sanguin qui peut se traduire par une reproduction rapide du liquide, une extravasation sanguine, une pneumonie, une exacerbation de la pleurésie. Sous le rapport de la déformation du thorax qui se produit après l'opération de l'empyème et après la thoracocentèse, l'avantage paraît rester à cette dernière, à la suite de laquelle le rétrécissement du côté malade est moins considérable. La paracentèse du thorax, quelle que soit la méthode employée, peut avoir des conséquences qui, pour être moins locales et moins directes. n'en doivent pas moins être prises en considération. Elle est souvent suivie de l'apparition de sueurs ou d'urines abondantes ; elle peut donc concourir à la guérison d'une manière indirecte, en levant l'obstacle qui s'opposait à la manifestation de ces exerétions favorables. Les effets dont il nous reste à parler sont d'une nature tout opposée, et compromettent les résultats de l'opération ou en deviennent une contre-indication. Ce sont les déperditions abondantes que la paracentèse fait quelquefois subir aux malades. Ce reproche s'adresse particulièrement à l'empyème ; mais la thoracocentèse n'y échappe pas entièrement, et, après l'opération, il peut arriver que la reproduction du liquide soit très-rapide et très-abondante, partant très-dangereuse ; car, pour épuiser moins que les déperditions sanguines , les déperditions séreuses n'en sont pas moins fâcheuses à certains malades affaiblis par des pertes antérieures ou arrivés à un état de cachexie. Elles devront donc entrer en ligne de compte dans les indications et les contre-indications de la thoracocentèse. (Arch. gén. de méd. et Revue médicochirurgicale de Paris.)

Chimale médicale et pharmac.

MÉMoIRE sUR LEs DIvERsEs EssENCEs DE TÉRÉBENTHINE ; par M. MARCELLIN BERTHELOT. — Dans un précédent mémoire dont nous avons rendu compte dans le numéro de février du Journal de Pharmacologie, M. Berthelot a étudié l'action de la chaleur sur l'essence de térébenthine; celui-ci a pour objet de distinguer et de caractériser les espèces ou variétés permanentes qui ont été confondues jusqu'ici sous ce nom générique d'essence de térébenthine.

Cette essence est constituée par un carbure de la formule C" H". Ce carbure donne naissance à un hydrate cristallisé; il s'unit directement à un équivalent d'acide chlorhydrique pour former un composé, tantôt liquide, tantôt solide (camphre artificiel). Ces caractèrcs sont communs à plusieurs essences des conifères et établissent entre elles un lien fort étroit. Ces essences ne sont cependant pas complétement identiques ; leurs propriétés physiques, et surtout leur action sur la lumière polarisée, paraissent varier avec la nature des arbres dont elles proviennent. Ainsi l'essence française, extraite du pin maritime, est lévogyre, tandis que, d'après les observations de MM. Bouchardat et Pereira, l'essence anglaise, extraite du pin austral, est dextrogyre.Ainsi encore, le pouvoir rotatoire de plusieurs essences lévogyres examinées par M. Bouchardat, varie avec l'espèce de conifères qui les produit. Ces essences sont donc moléculairement distinctes, bien que d'une composition et jusqu'à un certain point d'une constitution chimique semblables. Cette différence persiste-t-elle entre les combinaisons pareilles auxquelles elles donnent naissance ? C'est précisément la question que Berzélius a résolue pour le phosphore blanc et le phosphore rouge, et qui se présente assez souvent pour les acides organiques.

Il est à remarquer d'ailleurs, en ce qui concerne les essences de térébenthine, que non-seulement chaque arbre fournit une essence distincte par certaines propriétés de celles des autres arbres, mais que l'essence extraite d'une seule espèce de pin ne paraît pas homogène, c'est-à-dire formée par un carbure unique. Il résulte, en effet, de nombreuses observations, que son point d'ébullition n'est pas fixe, et que l'essence recueillie aux diverses époques

de la distillation ne présente pas cette .

constance de propriétés qui caractérise l'unité tant physique que chimique d'une substance.

Ces différences résultent-elles d'une al-" tération subie par l'essence durant sa distillation, comme M. Bouchardat l'a pensé, ou bien indiquent-elles la préexistence de plusieurs carbures isomères dans l'essence étudiée, telle qu'elle se trouve dans les sucs naturels ? ces carbures multiples se conservent-ils distincts jusque dans leurs combinaisons ? Enfin la formation de deux chlorhydrates, l'un solide, l'autre liquide, lorsqu'on sature l'essence française par le gaz acide chlorhydrique, n'autorise-t-elle pas à supposer, comme l'avait fait M. Thénard, qu'il préexiste deux huiles distinctes dans cette essence ? En résumé, à ce point de vue, l'étude de l'essence de térébenthîne présente les deux problèmes suivants : 1° Les essences produites par les diverses espèces de pins constituent-elles des variétés radicales et permanentes, susceptibles de se conserver dans les combinaisons dans lesquelles on les engage. 2° L'essence contenue dans le suc résineux d'une même espèce de pin est-elle formée par un carbure unique ou par un mélange de carbures isomères ? Dans cette dernière hypothèse, ces carbures se conservent-ils distincts dans les combinaisons dans lesquelles on les engage ? Pour procéder méthodiquement à l'étude de ces deux questions importantes, il fallait d'abord s'occuper d'attribuer un caractère défini au carbure unique ou multiple fourni par une même espèce, avant de pouvoir comparer entre elles les essences fournies par les différents pins. Dans ce but, l'auteur s'est procuré en Sologne de la térébenthine du pin maritime telle qu'elle découle des arbres, et, après en avoir saturé les acides à froid, il l'a soumise à la distillation dans le vide. Le même procédé de purification a été appliqué à l'essence anglaise. Nous ne pouvons suivre ici l'auteur dans le détail des nombreuses expériences auxquelles il s'est livré ; nous devons nous borner à en indiquer les conclusions. Or, ces expériences démontrent : 1° Que les essences naturelles de la formule C" H" sont, au moins dans les circonstances où elles ont été examinées , un mélange de plusieurs carbures isomères qui constituent des variétés permanentes dans les produits d'un même arbre, et susceptibles de se conserver dans les combinaisons dans lesquelles on les engage ; 2° Que l'essence de térébenthine varie avec la nature de l'arbre qui la fournit. En effet, M. Berthelot a isolé les carbures contenus dans l'essence du pin mari

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on observe que cette dernière essence est un produit artificiel modifié, qui a conservé les caractères fondamentaux du type moléculaire de l'essence de térébenthine, tout en acquérant une individualité propre. Non-seulement le camphre artificiel de chaque essence diffère du camphre artificiel des autres essences, mais il en est de même de leurs hydrates. Ces derniers composés se distinguent entre eux par leur solubilité dans l'eau qui a été déterminée de la manière suivante : Chaque hydrate a été purifié par deux nouvelles cristallisations dans l'eau distillée, chacune suivie d'un lavage; puis l'auteur a préparé des solutions saturées de ces divers corps et les a abandonnées dans des verres à pied, en présence d'un excès de cristaux pendant une semaine, afin de permettre à la saturation de devenir normale. Il a pris alors 10 centimètres cubes de cette solution au moyen d'une pipette et les a placés dans une capsule. Deux capsules distinctes ont été ainsi remplies avec chacune des dissolutions saturées à la température de 15°; cette opération a été faite simultanément pour toutes. Les capsules ont été toutes ensemble évaporées dans le vide sans ébullition, puis abandonnées vingt-quatre heures sous une cloche pleine d'air saturé d'humidité pour y reprendre les deux équivalents d'eau que l'hydrate avait perdus dans le vide. Alors les capsules ont été pesées. Ces déterminations ont été faites avec l'essence de citron , l'essence de térébenthine suisse et l'essence du pin maritime. Avec cette dernière, M. Berthelot a fait

trois couples simultanés de détermination, l'un avec les couches d'hydrate formées les premières dans une préparation, l'autre avec les couches ultérieures, le troisième avec les couches formées en dernier lieu plusieurs mois après les premières. Les 10 centimètres de dissolution renfermaient : Avec l'hydrate d'essence de citron, 1"°capsule, gr. 0,058 112. Id., 2° capsule, gr. 0,058 12. Avec l'hydrate d'essence de térébenthine suisse, 1re capsule, gr. 0,056 112. Id., 2° capsule, gr. 0,056 112. Avec l'hydrate de l'essence française (couche supérieure formée en dernier lieu), gr. 0,040. # 4 1re caps.. 0.041 1 Id., couches moyen. la- o oui # Id., couches infér. # caps., 0,040 514 les plus anciennes. l 2° caps., 0,041 De ces nombres ressort la différence qui existe entre la solubilité des hydrates formés par les diverses essences. Quant à l'hydrate formé par une même essence, à des époques successives, il ne présente que des différences à peu près insensibles. Ainsi le cachet individuel propre à chaque essence se maintient non-seulement dans ce camphre artificiel, mais même dans l'hydrate. L'isomérie des diverses essences de térébenthine ne paraît pas impliquer, entre les pouvoirs rotatoires de ces carbures, des relations de symétrie aussi étroites que celles qui existent entre les divers acides tartriques. (Journal de pharm. et de chimie.)

ExTRAIT D'UNE LETTRE A M. THÉNARD, par M. BARRESWIL, sUR LA coMBUsTIoN DU CIIARBON . Monsieur, permettez-moi de vous soumettre une explication qui me paraît simple, d'une contradiction apparente entre deux faits connus, et dont sans doute vous aurez été préoccupé comme moi. On peut se chauffer impunément en brûlant du charbon à l'air libre dans une chambre ; et c'est précisément en brûlant du charbon à l'air libre dans une chambre que Ton peut s'asphyxier. Il suffit de lire les procès-verbaux cités, soit dans les ouvrages de toxicologie, soit dans les journaux quotidiens, pour être bien assuré qu'il n'est pas besoin, pour que l'asphyxie soit possible, que la chambre où se fait la combustion du charbon soit hermétiquement close; aussi ne faut-il pas voir généralement dans le fait de l'aérage plus ou moins facile d'une pièce, la différence entre le ehauffage inoffensif (mais toujours imprudent), par le brazero, et le chauffage mortel par un fourneau dans lequel on a accumulé le charbon. Les expériences récentes sur les propriétés toxiques de l'oxyde de carbone semblent indiquer a priori que la différence entre les résultats de la combustion dans le fourneau et le brazero doit être dans la production en quantité variable de ce gaz dans l'un et l'autre cas. Si l'on examine comment brûle le charbon dans le brazero et dans le fourneau, surtout dans le fourneau tel que le prépare celui qui veut attenter à ses jours, on remarque que dans le premier la combustion est lente, et que conséquemment la chaleur produite est minime, tandis que dans le second la combustion est énergique et la chaleur produite considérable. Dans le brazero le charbon est éparpillé; dans le fourneau préparé pour l'asphyxie le charbon est ramassé. Désireux de savoir si ces différences essentielles dans la disposition du combustible qui donne, comme résultat , une combustion à une température basse et une combustion à une température élevée, ont réellement pour effet une différence dans la nature des produits de combustion; j'ai cherché à réaliser par des expériences irréfutables la combustion du charbon dans des limites extrêmes de température, tantôt en le chauffant juste assez pour qu'il pût brûler, tantôt en le portant à la température la plus élevée possible; et pour ne laisser aucune part à l'imagination, je me suis placé dans des conditions exagérées dans le sens contraire à l'expérience. Dans un tube en porcelaine j'ai introduit un fragment de charbon de la grosseur d'une noisette; j'ai porté le tube au rouge blanc, et sur ce fragment de charbon j'ai fait passer tantôt de l'air, tantôt de l'oxygène pur et sec. D'autre part, dans un tube de verre, j'ai disposé une longue colonne de menus charbons, ct dans ce tube chauffé au rouge le plus sombre, j'ai fait passer tantôt de l'air, tantôt de l'oxygène. Dans l'un et l'autre cas, j'ai recueilli les gaz ayant servi à la combustion et les ai analysés par l'absorption dans un tube gradué au moyen de la potasse. J'ai toujours constaté que la combustion du charbon à une basse température, même en présence d'une quantité cnorme de charbon, produit surtout de l'acide carbonique , et que la combustion du charbon à une température élevée produit surtout et presque exclusivement de l'oxyde de carbone. . Je ne saurais dire si les produits qui se

forment sont, dans le premier cas, directement de l'acide carbonique, dans le second cas directement de l'oxyde de carbone, ou s'il se forme dans l'une et l'autre opération de l'acide carbonique qui ne peut pas réagir sur le charbon à une basse température, mais qui réagit toujours sur lui à une températuro élevée. Mais du fait de la production de l'acide carbonique, alors que la combustion est lente, et de l'oxyde de carbone, alors que la combustion est vive, je crois pouvoir conclure que la différence qui existe entre le brazero et le fourneau tient à ce que le premier donne le produit de la combustion à basse température, l'acide carbonique, et le second le produit de la combustion à une température élevée, l'oxyde de carbone. L'expérience suivante, qui jette du jour sur bien des anomalies, confirme encore ces résultats. On sait que l'oxyde de plomb est facilement réductible par le charbon à une basse température, et que l'oxyde de zinc est réduit au contraire très-difficilement et seulement à une température élevée.Ainsi par exemple, une carte préparée au blanc de plomb que l'on brûle donne des globules de plomb; dans les mêmes circonstances, un carteau blanc de zinc laisse une belle cendre blanche d'oxyde de zinc sans trace de réduction. Si l'on dispose l'un contre l'autre deux tubes de verre fermés par un bout et munis chacun d'un tube à recueillir les gaz , lesquels se rendent sous des éprouvettes pleines de mercure ou simplement d'eau et dressés sur une cuve ; si dans l'un de ces tubes on a introduit un mélange de litharge et de charbon, et dans l'autre un mélange de charbon et d'oxyde de zinc, si ces dispositions prises, on chauffe ces deux tubes, on remarque que le tube à l'oxyde de plomb ne tarde pas à dégager abondamment un gaz qui est de l'acide carbonique mêlé d'un centième au plus d'oxyde de carbone. Le tube à l'oxyde de zinc ne dégage que quelques bulles, à de rares intervalles, tant que la température n'est pas très-élevée ; alors seulement que la température est portée à un haut degré, il produit un dégagement régulier d'un gaz que l'analyse prouve être de l'oxyde de carbone ne renfermant pas un dixième d'acide carbonique. Cette expérience peut être variée ;ainsi, par exemple, le sulfate de chaux en préscncc du charbon donne surtout de l'acide carbonique, tandis que le sulfate de soude produit plutôt de l'oxyde de carbone. On pourrait ainsi réunir un grand nombre de faits qui prouveraient, comme ceux que je viens de rapporter, qu'à une température basse, une combustion lente, corrcspond une production d'acide carbonique; qu'à une température élevée, à une combustion vive, correspond une production d'oxyde de carbone. Or, c'est aux propriétés délétères de l'oxyde de carbone que peut ne pas produire le brazero, et que produit en quantité notable le fourneau, que l'on attribue à juste titre l'asphyxie par le charbon. Dans une prochaine lettre, si vous me le permettez, j'essayerai de résoudre ce problème : pourquoi l'oxyde de carbone est-il délétère ? (Ibid,)

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RECHERCHEs DU MANGANÈsE DANs LE sANG; par M. GLENARD, professeur de chimie à l'Ecole de médecine de Lyon. — M. Glénard étant arrivé à des résultats tout opposés à ceux obtenus par la plupart des chimistes , nous donnons ici les conclusions du travail qu'il a présenté à la Société de médecine de Lyon : En résumé, dit-il,j'ai analysé, par divers procédés, le sang de 40 individus d'âge, de sexe, de tempérament divers; aucun d'eux n'était affecté de ces maladies que l'on dit coïncider avec l'absence ou la diminution du manganèse dans le sang, et je n'ai rencontré qu'une seule fois le manganèse. Bien plus, j'ai analysé le sang d'un mineur de Romanèche, mineur constamment enveloppé de poussière manganique, qui en absorbait par la respiration, par la peau, par la déglutition, et dont le sang devait par conséquent être saturé de manganèse, je n'ai pu y découvrir trace de ce métal. Que dois-je maintenant conclure de ces résultats ? Quelles réponses puis-je faire aux questions que je m'étais proposé de résoudre par ces recherches ? Evidemment je me vois conduit forcément à adopter l'opinion de M. Melsens, qui, comme moi, n'a pas pu ou n'a pas su trouver le manganèse du sang, Aussi, sans m'arrêter aux assertions des expérimentateurs que j'ai cités, sans me préoccuper des faits contraires qui se sont produits dans leurs analyses, prenant mes propres expériences pour base de ma conviction, je conclus ainsi qu'il suit : 1° Le manganèse n'est pas un élément essentiel du sang humain. On ne le rencontre pas habituellement dans le sang. 2° Le manganèse peut se trouver acci

§entellement dans le sang, mais en quan

té très-faible qui me paraît inférieure à clle qui a été indiquée,

5° Il ne paraît pas que le manganèse pénètre dans le sang par la respiration ou par la peau, au moins sous la forme de bioxyde,

Dans l'impossibilité où je suis encore de m'expliquer comment, par des chemins semblables, j'ai pu arriver à des résultats si opposés à ceux de mes devanciers, j'espère qu'on me permettra de croire ce que j'ai vu plutôt que ce que j'ai lu.

(Gazette médicale de Lyon.)

Histoire naturelle médicale.

DU PHELLANDRE AQUATIQUE ; par M. F. CADET DE GASSICOURT. — Vous avez accueilli le rapport que nous avons lu à la Société de pharmacie sur une notice de M. Chapoteaux fils, pharmacien à Decize (Nièvre), traitant du phellandre aquatique. L'examen de ce travail nous conduisit à reconnaître que le commerce de la pharmacie de Paris est heureusement exempt de la dangereuse substitution de la ciguë aquatique, comme de toute autre espèce de ciguë, et que nos graines de phellandre sont bien généralement celles de l'OEnanthe phellandrium. Il nous restait à déterminer l'espèce d'ombellifère à laquelle on doit attribuer la graine que notre confrère de Decize, sur la foi d'un praticien, prétendait être le véritable phellandre, Pour arriver à cette détermination, des semis avaient été faits dans le jardin botanique de la Faculté de médecine; mais la plante étant bisannuelle, la première année n'a pas produit de floraison, et cette circonstance pouvait nous forcer d'ajourner une décision jusqu'àl'automne de1854. Heureusement M. Em. Desvaux, jeune et savant botaniste, nous est venu en aide; ses recherches comparatives faites dans l'herbier du Muséum nous ont acquis la certitude que les graines envoyées de Decize ne sont autres que celles du Silaüs pratensis de Lamarck, Peucedanum silaüs de Linné.Nous avons donné de ces graines une esquisse anatomique, à laquelle, pour être complète, il manque seulement l'indication de quelques points noirs, traces des eanaux résinifères dont sont pourvus les vallécules, et fines au point de n'être perceptibles au microscope qu'autant qu'on étudie des graines préalablement macérées dans l'eau, pendant au moins vingt-quatre heures. Le Peucedanum silaüs a passé pour quelque peu diurétique ; mais jamais, jusqu'a

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