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la question qu'ils soulèvent, c'est qu'on ne dit pas si le vaccin a été repris sur les éruptions vaccinales et produit une vaccine normale chez d'autres individus auxquels on l'aurait inoculé comme cela s'est pratiqué ailleurs. D'ailleurs ces faits, trop peu nombreux pour être érigés en loi, peuvent être dus au hasard et ne plus se produire les mêmes dans une nouvelle expérimentation. Ils sont en outre si différents des nombreuses statistiques enregistrées dans les annales de la science, que nous avons peine à concevoir que l'honorable M. Vleminckx, avec la haute intelligence qui le distingue se soit hâté de conclure et n'ait pas attendu du temps la confirmation de ses idées.

Nous disons, nous, que c'est dix à douze ans jusqu'à trente ou trente-cinq ans que la réceptivité pour la vaccine existe, que passé cette époque de la vie elle décroit et cesse complétement par le seul bénéfice de l'âge.

Cette proposition, nous la prouvons par l'immensité des faits recueillis partout où l'on s'est occupé sérieusement et sur une grande échelle, des revaccinations. Nous allons citer ceux qui ont le plus de rapport avec la question dont il s'agit.

M. Bousquet a pratiqué 194 revaccinations dont il lui a été donné de pouvoir sûrement constater les résultats. En voici le tableau (1).

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Dans l'école primaire de Versailles, dont les élèves sont

(1) BOUSQUET, Nouveau traité de la vaccine, page 485.

âgés de seize à vingt-cinq ans, M. le docteur Boucher revaccina, le 14 mars 1841, 93 sujets, parmi lesquels il constata, avec M. Bousquet, 32 bonnes vaccines. Les cas douteux avaient été mis de côté (1).

En 1839, tous les élèves de l'institution des sourds-muets de Paris, au nombre de 128, la plupart âgés de 10 à 18 ans, furent revaccinés par M. le docteur Menière. Sur ce nombre, 25 ne présentaient aucune trace de variole ni de vaccine, et quoique la revaccination ne réussit que sur trois, il faut les mettre de côté. Reste 103 dont 7 variolés, parmi lesquels deux eurent des boutons de vaccine. Des 96 vaccinés, 10 eurent la vraie vaccine, 16 la fausse vaccine. Les autres n'eurent aucune espèce d'éruption (2).

M. le docteur Gigon revaccina 13 jeunes personnes de 15 à 20 ans, et 2 hommes, l'un de 24, l'autre de 34 ans. En tout 15 sujels: il obtint une bonne vaccine chez huit (3).

M. Dourlen cité par M. Vleminckx en faveur de son opinion, a, lui aussi, pratiqué la revaccination. Voici le tableau qu'il en donne :

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Voilà donc 39 bonnes vaccines sur 82 vaccinés, dont on a

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repris le vaccin qui, transporté à d'autres individus a produit la vaccine la plus régulière (1).

M. le docteur Luroth, médecin cantonal à Bischwiller, a revacciné 86 personnes âgées de 10 à 40 ans. Sur ce nombre, il a obtenu 12 bonnes vaccines, 31 éruptions vaccinales incomplètes et 43 éruptions fausses (2).

Notre collègue M. le docteur Rieken, lorsqu'il exerçait son art dans la principauté de Bierkenfeld (Grand-Duché d'Oldenbourg), pratiqua, en 1835, 394 revaccinations. Il obtint 83 succès parfaits et 224 succès imparfaits ou douteux. Les succès furent au nombre de 9 sur les sujets au-dessous de 10 ans, de 40 entre 10 et 20 ans, de 25 entre 21 et 30 ans, et de 9 au-dessus de 30 ans. Pour la seconde catégorie, ils furent de 65 au-dessous de 10 ans, de 116 entre 10 et 20 ans, de 28 entre 21 et 30 ans, et de 15 au-dessus de cet âge (3).

Si maintenant nous consultons les statistiques des revaccinations pratiquées en Prusse, dans le royaume de Wurtemberg et dans d'autres états du nord, nous voyons, comme déjà nous l'ont démontré les chiffres que nous venons de citer, que l'âge où la réceptivité a été la plus grande coïncide précisément avec celui que nous avons assigné, c'est-à-dire jusqu'à 30 ou 35 ans.

En 1837, on a revacciné en Prusse, dans les troupes de toutes armes, 47,258 hommes. 21,308 ont eu une vaccine régulière ; 10,557 une vaccine irrégulière; elle a été nulle sur 15,363. Ces derniers furent soumis à une troisième vaccination, laquelle réussit sur 2,243, et échoua sur 9,771.

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(1) Bousquet, loc. cit., p. 477.
(2) Gazette médicale de Paris, N° du 19 avril 1834.

(3) Annales du Conseil central de salubrité publique de Bruxelles, tomel, p. 131 (Tableau statistique des revaccinations).

En comparant ce résultat avec celui des revaccinations précédentes dans la même armée, on trouve que la proportion des succès fut :

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Dans l'armée du royaume de Wurtemberg, le nombre de militaires revaccinés en 1834, fut de 2,086, parmi lesquels 430 le furent avec succès. M. le professeur Heim qui en a rédigé le rapport, établit en principe général et pratique, de revacciner chaque année non-seulement les individus qui l'ont été précédemment sans succès, mais encore tous ceux qui l'ont été avec un succès modifié, et cela tant qu'on obtiendra la véritable vaccine (2).

Les résultats obtenus dans la Bavière sont aussi concluants. Le docteur Müntzenthaler, de Kemnat, dit avoir fait, de 1835 à 1842, 1,810 revaccinations chez des adultes, dont 1,163 avec un succès complet. Presque tous ses revaccinés étaient âgés de 15 à 18 ans (3).

Le docteur Thiele, inspecteur du service de santé à Kasan, en Russie, dans un rapport inséré dans le Journal de Henke (1839, 1er cahier, page 27), fait connaître qu'il a revacciné, depuis le 2 juin jusqu'au 12 octobre 1837, 1,795 militaires. La revaccination eut un succès parfait chez 350, un succès imparfait chez 126.

(1) Bousquet, loc. cit., p. 480.

(2) Wurtembergisches medicinisches corresp. Blatt (Encyclographie des sciences méd., t. I, 2e série).

(3) Medizinisch. corresp. blatt Bairisch. Aertze, 1842, no 21.

Dans la même année, en suite d'un ordre supérienr, on revaccina à Kasan 1,797 enfants de militaires dont 1,436 avaient eu la variole. Chez ces derniers, 271 eurent des pustules vaccinales normales, 84 eurent des pustules modifiées. Chez 112, qui ne présentaient ni cicatrices de vaccine, ni cicatrices de variole, 33 eurent une vaccine normale, 18 une vaccine modifiée. Sur 247 sûrement vaccinés, la revaccination eut un succès complet chez 46, et un succès modifié chez 24. La proportion des bonnes vaccines obtenues chez les variolés, fut donc de un dix-huitième; elle est à peu près la même pour les vaccinés (1).

Dans le Danemarck, dès 1837, on avait revacciné 3,964 militaires, dont 1,208 sans succès. Depuis, toutes les recrues de l'armée et de la flotte sont revaccinés dès leur arrivée dans les garnisons (2)

En 1840, la revaccination fut ordonnée dans l'armée du Grand-Duché de Bade, par cette considération que la réceptivité pour la variole existe le plus fréquemment dans l'âge qui coïncide avec celui du service militaire. Le docteur Meier, qui en donne les résultats (3), nous apprend que 3,170 soldats furent revaccinés. De ce nombre, 3,015 avaient des cicatrices distinctes d'une première vaccine; 118 portaient des cicatrices imparfaites; 22 n'en présentaient point, et 15 offraient des cicatrices de variole. 1,288 furent revaccinés avec de la lymphe provenant de première vaccine, dont 314 avec succès complet, 397 avec succès modifié et 577 sans succès. Les 1,882 autres furent revaccinés avec de la lymphe provenant des boutons de

(1) Medizin. Zeitung, 1839, n. 29.
(2) Rust's Magazin, t. LIV, H. 2, 1839.
(3) Annalen der Staats arzneikunde, 1842, H. I u 2, p. 74-32.

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