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IV. - RAFPORTS, LECTURES ET DISCUSSIONS.

1. RAPPORT de la Commission chargée de l'eramen de

mémoire de M. le docteur LÉOPOLD BUYS, intitulé : Quelques nouvelles applicalions de la compression et de l'aspiration en chirurgie, - M. BURGGRAEVE, rapporteur.

Messieurs.

Le mémoire que vous avez renvoyé à notre examen est relatif à : « quelques applications nouvelles de la compression et de l'aspiration en chirurgie. »

Son auteur, M. le docteur Léopold Buys, vous est déjà connu par ses précédents travaux sur le même sujet, qui intéresse au plus haut point la chirurgie pratique.

Vos Commissaires vous proposent l'impression de ce nouveau travail dans vos Mémoires (édition in-8°), et de le porter à votre ordre du jour pour une discussion approfondie. Dans une question de pratique, agir autrement serait déflorer le mémoire pour en donner une analyse incomplète. Cette discussion amènera necessairement celle des pansements au plomb qui jusqu'ici attendent également. Ce mode de pansements, généralement adoptés aujourd'hui, complète un des principes que caractérise la chirurgie belge : l'amovo-inamovible, auquel se rattache le nom du baron Seutin.

Nous demandons, en outre, que M. Buys soit admis à vous faire lui-même la démonstration de ses appareils, seul moyen de vous renseigner et de vous former une opinion de leur mérite.

M. le Président : S'il n'y a pas d'opposition, la parole est à M. Buys.

M, Bays : Messieurs, il me faut, avant tout, remplir un devoir bien agréable, en remerciant MM. Burggraeve et Michaux de leur bienveillance et vous tous, Messieurs, de l'hon

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neur que vous me faites en ce moment. Je ne puis mieux vous en marquer ma reconnaissance qu'en vous promettant de n'en pas abuser. Je serai bref. En 1864, je présentai à la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles un mode de traitement nouveau pour les kystes de l'ovaire, l'hydrothorax, le pyothorax, les abcès par congestion, etc. ; il consistait dans l'emploi de l'aspiration continue des liquides morbides, de manière à maintenir d'une façon permanente le contact des surfaces dont l'agglutination peut constituer la guérison de la maladie. L'idée était nouvelle et j'ai le droit d'en revendiquer la priorité.

En 1866, M. J. Guérin, votre savant collègue, fit connaitre son traitement pneumatique des plaies. Le procédé était basé également sur l'aspiration continue. Je trouvai dans cette indication nouvelle l'emploi de plusieurs de mes appareils. J'en fis l'expérience, qui me réussit. Persévérant dans la double voie ou j'avais pénétré, j'apportai peu à peu des modifications notables à chacun de mes instruments, et aujourd'hui j'ai l'honneur de vous soumettre une série complète d'appareils applicables aux indications multiples d'affections chirurgicales, caractérisées, soit par la présence d'une cavité close à contenu liquide, soit par une solution de continuité récente des tissus moux du corps humain.

Primitivement, j'obtenais une aspiration continue douce, tout en étant suffisante, au moyen d'ampoules en caoutchouc écrasées par la succion d'une pompe à air. Des inconvénients réels m'ont fait rechercher un autre agent; je me suis adressé à l'eau, dont la succion dans l'appareil hydropneumatique ne présente, en fait de défaut, que son poids. J'ai donc conservé l'ampoule élastique pour un usage temporaire ; elle permet la déambulation au patient; il suffit de l'adapter aux vêtements au moyen d'un sac de toile.

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Le récipient hydropneumatique est utile en toute autre circonstance.

La force aspiratrice trouvée, pour la transmettre tant dans l'intérieur des cavités morbides qu'à la surface des plaies, il faut des instruments diversement appropriés.

Dans le cas de vastes abcès, c'est une canule de trocart, variant de grosseur, et placée à demeure.

Pour l'hydrothorax et le pyothorax ce sont des canules courbes plongeant dans le cul-de-sac costo-diaphragmatique.

Pour le kyste de l'ovaire, j'ai fait fabriquer un trocart à couronne et à curseur, maintenant le kyste et le faisant adhérer

છે aux parois abdominales.

Pour le traitement des plaies d'amputation, j'utilise un manchon du genre de celui de l'honorable et savant M. J. Guérin, mais de tissu plus mince, dévulcanisé et à double conduit.

J'arrive à un dernier appareil auquel j'ai donné le nom de pneumato-compresseur, il est également destiné au traitement des plaies vives, et son but est d'amener une réunion par première intention.

Comme le traitement pneumatique, ce mode de pansement est basé sur la différence de pression entre les couches aériennes internes et externes du manchon isolateur; mais les termes du problème sont renversés; tandis que M.J. Guérin, pour obtenir l'adaptation exacte du tissu élastique, et par conséquent du lambeau de la plaie, raréfie l'air intérieur du manchon et rend par conséquent efficace le poids de l'atmosphère ambiant; j'ai. augmenté celui-ci et l'ai rendu prédominant. L'effet est donc le même avec cette différence que j'évite la constriction circulaire qui dans le traitement pneumatique siége au-dessus de la plaie que je rends inutiles, les pansements compliqués, les sutures et les ligatures, et qu'enfin, j'obtiens une pression antiphlogistique, résolutive, graduée et uniforme.

(M. Buys présente ses instruments et en explique le mode de fonctionnement.)

- Des remerciments sont votés à M. Buys pour sa communication.

Il est procédé au vote, au scrutin secret, sur la proposition de l'impression de son mémoire dans le recueil in-8° des Mémoires de l'Académie. Cette proposition est adoptée à l'unanimité.

8, RAPPORT de la Commission appelée à apprécier les

mémoires manuscrits présentés à l'Académie en 1863 el qui peuvent mériter les médailles de 300 francs. M, CROCQ, rapporteur.

Messieurs,

Les mémoires qui ont été présentés à l'Académie en 1867, et qui pouvaient par conséquent concourir pour le prix de 300 francs, ont tous été écartés par votre Commission, à l'exception de deux : le mémoire de M. Hambursin sur la périhepatite, considérée comme cause de péricardite et d'affection organique du cæur, et le mémoire de M. Van Lair, sur l'histoire clinique des lymphadénites viscérales.

Ces mémoires sont loin d'être parfaits, comme cela ressort des rapports qui vous ont été faits par les Commissions qui les ont examinés.

Le mémoire de M. lambursin tend à établir qu'on voit que dans certains cas la perihépatite ou peritonite hépatique, peut amener à sa suite la péricardite.

Il rapporte à l'appui de cette manière de voir un certain nombre d'observations et des motifs qui sont à coup sûr trèspuissants.

Cependant, lorsque nous avons examiné ce mémoire, nous avons trouvé que la démonstration n'était pas complète, qu'elle laissait beaucoup à désirer et que ce point de pathologie appelait de nouvelles études.

Voilà en quoi consiste l'imperfection de ce travail.

D'autre part, il offre un grand mérite. C'est celui d'avoir soulevé un point de la science qui avait été perdu de vue jusqu'à présent. Je ne connais, en effet, qu'une seule phrase de l'ouvrage de Bonnet qui se rapporte à cet objet. Il y a là un appel fait à des études qui pourront produire des faits intéres

sants.

Quant au travail de M. Van Lair, sur les lymphadénites viscérales, l'auteur a observé différents cas dans lesquels il a cru remarquer l'inflammation aigui des ganglions lymphatiques iliaques externes.

M. Van Lair n'a pas pu compléter son mémoire, parce qu'il n'a pas eu occasion de faire des autopsies: tous les sujets atteints de cette maladie ont guéri, ce qui est très-avantageux pour les malades, mais ce qui est très-désavantageux pour la science, puisqu'il a été impossible de préciser les caractères anatomiques de l'affection.

Voilà en quoi pèche le mémoire de M. Van Lair.

Pour ma part, je crois que les lymphadénites viscérales, comme celles de l'extérieur, ont pour point de départ une irritation qui, se déclarant sur un point quelconque, est transmise aux ganglions correspondants, qui deviennent le siége d'une inflammation.

Dans son travail, M. Van Lair n'a pas recherché ce point de départ, et nous ne voyons pas où la lymphadenite a pu prendre naissance.

Il ne nous a pas expliqué non plus pourquoi c'est toujours du coté droit que se développent les lymphadenites, et jamais du côté gauche.

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