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valvulaire. Cette communication qui tend à confondre les deux cavités, est la cause de cet état de développement du cœur, que l'on a appelé hypertrophie excentrique. Dans ce cas, le sang reflue contre son cours ordinaire et donne lieu à toutes les conséquences qui se produisent dans cette affection, telles que les congestions, les apoplexies pulmonaires, les pouls veineux, les infiltrations des extrémités inférieures d'abord et de tout le tissu cellulaire ensuite. Les affections du cœur et leurs conséquences arrivées à ce point ne proscrivent pas mêmc l'usage de la saignée ; et que ceux qui vantent les bons effets des diurétiques, du fer, de la digitale, etc., ne viennent pas nous raconter les heureux résultats qu'ils ont obtenus, nous ne pouvons pas ajouter la moindre foi à de semblables succès. Nous sommes d'avis que dans ces cas , bien graves sans doutc, il est impossible de rétablir les sécrétions, et en particulier les sécrétions urinaires, avant d'avoir porté remède aux altérations de la circulation. Nous préconisons donc encore ici l'usage de la saignée générale même appliquée à la jugulaire, lorsque l'infiltration rend impossible l'ouverture de la veine au pli du coude. En pareilles circonstances, le sang n'est extrait de la veine que dans le but de la désemplir, de faciliter la respiration et la circulation à travers les poumons et le cœur, de favoriser la rentrée dans les gros vaisseaux des fluides qui engorgent les capillaires des parenchymes et de reconstituer autant que possible l'ensemble de la circulation sous la dépendance de laquelle se trouvent toutes les sécrétions. L'observation et l'autorité de la science étayent ce fait, que la respiration plus libre, conjointement avec une moindre quantité de sang, suffit pour reproduire des actes fonctionnels suspendus, tels que la calorification et les sécrétions, La saignée doit donc ici être employée sous un point de vue tout mécanique. C'est souvent pour n'avoir pas poussé assez loin les déplétions, que le médecin, retenu par la timidité ou la crainte, n'a as atteint le but. A quoi bon d'ailleurs ce sang ralenti dans sa marche, engorgeant les viscères, les vaisseaux capillaires, et portant avec lui à peu près les caractères du sang de l'asphyxié? La première saignée doit souvent être plus copieuse que les suivantes ; dans d'autres circonstances moins ordinaires, elle sera plus petite, mais aussi plus fréquemment répétée. C'est à la sagacité du médecin à tenir compte à cet égard de la

constitution du sujet et de la gravité de l'indication. La diète rigoureuse et le séjour au lit sont inséparables d'un traitement de cette nature. Le lait coupé doit suffire, pendant plusieurs jours, à la nourriture des malades, afin de laisser à l'économie le temps de réparer les conséquences de la saignée et les désordres consécutifs de la circulation. C'est au moment où la peau seréchauffe, où les urines tendent à se rétablir, où un mieux apparent se manifeste, que les agents diurétiques trouvent leur application, et produisent d'heurcux résultats en favorisant les tendanees fonctionnelles. Avant ce moment ils seront sans esset. Les maladies du cœur arrivées à ce haut point de développement, exigent l'attention du médecin, spécialement en ce qui concerne les infiltrations. La sérosité des infiltrations, quelle que soit leur étendue, exerce sur le tissu cellulaire qui les renferme et même sur le parenchyme des viscères, une action de macération et de déplacement des plus fâcheuses. Elle ramollit constamment ce tissu, au point de pouvoir être déchiré avec la plus grande facilité. C'est à cette époque de l'infiltration que les érysipèles suivis de sphacèle, se produisent instantanément. Leur siége le plus ordinaire est le scrotum, le haut des cuisses et le pli de l'aîne. Ces accidents sont toujours mortels si l'on n'y apporte un prompt remède. Il importe donc d'avoir immédiatement recours aux searifications pratiquées à la partie interne des jambes au-dessus des malléoles, à l'endroit où siégent le plus ordinairement les ulcères atoniques. Les scarifications pratiquées au scrotum sont nuisibles ou sans résultat pour l'écoulement des liquides des extrémités ; celles que l'on pourrait faire à la partie interne des cuisses sont graves et dangereuses, tandis que celles que l'on pratique à la partie interne des jambes sont sans inconvénient et opèrent, appliquées aux endroits les plus déclives, sur toutes les extrémités ct même sur le tronc. Quant aux sérosités qui occupent les membres supérieurs, c'est à la face dorsale de la main qu'il faut en établir l'issue. Les raisons que nous avons données doivent faire comprendre que l'emploi des scarifications doit coïncider avcc le traitement indiqué plus haut. Ce traitement, qui offre quelque rapprochement avec celui de Valsalva, n'est toutefois applicable, avec un grand espoir de succès, qu'aux personnes dont l'âge n'est pas trop avancé. Si des symptômes aussi fâcheux, suite des maladies du cœur,

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se présentaient dans un âge rapproché de la vieillesse, l'espoir de réussir serait illusoire, et sans perdre de vue les motifs qui nous ont fait poser les bases de notre traitement, nous abandonnerions plus volontiers au temps, au régime et aux dérivatifs, en un mot aux palliatifs, le soin de prolonger l'existence du malade. Le bandage circulaire et compressif peut avoir d'heureux résultats sur la peau et le tissu cellulaire qui ont été longtemps baignés et distendus par les sérosités ; il est propre à rendre à l'une et à l'autre la tonicité qu'ils ont perdue par l'action de ces fluides. On pourra en faire usage sans inconvénient, lorsque les urines auront rcpris leur cours. L'état du bas-ventre et des viscères qu'il renferme, exige aussi une attention spéciale de la part du médecin. Le volume de cette région, la matité qu'elle présente généralement sur tous ses points et notamment dans les endroits occupés par les grands viscères parenchymateux, la coloration blcuâtre de la membrane muqueuse de l'anus sont une nouvelle preuve de l'engorgement de la circulation du système de la veine-porte et des organes dans lesquels il prend son origine. Poussé plus loin, cet engorgement peut, par le suintement, donner lieu aux selles sanglantes. C'cst en considération de cet état des viscères du bas-ventre, qu'une diététique sévère doit être longtemps suivie, c'est en considération de ces lésions, qui vont quelquefois jusqu'aux ecchymoses dans les parenchymes, que l'on doit prescrire, comme produisant les meilleurs résultats, les aliments légers, féculents ou lactés, pris à des distances éloignées et en petite quantité. Dans des affections semblables, une insistance prolongée dans ces moyens bien entendus, constitue une condition sans laquelle le succès est impossible. Le pronostic des altérations de tissus esttoujoursgrave. Cependant nous croyons devoir appeler ici l'attention sur une lésion du cœur que l'on rencontre chez les jeunes gens de dix-sept à vingt ans, et qui consiste dans la violence des battements du cœur, dans des palpitations, etc. Cette affection est généralement le résultat d'un développement irrégulier et trop rapide de l'organe principal de la circulation ; les jeunes filles le mieux constituécs en sont souvent atteintes à l'époque de leur nubilité. Prise tantôt pour une hypertrophie, d'autres fois pour l'effet de la chlorose, elle met l'usage du fer en défaut. Le temps, l'éloignement de toute stimulation alimentaire, les exercices corporels, une saignée, l'usage auxilliaire des sédatifs de la fibre

musculairc, l'apparition de la menstruation chez les femmes, dissipent ces accidents. Cependant, nous ferons remarquer que l'existence de la chlorose favorisée par l'âge de l'adolescence, peut coïncider avec ce développement du cœur et donner lieu à une perturbation de battements qui ferait croire à la présence d'une aflection organique très-avancée. Dans ce cas, la médication appliquée à la chlorose, venant à calmer les désordres de la circulation, a pu donner lieu de penser que les affections organiques du cœur trouvaient un traitement efficace dans l'usage des toniques et des ferrugineux. Comme les bronchites, les altérations du cœur sont susceptibles de passer de l'état chronique à l'état aigu par l'influence des causes morbides nouvelles auxquelles la circulation peut être souIIllSto. Les révulsifs appliqués aux maladies du cœur, ont des résultats douteux, et si nous excluons les affections qui appartiennentaux enveloppes du cœur, nous avouons avoir obtenu de cette médication peu d'effets avantageux. Parmi eux cependant,. entre tous, nous préférons le séton. Il n'en est pas de même des sécrétions provoquées par l'action sur le tube intestinal, des purgatifs, tels que les agents minoratifs, les sels de soude et de potasse, etc. Leur administration, plus ou moins rapprochée, non-seulement est sans danger , mais est fréquemment suivie d'heureux résultats, Nous ne croyons pouvoir trop insister sur l'influence du régime dans le traitement des maladies chroniques. Il renferme les moyens les plus efficaces d'amélioration et de guérison si elle est possible. Que sont, à côté du régime, les prescriptions officinales, dont l'action contre une altération matérielle résistante est nulle ou passagère, et dont, par conséquent, l'effet dans l'occurrence ne peut être qu'auxiliaire? C'est mal apprécier les lésions que de vouloir les combattre instantanément ou les guérir en toute circonstance. Cette prétention exorbitante, nonseulement peut être un obstacle à l'amélioration de l'état du malade, mais même devenir la cause des plus redoutables accidents. La micrographie et la chimie organique ont, à notre époque, rendu d'incontestables services à la médecine, et les traités d'hématologie ont replacé le fluide incitatif de la vie par excellence, dans le domaine des sciences anatomiques et physiologiques d'où les solidistes et les vitalistes semblaient l'avoir exclu. C'est en replaçant le sang et tous les fluides récrémentiels dans la catégorie des systèmes organiques susceptibles d'altérations que ces traités ont rendu de récls services. Des savants, en France comme en Allemagne, et parmi eux nous devons spécialement citer M. Andral, nous ont, sous ce rapport, fourni les moyens d'étendre le cercle de nos recherches. Mais voir dans le microscope, dont les limites sont aussi bornées, et au delà desquelles surgissent des systèmes si hasardés, autre chose que des moyens d'investigation, c'est ce qui nous est impossible. L'anatomiste et le physiologiste ont droit de s'applaudir de posséder ces moyens d'inspection et d'analyse ; mais ce serait transformer le véritable intérêt qu'offrent ces sciences en une source d'erreurs, que de céder à leurs prétentions et de les laisser primer l'organisme humain, tant sous son point de vue anatomique que sous son point de vue physiologique. Ainsi, selon nous, l'usage du microscope doit succéder à celui du scalpel, et la chimie dans ses évaluations quantitatives, dans les renseignements qu'elle peut nous fournir sur les proportions constitutives des parties qui composent nos fluides, et sur leurs altérations mêmes, ne suffit point au médecin pour asseoir ses indications thérapeutiques. C'est donc, selon nous, une erreur de s'occuper trop attentivement dans le traitement des maladies chroniques des principaux organes de la circulation, d'un peu plus ou d'un peu moins de fibrine, ou, si l'on veut, de globuline. Si l'on prête une attention trop sérieuse à l'état du sang dans ces affections, on sera nécessairement conduit à conseiller l'usage d'un régime animal soutenu, le plus ordinairement nuisible, dans le but de remédier à l'atonie générale et aux infiltrations. Quel danger peut-il résulter de la présence d'un sang moins excitant, moins nutritif ? Quelles conséquences fâcheuses peuvent produire un peu de pâleur, un peu moins de chaleur à la peau, un pouls moins fort, lorsque les fonctions principales s'exécutent avec une facilité et une régularité qui témoignent d'une amélioration , et lorsque l'expérience démontre que ce n'est que dans cet état de la circulation que les accidents consécutifs se dissipent par la résolution ? Ne voit-on cependant pas tous les jours, dans le traitement des affections dont nous nous occupons, avoir recours à un régime plus substantiel même que celui qui conviendrait à une personne bien portante ct livrée à des travaux fatigants? Cet empressement à reconstituer les forces, provoqué par la crainte peu fondée

de la faiblesse symptomatique, est la causc non-seulement d'insuccès, mais souvent d'accidents beaucoup plus graves. Fort de l'expérience , nous repoussons l'usage d'une diététique aussi mal entendue. Nonseulement on ne peut, dans le but de combattre une anémie concomitante ou suite d'une altération des principaux organes de la respiration, composer les nourritures de viandes rôties et de bouillons réparateurs, mais les substances qui composent l'alimentation doivent être légères, féculentes et albumineuses, et les repas doivent se succéder à des intervalles assez longs. Les décoctions amères seront généralement d'un heureux usage. Les altérations consécutives dont le tube digestif et ses annexes sont le siége, exigent ces mesures diététiques. Les malades et le médecin ne sauraient, nous le répétons, montrer sur ce point trop de sévérité. Ce n'est qu'au moment où l'état des organes touchera à ces conditions normales que l'on pourra, sans crainte de voir la maladie récidiver, se départir de cette sévérité et faire des concessions aux désirs du malade. Si nous insistons aussi fortement sur le régime, c'est que nous en avons apprécié toute l'influence. Nous connaissons trop l'entraînement des malades à suivre leurs habitudes, à rechercher mêmc les plaisirs, sans compter avcc la gravité des lésions dont ils sont atteints. Mais, après une saignée plus ou moins copieuse , répétée même au besoin plusieurs fois, pour faciliter la marche du sang dans les poumons et le cœur, pour exciter les résorptions des fluides stagnants et épanchés dans les viscères, faut-il immédiatement reconstituer les globules, en cherchant inutilement à animaliser le sang par la production d'un chyle plus substantiel, et cela pour remédier à des accidents dont les altérations pulmonaires et cardiaques sont la source? Mais à quel autre moyen aurait-on recours si l'on voulait produire les accidents que l'on cherche à combattre, les lésions de la circulation , les accès d'asthme, les congestions pulmonaires ? Que ferait-on, si l'on voulait obtenir un résultat tout contraire à celui que l'on désire ? Pourquoi donc chercher à fournir une chaleur inutile au corps, de la coloration au visage, de la vitesse et dc la force à la circulation ? Agirait-on autremcnt, si l'on voulait élever l'état chronique à un état aigu, provoquer des réactions fébriles, etc. ? Selon nous, c'est à ces moyens qu'il faudrait avoir recours. L'introduction dans les voies respiratoires et dans le sang artériel des vapeurs de substances sédatives, telles que la digitale, la belladone, est d'une heureuse application, lorsque la fréquence du pouls appartient exclusivement à l'irritabilité musculaire des cavités gauches du cœur. L'exercice dans des rapports mesurés aux forces et à l'aptitude du malade, est indispensable. Les fortes émotions et les travaux pénibles doivent être proscrits, plus particulièrement dans les affections du cœur. La chaleur du corps , et surtout des pieds, prend une place essentielle dans le traitement ; c'est pourquoi les vêtements de laine sont préférables. L'air de la respiration doit être doux et pur, d'une température de 14 à 16°. Les transitions du chaud au froid sont funestes , c'est pour cette raison que les saisons d'automne et d'hiver sont loin d'être favorables au traitement de ces maladies, et que l'on ne saurait trop s'efforcer d'en neutraliser les mauvais effets. Telles sont les bases du traitement applicable aux lésions des principaux organes de la circulation. Les modifications qu'elles peuvent éprouver dépendent de circonstances que le médecin seul doit apprécier. Ce n'est donc que par l'application du traitement aux faits particuliers que nous pourrons cxposer ces modifications ; toutefois elles ne porteront que sur les formes et n'altéreront pas les principes que nous venons de poser. Les lésions consécutives aux altérations du cœur, par les troubles que celles-ci déterminent sous l'influence de certaines causes dans les organes pulmonaires, sont souvent beaucoup plus graves que ces altérations mêmes. Nous ne mentionnerons pas les hyperémies catarrhales, si rebelles et si persistantes, dans les saisons froides, chez les emphysémateux ; nous signalerons seulement les congestions qui produisent, chez ces derniers, les accès d'orthopnée, les hémorrhagies bronchiques, et surtout l'apoplexie du poumon, consistant dans une hémorrhagie extra-vésiculaire du poumon plus ou moins étendue, caractérisée par la présence d'un caillot, la dépression vésiculaire et l'atrophie de cette partie du parenchyme de l'organe. Ces altérations, inséparables des maladies dn cœur et dont les formes dans la marche et les signes diagnostiques sont différents, réclament cependant en général le traitement précité. Mais comme pour faire l'histoire particulière de ces lésions, il serait indispensable de s'occuper de l'anatomie pathologique du parenchyme pulmonaire, de grouper séparément les signes au moyen desquels on distingue ces

différents états, d'examiner si le tissu pulmonaire, après avoir été atrophié par l'hémorrhagie, peut de nouveau remplir ses fonctions , comme il nous faudrait étudier les formes apparentes de la résolution de l'épanchement sanguin, la marche de la pneumonie consécutive qui lui succède ordinairement et que l'on a souvent confondue avec la phthisie, et exposer les signes qui caractérisent la terminaison par sphacèle; comme ces divers états pathologiques réclament des détails assez longs et surtout l'appui authentique d'observations cliniques, nous croyons devoir nous arrêter ici et renvoyer à un autre travail l'examen de la solution de ces questions.

EFFICACITÉ DU CHARBoN EN PoUDRE DANs LE TRAITEMENT DE LA FIÈvRE TYPHoïDE; par M. ODILLE. — Depuis nombre d'années, la fièvre typhoïde fait des ravages d'autant plus grands, que dans beaucoup de cas la médecine est impuissante à combattre la série d'accidents fâcheux déterminés par la présence et l'absorption des matières méphitiques sécrétées par les boutons de la dothinentérie. Les évacuants diminuent bien ces produits; mais, quelque rapprochés qu'on les donne , ils laissent toujours beau jeu à l'infection, pendant un laps de temps plus ou moins considérable. Les malades s'affaiblissent, se dégoûtent. L'adynamie arrive dans grand nombre de cas , ou tout au moins une convalescence interminable et aussi dangereuse que la maladie ellemême, car la moindre imprudencc amène une rechute souvent mortelle. Les mercuriaux, formant un bain sédatif sur l'éruption, empêchent l'absorption en rendant nulle la sécrétion. Mais ce bain n'est pas continuel : d'ailleurs il faut souvent pousser le traitement jusqu'à la salivation ; la stomatite qui cn résulte est une maladie dégoûtante, qui affaiblit considérablement le malade, que l'on ne ramène à la santé, si on en a le bonheur, que par une convalescence ni plus ni moins longue et pénible que celle obtenue par les évacuants. Je viens proposer l'essai (qui n'en est plus un pour moi) d'un autre traitement, consistant à introduire dans les intestins une substance qui se mélange d'une manière incessante avec les matières sécrétées, annihile leurs principes morbides et les rend inoffensives. Cette substance , d'une innocuité parfaite, c'est le charbon de peuplier uni à la magnésie hydratée : Pr. Charbon de peuplier. 50 gram. Magnésie hydratée. 8 M. et divisez en paquets, n°24. Je donnc un paquet toutes les heures dans un quart de verre d'eau sucrée, dans les cas les plus graves. Je diminue le médicament selon la forcc de la maladie, de manière à arriver graduellement à zéro. Je fais accompagner cette médication d'un lavement émollient, tous les matins, et d'un lavement salé tous les soirs. Je crois ce dernier indispensable pour désencombrer, permettez-moi cette expression, les intestins. Depuis quatre mois environ que mon ami, M. Laforest, pharmacien à Gray, me fit venir l'idée de cette médication, je l'ai employée déjà dans vingt-sept cas, et toujours avec le même bonheur. Dans vingtdeux, j'ai eu des débris membraneux dans les selles; onze étaient très-graves, un surtout. Un homme de 25 ans, libéré il y a deux ans du service militaire, pour une convalescence de fièvre typhoïde, Merland, en regreffe une nouvelle; débilité de longue date par le travail, la mauvaise nourriture et les privations de tous genres, il a la face terreuse, les yeux troubles, les lèvres blafardes, l'intelligence très-obtuse ; il y a somnolence; le pouls est filiforme, disparaissant à la plus légère pression, très-irrégulier : 105 pulsations , la langue est blanche, à bords livides; il y a gargouillement et de 15 à 20 selles dans les 24 heures, d'une extrême fétidité et chargées de débris. Eh bien ! 17 jours de charbon à la magnésie, et la convalescence est confirmée; huit jours plus tard, il peut sortir, manger et même boire du vin ; enfin, depuis deux mois, il est entièrement guéri. Tous les autres cas ont marché avec la même rapidité , à l'exception de deux : l'un a pris le charbon pendant 55 jours, l'autre, au 22"e jour, à la suite d'un bouillon de porc et pris en cachette, a eu une recrudescence, et aujourd'hui, son 45me jour, il n'est pas encore en convalescence. En général, la moyenne du traitement est de 20 jours. Mais peut-être il faut tenir compte de la saison favorable dans laquelle j'ai essayé cette médication. Il est des sujets qui ont une répuguance invincible pour le charbon uni à l'eau, alors je fais faire des pastilles : Pr. Charbon de peuplier . . 50 gram. Magnésie hydratée . . 8 id. Sucre et mucilage Q. S. pour 90 pastilles. Et je leur en fais prendre tant qu'ils le peuvent.

Tel est le traitement simple, innocent, facile à suivre, accepté généralement avec faveur et par le malade et par les parents, amenant une convalescence prompte et de peu de durée, que j'ai l'honneur de soumettre à la sagacité de vos lecteurs. (Revue de thérap. méd.-chirurgicale.)

EMPLoI DEs FUMIGATioNs D'IoDE DANs LEs oPHTHALMIEs scRoFULEUsEs ; par M. A. BEAUCLAIR. — L'auteur de cette note, après s'être attaché à démontrer que les préparations iodées jouissent d'une grande essicacité dans le traitement des affections scrofuleuses, remarque avec raison que, lors même que l'état général est avantageusement modifié par ces remèdes, les localisations morbides sont souvent longues à disparaître. M. le docteur Bouchet, médecin de l'Hôtel-Dieu de Lyon, a pensé que de même que l'iode agit utilement comme topique dans le pansement des ulcères et des tumeurs de nature scrofuleusc, ce métalloïde peut aussi offrir des avantages si on le met en contact avec la muqueuse palpébrale atteinte d'ophthalmie scrofuleuse. Il a, en conséquence, traité les malades atteints de cette sorte d'ophthalmie par les vapeurs d'iode dirigées sur les yeux au moyen d'un petit appareil composé de la manière suivante : il consiste à prendre une capsule en métal chauffée au degré voulu, on y projette l'iode en poudre ou en fragments, et on applique dans son intérieur un tube en verre terminé d'un côté par un orifice évasé, et de l'autre par une gondole ou œillère pouvant contenir l'œil comme le vase qui porte ce nom. De cette manière, la vapeur est entièrement recueillie ; l'œil y est soumis aussi longtemps qu'on le désire; de plus le malade n'est pas suffoqué par l'odeur pénétrante de l'iode. — M. Beauclair rapporte deux observations à l'appui de ce nouveau mode de traitement : il faut dire cependant que, dans le premier cas, on a mis en usage, outre le traitement interne et les fumigations iodées, des mouches de Milan , un collyre au sulfate de cuivre et une pommade avec l'onguent napolitain et l'extrait de belladone. Il est difficile de dire si dans ce cas la guérison est bien due aux fumigations d'iode. Le second cas est plus probant, mais ne saurait suffire pour faire admettre dans la pratique un moyen rationnel sans doute, mais dont l'efficacité est encore douteuse.

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