Images de page
PDF
[ocr errors][ocr errors]

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]
[ocr errors]

/

Les contes qui sont à la suite de l'abrégé historique, ont également le mérite de nous faire mieux connoître les mœurs des pays où ils ont été écrits. Les contes orientaux qui n'ont peut-être pas servi de modele à tous les autres, parce que, dans tous les pays du monde, on fait naturellement des contes , sont ceux dont le merveilleux étonne le plus notre imagination; & l'imagination cependant s'étonne peu du merveilleux. Peut-être faut-il croire que les mêmes événemens qui sont prodigieux pour nous, le sont un peu moins pour les Orientaux. La fortune & le hasard ont bien plus d'événemens extraordinaires chez des peuples d'une imagination très-ardente & très-exaltée ; de pareils peuples ne tardent guere à faire une partie au moins de ce qu'ils imaginent, & le merveilleux passe bientôt de leurs fictions à leurs actions. On peut le voir parmi nous ; les hommes à qui la nature a donné une imagination romanesque, ont presque toujours une vie qui ressemble à des romans. Parmi les 'contes que nous annonçons, celui d'Alaedden , conte arabe, est celui où l'on trouve le plus ce caractere propre aux fictions orientales. Il est fort question dans tous de l'alcoran & des · derviches : on y voit souvent des hommes | sortant du pied des autels pour aller s'enivrer ' & se perdre dans les délices du monde, & revenant ensuite au pied des aurels pour y déposer le poids de leurs remords. Ce tableau , tracé si souvent dans tous les pays & dans "toutes les langues, est celui peut être qui peint

le mieux l'humanité. Cela rappelle un des plus beaux vers de Voltaire, un vers qu'il a fait après avoir observé pendant près d'un siecle les vertus & les vices de l'homme :

[merged small][ocr errors]
« PrécédentContinuer »