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» (c'est le tableau qu'en trace le commentateur d'Ou. » degherst ) était à cette époque l'asyle des arts, » du commerce et de l'opulence; mais le libertina» ge y causait d' maux plus funestes que ceux de Meyez. » la guerre. La ličence que le luxe avait introduite » dans la Flandre, était portée à un tel excès, qu'en » moins d'un an, dans la seule ville de Gand et » son territoire, il se commit plus de quatorze cents ' » homicides dans les lieux consacrés aux jeux, à » la débauche et à l'ivrognerie. Les plaisirs et le » luxe régnaient à la cour du comte. Les jeux, les » spectacles, les tournois et les fêtes de toute es» pèce avaient deux fois épuisé son trésor ; et le » comte avait remplacé par des impôts inconnus » les dépenses qu'entraînait ce luxe extravagant. » Telle fut l'origine d'une nouvelle guerre civile. . Les Gantois ayant refusé de consentir à une nouvelle imposition que demandait le comte Louis, il s'adressa aux Brugeois : ces derniers, qui depuis long-temps cherchaient les moyens de se procurer des eaux douces, achetèrent du prince la permission de creuser un canal qui, depuis Deinze, conduisît sous les murs de leur ville les eaux de la Lys. ondegh., Les Gantois, qui prétendaient que ce canal poribid. terait un grand préjudice à leur commerce, intimèrent une défense aux pionniers de Bruges de continuer les travaux ; mais cette défense ne fut point respectée. Les Gantois irrités , envoyèrent sur les lieux une bande de gens armés de bâtons pour chasser ces pionniers, et ils en assommèrent un grand nombre. Cette multitude effrénée se répandit comme un torrent dans le pays, prit Audenarde, brûla Termonde et menaçait Bruges , mais les habitans

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de cette ville, étant venus à la rencontre de ces fu

, rieux, les poussèrent si brusquement, qu'après en

| avoir tué un grand nombre, ils les forcèrent à une

fuite honteuse. Cette défaite fut suivie d'un accommodement que ménagea le duc Philippe de Bour

| gogne, gendre du comte Louis, qui était venu dans 2

la Flandre à cet effet.
Les Gantois cherchèrent un prétexte pour laver
la honte de leur défaite : ils prétendirent donc que

| les Brugeois avaient fait un outrage à leurs tisse

, rands, et ils se portèrent en grande force sur Dixmu| de, qu'ils assiégèrent. Le comte, profondément irrité,

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: s'étant réuni aux habitans de la ville et du Franc de |.

Bruges, vint en grande diligence vers Dixmude,
oùil battit cruellement les rebelles, qui, après avoir
exercé plusieurs brigandages et essuyé plusieurs dé-
faites, obtinrent un nouveau pardon.
Cette paix ne dura que quinze jours. Les rebel-

: les, alléguant que le comte, n'ayant accordé cet- q y

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: te amnistie que par force , ne cherchait que l'oc

: casion de la violer , réunirent toutes leurs forces : et renouvelèrent tous leurs brigandages dans le pays. | La malheureuse Flandre était impitoyablement ra: vagée, d'un côté par les rebelles, et de l'autre par le | comte, qui, après avoir fait un grand carnage de · ceux qu'il rencontra près de Nevelle , brûla tout

le pays de Waes avec les Quatre Métiers. La dé

| solation était d'autant plus grande, qu'on ne voyait

plus de moyen ni d'espoir d'accommodement, parce que le comte, pour la sûreté du traité à conclure, exigeait hautement des otages, et que les Gantois les refusaient ouvertement; cependant, le duc Albert de Bavière, régent de Hainaut, fit tous ses

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Oudegh. ibid. »

|

efforts pour engager du moins le comte et les rebelles à cesser toutes les hostilités en attendant un arrangement définitif Le comte consentit donc à se retirer à Bruges, et les rebelles à Gand.

Mais les obstinés Gantois, au lieu de se prêter |

aux moyens de rétablir la paix et la tranquillité dans leur pays , ne s'attachèrent qu'à y renouveler le trouble et le désordre ; ils nommèrent à cet effet,

|

pour leur capitaine, Philippe Artevelde , fils de

Jacques, qui avait joué un rôle si important dans les guerres précédentes. Ce Philippe, que la reine d'Angleterre, épouse d'Edouard III, avait tenu sur les fonds de baptême, avait toute l'ambition et toute la malice de son père; mais il n'avait ni son habileté , ni son énergie. Les Gantois lui confièrent cependant le gouvernement de leur ville, avec le pouvoir absolu de conduire la guerre selon sa conscience et son bon plaisir. L'hypocrite Philippe, affectant une modération étudiée, commença par re

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fuser cetre charge, en rappelant l'exemple de son

père, qui avait fait une si triste expérience de l'inconstante faveur du peuple : il voulait avoir l'air de céder aux instances des Gantois, et il finit par accepter le gouvernement, comme par force : il y signala son entrée par le massacre des hommes les plus notables et les plus vertueux de la ville, de deux échevins entr'autres, et de plusieurs officiers, qu'il fit indignement assommer et déchirer par la populace ; mais son but principal était de surprendre le comte Louis, qui était toujours à Bruges, et il imagina, pour réaliser ce projet, un singulier stratagême : il choisit et il assembla deux mille de ses partisans les plus déterminés , et il leur ordonna

d'entrer dans Bruges par des portes différentes avec des armes sous leurs habits : il fixa, pour l'exécution de ce projet, le troisième jour de mai, qui était consacré à une procession annuelle dans laquelle on portait le Saint-Sang dans toute la ville , et il espérait que le peuple, uniquement occupé de la solennité de cette cérémonie , ne prendrait pas attention à l'arrivée des satellites d'Artevelde. Ces sicaires, étant en effet entrés dans la ville sans résistance et sans embarras, se rendirent, selon l'ordre que Philippe leur en avait donné, sur le GrandMarché, où, étant réunis, ils crièrent avec le ton le plus effroyable, à l'arme ! Le comte Louis, accouru à ce bruit avec un petit nombre de ses gens, fut forcé de se sauver et de se retirer dans sa maison, où il fut si vivement poursuivi par les Flamands, qu'il dut en sortir par une fenêtre de derrière; et il n'eut point d'autre ressource que de se jeter dans la maison d'une pauvre femme, qui, l'ayant reconnu, l'engagea à se cacher dans le lit de ses enfans ; mais les satellites, envoyés à sa poursuite, entrèrent presque au même instant dans cette chaumière, dont ils visitèrent soigneusement tous les recoins; cepen, dant, il eut le bonheur d'échapper à leur recherche, et il dut son salut à la ruse généreuse de cette bonne femme : il resta tout le jour dans ce réduit, attendant le moment favorable pour sortir de la Ville à l'aide des ombres de la nuit et des secours de la pauvre femme. Le comte, échappé par cet heureux tour aux mains de ses ennemis, se rendit à l'Ecluse; mais les Gantois, au bruit de cette nouvelle, criant, dans leur aveugle emportement, que les Brugeois étaient la

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cause de la fuite du comte, se jetèrent comme des furieux dans Bruges, dont ils pillèrent, sous ce prétexte, les maisons les plus riches. La populace Meyer ad de Bruges se joignit à celle de Gand. L'artificieux " o Artevelde, qui voulait ménager les nations voisines, défendit très-rigoureusement de piller les maisons des marchands étrangers. Les valets des négocians hollandais et allemands, brabançons et liégeois, furent entraînés par la populace de Gand et de Bruges, et le pillage, le tumulte et le désordre devinrent universels. Les hommes combattaient pour sauver leur vie et leurs propriétés, et les femmes résistaient pour défendre leur honneur. Artevelde fit publier avec un appareil menaçant, que · tous ceux qui voudraient prêter le serment de fidélité aux Gantois, eussent à se rendre dans un lieu, qu'il indiquait, au voisinage de la ville. La terreur força le plus grand nombre à obéir à cet ordre ef. frayant; et les malheureux qui restèrent dans la ville, furent cruellement immolés par le lieutenant ! d'Artevelde. Le nombre de ceux qui périrent dans cette affreuse proscription, monte à neuf mille, en y comprenant ceux qui furent tués dans la défaite que le comte essuya avant son évasion. 1382, Cependant , le comte Louis s'était rendu à Paris #o , auprès du roi Charles VI, dont l'éducation (il n'a- vait que douze ans) était confiée au duc de Bourgogne. Ce seigneur, qui avait épousé l'héritière du comté de Flandre, ayant conséquemment un intérêt personnel dans cette guerre, détermina aisément le conseil du roi à prendre la défense du comte, son vassal, qu'il était tenu de protéger : il se rendit donc avec le roi dans la Flandre, à la tête d'une

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