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· au mois d'août de l'an 1272 : il autorisa les ma-
gistrats de Louvain à créer de nouveaux impôts,
, à augmenter ou diminuer les anciens , selon leur
volonté, toutes les fois qu'ils le jugeraient avanta-
geux à l'état.
Jean, voulant venger les excès que l'évêque de
Liége avait autrefois commis à Maestricht, se réu-
nit avec Robert, comte d'Artois, pour punir le per-
fide prélat : il vint camper entre Lewes et S.-Trond,
et porter le fer et le feu dans toute la Hesbaie : il
voulait attirer en pleine campagne, l'évêque qui
s'était renfermé avec ses troupes dans S. - Trond ;
mais la nouvelle de la mort de la duchesse Alix,
sa mère , suspendit les hostilités : il dut se retirer
pc 1r venir régler les funérailles de la duchesse.
Un autre événement l'empêcha de poursuivre la
guerre. L'empire, fatigué des horreurs de l'anar-
chie qui le déchirait, se réunit pour choisir un chef
dont la sagesse apportât un remède salutaire à tant
de maux, et toutes les voix se déclarèrent pour Ro-
dolphe , comte de Halsbourg , petit territoire situé
en Suisse , entre Bâle et Zurich. Rodolphe était
arrivé à Aix-la-Chapelle, pour y recevoir la cou-
ronne impériale. Jean s'y rendit pour demander au
nouvel empereur la confirmation de sa dignité, et
lui prêter le serment de fidélité : il remplit ces deux
formalités solennelles ; et cet événement termina la
guerre qu'il avait entreprise contre les Liégeois.
Une cause singulière suscita entre le duc et les
Liégeois un nouveau différend. Un paysan de Jal-
lez avait enlevé dans la seigneurie de Gosnes, au
comté de Namur, une vache, qu'il conduisait à
Andenne, où le duc Jean, le comte de Namur et

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le comte de Luxembourg célébraient des jeux publics. Le bailli du Condroz s'y trouvait.Un habitant de Ciney vint réclamer cette vache auprès du

bailli. Le paysan avoua qu'il l'avait volée, et le

bailli l'engagea à conduire la vache à l'endroit où il l'avait enlevée, en lui promettant la vie ; mais

le bailli, violant indignement sa promesse , y fit .

pendre le paysan. Telle fut l'origine d'une guerre

atroce. Tant il est vrai que les grands événemens .

proviennent quelquefois des plus petites causes. Jean, seigneur de | Gosnes, pour se venger de cet acte attentatoire à sa juridiction , dévaste les campagnes de Ciney : le Bailli rase Jallez. Les deux frères du seigneur de Gosnes, qui étaient le seigneur de Beaufort, et celui de Falais, acc J rus à son secours, portent le fer et le feu dans le Condroz. Les i iégeois réunissént toutes leurs forces

· contre les rois ligués : ils viennent mettre le feuiau1

château de Gosnes, assiégent Beaufort et Falais.Le seigneur de Falais, sentant qu'il ne pourrait résister, recourut à la protection du duc Jean, en lui

faisant hommage de sa terre, et ses deux frères

se mirent sous la protection du comte de Namur.

du château de Falais, portèrent la dévastation dans

les provinces de, Namur, de Luxembourg et de Brabant. Le comte de Luxembourg, qui était ac

couru au secours de celui de Namur , vint piller
et ruiner la ville de Ciney, le 18 avril ; et le duc
alla le lendemain saccager le village de Meffe. .
· Les Liégeois , usant d'une cruelle représaille, por-
tèrent la dévastation dans la partie du Luxembourg
appelée le Rendarche, où ils livrèrent aux flam-

Les Liégeois, forcés par le duc de lever le siége

mes plus de trente villages. Les Namurois, ayant à leur tête le seigneur de Dave, marchèrent contre les Dimantois, qui cependant étaient étrangers à cette guerre. Déjà les Namurois étaient entrés sur le territoire de Dinant. Les Dinantois, commandés par Jacques de Rochefort, leur avoué, marcherent à leur rencontre; mais comme ils virent qu'ils étaient trop faibles pour s'exposer au danger d'un combat, ils reprirent le chemin de Dinant, et ils furent si vivement poursuivis, que le seigneur de Dave, accompagné des plus notables Namurois, entra dans Dinant avec les fuyards. Les Namurois, emportés par une impétuosité aveugle, entrèrent si précipitamment dans la ville, qu'ils ne pensèrent pas à s'assurer des portes. Les bourgeois de Dinant, mieux avisés, abattirent la herse, et les imprudens Namurois se trouvèrent enfermés, au nombre de cent apeu-près, dans la ville, où ils furent tués avec le seigneur de Dave, leur chef Les restes de l'armée namuroise, assaillis des traits et des pierres qu'on leur lançait du haut des remparts, ne gagnèrent qu'avec infiniment de peine la petite ville de Bouvignes, où ils arrivèrent dans le plus grand désordre. Cette misérable guerre, entreprise sans raison et sans justice, pour une cause si chétive et si mince, coûta cependant la vie à quinze mille hommes ! Les princes, auteurs de ces affreux désastres, ne virent qu'avec horreur le spectacle des calamités auxquelles ils avaient livré leurs malheureuses provinces, et ils prirent enfin le parti de terminer ce pitoyable différend, qui au commencement parut une querelle ridicule, et devint à la fin une sanglante tragédie. Ils choisirent donc pour arbitre de leur dif

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férend, le roi de France, Philippe-le-Hardi, quivenait d'épouser Marie, sœur du duc Jean. Ce monarque, après avoir pris connaissance du sujet et des suites de la querelle, jugea très-sagement què l'unique moyen de la terminer était de remettre les choses dans l'état où elles étaient-avant les hostilités. ll imposa donc pour conditions aux parties intéressées, de supporter, sans se plaindre, leurs per- . tes et leurs dommages réciproques, et il eut soin, pour leur honneur, de ne faire aucune mention du sujet de cette guerre : il décida également qu'on regarderait comme non avenus les hommages que le duc de Brabant et le comte de Namur avaient reçus, l'un du seigneur de Falais, et l'autre de ceux de Gosnes et de Beaufort. Ces seigneurs furent donc condamnés à rentrer sous l'obéissance de l'évêque de Liége. Cette sentence arbitrale n'a pas cependant été très-religieusement exécutée, puisque dans les derniers temps, les terres de Beaufort et de Gosnes relevaient de Namur. · · · · · · Cette princesse Marie, sœur du duc Jean, que le roi Philippe-le-Hardi avait épousée, joignait à une beauté touchante, un esprit vif et délicat : elle avait hérité des inclinations et des talens de son père pour la poésie : elle faisait des vers, et aidait de ses conseils et de ses secours ceux qui en faisaient. Les poètes, qui avaient brillé sous le règne de S. Louis, disent les historiens de la poésie française, jouirent encore d'une plus grande considération sous le règnê de Philippe-le-Hardi, par la considération dont les honora Marie de Brabant. . Pierre Labrosse, qui avait commencé par être le barbier, c'est-à- dire , selon l'expression du

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temps, le chirurgien de S. Louis, était parvenu, par ses intrigues, à devenir le chambellan de Philippe, son fils et son successeur : il s'était si adroitement insinué dans les bonnes grâces de ce prince, qu'il le maîtrisait à son gré. La reine, souffrait impatiemment que ce vil scélérat tint si indécemment le roi asservi à ses volontés; elle faisait hautement éclater ses plaintes contre Labrosse, qui, comme tous ses pareils, abusait insolemment d'un pouvoir pour lequel il n'était point fait. Labrosse, qui craignait que la reine ne parvînt à dessiller les yeux du roi, prit le parti de la prévenir. Il employa donc tout l'ascendant qu'il avait sur l'esprit du faible monarque pour perdre la reine : il la peignit comme une ambitieuse marâtre qui cherchait les moyens de se défaire des enfans du premier lit de Philippe, et voulait élever ses propres enfans au trône. Pour donner plus de vraisemblance à ces affreux soupçons, il empoisonna Louis, fils aîné de Philippe , et par la plus exécrable imposture, il chargea la reine de ce crime atroce : le roi , prêtant l'oreille à ces odieuses

insinuations , fit garder étroitement la reine, et

pour découvrir la vérité, il eut recours à l'art des devins. Il y avait dans ce temps à Nivelles une de ces religieuses, connues sous le nom de béguines, qui passait pour une habile devineresse : le roi envoya successivement des députés à Nivelles pour la consulter sur cet abominable mystère. Il dépêcha d'abord Matthieu, abbé de S. - Denis (c'est par erreur qu'on l'a appelé Etienne), auquel Labrosse fit adjoindre Pierre, évêque de Bayeux, cousin de la femme de Labrosse, auteur de son

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