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Cette disposition était contraire au traité conclu aue trefois entre le duc Wenceslas et l'empereur Char

· les, par lequel il avait été convenu que la succession de Jeanne passerait à la maison de Luxem

bourg. .

_ " - - - * i. - - 1 4 : Philippe ne tarda pas à se rendre à Bruxelles:

il y proposa, aux états assemblés, de le reconnaî

tre, ainsi que ses enfans, comme légitimes succes · seurs de la duchesse Jeanne, en leur promettant, s'ils accédaient à sa demande, d'annexer à perpé

tuité Anvers et Malines au Brabant. Les états fi.

-rent à cette proposition une réponse évasive, en di ' sant qu'ils ne prendraient point de résolution

cisive sur cet objet, du vivant de la duchesse; qu'a près sa mort, ils reconnaîtraient pour leur prince

légitime, celui à qui les lois du pays adjugeraient la souveraineté. Wenceslas, roi des Romains, frère

de l'empereur Charles IV, duc de Luxembourg, qui était le plus proche héritier du duc Wenceslas, avait de son côté envoyé des députés à Louvain pour engager les états, assemblés dans cette ville, à le reconnaître après la mort de la duchesse, eomme son unique héritier ; mais le duc Philippe ne cessait de presser vivement, auprès des états, la décision de cette importante affaire; et il fut enfin ré

solu qu'Antoine, son second fils, succéderait à Jean

ne, et que Marguerite, mère d'Antoine, posséderait le lBrabant du vivant de la duchesse Jeanne, qui ne se réservait qu'une certaine somme avec quelques droits honorifiques. Marguerite désigna son fils Antoine pour gouverner le Brabant de son vivant, et le posséder après sa mort. Les trois princes qui avaient réglé cet arrangement, survécurent

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•peu à ce grand ouvrage. Philippe mourut à Halle, en Hainaut, en allant de Bruxelles en France, et Jcan, son fils aîné, lui succéda au duché de Bourgogne et au comté de Flandre. Marguerite mourut à Arras, et Jeanne, à Bruxelles, où elle est enterrée dans l'église des Carmes. · L'esprit fatigué des détails souvent trop arides qu'ont présentés les époques précédentes, va sortir enfin de cette espèce de cahos historique pour en| tter dans une carrière qui offrira à nos regards un horizon plus étendu et un champ plus uni. La Belgique va prendre, pour ainsi dire, une nouvelle | attitude. Sous l'influence de la puissante maison de Bourgogne, les mœurs s'adoucissent, l'administra| tion se perfectionne; mais, avant de passer à cette | intéressante époque, j'ai cru qu'il était important | de rassembler et de rapprocher, comme dans des cadres séparés, les remarques particulières sur les objets qui sont l'ame de l'histoire (c'est l'expression § président Hénault), et que je n'aurais pu inséter dans le corps de la narration sans interrompre le fil des événemens.

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| C H A P I T R E X X VI. , ... , , .. ORIGINE des états. Ancienne constitution des Belges,. Constitution des Francs établie dans la Belgique : changemens dans cette constitution sous Clovis.—Assemblée annuelle dite Champ de Mars. — Les grands et les ecclésiastiques dominent dans les assemblées. Pépin ordonne la tenue de deux assemblées par an : Charlemagne conserve cette coutume : l'assemblée ! partagée en deux chambres : cette forme est conser ' vée sous les rois de la seconde race. Gouvernement. féodal. Le peuple tombe dans l'esclavage. La forme des anciennes assemblées est conservée dans les provinces germaniques. Inaugurations des souverains. Cours plénières dans la Flandre. Assemblée des grands : les abbés y interviennent. Inau- . guration des comtes. Election de Guillaume le Nor· mand. — Election de Thiéri d'Alsace.—Intervention et influence des grands et des ecclésiastiques dans les | assemblées du Brabant. - Etats ambulans. Crédit des abbés. Etablissement des communes : op- . positions de la noblesse et du clergé.— Erection de la ville de Vilvorde en commune. Les villes ou communes interviennent toujours aux actes, assemblées et délibérations sur les affaires publiques , quelquefois les nobles, rarement les ecclésiastiques : précis historique de ces actes. Epoque les abbés ont été admis aux états.

Tous les peuples de la terre qui ont eu la liberté de régler leur constitution, ou ont conservé l'autorité en élisant leurs magistrats, ou l'ont confiée à un prince ou à un sénat. Les nations qui se sont ! sont volontairement soumises à un chef, ont cer

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tainement mis des bornes à son pouvoir, puisqu'à mesure que les nations se sont éclairées, elles ont mis de nouveaux freins à l'autorité de leurs premiers maîtres : elles ont établi des assemblées représentatives du peuple, qui , sous le

· nom de diètes, états ou parlemens, contreba

lançaient et partageaient plus ou moins l'autorité du monarque. Telle est l'origine et le berceau des états intermédiaires, qui sont, dans la plupart des provinces de l'Europe, les représentans du peuple. Les écrivains qui ont refusé de reconnaître, dans les siècles reculés , l'existence des états intermé

· diaires, ne se sont trompés que parce que l'ancienne

constitution des états était différente de leur constitution moderne.

| La constitution des Belges, avant qu'ils eussent

subi le joug des Romains, était peu différente de celle des Francs, parce que les uns, comme les au

| tres, étaient d'origine germanique. Le moyen le plus

sûr de se former une idée de leur ancienne consti-
tution nationale est donc d'appliquer aux Francs et
aux Belges ce qui convient aux Germains.
La forme d'administration adoptée par les peu-
ples germaniques est clairement tracée par Tacite.
Ces peuples étaient divisés par tribus, qui avaient
leurs rois ou leurs chefs particuliers, indépendans
les uns des autres. L'autorité de ces rois, circons-
crite dans des bornes très - étroites, n'était ni ab-
solue ni arbitraire. La souveraine puissance rési-
dait dans leurs assemblées nationales, qu'ils tenaient
à des jours réglés, qui étaient ceux de la pleine
lune et de la nouvelle. Les assemblées extraordi-
Tome III. 17

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naires n'étaient convoquées que dans le cas où il sur

remises à la décision des chefs, et les grandes, étaient portées à la connaissance de la nation, qui le sdiscutait et les terminait avec les chefs. C'est dans ces assemblées qu'on accusait et qu'on punissait les criminels, et qu'on choisissait les juges et les centeniers, qui étaient chargés de rendre la justice dans les cantons et dans les bourgs. Tout le peuple assistait aux assemblées, armé. Les prêtres, qui conservaient, même au sein de l'assemblée, leur autorité et leur ascendant, ordonnaient qu'on se tint dans le silence. Le roi ou le chef, tous les membres de l'assemblée , avaient le droit de proposer successivement leur avis selon le rang fixé par l'âge, la noblesse, la valeur ou l'éloquence. L'autorité de la persuasion était plus forte que celle du commandement; s'ils désapprouvaient l'avis, ils le témoignaient par leurs murmures ; s'ils l'approuvaient , ils frappaient leurs javelots. ' Les Francs, qui renversèrent la domination ro maine dans la Belgique, y établirent leur constitu tion, qui était une image ou plutôt une ombre de la constitution primitive des Germains. Cette ancienne forme d'administration fut détruite. Le régime monarchique avait presque éclipsé le gouvernement populaire; cependant, l'autorité royale dans les commencemens de la monarchie des Francs, était très-faible et très-bornée. Clovis même, qui sans doute aurait désiré d'employer l'ascendant que sa qualité de conquérant lui donnait sur ce peuple, pour le dominer et l'asservir, le gouvernait cependant et le conduisait avec la plus grande modéra

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