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sentent avec des caractères physiques tel- hygiéniques en sont assez favorables. Polement complets que l'on peut sans crainte pulation 1783 habitants. de se tromper reconnaitre les écorces M. Ragaine fait, d'une manière très-dequi les ont fournis, ce qui est impossible taillée, l'historique de l'épidémie. Il donne pour les extraits obtenus par les procédés un tableau statistique des individus atteints ordinaires. Enfin, les extraits préparés par de variole et de varioloïde. Dans la comle procédé Grandval ont atteint le but que mune de Saint-Jouin, cinquante-cinq per. le savant professeur auteur du Traité de soones furent atteintes de la maladie épipharmacie théorique et pratique, M. Sou- démique. Sur ces cinquante-cinq malades, beiran, désirait. « Le but général qu'on se trente étaient vaccinés, vingt-cinq ne l'é» propose, écrivait-il, dans sa quatrième taient pas. Presque tous ceux qui avaient n édition, de 1853, dans la préparation des été vaccinés n'ont eu que des varioloides >> extraits, c'est d'obtenir sous un petit vo- ou des varioles discrètes sans complications » lume les principes médicamenteux des graves, un seul excepté, âgé de dix ans. » plantes ou des animaux, sans leur faire Parmi les enfants qui ont été frappés, il » éprouver aucun changement dans leur s'en trouve vingt-sept au-dessous de quinze » nature, et plus on se rapproche de ce ré- ans, beaucoup d'entre eux étaient vacci» sultat, plus on est près de la perfection.» nés; cinq au-dessous de sept ans; quatre

M. le professeur Grandval, par l'heu- n'avaient que trois ans et un dix-huit mois; reuse application de son procédé de prépa- ces cinq malades portaient des cicatrices ration des extraits pharmaceutiques dans apparentes de vaccine. Deux malades seule vide, s'est rendu surtout recommandable lement dépassaient quarante-six ans. par l'avantage immense qu'il procure au

Dans la commune de Coulimer dix-neuf médecin en lui permettant de faire usage personnes furent atteintes, quatorze étaient de produits sur la fidélité desquels il peut vaccinées, cinq ne l'étaient pas. A Coucompter. Pour ce motif j'ai l'honneur de limer, la variole confluente n'épargna pas, vous proposer de lui conférer le titre de comme à Saint-Jouin, les porteurs de tramembre correspondant.

ces vaccinales. Pour les enfants vaccinés, Personne ne demandant la parole, M. le quatre sont au-dessous de sept ans, mais président met aux voix la conclusion de ce ils n'ont eu que la varioloide. rapport; elle est adoptée et M. Grandval Quant à l'étiologie, l'auteur ne trouve, est, en conséquence, proclamé membre dans les conditions météorologiques qui correspondant de la Société.

ont précédé l'explosion de l'épidémie, rien M. Bougard obtient ensuite la parole qui puisse rendre compte d'une prédispopour lire, tant en son nom qu'au nom de

sition pathologique quelconque qui aurait MM. Dieudonné et L. Martin, un rapport existé dans les communes où elle a régné. sur les travaux présentés par M. le docteur

C'est un étranger, convalescent de la vaRagaine, de Mortagne (Orne).

riole, qui a apporté le germe du mal dans M. BOUGARD. M. le docteur Ragaine a

la commune de Saint-Jouin, et il est impos

sible, dit-il, de reconnaitre aucun autre adressé à la Société deux mémoires ma

mode de propagation de l'épidémie que la nuscrits et une brochure, dont vous nous avez confié l'examen : le premier de ses

contagion. Selon M. Ragaine, dont l'opi

nion est établie sur les faits qu'il a obsertravaux manuscrits porte le titre : Mémoire

vés, la contagion peut avoir lieu depuis le sur une épidémie de variole observée dans

moment de la formation de la pustule jusles communes de Saint-Jouin et de Coulimer

qu'à celui de la chute entière et complète pendant les années 1857 et 1888; par M. le

des croûtes. Il admet aussi que la contadocteur Ragaine, médecin vaccinateur can

giosité du mal survit au malade. tonal, médecin de l'Hôtel-Dieu et des pri

L'auteur s'occupe ensuite de la symptosons de Mortagne, médecin des épidé

matologie. Il admet que la variole discrète, mies, etc., etc.

la variole confluente, la varioloïde et la Persuadé

que

des observations bien pri- varicelle ne sont que des degrés divers ses et des faits consciencieusement exposés d'une même affection. L'élément variopeuvent avoir de l'influence sur la marche lique se modifie suivant les individus qu'il de la science, dit l'auteur, je viens vous atteint, mais il est un dans sa nature. Un dire le résultat de mes observations pen- de ses malades a puisé les germes d'une dant l'épidémie de variole dont il est variole confluente au milieu d'une épidéquestion.

mie de varioloïdes très-bénignes. Un autre L'auteur donne d'abord un aperçu de la meurt d'une variole hémorrhagique et topographic des deux communes où l'épi- communique une varioloïde aux deux perdémic à sévi. En général les conditions sonnes vaccinées qui l'ont soigné ; auprès de ces dernières, un enfant non vacciné la revaccination quand même, quelle que contracte une variolc confluente à laquelle soit l'âge de la vaccine. il succombe; une fille vaccinée visite ce L'auteur s'occupe ensuite du traitement dernier, elle a une varioloïde. Un enfant abortis ; à cet effet, il cautérise, à l'aide du vacciné atteint de varioloïde communique nitrate d'argent, les pustules que l'on ne à sa mère, non vaccinée, une variole con- peut pas recouvrir et il recouvre les autres fluente dont elle meurt. Un adulte, non d'un emplâtre de Vigo. Il expose ensuite le vacciné, contracte une variole confluente traitement curatif auquel il a eu recours, auprès de ses nièces affectées de varioloide. et qui consiste dans les moyens ordinaires. L'auteur pourrait multiplier les exemples, Enfin, il résume son mémoire en une mais ceux qu'il signale suffisent, dit-il, longue série de conclusions. pour prouver que la variole et la varioloïde L'ouvrage de M. Ragaine est essentiellesont deux variétés d'une mème affection, ment pratique. L'auteur a observé une qu'elles sont produites par le même virus épidémie de variole, il a suivi avec attenet que la varioloïde n'est qu'une variole tion, recueilli avec soin les diverses partimodifiée, une variole båtarde comme l'ont cularités qui se sont présentées, et il redit quelques auteurs.

late avec beaucoup de talent ce qu'il a vu A l'article anomalies et complications, ct ce qu'il a fait. l'auteur signale deux cas de variole sans En conséquence, nous avons l'honneur éruption, c'est ce que Sydenham appelait de vous proposer, Messieurs, d'adresser la fièvre varioleuse. Il énumère ensuite des remerciments à M. Ragaine, de faire les complications qu'il a observées. imprimer son travail dans notre Journal

En traitant du développement simultané et de lui conférer le titre de membre corde la vaccine et de la variole, il rapporte respondant. des fails d'un intérêt réel : c'est une femme M. LE PRÉSIDENT. Je vous demanderai, atteinte de variole confluente qui allaitait Messieurs, si vous désirez ouvrir la disune enfant de cinq mois non vaccinée; cussion sur ce premier rapport, ou si vous M. Ragaine la vaccina le 22 novembre. voulez la différer jusqu'à ce que vous ayez Cette enfant fut sevréc, mais elle ne quitta entendu les deux autres rapporti qui respas la chambre de sa mère. Le 30, trois tent encore à lire sur les travaux de M. Rapustules vaccinales caractéristiques s'é- gaine. taient développées régulièrement. Le 8 dé- L'assemblée désirant entendre d'abord cembre, l'enfant était affectée de vario- les deux autres rapports , la parole est loïde. Le frère et la sæur, qui avaient continuée à M. Bougard. été vaccinés l'année précédente, furent M. BOUGARD. Le second mémoire de cégalment atteints d'une varioloïde bé- M. Ragaine est intitulé : Mémoire sur la nigne.

vaccinc et les revaccinations. Un enfant de trois ans fut vacciné le Bien que la question des revaccinations 26 décembre; le 28 des symptômes pro- soit résolue depuis assez longtemps déjà et dromiques se manifestent; le 30 des points que la Société s'en soit occupée à différenrouges nombreux apparaissent à la face et tes reprises, le mémoire d'un médecin dissur le corps; le 2 janvier l'éruption vario- tingué, possédant une expérience aussi lique est parfaitement caractérisée. Les vaste que ferlile, est toujours accueilli pustules vaccinales se développèrent à peu avec autant de satisfaction que de gratitude près régulièrement; mais à mesure que par une Société dont le seul but est la recette évolution acquérait de l'importance, cherche de la vérité, le progrès de la scienl'éruption varioleuse, qui s'annonçait con- ce et le bien-être de l'humanité. fluente et terrible, diminuait d'intensité; M. Ragaine trace d'abord à grands traits les pustulcs se trouvèrent en quelque l'historique de l'épidémie de variole qui a sorte arrétées dans leur développement, régné à Saint-Jouin depuis le 3 septembre entrèrent promptement en suppuration et 1857 jusqu'au 30 janvier 1858. Cinquantene tardèrent pas à se flétrir. L'auteur rc- cinq individus sont atteints, trente et un late d'autres observations où des phéno- portaient des cicatrices vaccinales évidenmènes analogues se présentèrent.

ies et de bonne nature, vingt-quatre n'éLe traitement propbylactique de la va- taient pas vaccinés. Tous ceux qui avaient riole, dit l'auteur, c'est la vaccine. Il pré- été vaccinés n'ont eu que la varioloïde ou sente quelques considérations sur cette la variole discrète sans complication grave, opération. Quant aux revaccinations, l'au. un seul excepté, enfant de dix ans, emteur admet le principe suivant : en temps porté par une variole confluente qui s'est ordinaire, la revaccination au bout d'une compliquée d'accidents hémorrhagiques et dizaine d'années, et en temps d'épidémie adynamiques.

A Coulimer l'épidémie ne dura quc riole, soit de varioloïde, il faut rcvacciner quatre mois environ, du 10 novembre quand même, quelle que soit l'âge de la 1857 au 5 mars 1858. Dix-neuf personnes vaccine précédente, cn admettant toutefois furent atteintes, quatorze étaient vacci- qu'elle date d'au moins un an. nées, cinq ne l'avaient pas été. Mais la M. Ragaine traite ensuite du dévelopmème immunité pour les individus vacci- pement simultané de la vaccine et de la nés ne se manifesta pas, six sont frappés variole et de leur influence réciproque. Il de variole confluente dont trois avec com- dit que la vaccine pratiquée alors que les plication, aucun ne succomba. Il est suffi- individus ont subi l'intoxication varioleuse, samment établi aujourd'hui que la vaccine modifie la variole si elle ne l'arrête pas ne jouit pas d'une vertu préservatrice ab- complétement. Il cite des faits à l'appui solue, pas plus que la variole elle-même, de son opinion. d'où la nécessité des revaccinations. Néan- L'auteur soulève ensuite une question moins on ne saurait mettre en doute l'in- bien délicate et bien intéressante, il s'agit fluence de la vaccination sur l'aptitude à de la fixation de l'époque à partir de lacontracter la maladie. Sur trente-cinq cas quelle la vaccine fait jouir l'opéré de l'imde variole confluente, vingt-neuf individus munité. Il déduit des faits qu'il a observés, n'avaient pas été vaccinés et, sur les sept que la vaccine, pratiquée pendant la durée autres, quatre seulement offraient des ci- de l'incubation, ne détruit pas les germes catrices caractéristiques. Au point de vue de la maladie, mais qu'elle la modifie de la mortalité, sur les six personnes qui ont néanmoins. Il est probable, dit-il, que duété victimes de l'épidémie, toutes figurent, rant les premiers jours qui suivent l'opémoins une, dans la catégorie des non vac- ration, l'opéré est apte à contrac!er le cinées. L'auteur constate encore qu'il a germe de la maladie, s'il est soumis à la arrêté l'épidémie par ses nombreuses rc- contagion, et qu'il n'y a pour lui de garanvaccinations, car aucune des personnes ro- tie assurée qu'au moment où l'éruption vaccinées n'a été atteinte à partir du mo- vaccinale commence à se développer. ment où l'évolution de la vaccine a été

Le virus vaccinal et le virus variolique complète.

ne sont pas incompatibles, dit-il, puisqu'il L'auteur traite longuement de la vac- rapporte deux cas où ils se sont dévelopcinc; nous ne trouvons dans cette disser- pés simultanément. Il lui semble aussi tation aucune donnée nouvelle.

qu'ils ne sont pas identiques, car ils se seRevaccinations. En temps ordinaire, raient confondus et ajoutés. Que sont-ils dit l'auteur, on ne voit presque jamais la donc l'un par rapport à l'autre ? se demanvariole se développer chez des individus de-t-il. Il avoue qu'il n'est pas à même de qui ont été vaccinés heureusement à une résoudre cette question, et nous le croyons époque ne remontant pas à plus de dix volontiers. ans. Si une épidémie survient, il semble En terminant, M. Ragaine cxprime le que cette préservation est amoindric et

veu que les Sociétés savantes sanctiondiminuée, mais encore, dans ce cas même,

nent la pratique des revaccinations après la variole est avantageusement modifiée; dix ans en temps ordinaire, et en masse c'est surtout dans la période de suppura - sur tout le monde en temps d'épidémie. Il tion que cette modification sc manifeste

est probable que M. Ragaine ne lit pas d'une manière sensible, la maladie marche

notre journal. plus rapidement vers la guérison. Sur

Comme vous avez pu le remarquer, irois cenls rcvaccinations que l'auteur a pratiquées depuis deux ans, il a observé beaucoup de redites du premier, c'est

messieurs, ce second mémoire renferme sur un tiers au moins, un ou plusieurs boutons caractéristiques. A dix ans, la pourquoi nous croyons devoir vous propomoitié des individus sont revaccinés avec

ser de le renvoyer au comité de publica

tion pour en tirer tel parti qu'il jugera succès. Cette proportion, moindre au-des

convenable, sous de cet âge, augmente à mesure que l'âge est plus avancé. Il a observé toute- Le troisième travail de M. Ragaine, dont fois, fait constaté par tous ceux qui ont nous avons à vous rendre comple, est une pratiqué des revaccinations, que l'évolu- brochure intitulée : Mémoire sur une épition des boutons n'a pas la même durée ni démie de fièvres typhoïdes observées à Moula même marche que dans une première lins-la-Marche pendant les années 1855 vaccine. L'auteur fait suivre ce paragra- et 1856. Paris, Germer-Baillière, 1858, phe d'un tableau statistique des revaccina- in-8° de 120 p. lions qu'il a opérées.

La fièvre typhoïde a toujours le privilége En temps d'épidémie, dit-il, soit de ya- d'attirer l'attention des observateurs. Sa

fréquence, sa gravité, les formes qu'elle qui n'en est que la conséquence; que l'inrevét, les nombreuses variations qu'elle fection est primitive et non consécutive à présente, la divergence d'opinions dont l'état saburral. Nous trouvons la preuve clle est l'objet, les incertitudes du traite- de ce que nous avançons dans le mode ment, etc., justifient assez la prédilection même de production de la fièvre typhoïde. des auteurs pour cette redoutable maladie. Il est inutile de répéter ici ce qui est gé

M. Ragainc expose d'abord la topogra- néralement admis et écrit partout, que phic de la localité; on remarque un la fièvre typhoïde est le résultat d'une grand nombre de ruelles étroites, non intoxication miasmatique; que l'infcction pavées, fangeuses et très-sales. L'eau plu- s'effectue instantanément par l'introduction viale aussi bien que les caux ménagères des dans l'économie du principe typhogenétiinasures qui les bordent, séjournent dans que arrivé à son apogée de léthalité, ou ces cloaques encombrés de fumiers de loute qu'elle se produise lentement, progressiespèce, infeclés de toutes sortes de déjec- vement selon l'activité du miasme et la tions et de débris des animaux abattus par force de réaction du corps qui en subit les charcutiers et les bouchers.

l'atteinte, il n'y a pas moins empoisonncL'auteur s'étend très-longuement sur ment, infection miasmatique. Les annales les conditions hygiéniques des habitants de la science renferment un très-grand de cette localité; ce que nous venons de nombre d'observations d'empoisonnements signaler suffit amplement pour donner la miasmatiques produisant la fièvre typhoïde raison de l'apparition de la fièvre ty- pour ainsi dire instantanément. Il ne peut phoide.

donc être question, dans ces cas, d'état saC'est pendant les quatre derniers mois burral, ni d'infection consécutive. de 1835 et les deux premiers de 1886 que M. Ragaine a obtenu de très-remarqual'épidémie sévit avec violence. L'auteur en bles succès, dans les diverses épidémies de décrit les symptômes, puis il parle des fièvre typhoïde qu'il a observées, de la mécomplications qu'il a observées.

thode évacuante préconiséc par M. de LarA l'article Traitement l'auteur donne sa roquc; c'est à peu près l'unique traitement théorie sur la production de la fièvre ty- qu'il ait employé et toujours avec un égal phoide. D'abord il constatc un état sabur- succès, puisque sur trois cent et huit maral des premières voics accompagné de lades qu'il a traités, il ne compte que réaction fébrile. Il admet que l'état pyré- vingt-six décès, ce qui nous fait supposer tique est l'effet de l'action que les saburres que la maladic nc sévissait pas avec une cxcrcent sur les organes digestifs ; que le grande violence. Quoi qu'il en soit, M. Raséjour dans l'intestin de ces matières in- gaine, dans ce mémoire, rapporte de nomsectes est le principe de la fièvre bilieuse breux fails en faveur de la doctrine des adynamiquc; que ces matières, en se ré- contagionistes ainsi qu'à l'appui de la mépandant dans le système circulatoire, vont dication évacuante à laquelle il accorde porter l'infcction dans tous les organes. toute sa confiance. Nous ajouterons que ce C'est alors, dit-il, que cette infection amène mémoire est fort bien conçu et bien rédige une véritable altération du sang, altération et qu'il dénote un observateur conscicnqui, comme l'inflammation intestinale, cicux et de beaucoup de mérite. n'est que consécutive. Il trouve la preuve M. LE PRÉSIDENT. Messieurs, la discussion de ce qu'il avance dans le succès ordinaire des éméto-cathartiques et des purgatifs de vous étre donné lecture.

est ouverte sur les rapports dont il vient employés dès le début de l'affection. Puis, parlant du principe que la fièvre typhoïde

M. BOUGARD. Je dois vous dire, mesne change point de nature essentielle en

sicurs, que si la Commission a posé ses passant de la première période à la sc

conclusions dans le premier rapport, c'est conde, nous avons dů, dit-il, l'attaquer que le mémoire qui en fait l'objet est le dans la dernière par des agents médica- seul qui offre réellement de l'intérêt. Le menteux identiques à ceux qui nous

second mémoire n'est en quelque sorte avaient rendu de si grands services dans la que la reproduction du premier, sauf que première. Ainsi donc, d'après M. Ragaine, l'auteur a donné un peu plus d'extension la première période de la maladie consti- à ses commentaires sur les faits qu'il a tue la fièvre bilicuse, et ce n'est que

Jors

observés. qu'elle passe à la seconde période qu'il y a

M. Henriette. Émet-il quelques idées fièvre typhoïde. Sur tous ces points nous

nouvelles ? nous trouvons en conflit d'opinion avec M. BOUGARD. Il a constaté des faits que l'auteur : d'abord nous sommes d'avis que j'ai résumés. Le plus important, selon moi, l'infection précède l'explosion de la fièvre est celui qui consiste dans la vaccination d'un enfant pendant qu'il était sous l'in- ouvrage présenté par M. le docteur Alfred fluence des prodromes de la variole. Il a Vogel, de Munich. observé à plusieurs reprises, qu'à mesure M. Croco. Vous m'avez charge, Mesque les pustules vaccinales se dévelop- sicurs, de vous faire un rapport sur le paient, les pustules varioliques se flétris- Traité des maladies des enfants (Lehrbuch saient progressivement. Je ne sais si ce der Kinderkrankheiten), publié par le docfait est réel.

teur Alfred Vogel, de Munich, en 1860. M. Rieker. Je crois qu'il est réel : j'ai Vous ne pouvez pas vous attendre à ce vu le même fait se produire.

que je vous fasse un compte-rendu déM. Bocgard. Il a de l'importance. taillé d'un ouvrage aussi étendu et aussi

M. RIEKEN. J'ai fait la même observa- volumineux que celui dont il est ici question dans l'épidémie de 1828. J'ai d'ailleurs tion. Je me bornerai donc à vous donner communiqué ce fait dans un rapport que une idée de son but et de l'esprit dans lej'ai fait à cette époque, et qui a été im- quel il est conçu. primé.

Le but de l'auteur a été de résumer et M. BOUGARD. Il n'est pas prouvé jusqu'ici de compléter les leçons cliniques qu'il que la vaccination ait pu arrêter une va- donne sur les maladies des enfants. C'est riole commençante.

vous dire assez que son æuvre est entièreM. Henriette. Vous venez de dire qu'au ment pratique. Cependant ne croyez pas, fur et à mesure que les pustules vaccinales Messieurs, qu'il tombe dans l'empirisme se développaient, les pustules de la va- pur et dans la polypharmacie ; non, il a riole se flétrissaient.

pris comme point de départ l'analomie et M. BOUGARD, J'ai dit que la vaccination la physiologie pathologiques, ces seules avait été pratiquée pendant la période bases solides et réellement scientifiques de prodromique. Il n'y avait donc pas encore la médecine. Tout ce qu'il dit est basé sur d'éruption ; elle s'est produite après. Avant une observation exacte et consciencieusc; que les pustules vaccinales se fussent dé- les conseils thérapeutiques qu'il donne veloppées, l'éruption variolique s'est ma- sont sages, simples et rationnels ; il a su nifestée, et puis à mesure que les pustules éviter à la fois le scepticisme outré de l'évaccinales augmentaient, les puslules va

cole de Vienne, et le fatras pharmaceurioliques diminuaient.

lique auquel sacrifient un si grand nombre M. Rieken. J'ai fait, du reste, un rap

de ses compatriotes. port sur des faits semblables.

Je vais maintenant, en quelques mols, M. PigeoLET. Ce fait n'est pas nouveau.

résumer le plan adopté par l'auteur, et M. LE PRÉSIDENT. Dans un méinoire que

indiquer quelques points qui m'ont surM. le Dr Schuermans a publié dans notre

tout paru importants. La première partie

est consacrée à des explication sur les parjournal (1), il conseille comme méthode générale, quand une épidémie de variole

ticularités physiologiques et pathologiques existe, d'inoculer le virus vaccin,

que présente l'organisine de l'enfant : la seulement dans la période d’incubation, respiration, la circulation, les sécrétions, mais même dans la période prodromique; sivement passées en revue; puis viennent

la croissance, la dentition y sont succesil n'y a donc rien de nouveau dans les faits rapportés par M. Ragaine, car ils ont

des préceptes sur l'exploration des enfants été observés depuis longtemps par un

et sur leur éducation physique. La segrand nombre de médecins.

conde partie, ou partie spéciale, est conM. Henriette. Cela nous est arrivé à

sacrée à la description des maladies. tous bien naturellement de vacciner des catégorirs, mais par organes, ce qui est

Celles-ci sont rangées, non par classes ou enfants parmi lesquels il s'en trouvait qui préférable au point de vue du diagnostic

, étaient dans la période prodromique de la

et ce qui coupe court aussi à ces discusvariole.

sions interminables et oiscuses auxquelles Personne ne demandant plus la parole,

on se livre sur la place que telle maladie les conclusions du rapport sont mises aux

doit occuper dans le cadre nosologique, voix ; elles sont adoptées. Par conséquent,

selon qu'on se forme de sa nature telle ou M. le Dr Ragaine est proclamé membre

telle idée. Il décrit successivement les macorrespondant de la Société.

ladies qui sont la suite immédiate de la M. LE PRÉSIDENT. La parole est à M. Crocq naissance, celles du tube digestif, des oro pour donner lecture de son rapport sur un

ganes respiratoires , des organes circula(1) Voir dans notre tome xvi (1853), p. 29,

toires, du système nerveux, des organes l'article : Influence de la vaccination audibui génito-urinaires, de la peau, et les dysde la vario!e sur la marche de celle maladie. crasies ou diathèses.

non

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