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forcé de les acheter par des priviléges souvent ex

travagans qui compromettaient, énervaient et prostituaient, pour ainsi dire, son autorité. Il paraît que le duc Henri accompagna Guillaume dans cette expédition : il est certain du moins qu'il l'accompagna dans son entrée triomphante dans la ville, où Guillaume se fit couronner. Les principaux prélats et les seigneurs qui assistèrent à cette cérémonie, furent les archevêques de Cologne, de Trèves et de Mayence; les évêques d'Utrecht et de Liége ; les comtes de Gueldre, de Luxembourg et de Juliers; le duc de Limbourg, et Jean d'Avesnes, qui avait épousé Adélaïde de Hollande, sœur du roi

Guillaume, et à qui, contre la volonté et malgré l'op- .

position de la comtesse Marguerite, sa mère, le comté de Hainaut avait été adjugé par la sentence de

S. Louis, qui avait été choisi pour arbitre des dif

férends qui divisaient les d'Avesnes et les Dampierre, fils de Marguerite, de deux lits différens. Ce point historique doit être développé pour donner plus de clarté à la suite de l'histoire. Marguerite, avant de parvenir à la souveraineté, avait épousé Buchard, seigneur d'Avesnes, dont elle avait eu deux fils, Jean, dont il vient d'être parlé, et Baudouin. Ce mariage fut déclaré illégitime, parce que Buchard avait, dans sa jeunesse, été admis, contre sa vocation cependant , aux ordres sacrés. Marguerite contracta donc un second mariage, du vivant de Buchard , avec Guillaume de Dampierre, seigneur bourguignon, dont elle eut trois fils, Guillaume, Gui et Jean, et les deux fils du premier mariage furent déchus de leurs droits, et privés de leurs biens, comme bâ

tards. Ce différend alluma une inimitié violente entre les deux d'Avesnes et leur mère. S. Louis, choisi pour décider cette grande querelle, avait donné le droit aux d'Avesnes. C'est dans cette circonstance que Jean d'Avesnes se déclara pour le roi Guillaume. Comme ce prince n'était âgé que de vingt ans, il fut résolu de lui donner pour coopérateurs et pour conseillers dans l'administration des affaires belgiques, l'évêque d'Utrecht et le duc Henri. Il fut également ordonné à tous les vassaux de l'empire de prêter au nouvel empereur le serment de fidélité dans le terme d'un an et un jour. Il n'y eut que Marguerite, comtesse de Flandre et de Hainaut, princesse entreprenante, courageuse, inflexible, et Baudouin, comte de Namur, qui refuserent d'obéir à cet ordre. Ce dernier occupait le trône chancelant de Constantinople, qu'il tâchait de soutenir sur le penchant de sa ruine : il refusa constamment, ainsi que la fière Marguerite, d'envoyer un ambassadeur au roi. Ce prince, pour affermir son autorité, tâcha de s'attacher plus étroitement Jean d'Avesnes, qu'il engagea à protester contre la sentence de S. Louis, qui avait adjugé la Flandre aux Dampierre, fils de Marguerite, du second lit, et lui promit de le seconder. Il assembla, le 11 juillet 1252, une diète au camp devant Francfort, à laquelle assista le duc Henri, et dans laquelle Guillaume ôta à Baudouin la souveraineté du comté de Namur, et à Marguerite, celle des pays qui correspondent à la Flandre impériale, ou, pour rapporter les termes de l'acte, la terre d'Alost, la terre voisine de l'Escaut, la terre de /Vaes et la terre des Quatre Métiers, et donna ces provinces à Jean d'Avesnes pour les posséder comme fiefs de l'empire : il n'en eut cependant jamais la jouissance. Marguerite, soutenue par ses propres forces, et appuyée par les secours de la France, commence par lever une puissante armée, et somme fièrement le roi Guillaume, non sans apparence de justice, de venir préalablement lui faire hommage des îles

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de la Zélande, qui relevaient du comté de Flan

dre. Comme le roi s'était refusé à cette formalité, le duc Henri, qui ne désirait que la paix, fit convoquer à Anvers, où se trouvait le roi, un congrès pour y terminer toutes les difficultés. Mais le caractère inflexible et vindicatif de Marguerite ne pouvait se plier à des moyens d'accommodement : elle fit marcher ses deux fils, Gui et Jean de Dampierre, à la tête d'une armée , pour s'emparer de l'ile de Walkeren ; mais à peine eurent-ils débarqué à la petite ville de West - Capelle, qui était alors un port célèbre de cette île, que, s'étant engagés dans des mares et des bancs de sable, ils tombèrent dans une embuscade derrière les dunes de West-Capelle, où les attendait Florent, frère de Guillaume, régent de Hollande, excellent capitaine. Il s'y livra, le 4 juillet, un combat très-sanglant, où les deux frères vaincus tombèrent au pouvoir de Florent, avec Thibaut, comte de Bar ; Godefroid , comte de Guisne, et deux cent trente chevaliers. Les Flamands y perdirent tous leurs vaisseaux et tous leurs bagages. La perte en hommes fut si considérable, que quelques historiens la font monter à plus de trente mille. Déjà, à la première neuvelle du départ de l'armée de Flandre, Guillaume était parti d'Anvers pour se rendre à Walkeren. En arrivant à Armuyden, il rencontra des fuyards flamands, dont il apprit l'éclatante victoire que son frère venait de remporter. Marguerite, en apprenant la défaite et la captivité de ses deux fils, ne devint que plus furieuse et plus opiniâtre : elle envoya incessamment des députés à Charles, comte d'Anjou, frère de S. Louis, pour lui demander du secours, en lui promettant le Hainaut, s'il peut en chasser les d'Avesnes. Charles vole dans le Hainaut, bloque Valenciennes , prend Mons, et se fait proclamer et inaugurer eomte de Hainaut. La prise de la capitale entraîna celles de toutes les villes de la province. La seule ville d'Enghien résista à tous les efforts des Français. Wauthier, seigneur de cette ville, avait si sagement pourvu à la sûreté de la place, en y introduisant de bonnes provisions et de bonnes troupes, que le comte d'Anjou ne put la forcer à se rendre. Cependant le roi Guillaume avait levé dans la Hollande une forte armée, avec laquelle il traversa le Brabant, et vint camper à Assche. Le jour était fixé, où Guillaume , d'un côté, et les Flamands réunis avec les Français, devaient s'assembler dans cet endroit, pour y décider la querelle en bataille rangée. Le comte d'Anjou ne s'y rendit pas : il était retourné au siége de Valenciennes, dont la comtesse Marguerite avait adroitement engagé les bourgeois à lui ouvrir les portes. Marguerite, maitresse de la ville, y fit entrer le comte Charles avec son armée. Le roi Guillaume, qui, après la retraite du comte, était entré dans Enghien, marcha sur Valenciennes : il mit le siége devant cette . place, qui, après une vigoureuse résistance, se ren- , dit enfin au roi. Charles, ayant trouvé le moyen de s'échapper, retourna en France. Le Hainaut, dans ce temps, relevait, en premier lieu , de l'empereur comme chef suprême, et en second lieu, de l'évêque de Liége. Marguerite, qui craignait de ne pouvoir effectuer ses desseins par la force des armes, avait tâché d'engager l'évêque de Liége à ôter cette province à Jean d'Avesnes; mais ses tentatives furent inutiles. L'évêque, qui était Henri de Gueldre, était inviolablement attaché au roi Guillaume. Il publia, au contraire, un diplome par lequel il donnait le Hainaut à Jean , et par un autre diplome le roi confirma cette donation : ces deux diplomes sont datés de Malines 1225. Marguerite, ayant échoué dans tous ses projets, fut forcée de faire la paix, qui fut conclue à Bruxelles en 1254. Un acte du roi Guillaume , daté de cette ville, du 21 mai de cette année, porte que le roi s'engage à donner, de son côté, pour garant de l'accomplissement de ce traité, Henri, évêque de Liége ; Henri, duc de Brabant; Otton, cômte de Gueldre, et Thiéri, comte de Clèves. #l Cependant le pays de Liége était déchiré par une a c§ guerre intestine : l'évêque avait accablé son clergé et 2 » son peuple d'impôts extraordinaires et exorbitans : toutes les villes, irritées de cette oppression, s'étaient révoltées contre l'évêque. Le besoin d'argent le força d'engager au duc Henri, Hougarde, Bavenchien et la moitié de la ville de Malines, qui était soumise à la juridiction de l'église de Liége, pour une somme de treize cents marcs d'argent, et il avait

| 1254. | Id.

Divaeus.

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