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C'est ce dont se sont préoccupés MM. Degive et Van Hertsen et avec d'autant plus de raison, selon moi, que plusieurs auteurs de médecine vétérinaire ont constaté, comme eux, chez des veaux agés de quelques semaines seulement, la tuberculose pulmonaire, semblant résulter plutdt de l'usage d'un lait virulent que de l'hérédité, les effets de celle-ci ne se manifestant généralement qu'à un age plus avancé.

Il leur a donc paru qu'il y avait lieu de soumettre à de nouvelles études les questions ressortissant à la phthisie tuberculeuse, et ils ont entrepris des expériences à l'École vétérinaire, sur divers animaux, afin de s'assurer :

a po Si les tubercules mammaires sont transmissibles ;

a 2o Si le lait exprimé d'une mamelle tuberculeuse jouit de propriétés virulentes;

« 3o Si les matières tuberculeuses ne seraient pas transmissibles par les voies génitales. »

L'importance de ces recherches expérimentales est incontestable. C'est que, si elles venaient à résoudre, dans le sens affirmatif, les questions posées par les auteurs du travail que je me suis chargé de vous soumettre, elles ouvriraient une voie nouvelle à la pratique médicale ; peut-être même conduiraientelles un jour à l'établissement de la prophylaxie de la tuberculose, affection morbide dont les ravages font, dans l'espèce humaine, des progrès incessants qu'il importerait de pouvoir enrayer autant que possible.

J'aurais voulu, Messieurs, étre autorisé à vous donner lecture de la note de MM. Degive et Van Hertsen, mais notre honorable Secrétaire perpétuel, à qui j'en ai exprimé le désir, m'a répondu que, par suite d'une décision du Bureau, les travaux des personnes étrangères à l'Académie ne peuvent plus être lus, à moins que, la demande lui en ayant été faite préa

lablement, il en eût reconnu l'utilité. Il me semblait cependant que, le règlement ne s'y opposant pas, l'Académie restait maitresse de prendre, à cet égard, telle décision qu'elle jugerait convenable; mais je n'insisterai point : je me bornerai à déposer le travail dont il s'agit, en demandant de le renvoyer à une Commission que le Bureau aurait à nommer dans cette séance.

M. le Président : M. Thiernesse, l'article 89 du règlement dit que a les mémoires manuscrits présentés à l'Académie par des personnes étrangères ne peuvent être lus que sur la proposition du Bureau. » Or, le Bureau, avant de proposer d'autoriser la lecture d'un mémoire, doit nécessairement en avoir pris connaissance.

M. Thiernesse : Je reconnais, Monsieur le Président, que j'étais dans l'erreur; mais autrefois ces lectures étaient permises.

M. Tallois, secrétaire : La prescription du règlement est formelle; elle doit être observée.

M. Thiernesse : Je suis parfaitement de cet avis.

M. le Président : Le travail déposé par M. Thiernesse sera renvoyé à une Commission que le Bureau nommera à la fin de la séance.

M. Crocq : Je demande à faire une observation sur ce que vient de dire M. Thiernesse à l'appui de la présentation de ce travail.

Il nous apprend que MM. Degive et Van Hertsen ont constaté le développement de tubercules dans les organes génitaux des animaux. Il ne faut pas passer sous silence les recherches du même genre qui ont été faites précédemment sur l'homme.

M. Thiry, un des premiers, a signalé l'existence de tubercules dans la muqueuse utérine et particulièrement dans le col•

utérin où il a pu la constater, même pendant la vie, au moyen du spéculum.

M. Glage : Rokitanski avait constaté le même fait.

M. Crocq : Moi-même j'ai publié un cas où la cavité utérine et celle des trompes de Fallope étaient remplies de tubercules.

Vous voyez donc que le fait a déjà été signalé.

Quant aux organes génitaux mâles, on y a souvent signalé l'existence de tubercules soit dans l'épididyme, soit dans le canal déférent, soit dans le testicule lui-même.

Pour en venir à un autre point, je crois à la contagion de la tuberculisation pulmonaire. J'y croyais longtemps avant les expériences de Villemin, parce que, comme praticien, j'ai été à même de confirmer les observations des anciens, qui croyaient que la phthisie se transmettait. Cependant, c'est, selon moi, aller jusqu'à l'exagération que de croire que parce qu'une bête est tuberculeuse, sa viande ou son lait, ingérés dans l'estomac, y subissant des modifications complètes et un remaniement absolu, puissent entrainer des conséquences quelconques. Il faudrait des expériences très-multipliées pour autoriser une pareille conclusion, car la matière tuberculeuse elle-même, introduite dans l'estomac, doit y subir des modifications telles, sous l'influence du suc gastrique, que ce n'est plus de la matière tuberculeuse.

Voici une idée qui m'est venue. Je me suis dit que la tuberculisation qui se développe souvent dans la dernière portion de l'intestin grêle et de l'iléon était probablement le résultat du contact des crachats qui étaient avalés par le malade. Voulant voir si cette idée était fondée, j'ai fait avaler de ces crachats à un chien pendant deux mois. Je lui en faisais prendre chaque jour un demi-litre, je n'en ai obtenu aucun résultat. Je ne nie pas cependant que la chose ne puisse avoir lieu ; mais je crois

qu'il faut pour cela certaines conditions de l'appareil digestif, notamment que l'estomac ne fournissant plus assez de suc gastrique pour opérer la digestion de ces matières, celles-ci arrivent sans altération dans l'intestin et y séjournent.

Voilà les observations que je désirais présenter à l'occasion de la communication dont vient de parler M. Thiernesse.

M. Thiernesse : Je demande la parole.

M. le Président : Cet objet n'est pas à l'ordre du jour. Nous ne pouvons donc le discuter aujourd'hui.

M. Thiernesse : Vous avez accordé la parole à M. Crocq: vous me permettrez sans doute, M. le Président, de lui faire une courte réponse. Il a fait remarquer que notre honorable collègue M. Thiry et autres auteurs ont depuis longtemps signalé la tuberculisation de la muqueuse utérine chez des femmes atteintes de phthisie; il a dit ensuite qu'il croyait à la contagion de cette maladie, mais n'admettait pas que le virus pùt en être absorbé dans les voies digestives, un chien sur lequel il a expérimenté à l'hôpital Saint-Pierre, ayant avalé impunément, pendant deux mois, des crachats de personnes phthisiques.

Or, j'ai fait aussi cette expérience, mon savant ami, M. Crocq, se le rappellera, sur plusieurs chiens, au moyen des mêmes produits morbides que je faisais prendre chaque matin à son service de l'hôpital, et aucun de ces animaux, bien qu'ils en aient avalés en quantité considérable, et pendant longtemps, n'a été atteint de tuberculose.

Mais, Messieurs, on sait que le chien n'a qu'une faible réceptivité pour cette affection, et que, organisé pour se nourrir de proies mortes, en décomposition, il possède peut-être à un degré plus marqué que d'autres animaux la faculté d'annihilation des matières virulentes ou septiques, qui sont introduites dans ses viscères digestifs.

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On ne peut donc pas inférer des expériences dont je viens de parler, que MM. Villemin et Chauveau se sont trompės quand, à la suite de celles faites par eux sur des animaux de différentes espèces, ils ont établi que le virus de la phthisie tuberculeuse peut être introduit dans l'économie animale par l'absorption digestive, comme celui de la vaccine et de la clavelée, chose également constatée par l'un de ces savants professeurs, M. Chauveau.

Je suis convaincu, Messieurs, que l'honorable M. Crocq sera de mon avis, et qu'il se joindra à moi pour encourager les nouvelles tentatives faites en vue d'élucider la question.

M. Fossion offre de la part de MM. Wouters et Deneubourg, une brochure intitulée : Réflexions sur le travail des femmes dans les mines, et ajoute que ces médecins déclarent que depuis longtemps ils auraient pu publier les fruits de leurs observations, mais qu'aucune invitation officielle ne leur avait jamais été faite.

M. le Secrétaire fait remarquer que la circulaire par laquelle des renseignements propres à éclairer la question de l'admission des femmes dans les mines a été adressée en 1867, à tous les médecins, chirurgiens et accoucheurs des districts houillers. Si celles qui étaient à l'adresse de MM. Wouters et Deneubourg ne leur sont point parvenues, le fait ne peut être imputé au Bureau.

M. le docteur Franchi, à Mantoue, présente à la Compagnie le traité qu'il vient de publier en italien, sur la gymnastique considérée dans ses rapports avec la physiologie et l'hygiène.

Il est encore fait hommage à l'Académie de quelques autres publications dont les titres seront insérés au Bulletin.

Des remerciments sont votés aux auteurs des travaux envoyés à la Compagnie.

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