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manger et l'amena dans sa maison. Les vertus du saint évêque, qui se manifestaient dans sa conversation et dans ses rapports journaliers avec ceux qui l'approchaient, firent une vive impression sur l'esprit de Waimère et de sa femme. Waimère, qui avait eu une forte part dans la contribution de guerre imposée à la cathédrale d'Autun, en fit présent à Léger. Ce dernier put se réfugier dans un monastère. La vengeance implacable d'Èbroin l'en tira deux ans après pour lui faire subir de nouveaux supplices, qui se terminèrent par la mort.

Pendant ce temps Waimère reçut d'Ébroin la récompense de l'odieux concours qu'il lui avait donné. Ébroin le fit nommer évêque de Troyes. Nous ne pourrions dire comment il remplit ces nouvelles fonctions; ses antécédents n'étaient pas de nature à inspirer une grande confiance à ses ouailles. Cependant il semble qu'il avait été converti par saint Léger; il fit même, dit-on, le voyage de Jérusalem avec saint Bercaire, fondateur de l'abbaye de Montier-en-Der. Toujours est-il qu'après deux ans d’épiscopat, il se brouilla avec Ébroin, qui le fit pendre. On vit dans cette triste fin un châtiment de la part qu'il avait prise à la passion de saint Léger. Sa mort eut lieu en 678 (1).

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Le dernier duc de Champagne connu est Dreux, fils de Pépin dÎHériStaI et de Plectrude. On sait que Pépin dTléristal exerçant l'autorité royale, sans porter le titre de roi, en Austrasie d'abord (2), puis dans toute la monarchie franque (3), fonda la dynastie carlovingienne dont Charles-Martel (l1), son troisième fils, est l'un des plus illustres représentants; mais Charles-Martel naquit d'une concubine : Plectrude était la femme légitime de Pépin d'Héristal, qui en avait eu deux fils z Dreux et Grimoald; Dreux était l'aîné. Son père lui donna le duché de Champagne vers l'année 695 (5), et lui fit épouser Adal

(1) En latin Drocus, Droco, Drogo. (2) De 680 à 687.

(5) De 687 à 714. Il mourut le 16 décembre de cette année. (4) Charles lllartel fut maire du palais de 715 à 741.

(5) Gesta regum Francorum, ap. Duchesne, I, 718C; D. Bouquet, ll, 570D; Chronicon Adonis de Francis, ap. D. Bouquet, Il, 670C; Chronicon Moissiacense, ap. Duchesne, llI, 156B, et D. Bouquet, II, 6550; continuateur de Frédegaire, l" part , ch. 101, ap. Duchesne, l. 769B et D. Bouquet, lI,452C; Chroniques de saint Denis, ap. D. Bouquet, Ill, 507B. -- D'après

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trude,_ ou Anstrude, fille: de .-Bertaire.. ancien. maire. du palais de Neustrie (l).

Nous possédons encore. un- jugement prononcé contre Dreux par la cour suprêmerde 1a monarchiefranque.

Il est ainsi conçu : « Childebert, roi des Francs, homme illustre (2).

» ‘Nous trouvant au nom de Dieu, réunis dans. n notre palais de Compiègne avec hommes aposton liques, nos pères dans le Christ, Ansoalde (3), Sa

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le. continuateur de Frédegaire. la nomination de Dreux aurait eu lieu. après l'avènement du roi Childebert lll, qui monta. sur le trône en 695. Les Geste regum Francorum semblent faire remonter un peu plus haut la nomination de Dreux, puisqu'ils la placent après la bataille de Testry, qui eut lieu en 687. Les chroniqueurs postérieurs. ont suivi tantôt l'un, tantôt l'autre système. Celui des Geste est adopté par Adon et par le Chronicon. Moissiacense. Celui du continuateur de Frédegaire, par les Chroniques de saint Denis que nous venons de citer, et de plus par les célèbres Annales de Metz, ap. Duchesne, ll, 266C, et D. Bouquet. Il, 681A. Seulement ces annales commettent ici deux erreurs grossières, l'une est de faire de Dreux un duc de Bourgogne: nous parlerons plus loin de l'autre.

(l) Les Annales de Metz font d'Austrude la veuve de Bertaire, ap. Duchesne, lll, 266C; D. Bouquet. 11, 681A. C'est la seconde erreur commise par les Annales de Metz au sujet de Dreux. La filiation de la femme de Dreux est établie par un document dont l'authenticité ne peut être contestée, par un plaid de Childebert lll, dont nous allons donner la traduction. Bertaire avait été maire du palais en 686 et en 687.

(2) Childebert lll, roi de 695 à 711. (5) Evêque de Poitiers.

n vary(l),'l‘urnocalde(2),Ebace(3),Grimon(h),Cons» tantin (5), Ursinien (6), évêques; avec hommes il» lustres Pépin, maire de notre maison; Agnery, » Antenère, Magnecaire et Grimoalde, grands du n royaume; Ermenthée, Adalric et Jonathan, » comtes; Vulfolaec, Arghile, Madlulfe, officiers du » palais; Benoît et Ermedramne, sénéchaux; Séon n et Hociobert, comtes de notre palais; et tous nos » fidèles : nous étions assis pour entendre les causes » de tous et pour les terminer par un jugement » droit. Homme vénérable Magnoalde, abbé du mo» nastère de Thunsonval (7), que son oncle, le sei» gneur Carderic, jadis évêque (8), fit bâtir à ses » frais, s’est présenté et a exposé à notre clémence » royale, que son église avait un bien nommé Noci» tum (9), situé dans le pagus Camiliacensis (1 O),aulre» fois possédé par Guérin, puis rentré dans le do» maine et donné à son monastère par un précepte )) de notre seigneur et père Thierry, jadis roi; mais » homme illustre Dreux, fils d'homme illustre Pépin,

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(8) Abbé de Saint-Denis, peutetre ancien évêque de Beauvais. (9) Noisy-sur-Oise (Seine-et-Oise). (l0) Le Chambly, au diocèse de Beauvais.

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maire de notre maison, a irrégulièrement dépouillé de ce bien Magnoalde et son monastère, a pris ou détruit des esclaves, de l'argent et d’autres biens qui en dépendaient. Dreux a répondu que, homme illustre Bertaire, son beau-père, avait autrefois acquis cette propriété de Magnoalde par échange,

et que lui la détenait légitimement du chef de sav

femme Adaltrude. Magnoalde a répliqué qu'il y avait eu en effet des pourparlers entre lui et Bertaire, et que l'échange avait été convenu, mais qu’il n'avait jamais été réalisé; que Bertaire n’avait jamais eu la main vêtue de cette propriété. C’était donc par force et de mauvaise foi que le susdit Dreux, défendeur, avait dépouillé le susdit demandeur. Alors une question a été adressée à Dreux. Puisqu'il soutenait que son beau-père avait acquis cette propriété de Magnoalde par échange, pouvait-il dire si un acte de cet échange avait été dressé? Pouvait-il produire cet acte en notre présence? Mais il n’a produit aucun acte et il n’a fourni aucune preuve établissant les droits de Bertaire, ni la manière dont ces droits seraient passés audit Dreux, soit du chef de sa femme, soit de son propre chef.

)) Ainsi, les hommes soussignés, seigneurs, évéques et grands de notre royaume, suivant le témoignage d’homme illustre Hociobert, comte de notre palais, ont jugé et défini que Magnoalde, homme ci-dessus dénommé, ayant obtenu pour son monastère de Thunsonval, par un précepte de notre seigneur et père, la concession du lieu de Nocitum, Dreux doit l’en revêtir, et Magnoalde renonçera à lui réclamer les fruits, savoir : vin, blés

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