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eomprimer la radiale et la cubitale à l'avant-bras, de recourir à une ligature artérielle. M. Alquié a choisi l'humérale, comme devant empêcher l'abord du sang d'une manière complète; l'événement a prouvé que les collatérales du coude étaient suffisantes pour ramener rapidement le sang dans les artères de l'avantbras.

4° La ligature de l'artère eubitale est le moyen qui a définitivement empêché le sang d'arriver dans la tumeur, et qui a amené la guérison : on peut donc supposer que si cette même opération eût été pratiquée dès le début elle aurait cependant produit le même effet. Il est fort possible que la ligature préalable de l'humérale, en ralentissant le cours du sang dans la radiale, ait favorisé le succès de l'opération qui a suivi ; mais dans le cas où, après avoir de prime-abord lié la cubitale, les battements de la tumeur auraient persisté, on aurait toujours pu lier la radiale, ce qui aurait eu moins d'in#io que la ligature de l'huméTale.

ExTRAcTIoN D'UN coRPs ÉTRANGER DU CONDUIT AUDITIF PAR UN PRoCÉDÉ PARTICUuER; par M. le docteur SIRUS-PIRONDY, chirurgien en chef à l'Hôtel-Dieu de Marseille, etc. On a souvent cité les deux fameuscs observations publiées par Fabrice de Hilden et par Sabatier, pour prouver la gravité des accidents généraux auxquels peut donner lieu l'introduction d'un corps étranger dans l'oreille. Sans doute les choses ne se passent pas toujours d'une manière aussi fâcheuse ; mais si cet accident n'est que très-rarement assez grave pour compromettre l'existence des individus qui en sont atteints, il peut cependant avoir des conséquences regrettables. parmi lesquelles on a de tout temps signalé la surdité. Cela dit, et ces réflexions étant, du reste, familières à tous les praticiens, lorsqu'on se trouve en présence d'un cas de cette nature, deux indications sont immédiatement à remplir : 1° S'assurer que le corps étranger est encore dans le conduit auditif, précaution indispensable lorsqu'on connaît les faits remarquables relatés par Boyer ; , 2° Extraire le plus tôt possible le corps etranger. Malgré les nombreux moyens proposés dans ce but, cette seconde indication est souvent beaucoup plus difficile à remplir que la première, et les difficultés tiennent

ici autant à la nature du corps étranger lui-même, qu'à la manière dont il est implanté dans le canal auriculaire , et au laps de temps depuis lequel cette implantation a eu lieu. Toutes ces circonstances exercent indubitablement une influence marquée sur les moyens auxquels il faut avoir recours pour procéder à l'extraction, et sur les résultats qu'on peut en espérer; d'où il suit qu'il faut se résigner à agir chaque fois comme on peut, et chercher pour ainsi dire, pour chaque nouveau cas, quelque nouvelle ressource chirurgicale. Je ne sais si le moyen que j'ai employé a été mis en usage par d'autres avant moi. Les injections forcées sont connues depuis longtemps , et presque tous les auteurs en parlent comme d'un moyen fort dangereux; mais je n'ai trouvé nulle part qu'on ait fait usage d'injections lentes, et encore moins, pratiquées par l'instrument auquel j'ai eu recours. Quoi qu'il en soit, je pense qu'on ne lira pas sans quelque intérêt les détails du fait suivant que j'ai recueillis. OBsERvATIoN. Un jeune agent de change près la place de Marseille assistait, il y a quelques mois, à ce qu'on appelle la tenue du parquet, lorsque, par distraction ou par tout autre motif, il porta vivement à l'oreille un crayon qu'il tenait de la main droite, et, par un mouvement brusque, l'enfonça assez profondément pour ressentir une très-vive douleur. Le crayon fut promptement retiré, mais une virole en ivoire qui le surmontait resta engagée dans le conduit auditif. J'ai pu vérifier plus tard que cette virole avait 8 millimètres de hauteur sur 6 de diamètre. Ce jeune homme eut la malheureuse idée de chercher à extraire la virole en y réengageant le crayon, et, tout naturellement, le résultat de cette manœuvre fut de l'enfoncer encore plus profondément et d'accroître la douleur déjà très-vive. Mandé auprès de lui quelques heures après l'accident, il me fut facile de constater la présence du corps étranger, mais impossible de le saisir, soit avec des pinces très-fines, soit avec un petit crochet à faible courbure. Je n'avais pas à ma disposition la canule plate à ressort, si ingénieusement imaginée par M. Vidal de Cassis; mais, du reste, le gonflement du tégument auriculaire étant assez avancé déjà pour former une espèce de bourrelet en avant dc la virole, il m'eût été impossible de me servir de cette canule plate, de même qu'il m'a été impossible d'engager un mors de la pince et le bout du crochet.

Cependant l'intensité de la douleur, la marche rapide du gonflement, et surtout la grande irritabilité du malade, commandaient impérieusement d'extraire le corps étranger le plus promptement possible. Je réfléchis de nouveau à ce qu'il y aurait à faire, et voici à quoi je m'arrêtai : Je pris la petite seringue d'Anel, et je l'armai de sa plus longue canule, dont l'extrémité, comme on le sait, est en or extrêmement mince, et n'offre presque que l'épaisseur d'un crin. Je chargeai l'instrument avec de l'eau légèrcment tiède, et j'engageai la canule le long de la paroi inférieure du eonduit, et, en arrivant à la hauteur du corps étranger, je pressai doucement sur le bourrelet tégumentaire, de manière à pénétrer, avec la pointe de l'instrument, entre la peau et la virole. Cette première partie de la manœuvre ayant réussi, j'augurai bien du reste, et je poussai tout doucement le piston, de façon à faire pénétrer le liquide goutte à goutte entre le tégument et la virole. Au bout de quelques instants, j'eus la satisfaction de m'apercevoir que le corps étranger, poussé par ce levier hydraulique, avait exécuté un léger mouvement de dedans en dehors et de bas en haut. Je retirai alors la canule ; j'introduisis de petites pinces , dont un mors pût facilement passer entre la virole et la peau, et l'extraction eut lieu sans difficulté. Inutile d'ajouter que ce jeune homme fut immédiatement soulagé , et que ce petit accident n'a eu pour lui aucune suite. Je ne sais, je le répète, si ce même moyen a été employé par d'autres, et je sais bien moins encore si, dans une circonstancc analogue, il nous fournirait le même résultat. Deux motifs cependant m'engagent à publier ce fait : la simplicité du procédé mis en pratique, et la facilité d'avoir toujours sous la main les instruments nécessaires. (Revue thérapeutique du Midi.)

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choire est immobile, la bouche légèrement ouverte; et que l'action des muscles procure généralement la réduction spontanée. A. Cooper ne dit rien de la position du menton ; et dans un cas rapporté par Bénévoli, où les muscles seuls réduisirent le déplacement, la bouche précisément était extrêmement ouverte, non pas absolument immobile, et le menton ne faisait pas saillie en dehors. Ce dernier phénomène m'avaît singulièrement frappé, et j'en avais cherehé vainement un autre exemple, quand je viens d'en avoir un sous les yeux. Or, les mâchoircs étaient fort écartées, et cependant la mâchoire inférieure encore assez mobile ; mais l'absence de projection du menton en avant était extrêmement remarquable. Un autre point intéressant à noter, c'est la résistance de la luxation au procédé renouvelé par M. Nélaton. Maintenant comment expliquer tous ces phénomènes ? Je suis obligé de confesser mon insuffisance à cet égard. Voici l'observation. Ons. — Le 5 septembre 1855, se présenta à moi la nommée Mail (Anne), âgée de 50 ans, demeurant Faubourg-du-Temple, 66. Il y a dix ans, elle se fit pour la première fois, en bâillant, une luxation du maxillaire inférieur : les mâchoires restaient entr'ouvertes, surtout du côté droit ; la salive coulait abondamment par la bouche qui, ainsi que le menton, étaient déviés à gauche. C'était donc une luxation unilatérale du côté droit. La malade vint à Saint-Louis pour consulter M. Jobert ; mais en entrant dans la salle, dit-elle, ayant tourné brusquement la tête à droite, elle entcndit une sorte de craquement, et se trouva avec sa luxation réduite. Dans les deux ans qui suivirent, la même luxation s'est reproduite plusieurs fois par le même mécanisme, et avec les mêmes symptômes. — La réduction s'en faisait spontanément; pour cela la malade n'avait qu'à fléchir la tête et contracter fortement ses masséters. Environ trois ans après la première luxation, elle s'en fit une nouvelle, mais cette fois bilatérale; le menton était fortement abaissé sans être dévié ni à droite ni à gauche. La malade chercha à la réduire. mais le moyen qui lui avait si bien réussi échoua complétement cette fois. M. Jobert la réduisit par le procédé ordinaire, avec les pouces appuyés sur les dents molaires. Depuis ce temps-là, la luxation s'est reproduite deux ou trois fois, toujours en bâillant et toujours bilatérale. La malade la réduisait presque immédiatement par le même moyen, c'est-à-dire en fléchissant la tête ct contractant les masséters. Il y a deux ans, survint une récidive qu'elle ne put réduire; le lendemain matin elle vint à Saint-Louis, où l'interne de garde fit la réduction; la malade dit qu'elle fut très-longue et très-pénible, et ne dura pas moins de 20 minutes. Depuis un an elle a eu encore trois récidives, l'une pour laquelle elle est venue à Saint-Louis, les deux autres qu'elle a pu réduire ellemême. Enfin, aujourd'hui 5 septembre, elle s'est encore fait une luxation en bâillant. La luxation est bilatérale : la bouche parait médiocrement ouverte, à raison du rapprochement des deux lèvres, bien que les dents incisives des deux mâchoires soient écartées de deux centimètres et demi. Je dis à la malade d'ouvrir sa bouche le plus possible ; la mensuration nous donne cette fois entre les dents 3 centimètres. Il y avait des douleurs assez vives dans la région zygomatique lorsque la malade cherchait à écarter ou à rapprocher ses mâchoires ; mais ce qui était surtout frappant et ce que je fis remarquer aux assistants, c'est que la mâchoire inférieure n'était pas portée en avant, mais abaissée directement, et les dents incisives restant en arrière de celles de la mâchoire supérieure comme à l'état normal. L'aspect extérieur de la face était du reste celui d'un bâillement permanent : le menton abaissé ct porté en arrière; les joues allongées, creuses ; au-devant de l'oreille se voyait un vide, mais peu étendu et dans lequel je ne pouvais engager l'index que par le côté. Je cherchai les apophyses coronoïdes, soit en dehors, soit par la bouche, sans pouvoir saisir nettement leurs rapports avec les os zygomatiques; j'ai déjà dit d'ailleurs que la malade abaissait librement le menton d'un demi-centimètre. L'articulation des mots était difficile, mais la malade se faisait assez bien entendre. Tout ceci examiné avec soin, j'essayai la réduction par le procédé de M. Nélaton. D'abord, placé en avant, je fis ouvrir modérément la bouche à la malade, j'appuyai doucement les pouces sur les deux apophyses coronoïdes pour les repousser en arrière ; rien ne bougea. Je me plaçai derrière la femme, et appliquant mes pouces sur son occiput, avec les indicateurs et les médius je pressai d'arrière en avant sur les apophyses; même insuccès.Alors, placé de côté, je saisis la mâchoire inférieure en avant, embrassant à la fois le menton et les incisives à la manière d'Hippocrate; je lui imprimai de légers mouvements pour éviter la contraction muscu

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laire, et saisissant un moment où la malade ne s'y attendait point , je poussai en arrière et j'échouai encore. Alors , de guerre lasse, je portai les pouces sur les côtés de l'arc dentaire, et pressai sur le corps de l'os en le repoussant en arrière ; la réduction se fit à gauche , je renouvelai la manœuvre à droite et réussis également.

J'examinai alors les rapports des incisives ; elles n'offraient rien de particulier. J'invitai la malade à ouvrir la bouche ; à l'instant la luxation se reproduisit avec les mêmes circonstances. J'en profitai pour rechercher plus attentivement les rapports des os, me craignant plus de réduire trop vite; je ne trouvai rien qui m'expliquât cette étrange position de la mâchoire. Je voulus encore tenter le procédé de M. Nélaton ; ce fut avec le même insuccès, tandis que la pression avec les pouces réussit même plus rapidement que la première fois.

(Revue médico-chirurgicale.)

OBsERvATIoN DE LUxATIoN INCoMPLÈTE DU CUBITUs EN ARRIÈRE DE L'HUMÉRUs, IRRÉDUCTIBLE AU BoUT DE DEUx JoURs , par M. LAMARE fils, D.-M. à Honfleur. — Cette variété de luxation étant fort rare , il importe d'en rassembler les nouveaux cas qui se présentent, et surtout d'en apprécier la valeur; c'est ce qui nous a engagé à reproduire l'observation suivante.

OBs. — « Le 25 janvier dernier, un charpentier tomba d'une hauteur d'environ 7 mètres. Le médecin qui le vit après l'accident constata les effets d'une commotion cérébrale, et les signes d'une violente contusion du coude au bras droit. Un engorgement considérable avait déjà envahi le membre blessé ; mais la facilité avec laquelle s'exécutaient les mouvements de l'articulation huméro-cubitale , et l'absence de signes appréciables d'une luxation, firent d'abord porter le diagnostic d'une contusion sans complication. Aussi se borna-t-il à entourer le bras de cataplasmes émollients, et se mit-il en devoir de combattre par un traitement convenable les accidents qui devaient se manifester du côté du cerveau. Le 27, le gonflement inflammatoire avait notablemcnt diminué ; mais comme le mouvement de flexion ne pouvait pas être complet, un nouvel examen eut lieu. J'y assistai; en voici le résumé.

« Pas de raccourcissement du membre, qui n'offre aucune déviation ni déformation sensible; le triceps et ie biceps ont conservé leurs rapports. Lc diamètre bilatéral au niveau du coude n'est pas augmenté. Peut-être y a-t-il un peu plus d'étendue dans le diamètre antéro-postérieur ; mais le gonflement du membre ne permet pas de le mesurer exactement. » Les mouvements de l'articulation ne sont pas notablement gênés quand on ne les force pas. Abandonné à lui-même, l'avant-bras se place en pronation et dans la demi-flexion ; néanmoins, on peut le porter alternativement dans le sens de la pronation et de la supination, sans que le blessé se plaigne. Pendant ces mouvements, le doigt constate nettement la rotation de la tête du radius et son contact persistant avec l'épicondyle de l'humérus (sic). La flexion est le mouvement qui a le moins d'étendue ; quand on veut le faire complétement, on éprouve de la résistance, et le malade accuse de la douleur. Dans le mouvement d'extension, le toucher fait reconnaître la situation respective des tubérosités de l'humérus et de l'olécrâne, qui n'est pas remontée au-dessus de son niveau ordinaire. Seulement, cette éminence forme sous la peau une saillie plus grande, et n'offre pas autant d'étendue suivant le diamètre bilatéral. » Au-dessous de l'olécrâne et derrière l'épitrochlée, on sent une dépression assez profonde qui est limitée par une crête osseuse concave, et qui est produite par la configuration anatomique du bord interne de la grande cavité sigmoïde du cubitus. » Quand le bras est dans la demi-flexion, on parvient avec quelques efforts à produire un léger bruit de crépitation par le frottement des nouvelles surfaces articulaires et l'ébranlement de l'apophyse olécranienne , mais les mouvements de latéralité sont très-bornés. » Dans l'espèce, j'ai diagnostiqué une luxation incomplète de l'extrémité supérieure du cubitus, qui s'est déplacé de dedans en dehors et d'avant en arrière en pivotant sur son axe, de sorte qu'il n'a plus d'autre point de contact avec l'humérus que la moitié externe de la grande cavité sigmoïde. » Il a été impossible, après plusieurs tentatives , d'opérer la réduction de cette luxation. Mais comme le membre a conservé des mouvements d'une certaine étendue, nous avons cru que le traitement devait désormais avoir pour but d'éviter l'ankylose des nouvelles surfaces articulaires. » Cependant, avant de prendre cette résolution, nous avons fait constater la luxation par un troisième médecin. La facilité avec laquelle il provoqua les mou

vements du membre malade , et un examen trop précipité, lui firent d'abord nier la possibilité d'une luxation. Mais une étude plus sérieuse des symptômes l'a fait revenir de son erreur. » Il y a , dans cette observation, de nombreuses lacunes. Ainsi M. Lamare n'a pas recherché si l'humérus faisait saillie en avant du cubitus, il n'a pas mesuré la distance de l'épitrochlée à l'olécrâne ; il n'a pas eu l'idée, qui semble se présenter ici si naturellement , d'une fracturc de l'apophyse coronoïde. Nous l'engageons vivement à revoir son malade et à préciser plus exactement les rapports des deux os ; en cherchant d'ailleurs à reproduire sa luxation même avec des os secs , il se convaincra facilement que, dans une luxation incomplète sans fracture, le cubitus touche l'humérus par le bec coronoïdien, et non par le côté externe de l'échancrure sigmoïde. De même, il eût été à désirer qu'il indiquât les procédés qu'on a mis en usage. Nous savons trop quelles difficultés offrent parfois les luxations les plus légères en apparence, pour dire que celle-ci aurait cédé à des tractions et des pressions convenablement combinées ; cependant, commenous n'avons jamais rencontré d'obstacles insurmontables dans les luxations du coude datant de deux jours, nous ne saurions nous expliquer la résistance que le chirurgien a rencontrée ici. (Revue médico-chirurgicale de Paris.)

EMPLoI DU PERCHLORURE DE FER coNTRE DEs HÉMoRRHAGIEs CoNsÉcUTIvEs AU CANCER Du coL DE L'UTÉRUs. — Nous avons employé avec avantage, dit M. Remilly, le perchlorure de fer contre les hémorrhagies utérines qui accompagnent si fréquemment le cancer du col. C'est en injections qu'il a été alors administré, à la dose de 15 grammes de perchlorure (1) pour 25O. grammes d'eau. Voici plusieurs exemples de son utile application contre ces hémorrhagies tenaces, rebelles, amenant si rapidement l'anémie, l'anéantissement des malades, et qui sont le plus souvent si disficiles à maîtriser.

Chez une première malade couchée au n° 6 de la salle de Sainte-Marthe , âgée de soixante ans, et atteinte de cancer de l'utérus et d'anémie consécutive, il y avait douze jours que des pertes allaient en augmentant, de telle sorte que plusieurs

(1) La préparation livrée aux hôpitaux par la pharmacie centrale est la solution à 45 degrés,. et complétement neutre.

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fois par jour cette malade perdait des caillots du volume du poing. Deux injections sont faites le 12 septembre, à cinq minutes de distance ; elles arrétent l'hémorrhagie pendant trois jours. Le 15, le sang reparait; la malade tache son linge en rouge dans une étendue de la largeur des deux mains ; deux nouvelles injections sont faites, le sang s'arrête immédiatement, mais revient dans la nuit peu abondamment. Le 16 et le 17, on continue les injections sans pouvoir faire cesser complétement l'hémorrhagie. Le 18. après les deux injections, la malade pâlit et est prise d'une défaillance qui paraît avoir pour point de départ les symptômes locaux déterminés par les injections elles-mêmes; savoir : gonflement et tension douloureuse des parties génitales, qui se dissipent dans l'espace d'une ou deux heures. A cette occasion, la malade nous raconte qu'elle est sujette depuis longtemps à ces sortes de défaillances qui seraient produites par des eauses physiques ou morales souvent fort légères. L'examen du cœur nous fait constater l'existence d'une hypertrophie avec dilatation. On suspend les injections. Le 19, la malade est changée de salle, et pendant le transport est prise d'une perte assez abondante, qui s'arrête seulement au bout d'une heure. Dans la journée et dans la nuit du 26, elle rend encore quelques caillots ; une injection de perchlorure, qui, cette fois, ne reproduit pas de défaillance, fit disparaitre l'écoulement, et depuis cette époque, c'est-à-dire du 26 octobre au 19 novembre, la malade n'a éprouvé parfois qu'un sentiment de pesanteur à l'hypogastre, et n'a plus perdu de sang. Chez une seconde malade, couchée au n° 14 de la même salle, âgée de quaranteneuf ans, et atteinte de fongosités du col molles, s'écrasant sous le doigt, d'où un écoulement de sang noir et fétide, deux injections de perchlorure ont été faites le 10 novembre contre une hémorrhagie abondante. La première injection à elle seule a fait disparaitre l'écoulement presque immédiatement. Le lendemain , une seconde perte a lieu ; une injection ne peut l'arrêter , mais la malade dit ellemême que la canule a été mal introduite. Le 15, une injection modère immédiatement et très-notablement l'écoulement de sang. Depuis, la malade n'a plus que des pertes blanches, à peine teintes de sang. Chez une troisième malade, âgée de quarantc-huit ans, couchée au n° 10 de la

salle Sainte-Cécile, et atteinte d'un encéphaloïde du col de l'utérus , à la suite d'hémorrhagics abondantes, on fait, le 7, le 8 et le 9 novembre, des injections de perchlorure qui modèrent l'écoulement. La malade se plaint que ces injections exagèrent la cuisson habituelle de ses parties génitales ; depuis cette époque, elles ont été suspendues, il n'y a plus eu d'hémorrhagie sérieuse , et la malade rend seulement, malgré elle, scs urines et ses matières fécales teintes de sang. Enfin, chez une quatrième malade, âgée de quarante-et-un ans, couchée au n° 3 de la même salle, et atteinte de tumeurs abdominales multiples, paraissant adhérentes à l'utérus, et de polypes de la cavité utérine, les injections de perchlorure de fer, faites pendant quatre jours, n'ont pas modifié les hémorrhagies. Mais nous devons faire remarquer que, chez cette malade, le col est sain, et que si le perchlorure n'a pas agi , c'est que les injections n'ont pu parvenir jusqu'aux parties d'où naissait l'écoulement. Il résulte de ces faits, dit M. Remilly, que le perchlorure de fer a été réellement utile pour arrêter les hémorrhagies provenant d'affections cancéreuses du sein et de l'utérus; qu'il a ainsi retardé les progrès de l'anémie et prolongé l'existence des malades. Il est impossible de dire quelle a été, et quelle pourra être dans l'avenir l'influence de cet agent hémostatique sur l'affection cancéreuse elle-même. Il est toutefois permis de penser qu'il viendra en aide aux traitements toniques, ferrugineux et autres, employés si souvent sans le moindre succès pour combattre le cancer et ses complications. (Bulletin général de thérapeutique.)

AvoRTEMENT A sIx MoIs DE GRossEssE AYANT POUR CAUSE DES HYDATIDES DU PLAcENTA ; par M MELCIEUL.

OBs. — Héloïse Allain, femme Grandin, âgée de 28 ans, d'un tempérament lymphatique très-prononcé, mariée à 26 ans , a eu un premier accouchement à 27 ans. Le travail s'est opéré naturellement. L'enfant vit encore , mais est de chétive appaTenCe.

Dans les premiers jours de mars 1852, cette femme devint enceinte pour la deuxième fois. Pendant les deux premiers mois , la grossesse ne présenta rien de particulier; mais , à partir du mois de mai , il se manifesta une série d'accidents qui, à plusieurs reprises, firent courir à la malade les plus grands dangers : vomisse

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