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TRovEzEs et révoltes dans la province de IVa

mur. Guerre entre les habitans de Bouvi- gnes et de Dinant. Troubles et révoltes dans la Flandre.

Le rorr d'insurrection, qui avait infecté les différentes villes du Brabant, avait pénétré dans la province de Namur. Le comte Jean, que l'empereur Henri VII avait nommé pour négocier un traité d'alliance avec le roi Philippe-le-Bel, était absent de ses états. La comtesse avait exigé de nouveaux impôts des habitans de Namur, qui en avaient été si vivement irrités, qu'ils avaient forcé la comtesse à se renfermer avec ses enfans dans le château , où ils la tenaient assiégée : ils disaient même hautement qu'ils lui réservaient et qu'ils lui préparaient le sort de l'impératrice Marie, qu'ils avaient chassée de la ville dans les troubles de 1256. Le comte, instruit de ces excès, éprouva un embarras d'autant plus pénible, qu'il était en ce moment dans une détresse ·absolue, sans troupes, sans alliés , sans ressources : il prit cependant le parti de réclamer le secours des habitans de Hui, avec lesquels il avait constamment gardé une étroite intelligence; mais les habitans de cette ville, croyant probablement qu'ils avaient plus à craindre des rebelles, qu'ils n'avaient à espérer : du comte, refusèrent non - seulement de lui prêter leurs bras, mais encore leurs instrumens, qu'il avait demandés pour former le siége de Namur.

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Le comte Arnoul de Loz montra plus-de générosité : il fournit au comte Jean et des troupes et des machines et des munitions, et les lui amena lui - même. Le comte, aidé de ce puissant renfort, vint investir sa capitale. L'ardeur des soldats secondait avantageusement l'indignation du comte. Les Namurois, qui se fiaient sur leurs forces, se disposaient tranquillement à soutenir le siége; mais ils virent le moment où ils allaient être les victimes de leur imprudente sécurité. Une troupe de soldats de l'armée du comte, s'en étant secrètement détachée, s'avança ou plutôt se glissa aux pieds des remparts. Leur marche et leur manœuvre furent dirigées et combinées avec tant d'adresse et de célérité, qu'avant que les Namurois, et avant même que le comte eussent eu le temps de s'en aperce- : voir, ils avaient déjà présenté l'escalade du côté de S. - Aubain. Déjà, les plus déterminés avaient gagné le haut des murs, quand des bourgeois, que le hasard avait amenés dans cet endroit , découvrirent heureusement cet hardi stratagême et chargèrent vigoureusement ces téméraires agresseurs. Les cris des combattans répandirent l'alarme, et le son du tocsin attira les bourgeois dans ce quartier. Les Namurois réunis, repoussèrent les assaillans avec de tels efforts, qu'ils les précipitèrent dans le fossé. .

Les deux comtes apprirent par ce revers qu'il ne fallait pas mépriser un ennemi qui savait se défendre avec tant de bravoure, et ils comprirent qu'il importait d'apporter plus de précautions dans leurs entreprises : ils formèrent donc un plan d'attaque dans les règles, et pressèrent le siége avec tant de vigueur , que les Namurois se virent réduits à la cruelle nécessité de prendre le parti de la soumission. Le comte Jean traita les rebelles avec plus de ménagement qu'ils n'auraient pu l'espérer, et il se contenta de punir les chefs par des amendes et des pélerinages, selon l'usage du temps : il accorda le pardon aux bourgeois, et il promit d'oublier le passé. La taxe à laquelle le corps de ville fut porté dans les amendes, monta à une somme de huit mille livres, et les indemnités auxquelles les particuliers furent condamnés, formèrent une masse non moins considérable. Le comte Jean commençait seulement à jouir de la tranquillité qu'il avait su rétablir dans ses états par une conduite tempérée, selon les circonstances, · par la fermeté et la modération, quand une vieille rivalité qui divisait deux petites villes voisines, Bou

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vignes, au comté de Namur, et Dinant, au pays de

Liége, occasionna une guerre cruelle dans les deux provinces. Cette antipathie, qui avait pour cause une jalousie de commerce , avait déjà occasionné de fâcheux débats, dans le temps du comte Gui, pour une assez modique somme que ceux de Bouvignes réclamaient de ceux de Dinant. Les Dinantois, fiers de leur nombre et de leurs richesses, n'avaient répondu à leurs voisins que par des procédés, pour ainsi dire, insultans, qui avaient exaspéré la haine des Bouvignois. Cette animosité réciproque en était venue à ce point, où l'on ne cherche qu'à se provoquer sans raison et à se nuire sans ménagement. Les deux villes rivales ne cherchaient plus en effet que l'occasion d'exercer leur ressentiment. Les Dinantois saisirent un jour où la plus grande partie des habitans de Bouvignes était sortie de la ville.

1317..

Ibid., p.172.

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Les malheureux qui y étaient restés, n'ayant conçu aucune défiance, n'avaient pris aucune précaution. Les Dinantois, qui s'en étaient assurés, vinrent se jeter sur les faubourgs, où ils pillèrent et massacrèrent tout ce qui s'offrit à leur rapacité et à leur fureur. Le comte de Namur, indigné de l'atroce perfidie dont ses sujets avaient été la victime, prit cependant le parti de dissimuler son ressentiment pour cacher plus adroitement ses vues, et conduire plus sûrement ses projets : il craignait, en prenant une part active dans cette querelle, d'irriter les Liégeois auxquels il était incapable de résister : il se contenta donc d'envoyer secrètement à Bouvignes, de temps en temps, un petit nombre d'home mes de guerre, qui à la fin formèrent un secours assez puissant pour aider les habitans de Bouvignes à rendre à leurs ennemis les coups qu'ils en avaient reçus. - | : . Le comte attendait dans le silence etl'impatience l'issue de cette querelle, à laquelle il feignait de ne prendre aucun intérêt et même de ne faire aucune attention. Ceux de Bouvignes ne tardèrent pas de tenter un coup décisif : ils sortirent de leur ville, et ils dirigèrent leur marche sur Hastier, où ils se partagèrent en deux corps : une partie se cacha et s'embusqua, et l'autre s'avança et se montra du côté

de Dinant, comme dans le dessein de braver et de défier leurs ennemis. Les Dinantois, qui regardèrent

ce mouvement comme un défi, marchèrent à l'en

droit où ils avaient vu ceux de Bouvignes. Dès que

ces derniers eurent aperçu la tête des ennemis, ils

se replièrent avec vivacité sur le petit bois où l'au

tre corps était caché. Les Dinantois, prenant la mar

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" c He précipitée des Bouvignois pour une fuite, ne
o gardèrent plus d'ordre ni de rang, et vinrent se je-
E ter avec impétuosité dans le bois, où ils espéraient
s d'atteindre les ennemis dont ils croyaient déjà ia dé-
e faite assurée. Ceux-ci, voyant leurs ennemis enga-
# gés dans le bois où ils les attendaient, se retournent
# et se préparent au combat. Les Dinantois, attaqués
# en faee par les uns, pris en flanc et en derrière par
# les autres, c'est-à-dire, par ceux qui étaient en em-
#: busgade, furent impitoyablement massacrés : les pri-
si soríniers même, qui avaient été d'abord épargnés,
# furent également immolés à la rage des vainqueurs.
# Les Liégeois, ayant appris la nouvelle de cette
# affreuse déconfiture, ne prirent pas la peine de con-
u sidérer que le premier tort provenait du côté des
Dinantois ; que l'action de ceux de Bouvignes n'é-
# tait qu'une représaille que les lois de la guerre pou-
vaient justifier : ils ne virent que le fait sans exa-
miner le droit, et, dans une de ces assemblées tu-
2multueuses où la justice et la raison n'ont pas le
, droit ni le moyen d'élever la voix, le peuple fu-
à rieux, ne suivant que sa fougue aveugle et son gros-
v sier instinct, résolut à grands cris de faire la guerre
# au comte de Namur. -
# Cette brusque résolution ( c'est la juste expres-
dit sion du père Demarne) fut promptement suivie des
re effets. Les Liégeois, ne respirant que vengeance
# et carnage, se répandirent dans la partie du comté
il de Namur, voisine du Condroz et de la Hesbaie,
# où ils livrèrent tout au fer et au feu. Le comte Jean
# fit les plus vives et les plus justes représentations ;
| Hmais on fut sourd à sa voix et insensible à ses do-
@ léances. Le duc de Brabant ( c'était Jean III), joi-

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