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nous cùmes dernièrement l'occasion de nous allons les exposer en résumé. Elles rechercher la présence du phosphore dans nous ont permis d'établir, d'un côté, l'iules organes d'un enfant empoisonné par contestable supériorité du procédé d'ana. ces allumettes. Voici, en résumé, le fait lyse de M. Milscherlich sur tous les autres qui a motivé ces recherches :

procédés mis en avant pour découvrir des Le 21 mars 1856, à six heures du soir, fraces de phosphore libre dans les matièdans la commune d'Oosicamp, la fille X. res organiques; et, d'un autre côté, clles fait avaler à son enfant (un garçon) âgé de nous mellent à même de lever un donte six mois. dans le but de s'en dėsnire, plu- soulevé dans ees derniers temps par M. sieurs bouls d'allumelles phosphoriques, Nicklės, dans le Journal de pharmacie et peu de temps après lui avoir donné une de chimie de Paris (décembre 1856), au soupe composée de lait et de biscuits. sujet de la valeur du procédé Mitscherlich Aussitôt que le phosphore est avalé, elle appliqué aux cas où le phosphorc est donne un peu d'eau et du sucre, quilte la mêlé à des corps gras. maison et abandonne son enfant à des per- 1re Expérience. — Le 15 avril, à trois sonnes étrangères qu'elle payait pour lc heures de l'après-diner, on fait avaler à soigner.

un lapin quatre bouts d'allumeltes phosVers quatre heures du matin, dix heu- phoriques, après lui avoir donné par inres après avoir pris la nourriture men- tervalles du pain Irempé dans du lait (ces tionnée plus haut, l'enfant, devenu forie- allumettes provenaient de la même boite ment malade, vomit considérablement et, que celles administrées à la victime). Jusd'après la déposition des personnes à qui que vers les sept heures du soir l'animal il avait été confié et qui se trouvaient dans a paru bien portant el a mangé du pain; l'obscurité, une traînée de seu sortait de il avait uriné deux fois. Le lendemain, à sa bouche qui, d'après elles, en était toute cinq heures du matin, il a l'air très-abattu, remplie.

ne veut plus manger et se tient fortement Ces gens, pour adoucir les souffrances blotli dans un coin. A six lieures il est du petit infortuné, lui donnent de l'eau mort, couché sur le côté gauche, sans qu'il vomit aussitôt et qu'il refuse finale- avoir eu de vomissements. ment de prendre; douze heures après, L'autopsic, faite douzc heures après, c'est-à-dire vingt-deux heures après l'in- permet de constaler ce qui suit : l'estomae gestion du poison, la victime rend le der- se trouve rempli d'aliments. Cet organe nier soupir.

ayant été extrait est vidé et placé sur une L'autopsie cadavérique, faite avec les assielle; examiné avec le plus grand soin, plus grands soins par MM. les médecins il n'offre aucune trace d inflammation. La légistes, ne fait constaler aucune lésion matière qu'il contient cst épaisse ct bru. morbide dans les organes de la victime; nålre, et on y reconnait la nourriture ne trouvant rien à pocucillir des matières que l'on a fait prendre à l'animal; elle ne qui ont été vonies, les médecins se bor- répand aucune odeur de phosphore cl ne nent à enlever les organes digestifs et uri. produit aucune lueur dans l'obscurité, naires avec leur contenu.

même en la remuant avec une spatule. Appelés par le tribunal de Bruges pour Huit grammes de celle matière analysés rechercher par l'analyse chimique l'exis- par le procédé Nitscherlich sont apparai. tence du poison dans les organes de la tre des lueurs phosphorescentes dans le victime, nous avons eu recours aux diffé- tube à expérience pendant plusieurs mirents procédés connus dans la science et no. nutes. lamment à celui qui a été naguère mis au L'estomac et les matières fécales extraijour par le savant chimiste allemand Mit- tes des intestins, essayés séparément par scherlich. Tous les résultats ont été néga- cette méihode, ne présentent aucune trace tifs, en ce sens que tous ont démontré du métalloïde. l'absence du phosphore libre dans les or- 2e Experience. Deux jours après, à ganes.

neuf heures du malin, on a fait prendre à Ces résullats négatifs ont nécessité de un chien berger, ågé de six mois, six bouts notre part des recherches comparatives, · d'allumelles phosphoriques dans un morafin de pouvoir établir que nos opérations ceau de pain et environ un demi-litre d'un avaient été bien faites et que les conclu- potage formé de lait et de pain. sions que nous avions admises ne pou- Cel empoisonnement présente les sympvaient laisser aucun doute.

tômes suivants : Ces opérations élant de nature å éclairer A dix heures, le chien étant couché sur l'importante question de la recherche du le côté gauche, commence à souffrir; on phosphore dans les empoisonnements, lui donne du lait.

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Onze heures, respiration plus accélérée, été analysés et ont fait apparaitre des il a de la peine à descendre et à monter lueurs phosphorescentes, à peu près pensur un escabeau; il boit encore du lait. dant un quart d'hcure.

Onze heures et demie, même état d'a- Le restant des matières vomies a été ballement et de souffrance, nicux par in- placé dans un bocal ouvert pour être contervalles.

servé dans le laboratoire. Donize heures, il ne sait plus où placer 40 Expérience. - Une pâle composée la tèle, tantól il la porte en l'air, lantôt il d'amidon, de graisse et de sucre, à laquelle la presse entre scs palics et reste couché était mélangé un centième de phosphore, sur le côté droit,

a été mise dans un petit ballon et souDouze heures et demic, les souffrances mise à l'analyse d'après la méthode de augnientent, la respiration est de plus en M. Mitscherlich. Au point de l'ébullition, plus gènee; on fait avaler un peu de lait, des vapeurs blanches lumineuses ont comles douleurs se calment pendant quelques mencé à apparailre et se sont succédé en instants pour reparaitre et augmenter en. montant dans le tube à expérience et en corc; il reste étendu sur le parquet, se

présentant de petits éclairs, puis elles sont lève et se couche sur le côté gauche; il descendues jusqu'au flacon récipient; ceci fait constamment des efforts pouravaler sa ayant duré assez longtemps, nous avons salive et semble avoir la gorge brûlanle; cessé l'opération. il étend les palles, ne sait plus comment Après refroidissement, le réfrigérent se placer, se lève de nouveau et se cou- contenait un liquide clair, produit de la che sur le côté droit.

distillation, dans le fond duquel se trouUne heure et demie, il urine copieuse- vait un dépôl semblable à du sable trèsment, son état enpire à tel point qu'il fin et qui a été reconnu étrc du phosphore commence à gémir et à leurler.

très-divisé. Deux heures, après avoir pris du lait il 3° Expérience. Désireux de savoir si parait mieux.

le phosphore libre pouvait être trouvé Trois heures, il se lève, son état s'amé- après un tenips plus ou moins long dans liore de telle manière que le soir il parait les matières vonios ct abandonnées au rétabli et que le lendemain il est aussi contact de l'air , nous avons analysé à la bien que si rien ne lui était arrivé; le fin du mois de janvier 1857, les matières chien a depuis rendu des excréments li. vomies dont il a été fail mention plus quides et uriné encore deux fois.

haul; elles élaient devenues épaisses et Les escréments et les urines analysés cornées. d'après le procédé qui nous occupe don- La moitié a été délayėc dans de l'eau disnent un résultat négatif.

tilléc acidulée avec de l'acide sulfurique ge Expérience. Lc surlendemain, ela été introduile dans un petit ballon à exaussi à 9 heures du matin, on a fait pren- périence, d'après le procédé dc Nilscherdre au même chien 26 bouls des mêmes lich. Après une ébullition de quelques allumelles dans du lait avec des morceaux instants, des lueurs pliosphorescentes se de pain; voici les symptômes qu'on re- sont montrées dans le tube comme dans marque :

les expériences précédentes. A 10 heures, il présente le même état De l'ensemble de ces faits, il résulte : que la première fois; on lui fait prendre 4° Que dans loutes les recherches médu lait.

dico-legales , relalives à des empoisonnc11 heures, il vomit; ces vomissements ments par le phosphore, il faut donner la sont recueillis et répandent l'odeur du préférence au procédé Mitscherlich, lequel phosphore ; les vomissements se répèlent mènera loujours à la découverte du toxi. plusieurs fois et deviennent de plus en que, quand même il aurait été intimement plus glaireux. Dans le dernier vomisse- niêlé avec des corps gras (4• Expérience). ment nous observons quelques bouls d'al- 2° Que la recherche du poison doit se lumelles ; l'animal resuse loule boisson, il faire avec les matières contenues dans se lève par intervalles, reste immobile l'estomac el mieux avec celles qui auraient pendant quelques minutes et sc couche été vomics. sur le côté droit.

3" Qu'une fois que le phosphorc est 12 lieures, amélioration notable; celle- changé soit en acide pliosphorique, hypoci continue et l'animal est rétabli dans phosphorique, etc., sa constatation devient l'après-diner. Pendant ce temps il a uriné irès difficile et que, par suite,l'expert ne deux fois, quoique n'ayant pas rendu des saurait dans ce cas se prononcer d'une excrémenis.

manière formelle. Seize grammes des matières vomies ont 4. Qu'il est encore possible de consta

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ler le phosphore libre dans les matières de défiance. « On veut lui faire du mal, lui vomics (résultat de la 3° Expérience), jouer quelque maurais tour. Chapoteau, son même lorsque ces matières ont été aban- cauchemar, lui a volé 35 millions, et doit être données pendant à peu près une année fusillé. Pour qu'il se décide à manger, il dans un flacon non bouché.

faut qu'un gardien dégustc les meis qu'il (Ann. de la Soc. médico-chir, de Bruges.) suspecle. Parfois il arrache à ses cama

rades de détention le pain qu'ils portent à

la bouche. Si on lui présente un chal, dont Médecine légale.

il semble avoir une terreur instinctive, il s'exa-père et frappe. Prononce-l-ou le nom

de Qualremares, il pirouelle et s'écrie : RAPPORT MÉDICAL SUR UN CAS DE SIMULA- Je ne suis pas fou, les fous uc tournent pas. TION DE FOLIE ; par M. le docteur OREL,

Dans le jour retiré à l'écarl, n'adressant médecin en chef de l'asile dis aliénés de

la parole à personne, il ramasse des fétus, Saint-Yon (Seinc-Inféricure). — Dérozicr, des plumes ou d'autres ordures qu'il sourre ågé de quarantc ct un ans, est un mar- dâns sa poche ou allachie à sa coi l'ure. chand forain qui parait s'étrc créé la spé- Une chose dont se préoccupe avec raicialité des vols d'églisc. L'accusation lui son M. Morel, c'est l'état des fonctions. en reproche douzc, commis dans autant Chez Dérozier, la santé est normale. Il d'endroits différents des arrondisseinents n'y a ni chaleur à la peau, ni fièvre, ni de Dieppe, Neufchâlel, les Andelys, Man. insomnie, ni soullrance, ni insensibilité, tes et Beauvais,

ni faiblesse. Une légère Irémulation saTout d'abord il en consesse trois avec ciale, jointe à l'expression de millions, les détails les plus circonstanciés, et pourrait seule faire nailre l'idée d'une nomme son complice, un cerlain Chapo. paralysie générale au début; mais ce signe, teau , qui n'a pas été retrouvé, Quelques naturel chicz beaucoup d'individus, et jours après, les 1er et 5 février 1856, il

commun à la suite des abus alcooliques, réitère ses aveux avec une lucidité en ap- reste sans signification par son isolement parencc parfaite. Mais, à partir du 12 mars, et son contraste avec les autres sympchangeant de système, ou il garde un ob tomes.

tômcs stiné silence, ou il n'articôle que des ré- Quant au caractère des réponses, généponses insensécs, accompagnées de gestes ralement hésitantes et tardives, en voici d'insouciance ou de bravade. En memo

un spécimen : Quel esl volre åge? tcmps il se livre dans la prison, en paroles 245 francs 38 centimes, 124 voilures port ct en actions, à toutes sortes d'extrava- fuire aller ça... je n'éluis pas riche, je gances.

n'avais que cela. A la même demande, La folie est-elle réelle ou feinte? Cc réitérée énergiquement : 8. mères 78 cenproblème, soumis à M. le docteur Caron, limètres. médecin de la prison de Neufchâtel, est Y a-t-il longtemps que vous avez la lėle résolu affirnativement dans un rapport du dérangée? Des c'rals, lowjours des chals ; 9 mai. Ce rapport se fondo principalement puis, piroucllant à trois ou quatre reprisur une iice fixe d'évasion justifiée par une ses : Je ne suis pas fou, les fous ne lourtentutivc. Plus lard, 22 juillet, M. Morel est chargé par M. de Ramfreville, prési- Avez-vous une famille, des frères, des dent des assises, d'examiner l'inculpé ct seurs, des cosants ?

J'en ai fourni d'émellre un avis sur son état mental,

beaucoup de coupons, des bas de soie : j'avais Avant de faire connaitre les conclusions une subrique, 28 millions, Chapoleau m'a de notre savant collègue, rassemblons, dans volé toul cela. un court résunić, les particularités ayant Où èlcs-vous ici?.- A Saint-Joseph. – servi de base à son jugement.

Dans la maison du dimble... Dans quatre examens successiss, du Quel j'ur de la semaine sommes nous ? 22 juillet au 2 août, Dérozier s'est niontré Lundi jendi, vendredi, au basard. invariablement le même. Il affcclc un Dans quelle saison sommes-nous? – mouvement de balancement latéral, et un En junvier. Et regardant par la fenélre : perpétuel clignotement des paupières. Il Tiens, on dirait qu'il faut c aud. s'assroil si on le lui commande; mais, nc Où avez-vou: connu Chapoteau? – pourant rester en place, il quilte et re- C'est un juis, un briyand, un assassin. Il a prend sa chaise, jelle uu regard surtis dans voulu ni'cmpoisonner j'ai mis mes pieds les coins de la chambre, marche avec pré dans la rivière. caution, tourne sur lui-mêmc, et semble Dormez-vous ? - Je ne puis me plaindre; étre en proie à des sentiments de crainte et il y a trop de chats.

nent pas.

Mais Chapoteau le juif, l'assassin, le M. Morel dut faire un second rapport. voyez-vous? l'entendez-vous? – Il a un Durant cette période, un revireinent s'était habil vert; on fail bien la faclion la nuit. opéré dans l'attitude du prévenu. Moins

Après cet interrogatoire, M. Morel, revèche ct plus communicatif, il causait voulant s'assurer si Dérozier mellrait la volontiers et mangeait sans cxigcr celle mème incohérence dans ses actes que dans garantie de préservalion que les fous ne ses paroles, le prie d'écrire à son père, songent point à réclamer. Mais ses réponqu'il dit être à Beauvais. Prenant la plume ses ne sont pas moins excentriques et conqu'on lui présente, l'inculpe demande s'il tre nature. Fait-il jour, lui demande t-on ? doit s'en servir de la main droite ou de la - Il fait nuit. Quel âge avez-vous ? - Je main gauche, et, alternant rapidement de suis le roi de Beauvais. Donnrz la main l'unc à l'autre, il trace dans toutes sortes droite? Il donne la gauche. Donnez la de directions des mots plus ou moins lisi. main gauche? Il donne la droite. S'il bles, mais sans suite.

joue aux damies, on voit qu'il connait le On lui prescrit de lire; il tourne le livre jeu; mais un gardien s'avance-t-il, il à l'envers et débite, au lieu du texte, sa pousse les pions an hasard. phrascologie ordinaire. En quillant la De telles anomalies ne s'observent jachambre pour retourner dans la cour, il

mais dans une maladie mentale en voie fait ses pirouclics habituelles, prend lc d'amélioration. A moins d'une transition chapeau de N. Morel, qu'il met par-des- vers la démence, qui n'est point ici le cas, sus son bonnet, s'empare de son livre et le progrès dans la rcctitude du langage lui offre une poignée de main, en lui di

suil le retour du calme. Loin donc de resant, comme à uncancienne connaissance : venir sur sa première opinion, M. Morel

Comment cela va-t-il depuis que je ne ne trouvait là qu'une raison slagranle d'y vous ai vu à Beaurais?

persévérer. Ses nouvelles conclusions fuEn présence de ces faits, la première rent les mêmes que les premières, et impression de M. Morcl fut un soupçon

M. Caron s'y rallia au jour de l'audience, grave de simulation. Dérozier n'avait ni le moveinbre. les allures, ni la physionomie, ni le lan- De son côté, le jury, les ayant acceptées, gage d'un véritable aliéné. Tous ses mou- rendit, sans circonstances atténuantes, un vements élaient ridiculement affectés. Son verdict de culpabilité, par suite duquel regard, craignant d'en reniconlrer un au- Dérozier fut condamné à vingt ans du tratre, dénotait le calcul. On ne voit guère vaux forcés. de malades qui toujours et comme systé- Or, le lendemain, on pouvait lire en matiquement sont des réponses étranges toutes lettres, dans le journal de Rouen, et sans aucun rapport avec l'objet des de- le curicux épisode des clforts que le simu. mandes. On ne découvrail chez Dérozier lateur, dont l'intelligence s'est pas vulancun dérangement physique. Et, d'ail. gaire, confessait avoir soutenus pour faire leurs, le tableau des symptomes n'avait de triomplicr sa ruse; aveu précieux, aussi concordance avec aucune des formes con- rassurant pour le médecin expert qu'honues de l'aliénation mentale. Il ne repré- norable pour la science. sentait ni la divagation générale de la ma. Dans son travail, notre excellent ami, nie, ni la préoccupation fixe du délire avec une bicnveillance dont je suis licusystématisc, ni la debilité de la démence, reux de le remercier, a daiyné invoquer ni les anxiétés de l'aberration sensoriale, mon faible témoignage. Étant, cn cffci, à ni l'engourdissement de la stupidité. La Rouen vers la fin de septembre, M. Vingparalysie générale elle-même, compatible trinicr, médecin des prisons de cette ville, avec un enlrelien plus ou moins suivi, ne désira me faire visiler Dérozier, dont l'état saurait être caractérisée par celle unique douteux suscitait l'émotion générale. Je énonciation de 28 millions, produite évi- l'examinai avec soin, et ne lardai pas à me demment à dessein, et bien en dehors de convaincre des contradictions si bien apce sentiment béat qui distingue ces sortes préciées par M. Morel, et dont l'instinct de manifestations ambitieuses chez les pa- de l'expérience củt suffi d'avance pour ralytiques.

m'averlir. Le fou reflète un cachet qu'un En vertu de ces considérations, M. Mo- il exercé manque rarement de saisir. Cc rel n'hésita pas à déclarer que Dérozier qui fixa surtout mon attention, c'est la simulait la folie.

manière caractéristique dont se produiCe jugement, toutefois, ne fut pas ac- saient les réponses, quelquefois immitucilli sans quelques rumeurs d'incrédu- diates, et plus souvent lentes, relardées lité. Par ordre de M. le président des as- ou nulles, suivant qu'elles avaient pu sises, et après de nouvelles constatations, non-seulement étre combinées, mais sou

mises à un contrôle plus ou moins ra- vail, et les rigueurs d'une surveillance de pide.

jour et de nuit, qui, à part le bien-être do Dérozier, pendant toute la duréc de l'inculpe, font souvent jaillir sur la situal'enquête médicale, a été maintenu en tion de ses facultés des clartés inaltendues. prison. M. Morel sait, à ce sujet, judicicu. Dans la Meurthe, M. Morel avait obtenu sement obscrvor combien , dans ces con- de faire transférer à Maréville tous les ditions, l'expertisc rencontre de difficultés. prisonniers légalement suspcclés de folie. Un asile d'aliénés permet scul un examen Il est à souhaiter que ce système prévaille calme, continu, comparé. Là aussi peuvent dans toutes les localisés. s'appliquer utilement les moyens d'intimia (Ann. mélico psychologiques et Gazette dation et de traitement, l'épreuve du tra

hebdom. de méilec. et de chir.)

III. BIBLIOGRAPHIE.

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TRAITÉ PRATIQUE DES MALADIES DE L'o- attendre à ce que le Traité pratique des REILLE ; par le docteur E.-H. TRIQUET, maladies de l'orcille ne serait pas inférieur lauréat des hôpitaux de Paris, de l'Aca- aux aulres publications de l'auteur : sa démie des sciences, etc. Paris, 1857, plume excrcée, guidée d'ailleurs par une | vol. in-8" avec figures intercalées dans pratique éclairéc ct par les déductions le texte.

de très-noinbreuses recherches et expériL'ouvrage dont nous allons donner une mentations, ne pouvail produire qu'un analyse a été édité tout récemment par M. bon ct ulile ouvrage. Et puis, nous l'aJ.-B. Baillière de Paris, el il a pour auteur vouerons franchement, le nom de M. Bailun médecin des plus instruits, M. le doc- lière nous était déjà une garantie du teur Triquet, dont le nom est depuis long- mérite de l'ouvre, car nous savons quc temps favorablement connu de nos lec- cet habile et judicieux édilenir n'imprime teurs. Lauréal des hôpitaux de Paris et de en général que des travaux de bon aloi. l'Académie des sciences, M. Triquet, avant Après avoir lu et médité l'ouvrage de d'écrire le Trailė dont nous nous occu- M. Ic docteur Triquct, nous pouvons heu. pons actuellement, s'était déjà distingué reusement déclarer que nous n'avions pas dans la littérature médicale par plusieurs été trop prévenu en sa faveur : la lecture monographics importantes sur les mala- est en effet venue ratifier la bonne opinion dies de l'oreille, parmi lesquelles nous que nous nous étions faite du nouveau rappellerons ici d'une manière particu- Trailé des maladies de l’oreille, et nous lière le mémoire sur les otites qui se déve- espérons, qu'après l'analyse que nous loppent pendant le cours des fièvres graves, allons leur en donner, nos lecteurs la ra. que nous avons publié dans lc lome XIX tifieront également. de cc Journal et celui sur la surdilé ner- L'ouvrage est divisé en trois parties. veuse qui a été inséré dans notre tome XX. La première comprend l'anatomic, la phy. Ces travaux, ayant été présentés à la So- siologie, l'hygiènc de l'appareil auditif ct ciété des sciences médicales et naturelles la prophylaxie. La deuxième renserme de Bruxelles, valuront à leur auteur le un exposé général des maladies de l'a titre de membre correspondant, el celte rcille; les causes, la fréquence, l'oloscopic distinction élail bien méritée, car les deux ou exploration de l'appareil auditif; les mémoires se faisaient remarquer par des symptômes physiologiques et analomiqualités qu'on trouve rarement réunies, ques. Un chapitre très-important sur le telles que : fails nouveaux appuyés sur traitement général et local terminc cette des dissections nombreuses, nouvelles deuxième partie. La troisième partie applications pratiques, richesse de détails, traite des maladies de l'oreille en parli. lucidité dans l'exposition, sobriété dans la culier. phrase, stylc correct ct châliė, Remémorer Adoptant l'ordre anatomique suivi par ces qualités, que nos lecteurs ont élé à Duverney, l'auteur classe et étudie chamême de constater par eux-mêmes, c'est cune des maladies de l'oreille de la ma. expliquer suffisamment l'empressement nière suivante : 1° Maladies de l'oreille que nous avons mis à étudier, dès son ap- externe; 2° maladies de l'oreille moyenne; parition, la nouvelle cuvre de notre savant 3° maladies de l'oreille interne. collègue; en effet, nous devions nous Ici nous ne pouvons mieux faire que

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