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moi, que le fer réduit est le plus actif de » est appelé dans les deux cas à réagir sur tous les ferrugineux.

→ un corps insoluble. , Je discuterai successivement chacune de M. Qucvenne appuic son affirmation : ces trois propositions, et j'examinerai si 1° sur des résultats obtenus et publiés séles expériences de M. Quevenne étaient parément par MM. C.-G. Mitscherlich et de nature à lui faire atteindre le but qu'il Leras ; 2° sur quelques réactions qui lui s'était proposé. Ces expériences sont faites sont propres. généralement avec conscience, mais leur Avant de discuter les expériences de auteur n'a pas toujours su tirer des résul. M. Quevenne, je vais examiner jusqu'à tats qu'il obtenait les conséquences qui en quel point il a le droit d'arguer des travaux découlaient logiquement; trop préoccupé de ces deux physiologistes en faveur de par une idée qu'il croit vraie, il se refuse son opinion. souvent à l'évidence et cherche laborieu- L'affirination de M. Quevenne cst parsement à adapter à ses vues des faits qui faitement nette, mais elle est en contradicse seraient cxpliqués d'eux-mêmes dans tion avec les résultats de M. C.-G. Milsun ordre d'idées différent; on le voit, à cherlich, auxquels elle tend à donner une diverses reprises, s'appuyer sur des ré- signification qu'ils n'ont pas. sultats exacts et arriver à des conclusions M. Mitscherlich a examiné, entre autres erronées, parce que ses expériences, irré- choses, l'action des sels de ser sur l'albuprochables dans les détails, pèchent pres- mine; mais avant tout il établit, entre les quc toujours par la pensée qui les a or- différentes préparations de ce métal, reladonnées et groupées.

tivement à leur action sur cette substance, Lorsque M. Qucvenne a écrit son livre, des distinctions importantes, et c'est ce il venait de proposer l'emploi en médecine que M. Quevenne n'a pas fait. du fer réduit par l'hydrogène, et tout dans Pour que le lecteur puisse juger luila rédaction de ce livre semble avoir été même le débat, je vais reproduire la citacalculé au profit de cette préparation; tion (1): cette préoccupation, qui se trahit à cha- Mitscherlich dit : « Le fer métallique se que page, a réagi malheureusement sur combine avec l'oxygène et donne des l'ensemble du travail. Peut-être quelques ► oxydcs, quand on le met en présence de personnes m'accuseront-elles d'avoir écrit , l'eau et des acides, tels que l'acide acécette note sous l'empire d'une idée sém- , tique ou l'acide lactique; il se forme de blable; je répondrai à ces personnes en

l'acétate ou du lactate de protoxyde de les priant de me lire avant de discuter mes ► fer, par suite de la décomposition de motifs ; et, après avoir lu, elles penseront,

i l'eau. Cette oxydation, avec dégagement je l'espère, que j'ai été dirigé dans cette ► d'hydrogène, se produit dans toutes les discussion par un intérêt tout scientifique parties du corps qui sécrètent un acide et par le désir bien légitime de démontrer - libre. Si le fer est administré à l'état que ce que j'admeltais en 1839, dans ► d'oxyde, il se forme du lactate. premier travail sur les serrugineux, a été Il ne se dissout de fer métallique ou confirmé par l'expérience et consolidé par des oxydes que ce que les acides libres le temps.

» en préserice peuvent en dissoudre; le Ceci posé, j'entre immédiatement en , reste demeure inaltéré et ne peut agir matière.

a que mécaniquement, comme corps étran. 1. Est-il vrai que toutes les préparations • ger. solubles de fer soicnt précipitées par le suc a De ce qui précède, il résulte que le gastrique ? — Quevenne répond aflirmati- ► fer métallique et les oxydes de fer sont vement à cette question. Je lis à la page 41 Đdissous par les acides libres de l'estode son livre : La plus grande parlie de ► mac; on doit donc, pour connaitre l'ac

l'oxyde de ser des sels solubles de fer se . tion ultérieure des serrugineux sur l'or→ trouve précipitée dans l'estomac par les ganismc animal, les étudier à ce point · malières organiques qui s'y rencontrent.) p de vue. Chaque sel de fer agit sur les Et à la page 194 : « Cette décomposition ► liquides et les tissus du corps et se com

que subissent les sels de fer au contact ► bine avec leurs diverses parties condes matières alimentaires dans l'estomac stituantes, selon son affinité chimique; constitue une loi générale et peut-être quelques substances, par exemple lc

sans exception..... On voit d'après cela tissu corné, font exception et ne donnent » que, lors de l'administration des mar- - » pas de combinaisons avec les sels de ► tiaux avec les aliments, soit que l'on ► fer...) donne le fer à l'état insoluble ou sous

(1) Lehrbuch der Arzneimittellehre, von Doci forme d'un sel soluble, le suc gastrique tor C.-G. Mitscherlich, 1847.

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« Pour ce qui est de l'albumine, sub- s'est complétement mépris sur le rôle que » stance non encore isolée, et que l'on ne les matières albumineuses de l'estomac , connait que combinée avec des sels, elle sont appelées à jouer dans la digestion du » s'unit avec les protosels de fer pour for. fer; bien loin de rendre insolubles les pré

mer des combinaisons solubles, tandis parations de ce métal , elles paraissent, au ✓ que les sels de peroxyde, pris en pro- contraire, destinées à empêcher la sépara.

portions définies, forment avec elles un tion du fer par toute autre voie que l'as. précipité insoluble. »

similation. C'est un premier effet physio

logique de la digestion qui animalise en « Les combinaisons des sels de fer avec quelque sorte la combinaison ferrugineuse; i les matières organiques, telles que l'al- non-seulement il place la dissolution mé

bumine, la salive, qui sont solubles dans tallique dans les conditions endosmotiques ► l'eau, peuvent être absorbées par toutes les plus favorables à l'absorption, mais , les parties du corps. Parmi les combi- encore il rend impossibles toutes les préi naisons insolubles dans l'eau , il y en a cipitations accidentelles qui tendent à an, beaucoup de solubles dans l'acide acéti- nihiler le médicament dans les différents , que et l'acide chlorhydrique; celles-là points du parcours des intestins; il le dé, peuvent, par conséquent, être résorbées fend surtout contre les agents alcalins, car > par toutes les parties du corps sécrétant les combinaisons des sels de fer avec l'alo un acide libre, par exemple l'estomac. bumine ne sont point précipitées de leur » Quelques-unes , au contraire, sont inso- dissolution acide par la potasse caustique , lubles dans l'eau et dans les acides , et et par l'ammoniaque. Ce fait, qui est d'ac· ne peuvent être assimilées; elles sont cord avec les expériences de Davy sur la » rejetées au dehors. C'est pour celle précipitation de certains métaux, est efi» raison qu'après l'usage interne des ser- core confirmé par plusieurs obscrvations 1 rugineux on trouve une quantité assez de M. Lassaigne. i notable de ser dans les excréments. ) Les résultats de M. Mitscherlich , invo

Je lis encore à la page 371 : « Le lac- qués par M. Quevenne, prouvent donc

tate de fer ne forme avec une dissolution exactement le contraire de ce que ce der. ► d'albumine aucun précipité; on obtient nier à voulu en déduire, puisqu'ils sont > une liqueur claire qui, prise en excès et voir que l'albumine ne retarde ni ne di, soumise à l'action de l'ammoniaque minue l'action des préparations ferrugiy caustique, se colore en rouge, sans don- neuses en les précipitant, et qu'elle semble,

ner lieu à un dépôt d'hydrate d'oxyde au contraire, appeléc à assurer la stabilité de fer. Le lait ne se coagule pas non plus et par saite l'eflicacité de ces médicapar l'addition du lactate de fer; il reste ments.

blanc et ne donne pas d'hydrate par Examinons maintenant les expériences o l'ammoniaque. Par suite, les combinai- de M. Leras, et voyons si elles seront plus » sons que ce sel formc avec les matières favorables aux idées de M. Querenne. p organiques sont solubles dans l'eau et M. Leras commence par établir les deux

prennent naissance dans le tube digestif, propositions suivantes, que j'accepte com» lorsqu'on en ingère une certaine quan. plétement, mais que M. Quevenne ne de► tité.

vait certainement pas admettre. Ainsi, que doit-on conclure de ce pas- En ce qui regarde les composés de fer insage du livre de M. Mitscherlich ? que tou- solubles , il pose en principe que la quantité tes les préparations de fer peuvent former de suc gastrique étant très-variable dans dans l'estomac une combinaison avec l'al- les individus différents et même dans bumine; mais combinaison ne veut pas chaque individu , il en résulte que les dire précipitation; pour qu'il y ait préci- composés de fer insolubles qui ne peuvent pitation, il faut que la combinaison formée avoir d'efficacité qu'en raison de l'acide soit insoluble, et c'est le contraire qui a existant dans l'estomac, au moment de licu, pour loutes les préparations de fer l'ingestion, doivent être par conséquent dans lesquelles le fer est au minimum. En très-incertains dans leur degré d'activité. ce qui touche les préparations de fer au Il ajoute en outre : que c'est un inconmaximum, leur précipitation perd beau- vénient d'introduire ainsi dans l'estomac coup de l'importance qu'on a voulu lui des substances dont l'effet est d'absorber attribuer, puisque ses effets peuvent être une précieuse sécrélion que la nature avail annulés rapidement par l'action dissol- destinée à un tout autre but. vante de la sécrétion gastrique. Il est évi. Quant aux composés solubles, il faut, dent que M. Qucvenne a pris un elfet suivant lui, pour oblenir les effets voulus, ulile pour une influence défavorable; il les choisir tels qu'élant une fois introduits

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dans le canal intestinal, ils ne se trans- donner avec les deux réactifs que nous sorment pas en corps insolubles.

avons cités des résultats si différents, il est Après avoir posé ces principes, M. Leras clair que M. Quevenne devait rejeter examine l'action exercée par tous les sels l'ensemble des expériences de M. Leras, de fer sur le suc gastrique, et il arrive à comme n'étant pas comparables aux sienconclure que tous les sels de fer sont pré- nes, et il ne devait faire entrer dans la cipités par ce liquide, à l'exception du tar- discussion que ses propres résultats. trate ferrico-potassique et du pyrophos- Ainsi, et pour des raisons différentes , phate de fer et de soude. Mais sur ce der. M. Quevenne n'était pas plus fondé à nier point, il y a désaccord complet entre s'appuyer sur les observations de M. Leras lui et M. Quevenne.

qu'à se baser sur celles de N. Mitscherlich, En effet, je lis à la page 28 du livre de et c'est uniquement dans les expériences M. Quevenne, article Étude du suc gastri. qui sont propres à M. Quevenne que je que à l'état normal, division B, dans la- devrai chercher des preuves à l'appui de quelle il examine l'action du suc gastrique l'opinion qu'il soutient. sur les différentes préparations solubles Voyons quelles sont ces expériences. de ser:

En versant du suc gastrique dans la « Tartrate ferrico-potassique (solution

dissolution des sels dont les noms suivent, ► au 1720). Trouble jaunâtre très-pro

M. Quevenne a observé les phénomènes » noncé, puis flocons ; ces phénomènes sont suivants ; je transcris : I plus marqués dans les premiers temps

«Lactate de fer (solution récente au 1730). ► de la digestion que vers la fin. C'est un

1 – Nébulosités, puis flocons en très-pe· des sels qui précipitent le plus abondam

» tite quantité, dans le suc provenant du » ment le suc gastrique. »

mélange des échantillons retirés d'heu

re en heure, pendant la durée de la di« i Pyro-phosphate de soude ei de fer. gestion, trouble prononcé dans celui de

o la première hcure, presque rien dans · Trouble abondamment en blanc, et

les autres. ) donne lieu à des flocons. )

« Protosulfate de fer (solution au 1710). Pourquoi ces contradictions ? Elles me

Rien d'abord, très-léger dépôt le paraissent faciles à expliquer : les deux

i lendemain.) chimistes n'ont pas opéré avec le même

« Persulfate de fer. – Nuage blanchåliquide. M. Leras n'a emprunté le suc gas

tre, puis flocons ténus. ) trique, dont il s'est servi, ni à l'homme, « Perchlorure de fer, - Comme le perni même à un animal carnivore, il l'a re- sulfate. ) tiré de la caillette d'un beuf. M. Que

( lodure de fer (préparé le jour même venne, au contraire, donnait le nom de

et sans nul excès d'iode ou de fer, solusuc gastrique au liquide trouble qui se

tion à parties égales). — Simple nébu. trouvait, mêlé aux aliments, dans l'esto- ► losité dans le premier moment, et plus mac d'un chien, pendant l'acte de la diges- » tard flocons blancs. » tion, et qu'il séparait des produits solides,

En examinant avec attention chacune au moyen d'un linge, c'est-à-dire au chyme

de ces réactions, on voit que la seule conexprimé. Ce liquide, de composition com

clusion raisonnable qui en découle est plexe et qui contient beaucoup plus de

celle que M. Mitscherlich avait tirée de principes dissous que le suc gastrique or

ses expériences sur l'albumine ; les persels dinaire, provient en partie de l'économie,

de fer sont les seuls qui précipitent nettemais aussi des aliments simplement dis- ment les matières organiques du liquide Sous ou modifiés, et ses propriétés parti- de M. Quevenne. En effet, lorsqu'on cipent évidemment de ces deux sources. opère avec les protosels, les réactions n'ont Il est clair que ces deux produits ne pou- rien de tranché; elles se réduisent à de vaient agir de la même manière.

simples nébalosités ou à des flocons léM. Quevenne le savait tout aussi bien

gers, qui souvent n'apparaissent que le que moi ; mais , par une inconséquence lendemain, et qu'il est facile d'expliquer, que je ne chercherai pas à expliquer, en songeant aux difficultés que présente la uprès avoir réfuté les expériences de préparation des sels de fer au minimum, M. Leras, qui lui paraissent inexactes, il parfaitement exempts de sels de peroxyde, utilise ces mêmes expériences et les trouve et à la rapidité avec laquelle ces derniers bonnes lorsqu'il s'agit de les opposer à se forment au contact de l'air. adversaires. Cependant si les deux liqui- Du reste, le liquide employé par M. des, employés par les deux expérimenta- Quevenne, sous le nom de suc gastrique, teurs, étaient assez peu semblables pour est tellement complexe, qu'il est impossia

ses

ble de conclure quelque chose de ces ap- pas égales ? Si la précipitation des sels de parences de réactions.

fer par ces matières est inévitable, ce que Mais alors même que les préparations je n'admets que dans certains cas, cette de fer solubles seraient précipitées par les précipitation n'aura-t-elle pas lieu tout substances alimentaires ou l'albumine, aussi bien quand le sel aura pris naissance comment cette précipitation pourrait-elle dans l'estomac que lorsqu'il aura été adêtre invoquée pour prouver la supériorité ministré tout préparé, et ne faudra-t-il d'action de préparations ferrugineuses pas que le suc gastrique le redissolve? Dès insolubles ? N. Quevenne admet avec moi lors, en donnant directement le laetate de et avec tout le monde aujourd'hui que le fer, qui est un sel au minimum, j'aurai fer métallique ne peut agir qu'après avoir toujours épargné à l'estomac l'une de ces été dissous par les liquides de l'estomac, deux dissolutions, c'est-à-dire une opéracar je lis à la page 41 : « que le fer n'a be- tion chimique assez compliquée, qui ne

soin pour devenir efficace que d'être peut s'effectuer sans qu'il en résulte une

placé dans des conditions convenables faligue inutile pour cet organe, dans les , de dissolution. Cette dissolution ne cas les plus favorables, et des désordres donne-t-elle pas pour résultat du lactate fâcheux dans certains cas pathologiques. de ser, c'est-à-dire un sel soluble? Ce sel

! Je passe à la scéonde question. soluble, aussitôt formé, se mélangera aux substances contenues dans l'estomac, et

(La fin au prochuin numéro.) dès lors les conditions ne deviennent-elles

(Bull. gener. de thérap., N. 30.)

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III. BIBLIOGRAPHIE.

TRAITÉ PRATIQUE DES MALADIES DE L'o- tine, la variole et surtout la fièvre tyREILLE ; par le docteur E.-H. TRIQUET, phoïde. lauréat des hôpitaux de Paris, etc. Paris, Il ne s'est point borné à ce premier 1857, chez J.-B. Baillière et fils.

point : dans une série de déductions toutes

appuyées sur des observations coneluan(Je et dernier article.)

tes, il a montré que la pratique pouvait La troisième partie du traité que nous

utiliser les données de l'anatomie patholoanalysons est consacrée à l'étude des diffé- gique, et les fails cliniques rapportés dans rentes maladies qui peuvent affecter l'ap

ce passage ne peuvent laisser, dans l'espareil auditif.

prit du lecteur, aucun doute à cet égard. Nous ne suivrons point l'auteur dans la

En effet, personne n'avait vu et signalé description théorique de ces maladies; avant lui ces épanchements purulents et description théorique de ces maladies; sanguins de la caisse, qui, ne pouvant nous nous bornerons à signaler les chapi

trouver une libre issue par la trompe, niotres qui nous ont paru les plus dignes d'al

mentanément obstruée par la plilegmasic tention :

de sa muqueuse, vont se faire jour au 1° Le chapitre des otites dans les fièvres

dehors en déchirant la cloison tympanique, graves;

ou bien fuser dans le labyrinthe à Iravers 2. Celui des polypes de l'oreille; la fenêtre ronde perforéc, dans le vestibule Zo Celui de la surdité nerveuse;

en luxant l'étrier, et causer des désordres 4o L'appendice relatif aux sourds-muets.

irréparables. Le chapitre des otites dans les fièvres Tels sont, en effet, les points imporgraves a été publié, en 1885, dans ce Rc- tants qui sont élucidés dans ce passage, cueil (tome XIX), et nos lecteurs né l'ont réellement digne d'attention. point oublié.

Quant au traitement, on comprend qu'il Un dernier mot : Jusqu'à cette époque, doit être basé sur les données précédentes les auteurs, dans les traités de pathologie, et n'en être que le corollaire. Ainsi

, le chiavaient passé sous silence ce sujet impor- rurgien doit chercher à désobstruer la tant: or, à M. Triquet revient le mérite d'a- trompe et à rétablir la voie naturellement voir le premier montré, par des dissections ouverte aux liquides qui, à l'état normal

, minutieuses, quelles altérations subissait doivent s'écouler de la caisse dans le pbal'appareil auditif durant le cours des fièvres rynx, en suivant la voic de la trompe graves, telles que la rougeole, la scarla- d'Eustache.

Mais, si le cathéter ne peut pénétrer et nous y renverrons donc le lecteur, et feque les accidents pressent, l'auteur n'hé- rons seulement remarquer que les idées sile pas à proposer la ponetion de la mem- émises à cette époque sur ce sujet sont les brane au lieu d'élection, afin d'éviter sa mêmes et que, de plus, le temps et l'expérupture et les suites fâcheuses qui en peu- rience les ont encore corroborées dans vent être la conséquence ; et il faut bien l'esprit de l'auteur. avouer que la pratique la plus rationnelle | Ce chapitre' est certainement un des ne peut se refuser, dans ces cas, à accepter plus intéressants de l'ouvrage, car il nous celle thérapeutique hardie, sans doutc, montre, appuyés sur des chiffres, des rémais qui, en définitive, trouve chaque jour sultats réellement très-satisfaisants. son heureux emploi dans d'autres organes Désespoir du médecin et du malade, (la ponction de l'æil, de la vessie; etc.). l'affection complexe, connue sous le nom de

Le chapitre consacré aux polypes de surdité nerveuse, avait été jusqu'alors empi. l'oreille est un de ceux qui intéresseront riquement traitée, tantôt par les excitants le plus vivement les chirurgiens, et cela (l'arnica, l'électricite), tantôt par les antien raison de la gravité du sujet, de spasmodiques (l'éther); ou bien abandonla richesse des détails et du soin avec le- née aux efforts impuissants de la nature. quel ont été analysées et discutées les opie Nais nous devons avouer que notre auteur nions des auteurs anciens et contemporains a réellement élucidé cette question en la francais et étrangers. Cette analyse et tirant de l'obscurité dans laquelle elle était cette discussion étaient indispensables , plongée. car l'auteur, dans tout ce chapitre peut

Selon lui (et les dissections dont on être un peu long, a cherché à prouver et, trouve l'analyse pag. 375-378, obs. 114. selon nous, il l'a fait avec succès : que les et 118°, le prouvent sans réplique), la lépolypes de l'oreille différaient essentielle- sion la plus fréquente que l'on trouve ment des autres polypes qu'on rencontre dans ce cas est une sécheresse extrême, ailleurs, que la description classique, qui avec épaississement ou ratatinement de la

; , les assimile aux polypes du ncz, était en muqucuse de l'oreille moyenne. Cette aldehors de la vérité.

tération, pcut devenir, assez prononcéc Pour prouver cette assertion M. Tri- pour masquer complétement et même quet, après avoir mis sous les yeux du faire disparaitre le plcxus tympanique, si lecteur unc analyse de tous les cas de po- important pour la sensibilité de l'organe et Types connus et publiés, en conclut qu'il indispensable pour la sécrétion des mucon'y a pas une scule observation authenti- sités de la caisse. Les osselets eux-mêmes que et complète dans laquelle un écoule- sont empêchés dans leurs mouvements de. ment puriforme et chronique de l'oreille ticats ct deviennent immobiles ; le jeu de n'ait le plus souvent précédé l'apparition

la fonction est ainsi interrompu. du polype. Or, rien de semblable, que Or, pour combattre ces altérations, les nous sachions, n'a été noté pour les poly- solutions caustiques ont réussi à merveille, pes du nçz; cette différence capitale n'est à ce point quc, sur 36 malades tout à fait pourtant pas la seule, et nos , lecteurs sourds par le fait de cette surdité dite pourront s'en convaincre en parcourant ce nerveuse, et traités par la nouvelle mépassage dont nous ne pouvons donner thode, nous trouvons (p. 455): 3 insuccès, qu'une faible esquisse ;

13 guérisons complètes et 20'améliorations Nous n'ajouterons qu'un mol : c'est que sensibles, c'est-à-dire que ces 20 malades, « le tempérament écrouelleux est celui qui qui n'entendaient pas la montre au com· favorise le plus l'évolution des polypes mencement du traitement, l'entendaient à

de l'oreille. » En effet, dans une statis- la fin à 4, 5, 6, 14 et 20 centimètres de lique vraiment démonstrative, M. Tri- distance, et la parole sur tous les tons de quet nous fait voir (p. 361). que la con- la conversation. stitution strumeuse a clé noléc huit fois Nous terminerons cette analyse par le sur dix.

chapitre relatif aux sourds-muels. En conséquence, il prouve, par des

Dans une introduction un peu longue, fails, qu'un traitement général antistru- quoique intéressante, M. Triquet, dans meux doit toujours être administré concur- plusieurs passages empruntés à la Bible, remment avec le traitement local (p. 358 nous fait voir qu'il y a eu des sourdset suiv.).

muets de lout temps, mais que c'est seu. Nous arrivons à la surdité nerveuse lement à une époquc très-rapprochée de (chap. X, 3° partie). Le mémoire qui nous qu'on a cherché à améliorer leur sort. forme à lui seul ce chapitre presque entier, D'après l'auteur, le plus souvent la a été publié, en 1854, dans notre t. XX; surdi-mutité n'est qu'une des manifesta

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