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gnit aux instances du comte Jean, ses ardentes priè-
res, et elles furent également rejetées. Le duc mc-
naça , et il fut enfin écouté : il obtint qu'on signe-
rait une trève de deux ans, pendant laquelle on dis-
cuterait les griefs réciproques. -
Le comte Jean, religieux observateur du traité,
défendit aux habitans de Bouvignes, sous les pei-
nes les plus sévères, de commettre le moindre acte
qui pût donner aux Liégeois le moindre sujet de
mécontentement ou même le moindre prétexte de .
plainte; mais les Dinantois, que le désir de la ven-
geance avait rendu sourds aux principes de l'hon-
neur, ne cessaient de harceler, d'inquiéter , de pr0-
voquer les Bouvignois par toutes les espèces de voies
de fait, pour les forcer à prendre les armes : voyant
enfin que toutes ces tentatives ne pouvaient enga-
ger ce peuple à rompre la foi de ses engagemens et
à braver les ordres de son prince, ils conçurent le

hardi projet d'élever sur la montagne qui domine

Bouvignes, une tour qu'ils appelerent Montorgueil,
d'où ils jetaient des brandons de feu sur les maisons,
et des débris de rochers sur les habitans qui pas-
saient dans les rues.
Cette insulte était une violation d'autant plus ma-
nifèste de la trève, que la tour avait été bâtie sur
le territoire de Namur. Le comte Jean crut donc
qu'il ne devait plus respecter un traité, que les Di-
nantois avaient si audacieusement enfreint, et il en-
voya des troupes pour attaquer la fameuse tour,
et la ruiner. -
L'évêque de Liége, Adolphe de la Marck, o
bliant la dignité de son caractère et les devoirs de
son ministère, n'eut point de honte de venir lui-

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même sur les lieux avec les comtes de Berg et de la Marck, pour donner la main aux Dinantois, afin de les engager et de les aider à faire le siége de Bouvignes , que le fougueux prélat avait juré de détruire : il s'était fait accompagner par un chanoine de Liége C son nom est Henri de Pétershem), digne en effet d'être associé aux projets et à la gloire de son évêque. Ce prêtre avait inventé ou plutôt perfectionné une machine, à laquelle les écrivains du temps donnent le nom de chat , qui cependant,

comme l'observe le père Demarne, était connue bien

avant ce temps. Les assiégeans, aidés par le génie
infernal du chanoine de Liége, étaient parvenus,
en frappant les murs avec cette terrible machine,
à pratiquer une large brèche , où l'on décida de
donnèr l'assaut. Toute la nuit fut employée à en
faire les préparatifs et les dispositions ; mais les bra-
ves bourgeois de Bouvignes, qui avaient sagement
prévu les intentions des assiégeans, avaient avisé
aux moyens de les empêcher d'en obtenir les effets.
Dès la pointe du jour, c'est-à-dire, au moment où
les Liégeois se disposaient à donner l'attaque, ils
virent, à leur grand étonnement et à leur grande
honte, que la brèche était si solidement réparée,
qu'il eût été très-dangereux de risquer l'assaut. L'é-
vêque fut si déconcerté de ce revers inattendu, qu'il
prit brusquement le parti de lever le siége, avec le
regret et la honte d'avoir vu, après quarante jours
de siége, échouer toutes ses forces ( car tous les
Liégeois armés étaient dans les environs de Dinant),
devant la petite ville de Bouvignes.
Il eut d'autant plus de chagrin d'avoir si subite-
ment abandonné le siége, qu'à peine éloigné de deux

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lieues de Bouvignes, il apprit que le comte de Na | mur avait été défait le jour même de la levée du siége, par cinq cents hommes au plus, au combat $ de Burdinne, dans la Hesbaie, où le comte, qui avait senti que ses forces n'étaient pas suffisantes . pour opérer la levée du siége, avait dirigé sa marche pour tâcher, par cette diversion, de forcer les Liégeois à renoncer à leur entreprise. - , Mais le comte fut en quelque sorte dédommagé | de ce revers en apprenant la retraite des Liégeoisi il comprit en effet qu'un ennemi qui se déconcertait si facilement, ne devait pas inspirer tant de crainte : il avait, d'un autre côté, négocié très-ha bilement une alliance avec le comte de Luxem bourg, qui lui fournit des secours puissans, avecles quels il fut en état de pousser la † avec tant · d'avantage qu'il reprit l'offensive, et il s'avança si rapidement dans le pays de Liége, qu'il parut, au grand étonnement des Liégeois, devant les murs de leur capitale, d'où il revint sur Ciney, qu'il ne put cependant emporter. Les habitans firent leurs pré paratifs de défense avec tant de diligence, qu'ils Ib., p.178. forcèrent l'armée du comte à se retirer. La poursuite fut même si vive, que le comte lui - même, ayant été renversé de son cheval, n'échappa à la mort que par le généreux dévouement d'un de ses chevaliers qui sacrifia sa vie pour sauver son prince | Les Dinantois, de leur côté, étaient venus former le siége de Poilvache, sorteresse située à trois lieues de Namur, et à deux lieues de Dinant, sur un ro- . cher très-élevé, au bord de la Meuse. Ce château, Gramaye, qui, comme l'assure Gramaye, fut bâti par les Bo- . †" ' P hémiens, est en effet appelé par les anciens, castrum ,

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# Bohemorum. Conrad I." , qui avait épousé Clé-
| mence, fille de Henri III, est, selon l'opinion com-
mune, le premier comte de Luxembourg qui ait
possédé cette forteresse qui vintau pouvoir de Henri-
l'Aveugle, comte de Luxembourg et de Namur ;
mais après la mort de ce prince, quand les comtés
· de Luxembourg et de Namur furent partagés en-
· tre le comte de Bar et le comte de Flandre, la ques-
tion de savoir à laquelle des deux maisons appar-
tiendrait cette forteresse, occasionna des difficultés
et des disputes , et les prétendans convinrent à la
·fin qu'elle resterait aux comtes de Luxembourg, à
condition qu'ils en feraient hommage à celui de
Namur. Ce domaine fut donné comme un apa-
nage à Waleran, second fils de Waleran, duc de
, Luxembourg, avec le titre de comté.
. Les Dinantois emportèrent ce château, après un
| siége très-court. Les habitans de Hui faisaient de
, leur côté des courses et des dégâts sur les rives de
, la Mehaigne, où ils livrèrent aux flammes le vil-
lage de Waseigges. Ces succès, ou plutôt ces excès, 1322s
engagèrent les deux partis à mettre un terme à ces
· calamités, par une paix dont les conditions ne sont
· point connues. -
La Flandre ne fut pas exempte des troubles qui
· avaient désolé les provinces de Brabant et de Na-
· mur. Louis de Nevers, dit de Crécy (parce qu'il
fut tué à la bataille de Crécy), fils de Louis de
· Nevers et de Réthel , avait succédé dans le comté
- de Flandre à son aïeul, Robert de Béthune. Il s'était oudeghcrst.
élevé à ce sujet un violent démêlé. Robert de Cassel, o o
second fils de Robert de Béthune, prétendait que
, cette succession lui appartenait, et Matthieu , duc

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de Lorraine, qui avait épousé Mathilde, seconde

fille de Robert de Béthune, y réclamait égalem#t son droit. Louis s'appuyait d'un accord de 1316, par lequel il avait été expressément conditionné que, dans le cas où Louis de Nevers, père de Louis de Nevers et de Crécy, mourût avant Robert de Béthune, son père, comme il arriva en effet, la Flandre appartiendrait à Louis de Cré

, cy. Cet accord avait été confirmé par le contrat

de mariage de ce dernier ; mais ces dispositions étaient contraires à la coutume de France, qui porte que la représentation ne peut avoir lieu; et les prétendans étant fils et fille de Robert de

| Béthune, fondaient leurs droits sur la proximité du :

degré, et sur la loi du pays. Le roi de France, Charles-le-Bel, évoqua l'affaire à sa cour, quiadjugea la Flandre à Louis de Crécy, au détriment

· de Robert de Cassel, son oncle, qui eut pour son

partage les villes de Warneton, Dunkerque et Bour- . bourg , que la maison de S. - Pol posseda après Robert. * - | . Le comte Jean de Namur , qui jouissait d'un très-grand crédit à la cour de France, avait employé toute son influence pour en obtenir une décision favorable à Louis de Crécy, son petit neveu ; et ce prince, pour lui en témoigner sa fe

· connaissance, lui donna la seigneurie de l'Eau,

c'est-à-dire , du port de l'Ecluse. Les habitans de

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Bruges, qui regardèrent avec raison cette donation

comme très-préjudiciable à leur commerce, adressèrent à ce sujet de si pressantes représentations au comte de Flandre, qu'ils le forcèrent à écrire

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