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seconde vaccine : 521 avec succès complet, 821 avec succès modifié et 548 sans succès.

Nous bornons là nos citations, que nous pourrions étendre davantage, si nous voulions compulser les statistiques des autres États de l'Allemagne (1); rappelons-nous seulement que là où la revaccination n'a pas été ordonnée, elle a été recommandée officiellement comme une mesure utile, efficace.

On remarquera, en comparant les statistiques partielles que nous avons citées, que les résultats de la revaccination varient d'une contrée à l'autre, que les succès sont plus nombreux dans les pays du Nord qu'en France. A quoi cela tientil ? Nous l'ignorons; gardons-nous toutefois de suspecter la bonne foi et les lumières de confrères intéressés, comme nous, à rechercher la vérité et à la proclamer tout entière lorsqu'il s'agit du bien de l'humanité. Cette différence provient peutêtre de ce que les uns ont employé aux revaccinations du vaccin de 1798, et que les autres se sont servi du vaccin régénéré. Ce qui donnerait quelque poids à cette supposition, ce sont les expériences tentées par M. le docteur Steinbrenner avec l'un et l'autre virus et dont voici les résultats:

Ce médecin a pratiqué 142 revaccinations avec du vaccin ancien, savoir:

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(1) Nous recommandons à l'attention de ceux qui s'intéressent à la question un tableau statistique des revaccinations dans lous les pays, rédigé par M. le docteur Rieken et inséré daos le tome 1er des Annales du Conseil central de salubrité de Bruxelles.

D'autre part, M. Steinbrenner a pratiqué 65 revaccinations avec du vaccin régénéré, qui ont produit:

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On voit par ces tableaux comparatifs que si, avec le vaccin ancien on n'a pas obtenu un succès sur dix revaccinés, on a eu avec le vaccin régénéré un succès complet sur trois revaccinés.

Quant à l'âge, nous y trouvons un autre enseignement: des 38 enfants âgés de moins de onze ans, chez un seul des 29 revaccinés avec du virus ancien, on a obtenu une vaccine normale, tandis que les neuf autres, revaccinés avec du virus régénéré ont donné un succès complet. Au contraire, chez les individus âgés de 11 à 20 ans, les succès obtenus avec le vaccin ancien s'élèvent à un sur 111/2, et avec le vaccin nouveau, à un sur trois. Cette proportion de succès augmente encore pour ceux âgés de 21 à 30 ans. Elle est de un sur 8 1/2 avec le vaccin ancien, et de un sur un peu moins de trois avec le vaccin régénéré (1).

Pour nous résumer , Messieurs, nous disons que les statistiques que nous venons de produire conduisent, comme déjà vous l'avez pressenti, à des conclusions diametralement opposées à celles que l'honorable M. Vleminckx a déduites des quelques faits qu'il vous a communiqués, et ces

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(1) STEINBRENNER, Traité de la vaccine, Paris, 1846, p. 728.

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conclusions, vous le remarquerez, ne sont pas le fruit de notre imagination, mais le fruit de l'expérience. Rien n'est brutal comme un chiffre, vous a dit notre estimable collègue. Eh bien! à l'encontre de ce que lui ont démontré les chiffres de Gand, les nôtres prouvent à l'évidence et sans réplique, d'accord en cela avec M. Bousquet et tous les médecins vaccinateurs, que, très-rare dans les premières années de la vie, la vaccine secondaire devient plus fréquente à mesure qu'on avance en âge, mais n'est jamais plus commune que de dix a TRENTE ANS; que, sauf les exceptions, il n'y a que les ADULTES, (non à cause de leur âge, mais à cause de la distance des deux opérations), qui soient susceptibles de reprendre la vaccine, soit qu'ils aient antérieurement été vaccinés ou qu'ils aient déjà payé leur tribut à la variole.

Ces conclusions, Messieurs, sont étayées sur de nombreuses expériences faites dans différentes contrées et qui, en définitive aboutissent au même résultat, à quelque différence près sur les chiffres des succès et des insuccès. L'expérience de Gand, au contraire, n'est qu'une expérience isolée qui demande à être confirmée par de nouveaux essais. La revaccination de la prison de Gand s'est opérée, il est vrai presque à la même heure, sur des sujets de tout âge, tous placés sous les mêmes influences, tous sous la main du même observateur. Mais c'est précisément parce que tous les opérés étaient placés sous les mêmes influencés, dans une prison, parce qu'ils ne rentrent pas dans la catégorie des individus qui se trouvent dans les circonstances ordinaires de la vie, qu'ils diffèrent de ceux sur lesquels les revaccinations ont été pratiquées et dont nous avons donné le résultat. Il resterait à voir si cette condition exceptionnelle de la vie de prisonnier ne favorise pas la réceptivité. C'est là une question que nous n'avons pas

la prétention de résoudre, mais que nous soumettons à la sagacité de l'honorable M. Vleminckx.

En définitive, Messieurs, l'Académie n'a rien à changer dans la rédaction des propositions qu'elle a adoptées et qui sont les corollaires du rapport que nous lui avons présenté naguère.

Pour notre part, nous maintenons les deux suivantes ausquelles les chiffres de Gand ne peuvent porter atteinte:

« 1° La revaccination est le complément utile, indispensable de la première vaccination pour assurer une préservation durable, non qu'elle soit toujours nécessaire, mais afin d'acquérir la certitude que toute prédisposition à la réceptivité de la variole est éteinte dans l'économie. >>

« 2° L'âge de dix à quinze ans est le plus opportun pour pratiquer la revaccination, en supposant le sujet vacciné dans sa première enfance.)

Nous pourrions ajouter, comme ressortant suffisamment de ce qui précède, que c'est surtout dans l'âge adulte, et jusqu'à trente-cinq ans que la revaccination est utile, soit que le sujet ait été vacciné soit qu'il ait eu la variole.

L'honorable membre auquel je réponds n'a pas entendu vous donner ses propositions comme définitives ni vous demander de revenir sur la limite d'âge que vous avez fixée, je le sais; mais malheureusement sa communication a eu un grand retentissement dans les journaux politiques, les familles s'en sont émues, le doute s'est emparé des esprits sur l'utilité de la vaccine et de la revaccination. Dans cet état de choses, j'ai cru devoir prendre la parole pour justifier la Commission dont j'ai été l'organe et l'Académie tout entière sur les conclusions qu'elle a prises dans la question. J'ai recherché la vérité et je me suis fait un honneur et un devoir de venir la pro

clamer dans cette enceinte, tout en rendant hommage aux efforts de mon honorable ami qui, comme moi, j'en ai l'intime conviction, n'a été mu que par la pensée d'être utile à la science et à l'humanité.

M. le Président : Le travail sera inséré au Bulletin pour être ultérieurement discuté.

M. Vleminckx : Quelques mots, Messieurs; je pensais que la communication que j'ai eu l'honneur de vous faire à la dernière séance, n'était pas de nature à être discutée : je vous ai soumis des faits dont j'ai tiré des conclusions; mais vous avez dû le remarquer, je n'ai entendu imposer ces conclusions à personne. Il n'y a de discutable dans ma communication, que la question de savoir si les conclusions que j'ai tirées des chiffres de Gand, sont exactes et rigoureuses.

Quant aux chiffres eux-mêmes, ils ne peuvent donner lieu à aucune observation.

Maintenant, si l'on décide qu'il y aura une discussion ultérieure, j'ajournerai ce que j'ai à dire ; s'il ne doit pas y en avoir, je présenterai aujourd'hui mème quelques courtes observations, sur le nouveau travail de l'honorable M. Marinus.

M. le Président : Il n'est pas possible que vous preniez la parole maintenant. Si l'on procédait de cette manière, on ne pourrait pas s'occuper des objets à l'ordre du jour.

2. MÉMOIRE sur les maladies des carités nasales que l'on confond souvent avec la morve, considérées principalement au point de oue pratique; par M. DELWART, wembre titulaire.

De toutes les affections qui atteignent nos animaux domestiques, la morve est sans contredit celle qui, depuis

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