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pubiennne. On pourra la prolonger en haut, un peu à gauche de l'ombilic, quasi dans la direction de la ligne médiane, aussi loin qu'il sera nécessaire pour mettre à nu la tumeur et la séparer des adhérences qu'elle aura pu contracter. Un kyste considérable, quand il est distendu par son contenu, peut être enlevé à l'aide d'une incision de 5 pouces (8 centimètres) d'étendue; et une incision de 5 pouces (15 centimètres) est amplement suffisante pour enlever les tumeurs les plus vastes, si l'on a soin de vider chaque kyste avant de l'attirer au dehors, ou si, ayant affaire à des groupes de petits kystes, on a soin de les faire sortir les uns après les autres. 5° On pratiquera la ligature de tous les vaisseaux qui auront pu être lésés par l'incision des téguments abdominaux avant d'ouvrir la cavité péritonéale. 6° Dans les cas où la tumeur nage dans un liquide ascitique, on laissera écouler une partie de celui-ci tout en s'opposant à son écoulement complet, en exerçant, ou faisant exercer par des aides, sur les lèvres de la plaie, une pression qui mette celles-ci en contact immédiat avec la tumeur. La portion du liquide ainsi retenue servira à protéger la masse intestinale. Qu'il y ait ou non un épanchement péritonéal, s'il y a des adhérences entre le kyste et la paroi abdominale, elles seront détruites avec précaution à l'aide de la main avant de pratiquer la déplétion de la tumeur; grands soins doivent être pris dans cette manœuvre de ne pas déchirer la poche kystique. Les adhérences avec l'épiploon ou l'intestin ne seront détruites qu'après que le kyste aura été vidé; alors on pourra mieux apprécier la nature et les caractères de celles-ci. 7° Aussitôt les adhérences pariétales détruites, la tumeur sera ponctionnée à l'aide d'un large trocart syphon (1). Dès que le liquide sera en partie évacué et que la tumeur aura acquis une certaine flaccidité, on la saisira avec des pinces à érignes et on l'attirera au dehors ; on pourra, afin d'éviter plus sûrement l'écoulement du liquide dans l'abdomen, fixer la canule à la tumeur avant d'extraire celle-ci. • 8° Si, pendant qu'on en fait l'extraction, le kyste s'échappait des mains de l'opérateur, il faudrait garantir avec soin la cavité péritonéale en entourant la tumeur de flanelles trempées dans de l'eau à 96° Farenheit (55 centigrades) et pressées. Les kystes secondaires qui se présenteront à l'ouverture seront, si leur volume est trop considérable pour sortir facilement, ponctionnés à l'aide de la lance du trocart repoussée dans la canule attachée au premier kyste; ou bien ils seront vidés par une main qui, introduite dans le premier kyste évacué,

(1) Le trocart syphon est composé de deux tubes entrant l'un dans l'autre à frottement doux ; l'interne est terminé à l'une de ses extrémités par une pointe en forme de bec de plume coupant par ses bords ; à l'autre extrémité est adapté un long tube en gutta-percha qui permet de conduire le liquide des tumeurs loin de la malade, et qui peut servir aussi, en laissant plonger son extrémité libre dans le liquide, à empêcher, quand cela est nécessaire, l'entrée de l'air dans les cavités vidées. Quand la pointe de l'instrument a franchi les parois de la tumeur, on attire légèrement le tube interne, de façon à cacher dans l'externe sa pointe tranchante. (Vote du Traducteur.)

détruira les cloisons qui le séparent des autres; à l'aide de l'autre main on retirera la tumeur au fur et à mesure que son volume diminuera. 9° Quand la tumeur sera une masse solide ou demi-solide, trop large pour passer facilement par l'ouverture pratiquée, on agrandira celle-ci avec prudence autant qu'il sera jugé nécessaire. * 10° Si, lorsque la tumeur est vidée, on constate qu'elle adhère à l'épiploon, au mésentère ou à l'intestin, on détruira les adhérences à l'aide du scalpel ou des ciseaux. Si les adhérences avec l'intestin sont si intimes qu'elles ne pourraient être détruites sans danger, on séparera la portion adhérente du kyste du reste de la poche, et on l'abandonnera avec l'intestin, en ayant soin d'enlever de cette portion la membrane interne sécrétante. l I° Si l'on est obligé d'enlever une partie de l'épiploon, il faudra avoir bien soin de s'assurer qu'il n'y a pas, dans la portion qui reste, des vaisseaux donnant lieu à une hémorrhagie. Si une partie de l'épiploon est altérée par le fait de la maladie, ou déchirée par suite des tractions opérées pour détruire les adhérences, elle sera enlevée et les vaisseaux sanguins seront tordus ou liés. Si l'on a recours à la ligature, les bouts de celle-ci seront retenus au dehors et fixés entre les lèvres de la plaie abdominale; on doit faire en sorte que la ligature ne porte que sur le vaisseau lésé et qu'elle ne contienne aucune partie de l'épiploon. l2° La tumeur une fois sortie de l'abdomen, il sera facile de constater la nature de ses connexions avec l'utérus. Le pédicule qui leur sert de trait d'union peut varier considérablement quant à sa longueur et à sa largeur; il contient toujours beaucoup de vaisseaux sanguins. Ce pédicule sera d'abord comprimé par la chaîne d'un écraseur ou par un clamp (1) placés à la jonction du pédicule et du kyste; ce dernier sera alors enlevé par le bistouri portant un peu au-dessus de l'instrument compresseur. Il sera utile, alors aussi, de placer des flanelles chaudes et humides de façon à empêcher l'entrée du liquide ovarique dans la cavité péritonéale. 15° Les lèvres de la plaie seront tenues tendues et écartées, afin de permettre l'examen de l'autre ovaire; s'il était malade on l'attirerait au dehors, comprimerait son pédicule, et on l'enlèverait; s'il est sain on le laisse en place. On recherchera ensuite avec beaucoup d'attention s'il n'y a pas d'hémorrhagie pro

(1) Le clamp est un instrument ayant la forme d'un compas ordinaire ; à 5 centimètres au moins du point d'articulation se trouve un petit arc de cercle fixé à l'une des branches et glissant dans une rainure percée dans l'épaisseur de l'autre, une vis à pression sert à immobiliser dans la rainure l'arc de cercle, alors que les branches de l'instrument sont rapprochées au point de comprimer sufïisamment le pédicule ; un peu au-dessous de l'arc de cercle, les extrémités des branches sont articulées de la même façon que les pointes des compas ordinaires, et peuvent être enlevées quand la partie qui doit rester sur la plaie est fixée. M. Spencer Wells vient de modifier l'instrument primitif en donnant, à la partie qui doit rester en place, une courbure dans le sens opposé à celui de l'écartement des branches ; de cette façon l'instrument n'est en contact avec les téguments quc par le milieu de l'are de cercle qu'il représente. (Note du Traductcur.)

duite à l'endroit où les adhérences ont été divisées; si quelque vaisseau donnait,
il serait tordu ou comprimé à l'aide d'une aiguille qui le traverserait. Le sang
et le liquide kystique, s'il s'en est épanché dans l'abdomen ou le bassin, seront
enlevés avec soin à l'aide d'éponges molles trempées dans de l'eau à 96°Faren-
heit et pressées. -
14° La partie supérieure de la plaie sera fermée à l'aide d'épingles dorées
telles que celles dont on se sert dans l'opération du bec-de-lièvre; elles seront
passées au travers des lèvres de l'incision de façon à comprendre toute l'épais-
seur de celles-ci; ces épingles seront placées à la distance d'un travers de doigt
les unes des autres ;elles perforeront la peau à environ un doigt, et le péritoine
à un demi-doigt des lèvres de la plaie (1), de telle façon que, par le rappro-
chement des parties incisées, le péritoine d'un des bords corresponde avec le
péritoine de l'autre. La réunion du péritoine se fait très-rapidement, elle em-
pêche l'entrée du pus ou des autres sécrétions de la plaie dans sa cavité, s'op-
pose à la formation d'adhérences entre l'épiploon ou les intestins et les bords
de l'incision, et enfin par la solidité qu'elle acquiert, donne toutes garanties
contre la formation de hernies ventrales.
15° Le pédicule sera maintenu d'une manière permanente. Lorsque le clamp
n'occasionnera pas un tiraillement trop considérable de l'utérus, il sera préfé-
rable de le laisser sur la plaie; mais souvent on fera mieux de retenir le pédi-
cule d'une façon permanente à l'aide d'une ligature, et d'enlever, celle-ci posée,
l'instrument compresseur qui n'aura servi alors qu'à le maintenir momentané-
ment. Le clamp placé, l'on transpercera le pédicule avec une aiguille portant
un fort fil, et chaque ligature sera nouée de façon à comprendre une partie du
pédicule de la largeur d'un doigt. Une ligature générale sera alors portée sur
le tout et fortement serrée, afin de s'opposer à l'hémorragie qui pourrait
résulter de la lésion d'un vaisseau. Moins considérable sera la portion enfermée
entre chaque fil, plus elle sera comprimée, plus rapide aussi sera le tra-
vail subséquent de séparation. Quand on aura appliqué avec soin la ligature,
on enlèvera le clamp; et la portion superflue du kyste qui aura été laissée au
pédicule sera excisée. Il faut cependant laisser au-dessus du fil compresseur une
partie assez grande pour prévenir le glissement possible de celle-ci.
16° Dans les cas où le pédicule est long, et lorsque le moignon, ou la por-
tion étranglée par la ligature, pourra être fixé en dehors de la cavité abdomi-
nale, on le placera dans l'angle inférieur de l'incision et on le maintiendra là

(1) On peut employer, au lieu de ce moyen d'union, les sutures entrecoupées pratiquées avec du fil de métal ou de soie ; dans les opérations auxquelles nous avons assisté on se servit de ces dernières. On emploie pour chaque suture un long fil de soie, assez épais, passé dans deux fortes aiguilles. Chaque lèvre de la plaie est traversée de dedans en dehors, par une des deux aiguilles de façon à percer le péritoine à un demitravers de doigt et la peau à un travers de doigt de la plaie. Un intervalle d'un pouce est laissé entre les sutures profondes, et l'on pose entre elles, vers le milieu de la distance qui les séparc, de petites sutures entrecoupées superficielles qui ne comprennent que la peau. (Note du Traducteur.)

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avec une épingle à bec-de-lièvre, qui le transpercera en même temps que les lèvres de la plaie. Il importe que la ligature soit au niveau de la peau de l'abdomen, et que la portion destinée à se gangréner soit entourée d'un pansement qui puisse s'opposer à la souillure des parties saines par la sanie gangréneuse. Si le lien se trouvait au niveau du péritoine, les surfaces saines entoureraient le lambeau sphacelé, et la putréfaction de la plaie, ou l'infection putride pourraient en résulter. 17° Quand le pédicule est si court que son lambeau ne peut être attiré ou maintenu au dehors sans opérer des tractions trop considérables sur l'utérus, on a coutume, après avoir fait la ligature, de retenir seulement les bouts de celle-ci en les faisant passer par la plaie abdominale. Dans un cas ils furent passés par le canal inguinal, placés à côté du ligament rond, et la plaie abdominale put être fermée complétement. Une autre fois les bouts du fil furent coupés près du nœud, la ligature fut abandonnée dans l'abdomen et la plaie fermée. Il reste à déterminer par l'expérience ultérieure lequel de ces moyens est le meilleur; ou bien encore s'il vaut mieux ne porter la ligature que sur les vaisseaux du pédicule, si l'acupressure peut être employée avec succès, ou enfin si l'emploi de l'écraseur est suffisant. (La fin au prochain numéro.)

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QUELLE EST LA QUALITÉ NUISIBLE QUE L'AIR CONTRACTE DANs LEs HôPITAUx ET LES PRisoNs, ET QUELs soNT LEs MEILLEURs MoYENs D'Y REMÉDIER ? par NAHUYs (1), traduit du latin et commenté par ANDRÉ UYTTERHoEvEN, officier de l'ordre de Léopold, chirurgien en chef honoraire des hôpitaux de Bruxelles, etc., etc.

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Le livre que nous offrons au public a été publié en 1770. Cette circonstance est l'un des motifs qui nous engagent à le traduire.

L'ancienne préoccupation des médecins sur les effets funestes de l'air des hôpitaux et des prisons, sans succès bien marqué dans leurs réclamations qui datent depuis au delà d'un siècle, est la preuve évidente de l'indifférence de ceux à qui incombait le soin de faire disparaître un état de choses si funeste. Les plaintes formulées par Nahuys, en 1770, viennent encore d'être reproduites l'année dernière au sein de l'Académie impériale de médecine de Paris.

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(1) Dissertatio de qualitate noxia aèris in nosocomiis et carceribus, ejusque remediis. Quœ duplum proemium Academiœ regiœ scientiarum et artium Lugdunensis reportavit ; auctore Alexandro Petro NAHUys, a. 1. m. philosophiœ et medecinae doctore, ut et Societatis Batavae philosophiae experimentalis Roterodamensis membro. - Harlemi, typis Joannis Bosch, 1770.

Nous avons d'excellentes raisons de penser que nos maisons de charité ne sont pas, non plus, en Belgique, à l'abri des reproches qui leur sont ailleurs adressés. Mais, peut-il en être autrement, quand des travaux consciencieusement entrepris dans un but de charité, sont repoussés par les rancunes politiques qu'aigrissent encore les mesquines susceptibilités de l'amour-propre froissé? Cependant le branle est de nouveau donné en Europe aux grandes questions de l'assistance publique, et il ne sera plus longtemps permis aux asiles consacrés à l'exercice de la charité de rester des lieux redoutables aux malheureux et voués à la dévastation de l'espèce humaine. La religion, la raison, l'humanité, le droit, la politique, exigent que les malades et les blessés jouissent dans les hôpitaux des conditions de salubrité nécessaires à leur rétablissement. Que si, par hasard, nos plaintes à ce sujet paraissent aux yeux des gens du monde les exagérations d'un esprit chagrin, qu'ils veuillent bien, avant de prononcer, prendre lecture de quelques-uns des livres publiés sur cette matière et surtout des discussions qui ont eu lieu tout récemment, au sein de l'Académie de médecine de Paris, sur l'hygiène des hôpitaux. Nous en citons un passage : « Je ne terminerai pas, Messieurs, sans m'associer entièrement à ce que » M. Gosselin a dit de l'insalubrité de nos hôpitaux qui sont peut-être les plus » détestables de l'Europe. Que les anciens hôpitaux soient malsains, il n'y a là » rien d'étonnant; la date de leur construction explique beaucoup d'imperfec» tions; mais il est bien triste de retrouver la plupart de ces imperfections » dans les hôpitaux les plus nouveaux. » (MALGAIGNE. Gazette des hôpitaux de Paris, N° 155, 1862.) A peu près vingt millions de francs composent la dotation des établissements de charité de la Belgique; et cependant ces richesses sont loin d'alléger toutes les misères et bien loin aussi d'être dépensées suivant le vœu de la charité chrétienne, mise en rapport avec les découvertes de la science. Pour le prouver, une seule remarque peut suffire. Les hôpitaux civils de Gand, de Bruges, d'Anvers réclament une reconstruction depuis de bien longues années; mais ces projets sont toujours ajournés au grand détriment des malades. Faisons donc des vœux pour que la main soit mise à l'œuvre sans de plus grandes tergiversations, que les fautes commises précédemment soient évitées, et que cette fois les sévères leçons de l'expérience ne soient pas perdues. Un mot cependant, avant de finir cet avant-propos : Il n'est jamais entré dans notre intention d'adresser aucun reproche aux personnes fort respectables qui se chargent bénévolement d'administrer, en Europe, le bien des pauvres et de tenir en mains la direction de tout ce qui compose l'assistance publique. Mais il nous est permis, sans doute, de contrôler la manière dont la répartition en est faite et de signaler à l'attention de nos concitoyens, les améliorations dont elle est susceptible. C'est, du reste, à nos yeux, pour un médecin d'hôpital, un devoir rigoureux de conscience que de signaler les abus qu'il a découverts, les imperfections qu'il a constatées; les réformes à proposer ;

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