Images de page
PDF

présent, on n'avait soupçonné que ses semences eussent la propriété fébrifuge ; quoi qu'il en soit, on pourrait douter de l'efficacité d'un sirop dans la composition duquel la graine de silaüs, ou même celle du phellandre aquatique, n'entrerait que dans la proportion indiquée par l'auteur du mémoire. Au surplus, le praticien que cite, sans le nommer , notre estimable confrère , énonce dans sa lettre quc le sirop a parfaitement réussi à la suite des fièvres intermittentes , dont il avait combattu le retour avec succès. Assurément, c'est attribuer beaucoup de vertu à ce médicament, dans la composition duquel n'entrent, pour chaque litre de sirop, que 10 grammes de la semence en question. La formule du sirop de phellandre aquatique, publiée en 1849 par M. le professeur Cayol, dans la Revue médicale, admet la graine de phellandre en proportion dix fois aussi forte. En définitive, que penser des vertus médicinales du phellandre, si diversement jugées depuis longtemps en France, et surtout en Allemagne ? Ce qui est pour nous avéré maintenant , c'est que notre phellandre est exactement le même que le phellandre, tant préconisé par Ernstingius de Brunswick, au commencement du siècle dernier, comme le fébrifuge par excellence. Curieux de nous édifier sur ce point, nous nous sommes adressé à M. Schumacher, praticien renommé de Hanovre, capitale peu distante de Brunswick. Ce savant confrère nous a répondu : « D'accord » sur ce point avec nos auteurs classiques, » je ne doute pas que la plante décrite par Ernstingius ne soit effectivement le phellandre (OEnanthe phcllandrium, Lam., Sprenzel et Koth; Phellandrium aquaticum de Linné ; Fœniculum aquaticum s. caballinum, syst. sex, clas. 5, ord. 2, pentendria, ord. natural. Umbelliferae). Cette plante, très-répandue dans le voisinage de Brunswick, porte encore le nom cité par Ernstingius , Peer-Saaot, mot qui appartient au patois de cette partie de l'Allemagne ; et correspond également au nom de Linné, qui a toujours conservé les dénominations anciennes et populaires des plantes, Fœniculum caballinum, Peer-Saaot, PferdeSamen, graine aux chevaux. » Le phellandre jouit, auprès de nos paysans, d'une grande réputation pour combattre les affections catarrhales des poumons. Les auteurs anciens lui attribuent la propriété de paralyser les extrémités postérieures des chevaux qui

en ont brouté l'herbe. En médecine , il a été préconisé comme guérissant la phthisie, comme antiscorbutique et fébrifuge. Que cette plante ne possède pas ces propriétés, il n'y a rien qui puisse surprendre, après les éloquents éloges donnés à tant de drogues dont l'inefficacité est maintenant reconnue de tout le monde. Du reste, le phellandre est la seule des grandes plantes ombellifères de nos marais à laquelle on ait attribué la propriété de guérir les fièvres intermittentes. La ciguë et le Sium latifolium, assez communs dans nos marais, diffèrent trop de la description d'Ernstingius pour qu'on puisse s'y méprendre. : » Pour sortir des doutes que la description et la planche d'Ernstingius ont laissé dans votre esprit, je ne vois d'autre moyen que d'accuser l'imperfection du dessin autant que l'inexactitude des descriptions botaniques du temps de cet auteur. » On s'est occupé, dans ces derniers temps, en France, comme on l'avait fait en Allemagne, des effets de la graine de phellandre, administrée dans la phthisie pulmonaire en vue d'obtenir la rémission des symptômes colliquatifs. Plusieurs médecins, et particulièrement M. le docteur Sandras, ont fait à ce sujet d'intéressantes communications ; mais on connaît aussi des résultats contraires observés par M. le docteur Valleix en 1850 (Revue médicale, p. 565). Nous rappellerons simplement le résumé de ses observations sur six cas de phthisie confirmée ; pendant l'administration du phellandre le sommeil a été plus ou moins mauvais, l'expectoration, l'affaiblissement, les sueurs et les signes physiques, en général, ne se sont point écartés de leur marche habituelle dans la phthisie pulmonaire ; que loin de faire cesser les vomissements, le phellandre a paru les provoquer quelquefois, ainsi que de l'inappétence et du dégoût; que la diarrhée ne s'est pas montrée, dans ces cas, d'une manière notable, et que, si ces faits se multipliaient, le phellandre pourrait être employé à titre d'antidiarrhéiquc assez puisSant. Nous nous trouvons à même de citer des observations en confirmation de celles de M. le docteur Valleix. Elles nous sont communiquées par notre fils, Ernest Gassicourt, élève en médecine, interne, l'an dernier, dans le service de M. Barthez, à l'hôpital Sainte-Marguerite. , . « Deux malades atteints de tubercules » pulmonaires ont été soumis, pendant la » durée du mois de décembre 1853, au traitement par le phellandre, à la dose de 1 gramme, 1gr.50 et 2 grammes par jour. Ce traitement avait pour but de faire connaître quelle était l'action du phellandre sur les sueurs des phthisiques. Pour rendre ces résultats plus probants, il fallait les comparer à ce qu'on observait chez des malades qui n'étaient pas soumis au traitement par le phellandre. C'est ce qui a été fait. » Chez les quatre malades soumis à l'observation , il y avait des tubercules ramollis au sommet d'un des deux poumons. L'observation a été continuée chaque jour, en tenant compte des variations de température , de sommeil, de diarrhée ou de constipation des malades. » Or, les mêmes phénomènes se sont présentés chez les malades soumis au traitement, et chez ceux qu'on laissait livrés à eux-mêmes. » 1° Les sueurs, dans les deux classes de sujets, varient avec la température : plus le temps est chaud et humide, plus il y a de sueurs chez les phthisiques ; plus le temps est froid et sec, moins les sueurs sont abondantes. 2° Les phthisiques suent d'autant plus qu'ils dorment davantage. 5° La diarrhée n'est ni supplémentaire ni complémentaire de la sueur, « et n'est » ni arrêtée ni excitée par l'usage du phellandre, du moins d'après le peu d'observations que nous possédons. » D'où nous devons conclure que l'action du phellandre a été nulle, dans les cas que nous pouvons citer , sur les sueurs des tubercules, et que l'action de la température et du sommeil a été seule remarquable. » Des expériences comparatives qui précèdent, faites à l'hôpital et dans des conditions toutes semblables, il résulte de suite une lumière que la pratique privée eût plus difficilement obtenue. Quelle conclusion favorable plus d'un expérimentateur n'eût-il pas été tenté de déduire de deux cas de phthisiques tuberculeux traités par le phellandre, et soulagés de leurs sueurs colliquatives ? Cet exemple donne à penser une fois de plus combien l'expérience médicale serait facilement trompeuse, et combien il faut user de prudence et de précaution avant de croire à la constatation réelle du moindre fait thérapeutique. (Répertoire de pharmacie.)

[ocr errors]

SUR L'ARRow-RooT DEs coLoNIEs ANGLAIsEs DE L'INDE; par M. BOUCHARDAT. — Plusieurs fécules différentes ont porté dans le commerce le nom d'arrow-root; il en

existait surtout deux espèces très-distinctes, l'une qu'on désignait sous le nom de fécule de Travancore ou de l'Inde, indian arrow-root, et l'autre connue dans le commerce sous le nom d'arrow-root de la Jamaique, qui est fourni par le Maranta arundinacea. Depuis quelques années, comme nous l'a appris M. Guibourt, les Anglais ont importé dans l'Inde le Maranta arundinacea de la Jamaïque qui donne de l'arrowroot en plus grande quantité que le végétal non encore bien déterminé qui fournissait l'arrow-root de Travancore (1). Cela explique très-bien comment on expédie aujourd'hui de l'Inde de l'arrow-root qui est identique avec celui de la Jamaïque et qui est par conséquent fourni par le Maranta arundinacea. J'ai eu la preuve de ce fait par l'examen d'échantillons provenant d'une forte partie qui m'a été remise par M. F. Barnes et Cle. Cet échantillon m'a offert les caractères suivants rapportés par M. Léon Soubeiran dans sa thèse et dont il a lui-même, à ma prière, vérifié l'identité. C'est une poudre blanche terne dont quelques parties forment des conglomérats peu résistants et qui donnent la sensation de froissement sous les doigts. Examiné au microscope, cet arrow-root se montre sous forme de grains assez volumineux, dont le diamètre varie entre deux à trois centimètres de millimètre sur six à sept centièmes. Leur forme est celle d'ovoïdes, plus ou moins irréguliers, tendant dans quelques cas à devenir triangulaires; en général, les grains les plus petits sont globuleux : il existe une proportion notable de grains triangulaires allongés et très-minces, qui ne diffèrent en rien de la fécule dite de Travancore. Un grand nombre de grains sont traversés par des fissures, et dans presque tous on voit le hile entouré de zones concentriques. Mais il n'est pas toujours visible avec la même netteté. Traité par une solution aqueuse de potasse à un cinquantième, les grains, et surtout les grains triangulaires aplatis, se gonflent; ils prennent des formes trèsvariées ; pour agir sûrement sur les autres grains, il faut avoir recours à une solution alcaline à un quarantième, alors ils doublent de volume en prenant assez régulièrement la forme sphérique ou ovoïde ; le centre plus foncé est entouré par une zone

(1) Ainslic et Guibourt avaient attribué l'arrow-root de Travancore au Curcuma angustifolia, Roocb. Mais M. Léon Soubeiran, dans son excellente thèse intitulé : Etudes microscopiques sur quelques fécules, 1855, a donné de très-solides raisons pour faire douter que la fécule de Travancore soit fournie par ce végétal.

plus claire qui occupe toute la périphérie. Le hile devient très-apparent, et sur quelques grains on distingue nettement la trace des couches concentriques; sur d'autres, les fissures persistent encore bien manifestement. Traités par une solution alcoolique de potasse à un dixième, tous les grains prennent un aspect ridé et des plis se marquent sur leur surface. La chaleur détermine le gonflement des grains sans aucun phénomène particulier. C'est denc un fait acquis que les Anglais ent donné, dans leurs possessions des Indes, une extension considérable à la culture du Maranta arundinacea , ce qui explique la consommation beaucoup plus étendue qu'on fait aujourd'hui en Angleterre de cette excellente fécule. Il est à désirer que cet exemple s'étende en France, car aux époques de rareté des subsistances il est bon de voir s'étendre la consommation des aliments que nous fournit le commerce extérieur. J'ajouterai encore, pour encourager cette importation sur une large échelle, que sans partager les préjugés des anciens médecins sur les propriétés médicales de plusieurs fécules, je reconnais cependant que ces fécules sont accompagnées dans les différentes plantes de matières odorantes qui modifient la saveur des mets où elles interviennent. Certes, pour l'alimentation des masses ces différences n'ont aucune importance ; mais pour les convalescents, les valétudinaires ou les malades à appétit capricieux, il importe de choisir une fécule donnant des potages qui flattent le goût. Sous ce rapport aucune, à mon avis, ne doit être placée avant l'arrow-root. C'est ce qui lui a conservé cette supériorité sur tous les autres féculents qui est généralement acceptée. (Répertoire de pharmacie.)

UN MoT sUR L'ÉcoRcE D'INGA , NoUvEL AGENT AsTRINGENT; par M. GRlMAULT. — La substance que nous désignons sous ce nom assez vague, qui lui a servi de passeport à la douane, bien que signalée déjà dans quelques rares traités de matière médicalc, est encore inconnue en France.Ses propriétés toniques et astringentes, que l'on utilise dans quelques contrées de l'Europe , et qui lui valent en Amérique une réputation des mieux établie, son bon marché, du reste, m'engagent à la signaler à l'attention des thérapeutistes.

Me réservant, dans un travail étendu, de faire plus tard l'histoire chimique et pharmaceutique de cette substance, lors

ue de nouveaux faits seront venus conrmer les expériences que déjà quelques médecins veulent bien tenter en ce moment, je n'entrerai que dans peu de détails à son sujet. L'inga, tel qu'il m'a été livré, est en écorces très-compactes, pesantes, épaisses de un à deux centimètres, variables en longueur de vingt à soixante centimètres, en largeur de cinq à douze. Leur cassure nette présente, lorsqu'elle est récente, des couches alternativement blanches et rougeâtres; les cassures anciennes, qui ont subi l'action des agents atmosphériques, présentent une teinte plus foncée, uniformément rougeâtre; c'est aussi la couleur de la face interne du derme, qui présente, de distance en distance , des aspérités nombreuses, et se trouve parsemée, sur quelques échantillons, de petits globules de gomme peu colorés. Le périderme est rugueux, généralement brun noirâtre, comme chagriné, présentant des cicatrices nombreuses, plus ou moins profondes, et dont le fond offre des teintes, variables du blanc au rouge brun. Cette écorce mâchée offre une astringence bien franche et sans âcreté, amenant une salivation prompte, et colorant la salive en rouge. Introduite dans l'estomac, elle paraît en activer les fonctions. Sa richesse en principes extractifs est considérable ; elle cède aux différents dissolvants jusqu'à trente pour cent de son poids. L'extrait aqueux ou alcoolique obtenu par déplacement est comparable pour l'astringence, la couleur et ses propriétés générales, à l'extrait de ratanhia , seulement, il précipite en bleu foncé les persels de fer. Il contient un peu de gomme, de mucilage, et quatre-vingts pour cent environ d'une matière tannante rouge particulière. L'écorce , après ce traitement, retient encore, outre le ligneux, un produit gras (cire), associé à une matière colorante jaune, de l'extractif, une forte proportion d'amidon, et beaucoup de sels. Rien n'y décèle la présence d'un alcaloïde, ni d'un rincipe âcre de nature quelconque. C'est # la matière tannante rouge qu'elle parait devoir ses propriétés. En Amérique, l'inga est préconisé comme astringent tonique dans la diarrhée, la gonorrhée, l'hémoptysie, l'incontinence d'urine, et le relâchement des tissus ; comme antiseptique, sa poudre est employée, à l'extérieur à la façon du quinquina. Les quelques expériences déjà faites à Paris semblent justifier sa réputation étrangère, et nous font espérer de lui voir prendre un rang distingué dans notre matière médicale. (Bulletin général de thérapcutique.)

Falsifications.

NoTE sUR LEs FALsIFICATIoNs DE L'ÉGYPTIAC ET DU soUs-ACÉTATE DE CUIvRE BRUT ; par M. NoRBERT GILLE, pharmacien, répétiteur à l'Ecole vétérinaire de Cureghem.—Dans une des manipulations que nous dirigeons à l'école vétérinaire, nous avions remis dernièrement à un élève quatre échantillons d'oxymellite de cuivre (onguent égyptiac) pour lui laisser rechercher les principaux défauts que peut présenter cette préparation officinale. Comme nous avons l'habitude de le faire, chaque pot renfermant de l'égyptiac portait un numéro d'ordre, et l'élève aidé de notre petit volume sur les falsifications, s'était mis à la recherche des vices que nous avons signalés ; prenant d'abord, avec les précautions recommandées, dans l'officine de l'école un échantillon-type, comme nous l'exigeons pour toutes les recherches de cette catégorie, il reconnut bientôt, par comparaison, que le N° 2 était trop liquide et que le N° 4, qui renfermait de petites plaques, avait été trop longtemps exposé à l'action du feu. Ces deux échantillons , condamnés, furent écartés et les recherches continuées sur les No* 1 et 5. Suivant toujours la voie que nous avons tracée, l'élève prit quelques grammes de son échantillon-type qu'il traita par l'acide azotique ; les vapeurs rutilantes étant dégagées, la dissolution étant opérée , il étendit d'eau pour obtenir la liqueur qui devait lui servir de point de comparaison. A notre grand étonnement , nous vimes au fond du vase un dépôt blanc assez abondant, dépôt que nous n'avions jamais remarqué antérieurement en suivant le même procédé.Nous fimes remarquer aux élèves présents ce qu'il y avait d'anormal dans cette expérience, en leur promettant de leur en donner l'explication, après que nous aurions fait les recherches nécessaires pour nous éclairer sur ce point ; continuant ses investigations, l'élève traita les deux échantillons qui lui restaient de la même manière qu'il avait traité l'échantillon-type ; la liqueur du N° 5, étendue d'eau, laissa déposer une poudre rouge qui fut reconnue pour être de la brique ; elle était accompagnée de la poudre blanche mentionnée plus haut; celle du N° 1 laissa également déposer encore avec cette poudre blanche, une matière rouge qui

était de l'oxyde ferrique, oxyde qui, dans l'état d'agrégation où il se trouvait, laisse toujours dans cette expérience des traces de sa présence. Qu'était-ce que cette poudre blanche? D'où provenait-elle ? Telles furent naturellement les questions que nous nous adressâmes. L'égyptiac ayant été préparé par nous, il ne pouvait être soupçonné d'avoir été falsifié ; les matières qui avaient servi à sa préparation devaient donc seules être mises en suspicion. Était-ce le vinaigre? Etait-ce le miel ? Etait-ce le vertde-gris ? Ce dernier, comme étant le plus sujet à caution, fut d'abord l'objet de nos recherches, et nous ne tardâmes point à y découvrir des preuves qui permirent de mettre les deux autres hors de cause. Notre acétate de cuivre brut était en effet falsifié, il contenait une forte proportion d'un corps étranger ; 10 grammes de cet acétate ont fourni 2 grammes 5 décigr. de cette impureté. Quant à la nature de ce corps étranger, elle intéresse peu le vétérinaire ; l'essentiel pour lui est de savoir constater si ses médicaments renferment des impuretés, afin de pouvoir à l'occasion les exclure de son officine et de sa pratique. Dans le cas qui nous occupe, nous avons cependant voulu savoir quel était le corps blanc qui avait été ajouté à notre médicament ; après avoir dissous le vert-de-gris dans de l'acide acétique à 10 degrés, nous pûmes nous assurer, par les moyens ordinaires, que nous avions affaire à du sulfate de chaux. Ainsi, voilà deux médicaments que le vétérinaire utilise très-souvent, qui sont au nombre des plus employés, qui ne pouvaient produire les effets qu'on est en droit d'attendre d'un bon agent thérapeutique. Des faits analogues ne se présentent que trop souvent, et le vétérinaire qui tient officine doit, s'il veut avoir de bons médicaments, soumettre à un examen sévère ceux qu'il tire du commerce de la droguerie. Pour le sous-acétate de cuivre brut, il ne faut cependant pas accuser trop légèrement le fournisseur, car cette substance étant plus employée en peinture qu'en médecine, il paraît que ce produit est quelquefois additionné de plâtre pour lui donner différentes nuances qui sont recherchées par les consommateurs; ces disférences en font plusieurs qualités, qui ont cours dans le commerce de couleurs. Nous ne terminerons pas sans indiquer par quel moyen on peut séparer la plupart des impuretés que le vert-de-gris recèle quelquefois, les rafles de raisin, le marc de raisin, le plâtre, la craie, l'ocre vert sont celles qui s'y trouvent le plus souvent. On parvient à séparer ces différentes matières , en dissolvant le sel de cuivre dans I'acide sulfurique à 66°; étendant d'eau pour dissoudre le sulfate formé et laissant réposer pour obtenir le dépôt que les impuretés doivent former au fond du vase. Pour plus de clarté, nous dirons : prenez 4 grammes de vert-de-gris pulvérisé, versez-y dix grammes d'acide sulfurique du commerce , agitez avec un tube de verre pendant environ cinq minutes, versez par petites portions et en agitant, 50 grammes d'eau commune et laissez reposer pour permettre aux impuretés de se précipiter. Par son contact avec l'acide, le sel devient d'abord blanc, parce qu'il se forme du sulfate anhydre, mais l'eau qu'on ajoute après en opère la dissolution. Le vert-de-gris renfermant toujours du marc de raisin , il ne faudra pas condamner celui qui n'en contiendra que quelques traceS. La couleur plus pâle du vert-de-gris que nous avons analysé, pouvait déjà faire soupçonner la fraude; la différence était frappante lorsqu'on le comparait à un échantillon de bonne qualité. L'emploi de l'acide sulfurique à 66° nous a paru plus commode que celui de l'acide faible ; d'abord la dissolution s'opère plus facilement et sans avoir besoin de recourir à la chaleur, ensuite parce qu'il permet d'employer l'acide tel qu'il se trouve dans le commerce et qu'il écarte ainsi les doutes qui pourraient exister sur la dénomination d'acide faible. S'il est important de pouvoir constater la présence des impuretés qui souillent parfois l'acétate du cuivre brut, il ne l'est pas moins de pouvoir reconnaître l'égyptiac qui a été préparé avec ce produit frelaté. Le moyen employé pour séparer la brique, indiqué au commencement, moyen qui consiste à le traiter par l'acide azotique, puis par l'eau, suffit pour arriver au résultat désiré ; le carbonate de chaux , s'il en reste, fera,dans cette expérience, l'effervescence que les carbonates font avec l'acide azotique et les autres corps comme le plâtre, l'ocre vert, les débris de raisins se déposeront dans le liquide suffisamment étendu. La craie qui, dans la préparation de l'égyptiac, a dû former de l'acétate de chaux, pourrait être rendue plus apparente en dissolvant dans l'eau pure tout ce que l'égyptiac peut céder à ce liquide; la solution reposée laisse précipiter les parties insolubles dans lesquelles on peut facilement reconnaître la craie s'il en reste, et la liqueur filtrée laisse accuser la présence

d'un sel de chaux par les réactifs de cette base. (Annales de médecine vétérinaire.)

Plaarmaeie.

SUR L'HUILE ET LE GLvcÉRoLÉ DE MoRPHINE ; par M. SOUBEIRAN. — M. Lepage a constaté que la morphine ou les sels de cet alcaloïde ne sont pas plus solubles dans le chloroforme, qu'ils ne le sont dans l'huile d'olives ou d'amandes douces (1). Rien ne justifie donc l'usage, pourtant trèsrépandu dans certaines localités, d'une prétendue huile de morphine. Heureusement, on possède aujourd'hui un fort bon moyen d'y suppléer dans les glycérolés, récemment proposés par M. Cap. Voici , par exemple, la formule d'un glycérolé de morphine qui nous semble devoir remplir parfaitement l'emploi d'une embrocation sédative :

Acétate de morphine . .. 1 gram.

Glycérine. . . . . .. 100 Faites dissoudre à chaud ou à froid.

Cette formule n'est que provisoire; mais nous savons que les glycérolés, envisagés d'un point de vue général et particulier sont en ce moment l'objet d'une étude complète de la part de MM. Cap et Garot, qui ne tarderont pas sans doute à la publier. (Répertoire de pharmacie.)

[merged small][ocr errors]

dont on fait une masse pilulaire avec suffisante quantité d'extrait de chiendent que l'on divise en cent pilules, dont chacune contient 5 centigrammes de proto-iodure de fer inaltérable, lorsqu'elles ont été recouvertes d'un mélange de sucre, d'amidon et de gomme arabique en poudre.Ces granules ainsi constitués sont d'une solubilité complète, et l'on n'a point à redouter qu'ils résistent, comme cela a lieu pour certaines pilules décorées du même nom, à l'action dissolvante de l'estomac. Ils offrent un autre avantage non moins précieux , c'est de constituer un médicament toujours identique et parfaitement inaltérable , dans lequel la saveur désagréable du proto-iodure de fer est entièrement dissimulée. L'expérience journalière des praticiens de nos localités, ayant

(1, Voir notre cahier de mai, page 458.

« PrécédentContinuer »