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les principaux étaient les seigneurs champenois. Marguerite, comtesse de Flandre, leva une armée, dont elle confia le commandement à son fils Baudouin. Déjà, depuis deux ans, les assiégés faisaient la plus ferme résistance. L'impératrice avait tant de confiance dans les forces qu'elle venait de réunir, qu'elle adressa au gouverneur du château de Namur, un ordre daté de Binche, le 11 de juin 1258, par lequel elle lui enjoignait de recevoir les troupes de la comtesse de Flandre à leur arrivée. Baudouin, parvenu sur les hauteurs qui dominaient Namur , employa l'espace de quinze jours à reconnaître les environs de la ville, et il se contenta de signer une trève de quinze jours avec le comte de Luxembourg , par laquelle il fut arrêté qu'on ne pourrait introduire ni hommes ni vivres dans le château. Les Champenois, indignés d'être les jouets de Baudouin, refusèrent de servir sous ses ordres, et

· se retirèrent. Les troupes de Marguerite, voyant

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la défection des Champenois, se débandèrent , et Baudouin se retira. Le brave Wesemale, que cette retraite abandonnait à ses propres forces, se défendit cependant avec vigueur : il dédaigna d'accepter les conditions avantageuses que lui offrit le comte de Luxembourg, et il ne céda qu'à la nécessité : il ne capitula que quand le défaut de vivres le mit

dans l'impossibilité de faire une plus longue résis

tance, Les braves soldats de Wesemale éprouvèrent si cruellement les horreurs de la famine, qu'ils

se virent forcés de cuire le sang de leurs chevaux,

dont ils faisaient une espèce de bouillie où de pâté, qu'ils dévoraient au défaut de pain. Le château fut rendu le 2 janvier. Le comte, maître de la ville

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et du château, soumit aisément la province. L'im-
pératrice tâcha d'intéresser le roi de France en sa
faveur. L'empereur Baudouin, plus occupé de re-
conquérir l'empire de Constantinople, que le comté
de Namur, se détermina à vendre ses droits sur ce
comté à la comtesse de Flandre pour une somme
de vingt mille livres parisis.
Depuis la mort du roi Guillaume, l'empire était
partagé entre deux chefs. Une partie des princes
de l'empire, assemblés, le 8 de janvier 1257, à
Francfort, avait choisi Richard, duc de Cornouail-
les, frère du roi d'Angleterre : une autre assem-
blée avait élu , le 8 mars suivant, Alphonse, roi
de Castille. Le duc Henri tenait le parti de ce der-
nier , qui fit de vains efforts et de grandes promes-
ses pour s'assurer l'empire. Richard, qui prodi-
guait des sommes immenses pour acheter l'honneur
d'un vain titre, ayant réuni peu -à-peu tous les
suffrages, fut solennellement proclamé à Aix-la-
Chapelle, Alphonse, qui n'avait pas quitté l'Es-
pagne, étant tombé absolument dans l'oubli.
Le comte Florent, régent de Hollande, ayant
été malheureusement tué à Anvers dans un tour-
noi, laissa également, par sa mort, la Hollande
divisée en deux partis. Les uns voulaient confier
la tutèle du jeune Florent, fils du roi Guillaume,
au comte de Gueldre ; les autres, au duc Henri.
Ce dernier, qui s'était rendu en Hollande, ne
tarda pas à s'apercevoir que son gouvernement ne
plaisait pas au peuple. Il eut donc la prudence
d'abdiquer une dignité qu'il n'avait pas briguée,
plutôt que de donner matière à de nouveaux trou-
bles, et il revint dans le Brabant. Les historiens

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1261..

hollandais disent cependant qu'il fut chassé dé la Hollande. - . .. # - Le duc Henri, qui, dès son avénement à la souveraineté, avait signalé son affection pour les Brabançons par les amples priviléges qu'il leur ac

corda, y mit le sceau par son testament, qu'il fit

deux jours avant sa mort, qui arriva, le 28 février 1261 , à Louvain. Il fut enterré dans l'église

des dominicains , qu'il y avait fondée, et où l'on

voyait encore son tombeau en marbre avant la suppression récente des ordres religieux. · · · · :

- Ce prince manifeste dans son testament des prin

cipes de raison et des sentimens d'humanité non moins louables que ceux que son père avait montrés dans son acte de 1247. Son père s'était bor

né à accorder aux Brabançons le droit d'être ju- , gés par leurs magistrats. Mais Henri III les af- .

franchit des impositions personnelles et des exactions arbitraires auxquelles ils étaient soumis, et il étend ces priviléges à cette classe malheureuse

qui, dans ces temps de barbarie, était comme sé

questrée de la société civile, et dégradée de la qua-
lité d'homme, o ; ... .. | : | : .
· Il y statue que tous les hommes de la terre
de Brabant seront traités généralement par juge-
ment et sentence, et exempts d'impositions extraor-
dinaires, tellement, dit-il, que nous n'en leverons
sur ces hommes, ou n'en ferons lever, que dans
les expéditions militaires pour la défense de notre

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pays, pour la conservation de nos droits, pour la

répression des injures, pour le seryice des empereurs romains ou des rois d'Allemagne, ou quand

nous marierons un de nos fils ou une de nos filles,

ou quand nous créerons un de nos fils chevalier.

· Cette classe qui est désignée, dans cet article, sous la dénomination d'hommes de la terre de Brabant, ne sont pas les nobles, ni les citoyens libres, mais des serfs, des clients , attachés à la glèbe, qui, outre le service militaire, étaient tenus à différentes espèces de services, et auxquels le prince imposait très-souvent, selon son bon plaisir, des contributions extraordinaires. C'étaient ces hommes qui sont ordinairement appelés dans les diplomes, selon le langage du temps, vassali, ministeriales, vassaux. Ces malheureux , qui étaient considérés et traités comme des esclaves, furent donc, par la faveur insigne de cette disposition, réunis à cet égard au rang des nobles et des hommes libres.

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de Henri III : Alix, leur mère, est déclarée leur tutrice : Arnoul, baron de Wesemale, exclu de cette dignité, se révolte : il entraîne les Louvanistes dans son parti. Alix veut frustrer Henri, son aîné, de la succession de son père, en faveur de son cadet Jean : les Louvanistes soy opposent : ils s'arment contre Berthold, seigneur de Malines : ils sont battus. Henri, évéque de Liége, entre dans le Brabant à main armée, pour se venger de ce qu'il était exclu de la tutèle : il assiége Malines et prend Maestricht. Henri cède solennellement la souveraineté de la Basse-Lorraine à son frère Jean, et il est relégué dans un monastère.

L A mort du duc Henri entraîna de grandes contestations. Alix, fille de Hugues, duc de Bourgogne, veuve de Henri, princesse dont la prudence égalait la fermeté, se chargea de l'administration de la Belgique et de la tutele de ses enfans. Henri, landgrave de Thuringe et de Hesse, qui avait épousé Béatrix, sœur du duc défunt, arriva précipitamment de l'Allemagne, et prétendit que c'était à lui, comme plus proche parent, que devait être confiée la tutèle des deux jeunes princes ; mais il en fut exclus par le consentement unanime de tous

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