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Voies du virus. Les muqueuses, en général, et notamment celle des organes respiratoires, sont les plus favorables à la pénétration du virus volatil; l'auteur ajoute qu'il n'est pas prouvé que la peau, à l'état d'intégrité, puisse donner lieu à son introduction. Quant aux voies digestives, il dit que de nombreux faits ont établi

que

des matières virulentes deglutées ont été absorbées.

Nous ajoutons qu'en effet la muqueuse digestive n'a pas besoin d'être entamée, comme on l'a prétendu, pour déterminer l'infection, car nous avons vu, dans la commune de Trembleur, quatre chiens périr en peu de temps, des suites de l'usage d'une viande charbonneuse.

D'ailleurs, la question d'empoisonnement par voie directe semble résolue allirmativement.

Le docteur Wagner a vu, en juillet 1834, dans la Saxe prussienne, deux personnes mourir presque subitement et quatorze autres devenir sérieusement malades pour avoir mangé pareille viande.

L'auteur ne dit mot de la prophylaxie, ni de la découverte de M. Paarlenberg. Il se borne à mentionner qu'une atteinte de peste prémunit contre une atteinte ultérieure. Il cite M. Heckmeyer, qui n'a observé aucune récidive en Hollande.

Pour certains observateurs, cette immunité est illimitée. Ravisch fixe sa durée à trois ans et Jessen à cinq.

Diagnostic différentiel. – L'auteur range les affections qui suivent comme offrant le plus de ressemblance avec le typhus bovin.

A. La gastro-entérite aiguë;
B. La pleuro-pneumonie;
C. Les différentes formes du charbon ;
D. La fièvre aphtheuse.

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Si chacune de ces maladies présente quelques traits de ressemblance avec la peste, au point de vue symptomatique ou des lésions cadavériques, l'auteur fait ressortir, avec beaucoup de précision, que ce semblant d'analogie n'est qu'illusoire, et qu'examinées avec attention, ces maladies présentent mème à chacune de leurs phases, des caractères de dissemblance qui ne permettent guère de les confondre avec la peste bovine.

En effet, on marque dans aucune de ces affections du vivant des animaux cet état simultané de stupeur, d'abattement profond, de phénomènes nerveux, de supersécrétion nasale et lacry. male, de prompt amaigrissement, ni surtout celle coloration acajou de certaines muqueuses, ni cette prolifération du produit épithélial, qu'on pourrait presque désigner comme signes pathognomoniques de cette grave affection, phénomènes et lésions dont une partie se retrouve dans le cadavre, compliquées d'altérations des voies digestives et d'autres organes encore.

L'auteur a fait ressortir avec une profusion de détails qu'il serait trop long de mentionner, les différences qu'offrent pendant la vie et après la mort, les quatre maladies dont il s'agit; seulement en ce qui regarde la fièvre aphtheuse dans sa forme grave, ainsi que l'observa Zundel en 1865, l'auteur dit que, dans ce cas mème, la vésiculation suffit à la différencier du typhus bovin. Nous ferons remarquer qu'il faut, pour y arriver, constater l'affection dès son début pour s'assurer de l'existence de ce phénomène morbide, et c'est ce qui est impossible à l'homme de l'art, n'élant généralement appelé qu'après sa disparition ; mais l'atteinte du bourrelet cutigéral et la boiterie, si constantes dans l'affection aphtongulaire, peuvent lever toute espèce de doute.

Peste chez la bête à laine. L'auteur est d'accord avec son compétiteur et rapporte les mèmes faits en ce qui louche la faculté qu'a le mouton de contracter et de transmettre la peste bovine à son espèce, à la chèvre et au bæuf.

Il cite Sanderson qui signale l'augmentation de la température du corps comme phénomène initial, ainsi que l'existence d'une excitation réelle au début, parfois même des frissons, mais sans fièvre appréciable.

A part l'absence constante de l'emphysème pulmonaire, la chute tardive de l'épithélium de la bouche, chute manquant parfois (Bristow), l'existence d'une éruplion sur la peau des ouvertures naturelles, à la face interne des cuisses et sur le pis, la diarrhée souvent mêlée de sang, à part ces différences, disons-nous, les phénomènes morbides sont les mêmes que chez le bæuf, bien que beaucoup moins graves. Ajoutons qu'on découvre souvent chez la bète å laine, l'existence des lésions de la pneumonie à ses divers degrés, lésions qui sont défaut chez la bète bovine.

CONCLUSIONS.

Bien que les auteurs des mémoires dont nous venons de donner l'analyse, se soient trouvés en présence de la dernière épizootie de peste en Belgique et en Hollande, la Commission est d'avis qu'on ne peut regarder leur travail comme parfait. En effet, à part quelques observacions personnelles, ils n'ont fait que rapporter tout ce qui a été dit et écrit sur le typhus bovin, notamment depuis le commencement du xvije siècle (1712), époque à laquelle l'attention fut spécialement portée sur cette grave maladie.

« Considérant toutefois que leurs mémoires forment ensemble une monographie assez complète de la peste bovine; que les peines que se sont données les auteurs, les nombreuses recherches auxquelles ils ont dû se livrer, leur talent d'écrivain et l'esprit d'observation dont ils ont fait preuve, sont autant de titres qui les recommandent à la bienveillance de la Compagnie;

« Considérant, en outre, qu'il est juste de mentionner particulièrement le mémoire n° 1, altendu que son auteur a relaté assez longuement les expériences d'inoculalion du virus bovin faites en Russie ; qu'il a plus que son compétiteur commenlė et apprécié les faits divers qui se rapportent à la question el que, comme le signale le rapport, il a abordé un côlé de la question prophylactique en mentionnant les expériences faites à l'École vétérinaire d'Utrecht à propos da secret de M. Paarlberg, la Comunission propose :

1° D'accorder à chacun des auteurs des mémoires, à titre d'encouragement, une médaille d'or, dont le montant serait pris, par parls égales, sur l'allocalion du Gouvernement et sur celle de l'Académie. La valeur de la médaille à décerner à l'auteur du mémoire n°, portant pour devise :

« Là, où les données positives de la science font

défaut, nous devons plutôt avouer notre ignoa rance que de vouloir la masquer par des mols

plus ou moins sonores. »

serait de 600 francs, et le prix de celle qui serait accordée à l'auteur du mémoire n° 2, ayant pour épigraphe :

« Un auteur quelquefois trop plein de son objet,
« Sans jamais l'épuiser n'abandonne un sujet.

Fuyez de ces auteurs l'abondance stérile
« Et ne vous chargez pas d'un détail inutile. x.

serait de 400 francs;

2° D'inscrire leurs noms sur la liste des aspirants au titre de correspondant;

3° D'imprimer leurs travaux soit dans le Bulletin, soit dans le Recueil des Mémoires in-8".

La première conclusion est mise aux voix et adoptée. Le vole sur la deuxième est ajourné jusqu'à ce que les noms des auteurs des mémoires soient connus.

La troisième est adoptée conditionnellement, c'est-à-dire que les travaux seront imprimés dans un des recueils de l'Académie, si les auteurs se font connaitre.

Aux termes du programme des questions mises au concours, les billets joints aux écrils non couronnés n'élant ouverts que sur la demande des intéressés, les auteurs des travaux auxquels des récompenses viennent d'être accordées sont invités à faire connailre au bureau de la Compagnie qu'ils consentent à l'ouverture des plis cachelés annexés à leurs mémoires.

4. SUITE DE LA DISCUSSION sur les hernies (1).

M. De Roabaix : Messieurs, dans la dernière séance, j'ai cherché à démontrer quel est le caractère général que l'honorable promoteur de la discussion actuelle lui a imprimé ; j'ai fait voir quelles sont les tendances qu'il suit, avec les meilleures intentions du monde, dans la défense de ses opinions; j'ai signalé les fâcheuses conséquences auxquelles mènerait l'adoption de ses principes. Je me suis ensuite évertué à saisir le fond de sa pensée dans les formes plus ou moins nébuleuses et même contradictoires dont il s'est plu à les envelopper ; j'ai cru

(1) Voir Bulletin, t. VIII, 2e série, p. 567; t. I, ze série, pp. 157, 520 et 880; 1. 11, 3e série, p. 1022; t. III, ze série, pp. 278, 152 et 550 ; t. IV, p. 14 et 189.

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