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fer (teinture de perchlorure de fer) dans un petit abcès ; les reins étaient dans un l'érysipèle, préconisée en premier lieu par état avancé de dégénérescence graisseuse ; Hamilton Bell, a conduit le docteur Bal- les lésions principales, se rencontrèrent four, d'après des idées théoriques sur son dans les veines du cou, siége de l'inflammode d'action, à étendre ce traitement à mation primitive; enfin, un petit abcès des cas de phlébite puerpérale ou autres. existait dans l'oreillette droite du cœur. Il en a obtenu les plus heureux effets. Un Ce fait mérite d'autant plus de fixer l'athomme, dont la veine saphène interne tention que la littérature médicale n'en a roulait sous le doigt comme une corde et pas encore enregistré de semblable. était entourée d'une vive rougeur, vit tous

Dr D...É. les symptômes aigus se dissiper en peu de (The Dublin quat. Journ. of med. science jours et eut bien de la peine à se soumet- et Oest. Zeits. f. practische Heilkunde.) tre au repos néeessaire à sa guérison. Quelques années auparavant, il avait eu une atteinte analogue, contre laquelle on Nouveau CAS DE GUÉRISON DE LA PUSTULE avait employé les sangsues, les vésicatoi- MALIGNE PAR L'APPLICATION DES FEUILLES res et d'autres moyens; mais le résultat FRAÎCHES DE NOYER. La pustule maligne avait été beaucoup moins prompt. est une affection toujours grave et qui

Lorsque la phlebite prend naissance, amène encore trop souvent une issue facomme c'est souvent le cas, dans un noyau tale malgré une cautérisation énergique. de veines variqueuses, le docteur Balfour, Comment peut-on admettre dès lors qu'un comme l'a conseillé M. Velpeau , hâte la

moyen aussi simple que les feuilles de guérison par des fomentations de sulfate

noyer puisse enrayer une maladie en géde ler. Dans un ou deux cas de phlébite néral si proniptement mortelle? Cela ne après l'accouchement, les symptômes se comprend guère et cependant le docteur aigus cédèrent rapidement à l'administra. Pomayrol, médecin des environs de Pertion du fer. Ces cas, néanmoins, ressem- pignan qni, le premier en 1883, a précoblaient plus à la phlébite ordinaire qu'à nisé l'emploi de ces feuilles, assure qu'elles une phlegmasie blanche, et le docteur sont aussi efficaces pour combattre le Balfour croit que la coexistence d'un état charbon et la pustule malignc que le sulpuerpéral n'était qu'une coïncidence.

fate de quinine pour guérir les fièvres \Edinb. med. Journ. et Bull.gen, de thérap.) intermittentes ( voir notre tome XVII,

p. 36), Peu de temps après M. le docteur

Bruguier, de Gallargues, publiait un cas PALÉBITE DES TRONCS veineux DU COU A de guérison de pustule maligne à l'aide de LA SUITE DE L'Accouchement. Le docteur

ce moyen dont les bons et rapides effets Alsr.-H.-M. Clintock vient d'appeler l'at- l'avaient étonné (voir notre même tome, tention sur celte manifestation morbide à p. 236). A ces faits, M. le docteur Raphaël, la suite de l'acte de la parturition. Dans de Provins, où la pustule maligne est un cas de celle nature qu'il eut l'occasion assez fréquente, vient en ajouter un noud'observer , il vit la phlébite s'emparer veau qui est bien de nature à porter la des jugulaires internes, des sous-clavières, conviction dans les esprits; car ici le de la partie supérieure des axillaires, de diagnostic ne peut laisser aucun doute, il l'innominée droite et de la partie supé- s'agissait bien d'une pustule maligne vraie rieure de l'innominée gauche ; la mort et non de cette variété de la pustule man'arriva, dans ce cas, que le 22mo jour ligne, non contagieuse et guérissant faciaprès l'accouchement et, dans cet inter- lement, sur laquelle notre confrère M. le valle, il s'était manifesté des symptômes docteur Ch. Van Swygenhoven a appelé de fièvre puerpérale et un flux dyssente l'attention en 1846 (voir notre tome IV, Fique. L'état général paraissait peu inquié- p. 21). Au reste, pour mettre nos lecteurs tant, lorsque, au 10me jour, on remarqua en état de juger par eux-mêmes, la luméfaction des veines prénommées; au allons reproduire textuellement la partic 18me jour on constata, dans leur voisinage, la plus importante de la communication de l'ædème et il se montra une améliora- faile par M. Raphaël aux Annales cliniques tion sensible ; mais au 18me jour, l'état de de Montpellier. la malade s'aggrava tout à coup et des « J'ai eu, je l'avoue, une grande répusymptômes évidents de pyoémic se décla- gnance à croire à un traitement si simple Terent, auxquels succéda la mort au 22me contre une maladic aussi grave et aussi jour. A l'autopsie, on ne trouva aucune rapidement mortelle que la pustule mali(face de péritonite, mais l'utérus était ra- gne, et mon incrédulité était si forte à cet molli et derrière cet organe s'était formé endroit que, sans des circonstances parti

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culières, je n'aurais jamais osé recourir àgé de 60 à 68 ans, et d'une forte constila aux feuilles de noyer. Mais quand je sus tion : il est marchand de peaux de mouappelé près du malade qui fait le sujet de ton; il dit même qu'il a acheté dernièrecelte observation, la pustule maligne élait ment des peaux de moutons morts du sang si étendue sur les paupières et la face du (maladic éminemment seplique). Il raconte côté gauche, et il fallait une cautérisation que le lundi 8 juillet, et mardi 6, il a eu si large et si profonde , que je n'ai pas osé sur les paupières des démangeaisons trèsla faire ; j'avais l'intime conviction qu'elle vives, et qu'elles se sont gonflées ainsi que serait restée incomplèle et par conséquent loule la face, de manière à lui faire croire inutile. Si ce malade m'avait appelé dans à un érysipèle. Aujourd'hui à peine s'il un temps où j'aurais jugé la cautérisation est possible de reconnaitre une figure huencore possible, je l'aurais faite; j'aurais mine tant sa tête est volumineuse. Le cru ma conscience engagée que de ne pas front, les tempes, le cuir chevelu, les pauy avoir recours.

pières, les joues , les lèvres , le menton, le C'est donc parce que je regarde ce ma- cou, sont d'un volume extraordinaire; la Jade comme voué à unc mort certaine que poitrine est également gonflée et déma. j'applique des feuilles de noyer sur les teuse en avant. Toutes les parties sont paupières et sur tout le côté gauche de la d'une couleur rouge violacée. Les paupièfigure où siégent des pustules , et je con- res à droite en sont noires. La jouc et les seille de les renouveler de trois en trois paupières du côté gauche sont gonflées et heures. Le lendemain, douze à quinze dures conime de la pierre; elles sont couheures après la première application , ma vertes de pustules pleines de sérosité surprise fut très-grande; je m'altendais à assises sur des plaques violacécs et placées trouver chez mon malade tous les symp- autour de points noirs, secs et déprimés. tômes de la quatrième période, et je trouve Le dessous de la mâchoire inférieure et l'état général déjà meilleur : il n'a plus les même la partie latérale gauche du cou sont envies de vomir dont il se plaignait la d'une dureté énorme. La bouche exhale veille, et, d'autre part, les symptômes de une odeur très-fétide. De temps en temps la troisième période se sont amendés, et le malade a des envies de vomir ; le pouls ils continuent de diminuer de plus en est encore fort et régulier sans fièvre plus au point qu'il n'en reste plus le aucune. Les lèvres sont si gonflées qu'elles lundi matin , trois jours après le commen- ne peuvent se rapprocher, la parole en est cement du traitement. On ne voit plus ce gênée. A chaque instant le malade veut jour-là de puslules sur les paupières et la avaler ou cracher, comme si un corps sace à gauche qui restent gonflées, et, sous étranger embarrassait le pharynx; mais l'influence des feuilles de noyer parlout où alors, quand il crache ou avale, ou même elles ont été appliquées, il est sorti une à chaque inspiration, on entend un bruit grande quantité de sérosité dont l'écoule. de gras et d'humide, ce qui prouve que la ment continuc toujours.

respiration est énormément gênée. Il est Le lundi, on peut donc regarder celte certain que de l'ædèmc existe dans la pustule maligne comme complétement ar- glotte, et que, s'il augmente, la mort arri. rêtée; si elle eût continué sa marche, le vera par asphyxie avant que l'empoisonmalade devrait être mort. Loin de là, il ne nement ne soit complet comme je l'ai dėja reste plus sur le siége du mal qu'une peau observé. encore luméfiée, mais flasque et d'une ca- Il est évident qu'il y a là tous les symploration noir jaunâtre : on dirait de la tômes de la première , deuxième et troigangrène humide; mais il faut attendre sième période d'une pustule maligne avec pour savoir dans quelle étendue ce tissu les envies de vomir qui annoncent le comse mortifiera, et dans quellc étendue aussi mencement de la quatrième. C'est donc il reprendra vie.

bien une puslule maligne très-large, arriPour porter dans votre esprit et dans vée au début de la quatrième periode, celui des lecteurs la conviction que j'ai compliquéc d'ædème de la gloile, et contre acquise, et pour que cette communication laquelle j'ai l'intime conviction que la cauque j'ai l'honneur de vous faire soit sans térisation au fer rouge serait inutile. C'est réserve, il est nécessaire que je décrive dans de telles circonstances que les feuilles l'état du malade à ma première visite. Il de noyer ont ou un succès si extraordisaut que nul nc puisse douter de l'exis- naire et si rapide. Une pareille observatence d'une pustole maligne sur laquelle tion suffit, il me semble, pour confirmer le j'ai fait appliquer des feuilles de noyer. traitement de M. Pomayrol, et pour que

Vendredi dernier, à 3 heures du soir, tous nous puissions sans crainte svivre je vois pour la première fois un homme son exemple, et éviter au malade les don.

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leurs d'une cautérisation dont le succès

sons passagers ; que tantôt elle a trop est loin d'être toujours assuré en cas de froid, que tantôt elle a trop chaud. Vous pustule maligne. )

reconnaitrez alors un abaisscmcnt de la calorification normale, que vient de temps

en temps supplécr un léger état fcDes moyeNS DE PRÉVENIR LA RÉCIDIVE DU brile. ) CANCER DU SEIN APRÈS SON EXTIRPATION; par

Ce trouble dans des fonctions aussi esN. BONNET (de Lyon). - Deux opinions sentielles que celles de la peau ne peut règnent dans la science relativement à l'é- tarder à produire des accidents du côté tiologie des cancers. La plus généralement des autres organes; aussi voil-on commuaceréditée aujourd'hui, grâce aux travaux nément ces femmes se plaindre de malaide MM.Velpcau et Lebert, consiste à admet- ses, de douleurs vagues et errantes, se tre que le mal est d'abord essentiellement maniscstant sous forme de migraines, de local, et que ce n'est qu'au bout d'un cer- névralgies , de rhumatismes nerveux, de tain temps qu'il affecte l'économie tout en- douleurs aiguës voyageant d'une partie à lière. Telle n'était pas l'opinion d'Hippo. l'autre. crate et de Celse, partagée encore de nos

En résumé, sécheresse et påleur habijours par l'école de Montpellier, et à la- tuelles de la peau, résultats d'une circuquelle se rallie M. Bonnet. La diathèse lation capillaire insuffisante ; affaiblissecancéreuse, suivant ce chirurgien, existe ment de la calorification, se manifestant avant toute manifestation local du cancer, par la crainte du froid et la disposition et celle dernière n'est que l'effet de la aux frissons ; diminution ou suppression cause interne antécédente. Il faut avouer des règles; état nerveux particulier : tels qu'admettre l'hérédité du cancer , l'in- seraient les troubles fonctionnels qui préluence qu'excrcent sur son développe- cèdent ordinairement l'apparition des canment l'åge critique, le tempérament bi- cers. M. Bonnet ne nie point que les mêmes lieux ou nerveux, c'est fournir des argu- symptômes se montrent parfois chez des ments d'une certaine valeur aux partisans femmes simplement affectées de maladies de celle dernière doctrine. Mais les faits nerveuses ou rhumatismales; que, consésur lesquels reposent ces données étiolo- quemment, ils sont loin d'être caractéristigiques ne nous paraissent pas lous suffi- ques de la diathèse cancéreuse ; mais il samment concluants.

pense néanmoins qu'ils placent la constiAussi bien M. Bonnet ne se contente-t-il tution dans un état favorable au développas de ces preuves; recherchant dans les pement des tumeurs malignes. Comparant antécédents des malades Ics preuves de les cancers à ces végétaux parasites qu'on l'existence de la diathèse cancéreuse, il voit croitre de préférence sur les arbres les trouve dans un certain nombre de vieux et malades , M. Bonnet ne peut symptômes qui, suivant lui, ne laissent s'empêcher de voir chez l'homme, dans aucun doute à cet égard. « Interrogez, les mêmes conditions d'âge et de santé, dit-il, sur son état, une femme affectée une prédisposition au développement des d'un squirrhe du sein et ayant alleint ou productions hétéromorphes. dépassé l'âge critique: elle vous répondra les conclusions thérapeutiques qui désouvent quc sa santé ne laisse rien à coulent de ces idées sur l'étiologic du candésirer. Mais si, dans la défiance où vous cer sont, il faut l'avouer, plus consolantes èles de la justesse de sa réponse, vous que celles qui dirigent les partisans de la voulez savoir si elle a de la moiteur après diathèse préexistante. Il faut, avant tout, avoir couru ou marché rapidement, elle dit M. Bonnet, rétablir la santé au moyen vous dira qu'elle n'a jamais transpiré, et d'un traitement général approprié, et ce lc toucher de sa peau vous montrera une n'est qu'ensuite qu'on peut songer à cnlesécheresse , une aridité dont la seule exis- ver le mal local. Il est évident que, pour lence, eu égard à l'importance des fonc- modifier ainsi la constitution et ramener tions cutanées, suffira pour vous expli- à leur état normal les fonctions de la quer la predisposition aux maux les plus peau, des organes digestifs, du système divers.

nerveux, il ne suffit pas d'un traitement • Si, poursuivant l'examen de cette de quelques jours ; il faut, pour cela, une femme qui se dit bien portante, vous l'in- préparation de plusieurs mois, dans laterrogez sur sa calorification, elle vous quelle on s'efforcera de remplir des indidira que ses pieds sont toujours glacés, cations formulées nettement par la nature qu'elle a beaucoup de peine à se réchaufs des accidents. On comprendra aussi qu'aufer, que des vétements chauds lui sont cun des moyens spécifiques vantés tour à nécessaires, qu'elle est sujelle à des fris- tour contre le cancer ne peut trouver son

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application dans ce traitement, et qu'on mois plus tard. L'autre, affectée d'un devra surtout repousser toutes les sub- squirrhe du sein, après un traitement de stances qui , par leur nature ou leur trois mois, sentit ses forces si notablement mode d'administration, peuvent allérer la augmentées en inême temps que sa tumeur santé.

avait un peu diminué, qu'elle refusa toute Au nombre des moyens avantageux pour opération. Elle a été perdue de vue depuis rétablir les fonctions de la peau et de ce temps.

appareil digestif se place en première li- Nous ne rapporterons pas ici l'histoire gne le traitement hydrothérapique pro- des malades qui ont été opérées sans avoir longé. Sauf quelques cas exceptionnels été soumises à aucun traitement général qui, par leur gravité, répugnaient à la el qui ont eu des récidives au bout d'un cure par l'eau froide, M. Bonnet n'a vu temps plus ou moins court. C'est là, male quc des résultats avantageux obtenus par heureusement, ce qui arrive le plus souce moyen. Malheureusement l'hydrothéra. vent, et la pratique de lous les chirurgiens pie est d'une application difficile dans les fournit des faits semblables. Nous passehôpitaux et nécessite un séjour prolongé rons aussi sur les observations dans les. dans un établissement spécial, d'où une quelles le traitement général a été insuffidépense à laquelle peu de malades peu- sant, pour arriver immédiatement aux cas vent s'astreindre.

dans lesquels le traitement hydrothérapiA défaut de traitement hydrothérapi- que a été prolongé convenablement. Nous que, M. Bonnet conseille les eaux therma- trouvons encore là deux malades dont les les, et de préférence les eaux salines dou- tumeurs du sein étaient compliquées de ces, comme celles de Néris, de Plombières, ganglions axillaires malades , et chez les. d'Ems, de Bade ; mais là encore nous quelles la récidive eut lieu comme chez trouvons les inconvénients de l'hydrothé- les autres. Restent enfin quatre malades rapie, en ce sens que les caux thermales affectées de cancer du sein sans ulcération ne sont à la portée que d'un très-petit de la peau, sans glandes sous l'aisselle. nombre de malades. Pour les autres, Chez elles, les résultats de l'opération, l'hygiène offrira encore des ressources précédée du traitement général, ont été si précieuses : une alimentation en rapport remarquables, que nous ne pouvons mieux avec l'état des fonctions digestives, toni- faire

que
de

rapporter succinctement leur que sans être excitante, l'exercice à la observation. campagne , l'éloignement de toutes préoc- Obs. I. Madame L... , nièce de Ducupations tristes. Des moyens tirés de la puytren, âgée de quarante-quatre ans, matière médicale, enfin, viendront au se- présentait, en 1848, avec une tumeur cours de l'hygiène, ct aideront à ranimer squirrheuse du sein droit du volume d'une la calorification affaiblie et à exciter les pomme, tout l'ensemble des symptômes sécrélions cutanées. Ici les sudorifiques, mentionnés plus haut. en particulier la salsepareille, se présen

Trailement hydrotherapique : Draps tent tout d'abord.

mouillés, douches, maillot sec suivi de Ce traitement, quelque prolongé qu'il l'immersion dans la piscine. Au bout de soit, n'exerce aucune influence favorable, trois mois de ce traitement, la tumeur dit M. Bonnet, sur les tumeurs et les ul- avait un peu diminué, la santé générale cères cancéreux. L'amélioration de la santé était devenue excellente. Rentrée chez générale et une legère diminution des tu- elle, la malade y lit établir une piscine et meurs sont tout ce que le chirurgien doit une douche, ct continua, aulant que le cn attendre. Si cependant la lumeur, pen- permettait la saison, les ablutions dont dant ce temps, éprouvait un accroissement elle avait pris l'habitude. Cependant, trois notable, si elle menaçait de s'ouvrir, il ans plus tard, sa tumeur augmentant d'une serait prudent d'opérer avant que l'ulcéra- manière évidente et devenant douloution se fût produite.

reuse, elle se décida à l'opération, qui fut Pour faire apprécier les effets du traite- pratiquée par M. Bonnet. Peu de temps ment qu'il préconise, M. Bonnet donne après la guérison, la malade reprit les un aperçu des résultats qu'il a obtenus pratiques hydrothérapiques , auxquelles dans sa pratique depuis sept ans. Deux de elle n'a jamais renonce complétement. ses malades se sont bornées au traitement Depuis lors, cette dame n'a vu survenir hydrothérapique : l'une, atteinte d'cncé- aucun accident, et aujourd'hui encore phaloïde du sein, vit d'abord sa santé s'a- (1856), elle jouit de toute la santé compaméliorer; mais, vers la huitième semaine tible avec une grande impressionnabilité du traitement, la tumeur principale s'ulcéra ct fit succomber la malade quatre Obs. II. Nadame P..., âgée de qua

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nerveuse.

rante-cinq ans; cancer du sein avec ab- SUR LE MAL PERFORANT DU PIED; par sence de transpiration, langueur de la M. DIEULAFOY. - Entrevue par quelcalorification et malaises nerveux des plus ques auteurs et en particulier par Boyer variés. Traitement hydrothérapique conti- ct Marjolin, cette maladie a été étudiée par nué pendant trois mois, sans modification MM. Nélaton, Vésigné d'Abbeville, Leplat sensible du mal. La tumeur fut alors en- et Delmas. M. Dieulasoy, après avoir exlevée, et reconnue pour un encéphaloïde posé le récit d'un nouveau cas, l'a fait tardacé. La guérison fut rapide, mais sept suivre de considérations générales dont à huit mois après il se manifesta, sous

nous allons do her le résumé. l'aisselle du côté opéré, une tumeur dure Le mal perforant a été divisé en quatre et douloureuse qui fit craindre une réci- périodes. La première est constituée par dive, mais qui disparut complétement, la présence d'un durillon ou calus, épaisgrâce à un nouveau traitement hydrothé- sissement de l'épiderme fort douloureux, rapique de deux mois. A partir de cette que l'on observe toujours sur les parties époque , la santé s'est parfaitement main- du corps qui sont exposées à une pre sion tenue, et aucune récidive n'est survenue. habituelle ou à l'action soutenue d'une

Obs. III. – La malade est une sœur de température élevée. On le rencontre spéSaint-Vincent de Paul , supérieure d'un cialement aux mains et aux pieds. Les établissement à Beaune; elle portait , en points de ces parties où on le voit le plus 1882, une tumeur encéphaloïde du sein, souvent sont le talon et les métatarso-phaet fut soumise à un traitement hydrothéra- langiens. Ce durillon, en devenant de plus pique. Au bout de deux mois et demi, en plus épais, comprime les tissus sousl'opération fut pratiquée parce que la tu- jacents et remplit l'office de corps étranmeur avait fait des progrès et menaçait de ger; il irrite alors ces tissus, les enflamme s'ulcérer. Pendant les trois annécs suivan- ct provoque leur suppuration, qui est tes, la malade est revenue passer un ou ordinairement suivie de sa chute. On deux mois dans l'établissement de M. Lu- trouve alors au-dessous de l'épiderme une banski. Bien qu'elle ait négligé cette pré- petite cavité remplie d'un liquide sérocaution en 1833, elle n'en jouit pas moins purulent, ct qui n'a aucune tendance à se actuellement d'une santé excellente.

cicatriser. Si le mal est abandonné à luiOBs. IV. – Tumeur squirrheuse du sein même, il s'étend en profondeur, la peau gauche. La malade fut opérée en 1847, et s'ulcère, et il s'établit une fistule qui comaujourd'hui encore sa santé ne laisse rien munique avec une bourse muqueuse sousà désirer.

cutanée, et même avec les synoviales Quelles réflexions ajouteroris- nous à tendineuses ou articulaires. Enfin surces observations ? Essayerons-nous de ré- vient la carie des os sous-jacents. La voquer en doute la justesse du diagnostic marche de celte maladie offre une raanatomique, parce que l'examen micros- pidité variable; mais elle est généralement copique n'est pas venu démontrer la vraie chronique, et sa guérison n'a presque janature des tumeurs enlevées ? Conteste- mais lieu d'une manière spontanée. Le rons-nous la réalité de la guérison, parce plus souvent le mal s'étend de plus en plus qu'un temps suffisant ne s'est point écoulé en profondeur et entraîne la destruction depuis l'époque de l'opération ? Non, bien du squelette des parties atteintes. Ses cauque la chose ait été faite nombre de fois, ses sont presque toujours locales, mais après de prétendus succès qui ne manquent plusieurs faits démontrent l'influence inpas d'analogie avec ceux de M. Bonnet. contestable de l'hérédité, et il n'est pas Dans des maladies qui, comme le cancer, douteux qu'un mauvais état de la confont le désespoir des chirurgiens, on est si stitution et l'existence d'une diathèse heureux de rencontrer un homme de la scrofuleuse n'en favorisent le développevaleur de M. Bonnet venant à vous avec ment. des moyens qui lui inspirent une certaine Le traitement de celte maladie varic confiance, qu'on ne saurait qu'engager les suivant ses diverses périodes. Au début, praticiens à suivre les conseils de l'éminent lorsqu'elle n'est encore caractérisée que chirurgien de Lyon, à essayer, dans l'oc- par la présence du durillon, il faut souscurrence, du traitement qu'il préconise et traire, si c'est possible, la partie aux cauqui, s'il ne donne pas la guérison, pourra ses qui ont provoqué l'épaississement de du moins entretenir pendant quelque l'épiderme, et détruire celui-ci, soit en temps les espérances des malades. l'excisant couche par couche, soit en l'u(Gazelte medicale de Lyon et Gazette heb- sant avec la lime, etc. Si la callosité est domad. de médecine, No 29.)

tombée naturellement ou par le fait de la suppuration, il faut enlever avec le bis

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