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négocia le mariage de Marguerite, sa fille aînée,
avec Henri, comte de Luxembourg, dont le père
avait été tué à la journée de Woringen, et qui,
dans la suite, devint empereur sous le nom de Henri
VII. La condition préliminaire du contrat fut que
le duché de Limbourg demeurerait à perpétuité
réuni à celui de Brabant. Philippe le Bel, roi de
France, sut ménager au duc Jean une paix dura-
ble, qui confirma tous les avantages que la fameuse
journée de Woringen lui avait valus.
Ce fut dans ces circonstances, où une guerre dé-

sastreuse avait épuisé les trésors du duc, que les

Brabançons donnèrent à leur prince une preuve ef-
ficace de leur affection et de leur zèle : ils consen-
tirent à lui accorder, sans conséquence, outre les
subsides ordinaires, comme don gratuit, le vingtiè-
me de tous leurs biens et de tous leurs revenus,
pour le dédommagement des frais occasionnés par
la guerre. Ils exigèrent seulement que le duc pro-
mît solennellement qu'à l'avenir les ducs de Brabant
ne feraient plus de semblable demande.
Le duc Jean, délivré de tous les dangers et de
tous les embarras de la guerre, employa les derniè-
res années de sa vie à réprimer, par des lois sévères,
les abus énormes et les monstrueux excès que la
grossiéreté ou plutôt la férocité des mœurs de ces
temps barbares avait introduits dans la société. Il
convoqua une assemblée solennelle des principaux
seigneurs du pays, dans laquelle il publia ces lois
célèbres connues sous le nom de land-charter :
c'est une espèce de code pénal par lequel, « Pour
» contenir dans le devoir, par la crainte du châtiment,
» cèux qu'on ne peut y attacher par l'amour de la

» vertu, le duc décerne différentes peines, amende, » bannissement ou mort, suivant la gravité du dé» lit, contre ceux qui calomnient, injurient, frap» pent ou blessent les autres; qui vont les attaquer » dans leurs maisons, qui jettent sur les autres de » la bierre, du vin ou d'autres liqueurs ; qui cou» pent les arbres, arrachent les haies, ôtent les » bornes, enlèvent les bestiaux, fournissent des tor» ches pour incendier, dressent des embûches pour » tuer, surprennent les autres en traître, ou les ap» pellent en duel ». Il fut également statué que « Ce» lui qui troublerait la tranquillité publique, se» rait tiré en quatre quartiers, et que ses membres » seraient attachés à des poteaux aux endroits les » plus éloignés du pays ; que si celui qui aurait » encouru la confiscation de ses biens, avait fem» me et enfans, la moitié de ses biens resterait à » sa famille, et l'autre moitié passerait au seigneur ; » que si, au contraire, il était sans famille, tous » ses biens seraient acquis au profit du seigneur ; » que celui qui ne pourrait être convaincu d'un » délit, doit tâcher de prouver son innocence par , » des témoignages dignes de foi, et s'il est étr un» ger, il doit attester par serment qu'il est innocent, » et qu'il ne peut trouver des témoins ». Il fut décerné contre ceux qui auraient enlevé une fille, « Que les coupables et les complices encourraient » peine de mort et confiscation de biens, et que » celui qui aurait violé une femme ou une fille, » si le fait était constaté par celle qui aurait été » forcée, aurait la tête tranchée avec une scie de » bois ». Il fut ultérieurement statué « Que celui » qui aurait coupé un membre à un autre, serait

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» soumis à la pcine du talion, c'est-à-dire, qu'on
» lui couperait le même membre ; que le drossard
» du Brabant, les justiciers des villages et les au- .
» tres préposés à l'administration de la justice, ne
» pourraient recevoir aucun présent ou service,pour
» accélérer ou retarder le jugement, sous peine de
» payer le double des frais. Enfin, le duc promet
» de ne nommer à aucune place de drossard,
» mayeur, bailli, aman, ou échevin, pour argent
» donné ou prèté. » , '.. ·
Le duc Jean aimait si passionnément les exer- .
cices connus dans ce temps sous les noms de joûtes,
tournois, etc. , qu'on dit, qu'y ayant assisté soixan-
te-dix fois, tant en France qu'en Allemagne, il y
avait constamment remporté le prix. Henri, comte
de Bar, qui avait épousé Marie, fille d'Edouard
I.o, roi d'Angleterre, donna, à l'occasion de la
cérémoniè de ses noces, un magnifique tournoi,
auquel le duc Jean assista. Il voulut y figurer avec
distinction : il parut à la tête des combattans, monté
sur un cheval superbe : la duchesse sa femme était .
présente à ce spectacle. Le duc, animé par la pré-
sence des spectateurs, qui étaient nombreux, prend
sa lance, pique son cheval, et rencontre un che-
valier qui lui porte un coup de lance au bras droit
et le renverse : sa blessure, ayant été mal pansée,
devint mortelle : il en mourut le 4 de mai de l'an
294 , selon Hocsem, historien contemporain. C'est
donc sans doute par erreur que Divaeus rapporte
la mort de ce prince au.... de juin 1297. Son corps
fut transporté à Bruxelles, où on lui fit de magnifi-

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JEAN II. —Edouard I.er, roi d'Angleterre, tdche de l'at-
tirer à son parti contre la France : il y attire Gui,
comzte de Flandre. Philippe-le-Bel, roi de France ,
sait arréter ce comte , dont il retient la fille, comme
otage, à Paris : elle y meurt.--Le comte Gui convoque
une assemblée à Grammont : la guerre y est déclarée
au roi de France. Méconientement et murmures
des Namurois.— Le comte Gui envoie son fils à Namur
pour réprimer et punir les factieux. Cession du
comté de Namur en faveur de Jean, fils du comte
Gui : il en prend possession. Bataille de Furnes.
, Siége de Lille. Philippe-le-Bel est maitre de la
Flandre. Trève entre Philippe et Edouard. Le
comte de Valois vient en Flandre : il emmène le com-
te Gui à Paris : il est emprisonné, et la Flandre con-
· fisquée au profit du roi de France. Révolte des Fla-

mands contre les Français. Robert d'Artois est ren-
voyé en Flandre avec une armée. Bataille de Cour-

· trai. Le roi de France vient en Flandre : il se reti-
re. Les Flamands forment une alliance avec le duc
- Jean. Hostilités dans l'Artois , la Zélande et la
Hollande. Bataille de Mons-en-Puelle. Paix en-
tre les Français et les Flamands. Mort du comte
, Gui. Traité d'Achies-sur-Orange. Différend et
accord entre les comtes de Mamur et de Hainaut au
· sujet du droit de suzeraineté. Différend et accord
entre l'évéque de Liége et le comte de Hainaut au su-
jet de la terre de Mirwart. Différend, débats , hos-
tilités et accords entre les comtes de Flandre et de Hai-
naut au sujet de la Flandre impériale et des terres de
Lessines et de Flobecq.

J» A N II avait épousé, avant la mort de son père, Marguerite, fille d'Edouard I.", roi d'Angle

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1296.

terre. Ce monarque, qui s'était brouillé avec Phi. . lippe-le-Bel, roi de France , pour des causes di- .

versement rapportées par les historiens des deux

nations, cherchait, par tous les moyens, de forti

fier son parti : il tâchait sur-tout d'y attirer les seigneurs belges, parce que, comme il soupçon

nait que les Français l'attaqueraien dans la Guienne, il se proposait de faire une puissante diversion

dans la Belgique. C'était dans ce dessein qu'il avait

accordé sa fille au duc Jean. Mais le souvenir des maux que l'alliance des Anglais avait causés à la

Flandre et à la Hollande, éloignait le duc de répondre aux vœux d'Edouard. Jean trouva aisément dans son génie fécond en ressources et en subterfuges, des échappatoires pour éluder les propositions du roi, et ménager les deux partis, tantôt secondant les projets d'Edouard, tantôt aidant le parti de Philippe. Edouard éprouva moins de difficultés à gagner Gui, comte de Flandre, en lui promettant son fils Edouard, prince de Galles, pour Philippine, sa fille. Philippe-le-Bel apprit avec autant d'indignation que de défiance, que le comte de

Flandre eut osé projetter ce mariage sans sa par*

ticipation et sans son aveu; et, ayant trouvé le moyen d'attirer le comte a Paris, il le fit arrêter Le comte ne put obtenir son élargissement, quo condition qu'il renoncerait anx traités faits aVoo Edouard, et qu'il laisserait sa fille en otage à Paris. Il fit des instances pressantes et réitérées pour obtenir la liberté de sa fille : il y a avait même emo ployé la médiation du pape Boniface VIII; mao le roi fut sourd à toutes les sollicitations, et l'ino fortunée princesse, éloignée de sa patrie et de *

A

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