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l'auteur, que ceux décrits par Robin et constituant la lésion essentielle du muguet.

En ce qui regarde les villosités intestinales, l'auteur dit que la Commission anglaise attribue à leur destruction l'épuisement rapide, le défaut d'action du cœur, la dépression de la chaleur animale et la diminution rapide des forces; alors même que les animaux seraient capables de se nourrir, l'état des villosités est tel qu'elles ne sauraient absorber la matière alibile.

A part les muqueuses nasale, laryngée et bronchique, qui sont plus ou moins injectées et le siège d'une sécrétion mucopurulente exagérée, on ne remarque rien aux poumons, si ce n'est parfois un état ædémateux dù à la pénétration de l'air dans le tissu interlobulaire si abondant chez la vache.

Les appareils génito-urinaire et circulatoire n'offrent rien de remarquable, du moins au début de la maladie; plus tard les vaisseaux capillaires se distendent à tel point, selon Beale, que leurs parois sont presque en contact.

Les lymphatiques sont inaltérés, parfois on rencontre de l'hypérémie et l'augmentation de volume des ganglions mésentériques et bronchiques, mais ils ne renferment pas, dit l'auteur, le dépôt anormal qu'on trouve chez l'homme atteint de fièvre entérique.

Système nerveux inaltéré; exceptionnellement, on remarque ça et là quelques traces d'injection ou d'ecchymose.

Peau. MM. Sanderson et Murchison, qui se sont occupés des altérations cutanées, surtout remarquées en Angleterre dans la dernière épizootie, ne sont point d'accord; l'un les distingue en incrustations et en éruptions, l'autre les signale comme des taches d'érythème, des pustules ou des pétéchies, tandis que Bristow n'y a vu ni l'une ni l'autre de ces altérations; il les regarde comme étant une hypérémie du réseau capillaire du derme, production exagérée du revèlement épidermique.

Nous nous abstenons de mentionner l'examen microscopique, l'auteur lui-même déclarant que cet examen ne fait que constaler davantage le désaccord existant entre les auteurs sur la nature des altérations de la peau, qu'il serait cependant si utile de connaitre, au point de vue du diagnostic différentiel.

Sang et ses produits, – L'auteur reproduit in extenso lout ce qu'ont dit les chimistes sur l'analyse du sang et de ses produits ; nous nous bornerons à signaler un seul point sur lequel ces Messieurs sont d'accord, c'est l'augmentation de la quantité de fibrine et de graisse et la diminution de la quantité d'eau à une époque avancée de la maladie.

L'anatomie microscopique n'a rien fait connaitre de précis non plus sur l'altération du sang; aussi ne reproduisons-nous pas les opinions dissidentes à ce sujet.

Urines. — Dès le début du mal, la quantité d'urée augmente, suivant Sanderson, Gamgée et Marcet, tandis que la pesanteur spécifique de l'urine diminue. D'après Marcet, la quantité d'albumine augmenterait également avec les progrès de la maladie.

Lait. — Le lait augmente parfois au début, mais, en général, il diminue ou disparait complètement; à part sa richesse en matières grasses et la réaction alcaline qu'il offre constamment, les autres résultats de l'analyse sont incertains ou variables.

Nature du typhus. « Il n'est peut-être pas de maladie, dit l'auteur, sur la nature de laquelle il n'y ait eu des opinions plus diverses ; de là cette foule de dénominations données au typhus bovin, telles que gastro-entérite, fièvre bilieuse, scarlatine, variole, fièvre typhoïde, etc. »

Tout en reconnaissant que quelques-unes de ces affections ont avec la peste quelques points de ressemblance, il maintient, à l'aide d'arguments vraisemblables, que cette maladie en diffère essentiellement, et cile, à l'appui de son opinion, plusieurs hommes autorisés, tels que Röll, Roloff, Renault, Gamgée, Bouley, Smart, Murchison, qui, à part les nombreuses autopsies qu'ils ont faites, se sont livrés d'une manière spéciale à l'étude des lésions comparatives de ces diverses affections et notamment de la Sèvre entérique, avec la Rinderpest.

Pour l'auleur, en un mot, cette dernière maladie est une affection particulière des muqueuses, à nulle autre semblable, ni chez l'homme, ni dans le bétail, et si, dit-il, les observateurs qu'il a cités sont arrivés à des conclusions différentes, quant à la nature du typhus, tous cependant sont d'accord que la membrane propre des muqueuses et parfois de la peau, produit une abondance d'éléments cellulaires offrant la plus grande ressemblance avec les leucocites et les globules du pus, qu'il avoue toutefois ne pouvoir être distingués des globules muqueux, au moyen du microscope, ainsi que nous l'avons fait remarquer nousmême dans notre brochure sur le lait provenant des vaches atteintes de la cocotte.

Quant à la cause qui amène cette suractivité productrice des muqueuses, on ne peut, ajoute l'auteur du mémoire, émettre que des hypothèses.

Cette cause git, sans doute, dans l'action du virus, action spécifique, dont nous ne pouvons juger que par les effets qui se traduisent invariablement par des altérations toujours les mêmes que celles de l'organisme par lequel il est engendré.

Étiologie. Bien que l'auteur cite certaines autorités

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dont l'avis est que le typhus bovin peut naitre spontanément sous l'influence de certaines causes déprimantes, telles que les émanations putrides, paludéennes, la mauvaise alimentation, les marches forcées dans les attelages de guerre, l'entassement des animaux dans les étables où l'air est confiné, il se rallie pourtant d'une manière absolue à l'avis des partisans de l'origine étrangère et notamment des steppes russes.

Selon lui, les deux causes de l'introduction de la peste en tous lieux sont : la guerre et le commerce.

Il appuie son dire sur l'épizootie de 1740-1750, la guerre de Sept-Ans en 1577, l'invasion des alliés en France en 1814, et la guerre récente entre la Prusse et l'Autriche.

Vous le savez, Messieurs, votre Commission avoue ces causes étrangères. Elle ne rappellera pas les faits qu'elle a cités sur l'avis d'hommes sérieux, dont l'opinion milite en faveur de la naissance spontanée possible de cette maladie en d'autres lieux, faits qu'elle vous a soumis en guise de questions comme entrainant le doute.

« En ce qui touche la patrie du typhus, dit l'auteur, de récentes investigations n'ont point abouti ; un seul point a été reconnu vrai, c'est que ni les steppes russes ni la Hongrie ne sont pas son lieu de naissance. Cette incertitude, dit-il, a reçu la consécration du Congrès de Zurich en 1867, lequel a adopté la proposition d'émettre le veu que le gouvernement russe serait invité à provoquer de la part des États européens, la proposition d'une Commission internationale de vétérinaires qui seraient chargés de rechercher les localités où le typhus doit avoir sa source. »

Virus. - L'auteur dit le virus fixe et volatil tout à la fois ; les inoculations prouvent, dit-il, que le flux nasal,

lacrymal, le tissu musculaire, le sang etc., lé récèlent (Roll, Jessen, Spinola, Heckmeyer, etc.). Il s'attache à tout, aux animaux comme aux matières inertes , et forme autour de l'animal infecté une atmosphère que Veith, Haupt et autres limitent à une vingtaine de pas.

Le moment où le virus est engendré serait, suivant M. Heckmeyer, celui où les premiers signes morbides se manifestent.

La Commission anglaise veut que ce soit lorsque l'augmentation de la chaleur a lieu.

D'autres, enfio, disent le virus engendré avant l'apparition des premiers troubles morbides.

Nous ferons remarquer que, si cette dernière opinion est vraie, la séparation des animaux, à l'apparition des premiers troubles, en vue de la préservation, n'aurait pas le mérite qu'on lui attribue. Ce qui est positif, d'après les expériences de Sanderson, c'est que vingt-quatre heures après l'insertion du virus à l'animal sain, toute la masse sanguine en est imprégnée et que chaque partie du corps est capable de provoquer la peste à l'animal sain par inoculation.

Le froid semble favorable à la conservation du virus; ainsi, on a vu des cas de peste dont on rattache l'explosion à du fumier d’animaux malades, bien qu'il eût été exposé pendant plusieurs mois à la gelée.

« Il n'est pas possible, dit l'auteur, de limiter le terme pendant lequel le virus conserve son activité, cette durée dépend de la nature des terrains et du degré de perfection avec laquelle le virus a été soustrait à la décomposition ou à la dissemination. »

L'auteur cite Hering, qui a attribué une explosion de peste à l'ouverture d'une fosse six ans après que des cadavres de malades y avaient été enterrés.

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