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quête ou par désir d'agrandissement, mais qu'il y avait été forcé par la nécessité urgente de soutenu ses droits et de défendre ses propres domaines contre un ennemi parjure; que cependant lorsque, par les sollicitations et les instances du roi de Bohême et des autres princes, il avait été prêt à poser les armes, il s'était vu indignement joué par les tergiversations et les lenteurs affectées du roi de Bohême; que, plus récemment, la conduite et les prétentions intolérables que ce roi avait déployées au congrès de Nivelles, avaient évidemment manifesté au duc la haine que le roi lui portait dans son cœur ; haine d'autant plus profonde, d'autant plus envenimée, qu'elle avait été plus sourde et plus étouffée : ils finissaient par supplier le roi de laisser au duc le soin de poursuivre une guerre qu'il avait presque terminée. Philippe, qui avait senti la force de ces raisons, avait promis de ne fournir aucun secours aux ennemis du duc; mais ce monarque, qui était naturellement enclin à la hauteur et sensible aux refus, conservait dans son cœur un ressentiment secret, qu'il eut bientôt l'occasion de faire éclater. Robert, comte d'Artois, petit-fils de celui qui avait été tué à la bataille de Courtrai, avait, comme héritier légitime de Philippe, son père, formé des prétentions sur le comté d'Artois, contre Mahaut, sa tante, qui, par deux arrêts solennels ; l'un, rendu en 15o2, par Philippe-le-Bel; l'autre, en 1518, par Philippe le Long, avait été confirmée dans la possession de ce comté. Robert, sous le règne de Philippe de Valois, dont il avait épousé la sœur, revint, en 1529, contre les jugemens portés en faveur

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de Mahaut, sous prétexte de nouveaux titres qu'il représentait. Mahaut contesta la vérité de ces titres. Une mort subite, qu'on attribua au poison, l'empêcha de poursuivre ce fameux procès; mais Jeanne, duchesse de Bourgogne, sa petite-fille, prouva que ces mêmes titres avaient été fabriqués par une fille de Béthune, nommée Divion, qui, ayant en effet avoué au roi toutes ses manœuvres, fut condamnée au feu. Robert fut ajourné quatre fois par des chevaliers et des conseillers, suivant l'usage du temps; et comme il n'avait point comparu, le roi, dans son lit de justice, tenu au Louvre, en 1551 , prononça contre Robert un arrêt de bannissement. Robert se réfugia à la cour de Jean, comte de Namur, son neveu, d'où il se rendit à celle du duc Jean, qui le reçut à Louvain, avec toutes les marques d'honneur les plus distinguées. Philippe de Valois envoya des ordres précis au duc, de lui livrer Robert ou de le chasser de ses états.Jean, qui n'était soumis au roi de France , ni comme vassal , ni comme bénéficiaire, refusa d'obtempérer à cet ordre. Philippe indigné, parvint, tant par son or que par les intrigues du roi de Bohême, à soulever, contre le duc, les plus puissans des princes voisins. Adolphe, évêque de Liége; Waleram, | archevêque de Cologne; Baudouin, archevêque de Trèves ; Jean de Hainaut, seigneur de Beaumont ;

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Renaud, comte de Gueldre et de Zutphen ; Gé

rard, comte de Juliers ; Jean , comte de Namur ; Louis, comte de Loz et de Chiny ; Edouard, duc de Bar ; Thiéri, comte de Clèves, et Jean , roi de -Bohême, qui était l'ame de cette ligue terrible, · déclarent, en même temps, la guerre au duc Jean.

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Tous ces princes alléguaient des prétextes différens:
le duc de Bar alléguait l'offense que le duc Jean
avait faite à son roi ; les autres, lès usurpations
qu'il avait faites sur leurs droits ou leurs posses-
sions; mais le vrai motif qui les faisait agir était le
désir et l'espoir de profiter des dépouilles du duc
Jean , dont ils regardaient déjà la perte comme as-
surée. - · · ·
Toutes ces forces réunies , auxquelles Raoul,
comte d'Eu, connétable de France, joignit un corps
de troupes françaises, s'assemblèrent à Fexhe, à deux
lieues de Iiége, où les chefs tinrent un conseil, dont
le résultat fut qu'elles se partageraient en trois corps,
pour pénétrer dans le Brabant par trois endroits
différens : ils vinrent, dans ce dessein, se poster à
Saint - Trond. Le duc, sans secours, sans appui,
ne trouva de ressources que dans la fermeté de son
courage et dans l'attachement de ses peuples : il le-
va une puissante armée, fortifia la ville de Léau, et
vint camper au village d'Heylissem , situé sur les
confins de la Hesbaie, pour engager les ennemis
à l'attaquer. -
Le comte de Hainaut, qui avait constamment
refusé d'entrer dans la ligue, employa tous ses ef-
forts pour engager les deux partis à la paix : il se
fit donc transporter dans sa litière ( car il était char-
gé d'années et d'infirmités ), au camp du duc Jean,
qu'il trouva disposé à la paix; mais il rencontra
plus d'opposition dans les confédérés, que leur nom-
bre rendait plus fiers et plus opiniâtres. Le comte
retourna donc au camp du duc, pour lui remontrer

· que le moyen le plus sûr d'amener les ennemis à

un accommodement, était de les déconcerter par

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DE LA B E L G I QU E. 157 une contenance ferme et une résistance vigoureuse.

Les alliés, après le départ du comte de Hain ut, fondirent sur le Wallon-Brabant, où ils portèrent

le ravage et la dévastation : ils entrèrent , le I." d'a»

| vril, dans la ville d'Hannut, qu'ils livrèrent aux

flammes avec quelques villages des environs. Le
duc, suivant le conseil du comte de Hainaut , mar-
cha à la suite des alliés, et les fit sommer de met-
tre fin aux massacres et aux incendies, et de fixer
le temps et le lieu qu'ils désireraient, pour termi-
ner leur différend, en ennemis généreux, selon les
lois de la guerre ; mais les ennemis, dignes plutôt
du nom de brigands , que de soldats, refuserent
de combattre, et continuèrent à exercer leurs rava-
ges dans tous les lieux que le duc ne pouvait ga-
rantir.
Le comte de Hainaut, s'étant fait derechef trans-
porter aux deux armées, parvint, par ses sollici-
tations et ses remontrances, à engager les deux par-
tis à conclure une trève de six semaines , à com-
mencer du 12 de mai. Tout ce temps fut employé
à négocier la paix entre le roi et le duc. Le comte
de Hainaut avait même envoyé à Paris, son épou-
se, Jeanne de Valois, sœur du roi, pour engager
ce monarque à consentir à un accommodement avec
le duc Jean. -
Cependant Robert, comte d'Artois , avait, de
son propre mouvement, abandonné la Belgique,
d'où il s'était rendu cn Angleterre, déguisé en mar-
chand. Son départ appaisa le roi Philippe. Ce prin-
ce, naturellement généreux, avait d'ailleurs été aussi
touché de la fermeté et de la valeur du duc Jean,
qui, sans secours et sans appui, avait su résister

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à tous ses ennemis, qu'il avait été indigné de la làcheté des alliés, qui, avec tant de forces et tant de ressources , n'avaient osé tenter aucune opération réglée. Cette considération décida le roi à proposer une entrevue au duc, qui se rendit, accompagné des évêques de Sens et de Térouanne, à Compiègne, où Philippe vint le recevoir avec le roi de Navarre et le duc de Berri, et le conduisit à Paris : ils y conclurent une paix et une alliance, dont les principales conditions furent, que Marie, fille du roi, épouserait Jean , fils du duc; que le roi ne donnerait plus de secours aux alliés ; qu'au contraire, il tâcherait, par sa médiation et par son argent, de les engager à la paix; mais ils étaient tel

· lement acharnés, qu'il ne put que les résoudre à

conclure une trève, qu'ils étaient bien disposés à rompre au premier moment favorable. L'occasion s'en présenta dès l'année suivante.

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