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cès. Depuis huit mois il n'y a pas eu de rechute. Quelques mots, maintenant, sur le mode d'administration de l'écorce de surcau : on prend les branches de un ou deux ans d'un sureau ; on enlève l'écorce grise , et on racle la seconde écorce qui en reste; on prend ensuite 50 grammes de cette écorce; on verse dessus 150 grammes d'eau commune, chaude ou froide ; on laisse infuser quarante-huit heures, on passe à travers un linge, en exprimant légèrement ; à prendre à jeun, par moitié, à un quart d'heure d'intcrvalle. On revient au même médicament tous les six ou, au plus, tous les huit jours , et cela dans l'espace de deux mois. Si alors les accès d'épilepsie persistent aussi intenses et aussi fréquents, il y a lieu de croire, ajoute M. Borgetti, qu'ils sont sympathiques d'une autre affection, ou entretenus par quelque vice organique congénital ou acquis, ce qui, pour nous, revient à dire que l'écorce de sureau n'a aucune action sur eux. Ce médicament produit, du reste, ses effets ordinaires chez les malades : vomissements, évacuations alvines répétées, des vertiges ; mais ces symptômes n'ont jamais mis obstacle à la continuation du traitement. (Gaz. mcd. Sarda et Bull. gén. de thérap.)

BoNs EFFETs DE LA BELLADoNE DANs UN cAs DE sPERMAToRRHÉE. — Venir ajouter un nouveau médicament aux deux agents thérapeutiques dont nous avons fait connaître, dans ces derniers temps , les remarquables effets contre la spermatorrhée, le lupulin et la digitaline, pourra peutêtre paraître une inutilité ou une contradiction à quelques esprits superficiels ; mais la spermatorrhée est une maladie qui reconnaît des causes très-diverses et qui sc lie à des conditions morbides très-différentes. Il ne faut donc pas s'étonner de la voir céder dans un cas à un médicament , et dans un autre cas à un autre. Il y a, du reste, dans le fait que nous avons à faire connaître, une induction thérapeutique dont l'événement est vcnu confirmer la justesse. On sait, en effet, que la belladone est un des médicaments les plus précieux dont la thérapeutique dispose pour guérir l'incontinence d'urine chez les jeunes sujets. M. le docteur Lepri s'est demandé, en présence d'un cas de spermatorrhée qui avait résisté à un grand nombre de moyens, pourquoi la belladone ne ferait pas cesser cette incontinence spermatique, et, comme on va le voir, le résultat a été conforme à son attente. Le fait est d'ailleurs d'autant plus curieux que le

malade avait déjà cu une incontinence nocturne d'urine. Un jeune homme de mœurs très-pures et très-continent vint consulter M. Lepri pour des pollutions nocturnes qui, revenant toutes les nuits et plusieurs fois méme chaque nuit, affaiblissaient considérablement ses forces et qui avaient beaucoup agi sur ses facultés morales et intellectuelles. Ces pollutions duraient depuis quelques semaines et n'avaient été améliorées par aucun médicament, non plus que ar quelques moyens hygiéniques, tels que † repos sur un lit très-dur, le réveil la nuit et les aspersions froides. Deux années auparavant, ce jeune homme avait eu une miliaire, qui avait laissé, à sa suite, une incontinence nocturne d'urine. Quelques mois s'étaient passés avec des alternatives de bien et de mal, lorsque tout à coup cette fâcheuse incommodité disparut. Après avoir mis en usage l'application de deux vésicatoires aux cuisses, un traitement tonique et corroborant, plus un certain nombre de médicaments, tels que le camphre associé au laudanum, l'alun, sans aucun succès , M. Lepri en vint à songer que cette spermatorrhée avait peut-être quelque liaison avec l'incontinence d'urine antérieure, et se rappelant les bons effets de la belladone dans les cas de cc dernier genre, il en prescrivit l'emploi au malade le soir en se couchant et le matin en se levant. En quelques jours, toute trace de la maladie avait disparu. (Gaz. med. Toscana et Bulletin général de thérapeutique.)

ExcIsIoN DU CLIToRIs ET DEs NYMPHEs PRATIQUÉE sANs sUccès DANs UN CAs DE NYMPHoMANIE. — On sait que l'excision du clitoris et des nymphes a été pratiquée avec succès dans certains cas de nymphomanie; mais il ne faudrait pas croire que cette opération doive toujours avoir pour résultat de guérir les malades. La nymphomanie se présente, en effet, sous une double face, comme un désordre de l'intelligence, et alors l'amputation du clitoris est un moyen peu rationnel, car le clitoris n'est pas le siége de la nymphomanie, pas plus que le gland n'est celui de la satyriasis; et comme le résultat d'une irritation locale provoquée par des habitudes vicieuses et par d'autres moyens susceptibles d'accélérer le développement des besoins génitaux; dans ce dernier cas, on comprend au contraire que la maladie doit trouver son remède efficace dans l'excision de l'organe même, dont l'excitation agraduellement entrainé la manie et toutes les fâchcuses con

séquences. Le fait suivant est donc intéressant, parce qu'il pose nettement la contre-indication de l'excision du clitoris et des nymphes. La malade qui en fait le sujet était âgée de vingt ans. née sous le climat brûlant des tropiques, brune, d'un tempérament sanguin, assez maigre. Mère à quatorze ans, affectée de syphilis à seize, elle avait suivi une foule de traitements pour se débarrasser des accidents syphilitiques; mais ces traitements avaient toujours échoué, parce qu'elle n'avait jamais voulu s'abstenir des rapports sexuels. Bientôt une tuméfaction s'empara du clitoris et des nymphes et ne tarda pas à constituer une difformité insupportable. Des démangeaisons très-vives vers les parties génitales ajoutaient un nouvel aiguillon à l'activité de ses penchants lubriques. La malade ne s'en décida pas moins à se faire amputer successivement, et à quelques semaines de distance, les petites lèvres et le clitoris. Ces deux opérations ne présentèrent aucun incident particulier; il n'y eut pas d'hémorrhagie et, seule, l'excision des petites lèvres fut suivie de phénomènes inflammatoires. Mais la malade n'a ressenti aucune diminution dans ses penchants effrénés pour l'acte vénérien et la nature in actu coitus suppléa à l'absence de l'organe enlevé par une turgescence temporaire, accompagnée d'une sensation voluptueuse siégeant au centre de la cicatrice. La malade a conservé un suintement continu de lymphe blanchâtre, qui paraît être la véritable cause du prurit incommode des parties génitales. (American med. Repository et Bull. gén. de thérapeutique.)

- ÉTUDEs sUR L'AcTIoN DU cAUsTIQUE DE VIENNE ET DU CHLoRURE DE zINC EMPLoYÉs AU LIEU DU BIsToURI DANs QUELQUEs oPÉRATIoNs CHIRURGICALEs , mémoire lu à l'Association médicale d'Eure-et-Loir, le 25 septembre 1855; par M. le Dr GIROUARD, de Chartres (1). J'ai à vous parler de deux objets, l'un intéressant l'anatomie pathologique. l'autre l'action du caustique de Vienne et du chlorure de zinc, pour arriver à leur em

(1) Tout l'intérêt de ce mémoire ne sera bien compris que par les chirurgiens au courant des nouveaux procédés d'application des caustiques de M. Girouard, et des résultats remarquables qu'il en a obtenus, surtout dans l'ablation des tumeurs du sein. L'un de ces procédés, qui consiste à pédiculer la tumeur, afin de n'avoir à nttaquer ue le pédicule, a été décrit dans mon Manuel de 1 decine opératoire, et M. Girouard en a † dunt la description dans ce mémoire même : l'autre, encore inédit, et dont l'observation qu'on va

ploi au lieu et place de l'instrument tranchant dans quelques opérations chirurgicales, et spécialement dans celles nécessi . tées par les affections cancéreuses du sein.

Tumeur enkystée du sein droit. Végétations naissant de l'intérieur du kyste.

OBs. — Mo° Hoyau, d'Armenonville, âgée de 55 ans, d'une forte constitution, d'une bonne santé, mère de deux enfants, n'ayant jamais eu de parents atteints d'affections cancéreuses, s'aperçut, il y a sept ans , qu'clle avait dans le sein droit, un peu au-dessus du mamelon, une tumeur indolente du volume d'un œuf de pigeon, survenue sans cause connue ; cataplasmes, fomentations, emplâtres, tout fut inutile : la tumeur acquit en quinze mois le volume du poing. Les règles ayant alors cessé de paraître, le sein devint douloureux , et dans l'espace d'une année, la tumeur en envahit la totalité, puis resta stationnaire. Vers le 1er juillet 1855 , les douleurs, qui depuis quelque temps étaient supportables, devinrent tout à coup déchirantes, comme si le sein voulait se rompre. Le 5 août, la malade vint me consulter ; le sein était plus volumineux que la tête d'un adulte, il avait à sa base quatre-vingts centimètres de circonférence , vingt-huit d'un côté à l'autre et vingt de haut en bas ; sa surface était irrégulièrement bosselée et sillonnée de veines variqueuses ; on pouvait le déplacer, le soulever et passer les doigts par-dessous ; l'absence de l'altération du teint et de l'embonpoint. le bon état de l'aisselle et la disposition de la tumeur , me firent croire que le mal était local, sans pouvoir en préciser la nature ; pensant que cette tumeur n'était pas susceptible de résolution, je me décidai à l'enlever. Ayant cerné la base du sein avec du caustique de Vienne, je pénétrai jusqu'aux muscles thoraciques ; glissant alors de la pâte de chlorure de zinc d'un millimètre d'épaisseur par dessous la tumeur à plusieurs reprises, je fis une escharre linéaire suffisante pour disséquer et séparer le sein avec le bistouri. sans occasionner de douleur ni d'hémorrhagie; en quarante

lire pourra donner quelque idée, consiste, ponr les tumeurs non pédiculables, à en cerner la base nvec le caustique deVienne; puis à enfoncer pardessous la tumeur de minces lames de chlorure de zinc pour détruire ses adhérences aux parties sous-jacentes. Nous n'hésitons pas à dire que ces procédés ont contribué à donner une face toute nouvelle à cette partie de la médecine opératoire qui procède par des caustiques. (Note de M. Malgaigne.)

huit heures l'opération fut terminée, il ne survint que peu de réaction, la malade ne garda que deux jours le lit. Du huitième au dixième jour, les escarrhes se détachèrent et la plaie se cicatrisa régulièrement; aujourd'hui la malade est guérie. Le sein pesait deux kilogrammes neuf cents grammes; craignant qu'il ne fût trop volumineux pour se conserver dans de l'alcool, je fis à la partie postérieure une incision cruciale. Il s'écoula environ cinq cents grammes d'un liquide clair, filant, inodore et de couleur citrine. Ayant écarté les bords de l'incision, je mis à découvert une vingtaine de tumeurs pédiculées et lobulées de toutes les grosseurs , depuis la tête d'épingle jusqu'à l'œuf de poule; une seule était lisse à sa surface et adhérente. Toutes ces tumeurs étaient renfermées dans un kyste et naissaient de la partie antérieure; les unes étaient rougeâtres, molles, comme spongieuses, les autres d'un blanc mat, dures, fermes, de nature fibreuse ; quelques-unes avaient l'apparence squirrheuse ; la disposition de ces tumeurs donnait à l'intérieur du kyste de la ressemblance avec les géodes que l'on rencontre dans le silex en rognons. Le kyste était dur, coriace, épais de trois à quatre millimètres, et en quelques endroits fibro-cartilagineux, ainsi que vous pouvez le voir sur la pièce que j'ai l'honneur de vous présenter. J'ai amputé ce sein avec le caustique de Vienne et le chlorure de zinc ; l'instrument tranchant n'a fait qu'en seconder l'action. Si la maladie avait été de nature cancéreuse , ces caustiques m'auraient donné la possibilité de disséquer et de poursuivre les irradiations jusqu'à leur dernière extrémité.Vous comprenez, Messieurs, que , pour arriver à ce résultat, j'ai eu besoin d'étudier l'action du caustique de Vienne et du chlorure de zinc sur les différents tissus. Voici ce que j'ai observé.

Action du caustique de Vienne.

Le caustique de Vienne, appliqué sur la peau, fait perdre, au bout d'une ou deux minutes, à l'épiderme sa consistance, et le convertit en une matière grisâtre d'apparence gélatineuse.

Si on laisse le caustique, on voit se former çà et là de petits points ronds, d'un gris noirâtre , qui semblent avoir leur siége aux ouvertures folliculaires du derme , ces points, gagnant en profondeur et en largeur, finissent par se réunir, et, au bout de quinze à vingt minutes, toute la

surface est convertie en une escarrhe de quatre ou cinq millimètres d'épaisseur. Si alors on enlève le caustique, l'escarrhe ne fait plus de progrès ; mais si on le laisse agir, il atteint, au bout de trente minutes, neuf millimètres de profondeur ; alors il cesse de pénétrer, et fait tomber l'escarrhe en déliquium ou bien la transforme en une gelée noirâtre. Le caustique de Vienne, appliqué sur du tissu cellulaire lâche et nullement graisseux, le convertit en quelques minutes en 'une escarrhe noire qui ne tarde pas à tomber en déliquium ; mais lorsque le tissu cellulaire est condensé et comme fibreux, il résiste plus longtemps, souvent même il ne se dissout pas. Mis en contact avec un tissu cellulaire un peu graisseux, le caustique de Vienne le convertit, au bout de trente minutes, en une matière noirâtre, en une espèce de savonule qui, en séjournant sur les parties, les protége, empêche l'infiltration du caustique et en localise l'action. Lorsque le tissu cellulaire est fortement chargé de graisse, le caustique n'attaque que faiblement et lentement la graisse ; et si l'on veut obtenir une cautérisation profonde, il faut attendre que la suppuration ait entraîné la graisse pour appliquer de nouveau le caustique. L'action du caustique de Vienne sur les vaisseaux sanguins d'un médiocre volume est prompte, mais il n'en brise l'organisation qu'au bout de quinze à vingt minutes. Lorsque le caustique agit sur l'extrémité d'un vaisseau qui aboutit à une plaie, si son calibre n'est pas oblitéré dans une certaine étendue, il le détruit en moins de dix minutes et le sang s'écoule. Si le vaisseau parcourt le fond d'une plaie, le caustique se combine avec les tuniques, mais elles conservent assez de solidité pour résister à l'effort du sang pendant quinze à vingt minutes; si alors on enlève le caustique par des ablutions aqueuses, la cautérisation s'arrête, le vaisseau se dessèche, se resserre, et le sang cesse de le traverser; mais si au contraire il continue d'agir , les parois du vaisseau escarifiées se ramollissent et le sang s'écoule. Le tissu artériel résiste un peu plus longtemps à l'action du caustique deVienne que le tissu veineux. Les vaisseaux capillaires sont détruits presque à l'instant même où ils sont touchés par le caustique, et le sang s'écoule. Le caustique de Vienne s'infiltre facilement dans le tissu musculaire ; en dix minutes il atteint cinq millimètres de profondeur, en vingt minutes dix millimètres ; alors il cesse de pénétrer ; mais agissant sur l'escarrhe, il la fait tomber en déliquium , par là il ouvre une voie qui lui permet d'agir plus profondément.. Les tissus osseux , fibreux, fibro-cartilagineux, ne sont que faiblement attaqués par le caustique de Vienne. La glande mammaire, dans l'état normal, et les glandes axillaires, légèrement, indurées , résistent longtemps à l'action du caustique de Vienne ; il faut plusieurs applications successives pour donner lieu à une escarrhe de cinq ou six millimètres d'épaisseur. L'action du caustique de Vienne sur les productions morbides est toujours proportionnée à leur densité; très-actif sur les tissus mous, vasculaires ou un peu indurés, il attaque à peine les productions fibreuses, fibro-cartilagineuses, squirrheuses , presque toujours il les contourne, les dissèque en détruisant le tissu cellulaire qui les environne. Le caustique de Vienne agit moitié moins en largeur qu'en profondeur ; si on réunit les portions de l'escarrhe qui dépassent de cliaque côté le point d'application, on a l'étendue de l'escarrhe en profondeur. Pour imprégner les chairs et les frapper de mort, il ne faut qu'une très-petite quantité de caustique de Vienne et une action de quelques instants ; pour les dissoudre, il est nécessaire qu'il agisse plus longtemps et même des heures entières. C'est à la potasse que le caustique de Vienne doit sa faculté dissolvante ; la chaux qui entre dans sa composition ne fait que la modérer. Tant que la chaux est vive et pure, son action l'emporte sur celle de la potasse et les escarrhes sont d'une consistance gélatineuse ; mais lorsque la chaux est carbonatée, impure ou délitée, elle n'a que peu d'action, et la potasse, agissant presque seule, les escarrhes tombent promptement en dissolution. Les escarrhes formées par le caustique de Vienne peuvent séjourner impunément au milieu des tissus sains, car le caustique est décomposé , il forme un corps sans action qui est susceptible d'être traversé par les autres caustiques, surtout par le chlorure de zinc. Le caustique de Vienne, mis dans du sérum, lui fait perdre sa viscosité et lui donne

(1) Il résulte des expériences que nous avons faites avec M. Boutet , médecin-vétérinaire à Chartres, sur le sérum du sang de l'homme et des diverses espèces d'animaux domestiques, que, sous l'influence de la potasse de Vienne :

1o Dans l'état de santé et les maladies inflammatoires, il prend la consistance et l'aspect de la gélatine ;

ou l'apparence aqueuse ou la consistance et, l'aspect gélatineux, ce qui dépend de l'action du caustique de Vienne sur l'albumine du sérum. Cette action n'est pas toujours la même, car les maladies ou altèrent la nature ou diminuent la quantité de l'albumine (1). Placé sur un caillot de fibrine, il lui donne une couleur noire, véritable escarrhe qui acquiert en dix minutes trois millimètres d'épaisseur, en vingt minutes six millimètres, en trente minutes neuf millimètres, se ramollit ensuite et forme une espèce de gelée noire et poisseuse.

Action du chlorure de zinc.

Le chlorure de zinc se combine avec tous les tissus, quelle que soit leur nature, mais il ne les attaque pas tous avec la même énergie ni avec la même promptitude ; son action est assez régulière pour en suivre la marche et en calculer la portée, tant en largeur qu'en profondeur. Le chlorure de zinc , appliqué sur la peau revêtue de l'épiderme, ne l'attaque que difficilement ; cependant , sur de la peau fine-, délicate et bien nettoyée, il donne lieu , au bout de cinq à six heures, à de petits points ronds d'un blanc grisâtre qui paraissent avoir leur siége aux ouvertures folliculaires de la peau; ces points ne tardent pas à s'étendre tant en largeur qu'en profondeur, et finissent, au bout de vingt-quatre heures, par se réunir et par former une escarrhe de l'épaisseur de la peau. Sur de la peau dénudée, l'action du chlorure de zinc est très-prompte ; en trois heures il traverse le derme et atteint le tissu cellulaire sous-cutané ; au bout de douze heures ; il forme une escarrhe de sept à huit millimètres d'épaisseur, et, au bout de vingt-quatre heures, de douze ou quinze millimètres. Autour du point d'application, le caustique étend moitié moins son action qu'en profondeur, de sorte qu'en réunissant la largeur de l'escarrhe qui existe de chaque côté, on a l'étendue de l'escarrhe en profondeur. Quelquefois j'ai laissé le chlorure de zinc sur la peau jusqu'à extinction de son action, ayant soin d'en ajouter au fur et à mesure que les tissus l'absorbaient ; il ne cessa d'agir qu'au bout de soixante-douze

2o Dans les fièvres typhoïdes et les affections charbonneuses, au début, il forme une gélatine diffluente, et quand ces maladies sont arrivées à leur dernière période, il conserve l'apparence aqueuse ;

5o Dans les affections cachectiques, il reste or dinairement aqueux.

heures ; l'escarrhe avait quatre centimè-
tres d'épaisseur.
Appliqué sur le tissu musculaire, le
chlorure de zinc le blanchit à l'instant
même, le pénètre ensuite, lui donne un
aspect d'un blanc grisâtre, véritable es-
carrhe qui est toujours proportionnée à la
quantité de chlorure de zinc employé et
au temps de séjour.
Cinq centigrammes étendus sur une sur-
face musculaire d'un centimètre de dia-
mètre et laissés jusqu'à extinction de leur
action , pénètrent à trois millimètres ;
douze centigrammes, à 6 millimètres ; vingt-
cinq, à douze millimètres , cinquante, à
deux centimètres , un gramme, à quatre
centimètres.
Le chlorure de zinc imprègne d'abord
le tissu musculaire, le frappe de mort,
puis se combine avec les éléments orga-
niques. La combinaison n'est complète
qu'après trente-six heures. On peut dire,
d'une manière générale, que dans la pre-
mière heure le chlorure de zinc pénètre
dans le tissu musculaire à trois millimè-
tres de profondeur, dans la seconde heure
à six millimètres , alors il ralentit sa mar-
che et n'atteint en six heures que neuf
millimètres , en vingt-quatre heures, deux
centimètres; en soixante-douze heures,
quatre centimètres. Jamais, quelle qu'ait
été la quantité de chlorure de zinc em-
ployé et le temps de séjour, je n'ai obtenu
une escarrhe plus épaisse.
Lorsque, sur une veine ou une artère
vides de sang, on applique de la pâte de
chlorure de zinc, on voit aussitôt les tu-
niques vasculaires se crisper et le vaisseau
diminuer de volume.
L'action du chlorure de zinc sur les ar-
tères est bien plus vive que sur les veines.
Placé sur une artère du volume d'une
plume d'oie, ses parois se crispent, se
resserrent à un tel point, qu'en vingt à
trente minutes elle est réduite à une sorte
de cordonnet compact, comme ligamen-
teux , qui a à peine le quart du volume
primitif du vaisseau ; si on la fend, on voit
que les tuniques artérielles sont plissées
cn long et les plis fortement appliqués les
uns contre les autres. Placé sur l'ouver-
ture d'une artère vide de sang, celle-ci se
rétrécit, s'arrondit et disparaît en quel-
ques heures. Après avoir fait crisper les
tuniques vasculaires, le chlorure de zinc
s'y combine au point d'application et les
escarrifie. -
Le chlorure de zinc, appliqué sur des
· veines pleines de sang, agit non-seulement
sur les tuniques, mais encore sur le sang,
qu'il convertit en une masse noire, com -
pacte, de la consistance de la cire.

Appliqué sur des artères, si le vaisseau n'est pas plus gros qu'une plume d'oie , il coagule le sang et arrête la circulation ; mais si le vaisseau est volumineux, les tuniques sont seules attaquées d'une manière apparente, il ne se forme pas de caillot. Il est probable que le chlorure de zinc qui a traversé l'artère et pénétré dans le sang, est entraîné dans le torrent circulatoire, sans donner lieu à l'intoxication, car je n'ai jamais vu en résulter d'accidents toxiques. On ne parvient à coaguler le sang dans les grosses artères qu'en secondant l'action du chlorure de zinc par la suspension momentanée du cours du sang.Aussitôt que le chlorure de zinc agit sur le sang artériel, il le convertit en un caillot noir, poisseux; si son action se prolonge, le caillot rougit, durcit, prend l'aspect musculaire et la consistance de la cire. Tant que le sang est contenu dans les vaisseaux, le chlorure de zinc le noircit en le coagulant; mais lorsqu'il est en contact avec l'air, il lui donne une couleur rouge vermillon. Introduit sous forme de pâte dans l'intérieur d'une artère, il coagule le sang et le transforme en une masse noire, pâteuse. L'action du chlorure de zinc sur le sang contenu dans les vaisseaux ne se borne pas au point où les tuniques sont imprégnées et frappées de mort, elle s'étend à une ou deux lignes au delà dans l'intérieur du vaisseau; le sang est coagulé et les parois du vaisseau se resserrent sur le caillot. Le chlorure de zinc agit à peu près de la même manière sur le sérum et la fibrine du sang veineux que sur celui du sang artériel. Mis en contact avec le sérum, il le transforme, en une ou deux minutes, en une sorte de bouillie blanchâtre et pâteuse.Appliqué sur un caillot de fibrine, il blanchit d'abord le point d'application, puis lui donne l'apparence d'une membrane qui, dans l'espace de deux à trois heures, acquiert plus de trois millimètres d'épaisseur, et constitue une sorte d'escharre grisâtre au-dessous de laquelle la fibrine est noire, poisseuse et de la couleur de la cire. Placées sous un filet d'eau, elles conservent leur consistance. La couche pelliculeuse devient tout à coup d'un rouge vermillon, et prend un aspect lisse et poli qu'elle conserve même en se desséchant. La couche noire ne se colore en rouge qu'à la surface. Si on laisse les deux couches se dessécher à l'air libre, elles prennent la même apparence que sous un filet d'eau.Avant la chute de l'escharre, le caillot renfermé dans l'artère saine se continue avec celui

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