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Trois pilules par jour, une d'heure en heure, dans la matinée. L'essence d'écorces d'orange peut enfin se prescrire en potion, mais il faudra l'incorporer en prenant l'alcool pour intermédiaire. 2 Essence d'écorces d'orange, goutt. X. Alcool à 40°, q. s. pour dissoudre l'essence. Ajoutez : Sirop d'écorces d'orange. 3j. Infusion de feuilles d'oranger, #ij. Une cuillerée d'heure en heure, pendant la matinée. (La Presse médicale belge.)

OBsERvATIoNs sUR LE CITRATE DE MAGNÉsIE ; par M. DESCHAMPS. — M. Loychelin-Caillet, dans une note qu'il a insérée dans le Répertoire de pharmacie, cherche à prouver que l'espèce de discrédit dont le citrate de magnésie semble frappé doit être attribué à ce qu'il est généralement mal préparé. Son accusation contre tous les pharmaciens est appuyée, dit-il, sur de nombreuses expériences. Si M. Loychelin n'attaquait dans sa note que les formules qui ont été publiées, nous nous serions contenté de reproduire sa formule et de laisscr à chacun la liberté de chercher en quoi elle diffère de celle de M. Rogé ; mais comme il soulève, en même temps, une question extrêmement importante au point de vue de la thérapeutique, nous croyons qu'il est de notre devoir de prier nos lecteurs de nous permettre d'exposer textuellement la partie la plus essentielle de cette note, afin de n'en point altérer le sens, puis de discuter la formule qu'il propose. Cette étude nous paraît nécessaire, indispensable, parce que les faits qui sont avancés par M. Loychelin sont assez difficiles à comprendre. S'ils étaient vrais, il faudrait repousser toutes les modifications, tous les changements que l'on propose aux formules publiées ; il faudrait aussi modifier la manière dont nous envisageons la constitution moléculaire des corps, et admettre que les composés chimiques solubles peuvent avoir, comme les composés insolubles, des propriétés physiques et chimiques et une composition différentes, suivant qu'ils sont préparés, en versant, par exemple, la base dans l'acide ou l'acide dans la base, etc. « Depuis six ans, dit M. Loychelin, M. Rogé-Delabarre nous a fait connaître sa découverte et nous a donné ses formules. Chacun s'est mis à la besogne; de là cette quantité innombrable de formules qui

toutes tendaient bien plus à confectionner extemporairement et commodément ce produit qu'à lui conserver ses propriétés purgatives. Qu'en est-il résulté ? C'est que la question a rétrogradé; c'est que les limonades purgatives à base de citrate de magnésie (procédé Rogé) purgeaient; c'est que toutes celles que j'ai préparées ainsi purgeaient, tandis que les diverses solutions faites d'une tout autre manière ne purgeaient pas ou le faisaient d'une manière incomplète. Voilà la question. Je défie qui que ce soit de nier cette vérité, car toutes les fois que j'ai livré à des clients de la limonade faite par simple solution, ils se sont vus dans la nécessité de prendre un autre purgatif. »

Si le magnésium avait plusieurs états allotropiques, s'il pouvait conserver ces états dans ses combinaisons solubles avec les acides, on pourrait admettre que le magnésium qui se trouve dans la magnésie calcinée et dans la magnésie anglaise est à un état allotropique différent de celui qui se trouve dans le carbonate nouvellement préparé ; qu'il est moins purgatif, et que c'est à l'emploi du carbonate nouvellement préparé que la limonade de M. Loychelin doit sa plus grande activité ; mais, comme M. Loychelin n'emploie en réalité qu'une petite quantité de carbonate nouvellement précipité, et comme il est difficile de supposer que ce carbonate, qui est finalement transformé en citrate ordinaire, puisse exalter les propriétés purgatives du citrate de magnésie, nous devons chercher ailleurs la cause de l'efficacité de sa limonade.

Nous savons que le citrate de magnésie est moins actif que le sulfate, et qu'il est nécessaire, pour obtenir une purgation convenable, de doser ce purgatif de manière qu'il contienne 1 gramme 80 centigrammes de magnésie de plus que le sulfate quc l'on administrerait si l'on employait ce sel. Nous savons aussi que les pharmaciens préparent ordinairement ces limonades avec 16 grammes de carbonate de magnésie , qui renferment 7 grammes 16 centigrammes de magnésie, près de 7,20, que contiennent 40 grammes de sulfate, et quelquefois avec 20 grammes de carbonate de magnésie, qui renferment 8 grammes 95 centigrammes de magnésie, près de 9 grammes, que contiennent 50 grammes de sulfate.

Ceci posé, transcrivons la formule de M. Loychelin.

Pr. Acide citrique, 2,950 gram.

Faites dissoudre à froid dans : Eau de pluie, Q. S.

Ajoutez : Magnésie calcinée. 495 gram. Opérez la dissolution à froid, et ajoutez : Sirop simple, 4 kilog. Alcoolat de zestes de citron, 60 gram.

Filtrez et ajoutez de l'eau de pluie filtrée pour obtenir douze litres de liquide parfaitement limpide. Mettez un double décilitre de cette solution dans chaque bouteille, puis :

Pr. Sulfate de magnésie. 1,080 gram. Carbonate de soude, 1,200

Faites dissoudre séparément ces deux sels dans une suffisante quantité d'eau ; filtrez les solutions; réunissez-les dans une capsule de porcelaine; portez le tout à l'ébullition; lavez le précipité magnésien à grande eau. et mettez-le dans le réservoir d'une machine à eau gazeuse ; ajoutez 50 litres d'eau et chargez d'acide carbonique à dix atmosphères; laissez en contact pendant trente-six heures, en remuant de temps en temps l'agitateur, pour opérer la dissolution de la magnésie, et remplissez vos bouteilles avec cette eau magnésienne. Cette formule est pour 60 bouteilles.

Cherchons actuellement la composition d'une bouteille de limonade, afin de la comparer avec une limonade ordinaire. Les calculs sont faciles à faire; ils donnent des nombres suivants :

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Magnésie pour être transf. en bi-carbonate, 5

C'est donc en réalité avec 49 grammes 16 centigrammes d'acide citrique , et 11 grammes 25 centigrammes de magnésie, que M. Loychelin prépare sa limonade ; ou bien, chaque bouteille de cette limonade est composée avec la magnésie qui est contenue dans 62 grammes 50 centigrammes de sulfate de magnésie.

Cette discussion très-simple nous permet d'affirmer qu'il n'est pas nécessaire, pour expliquer l'action de la limonade de M Loychelin, de poser en principe qu'un sel purgatif soluble a des propriétés plus ou moins actives, suivant qu'il a été préparé par tel ou tel procédé, puisqu'elle renferme la magnésie qui est contenue dans 62 grammes 50 centigrammes de sulfate, tandis que les limonades des pharmaciens qui se conforment aux prescriptions ne contiennent que la magnésie de 40 ou 50 grammes de sulfate; et que la question soulevée par M. Loychelin, qui paraissait

très-importante au point de vue de la thé

rapeutique, devient simplement une ques

tion de quantité. (Bulletin général de thérapeutique.)

CoNsIDÉRATIoNs PHARMAcoLoGIQUEs sUR LE cHLoRoFoRME ; par M. BREMON, pharmacien de la marine à Cherbourg.—L'étude si attentive qui se poursuit sur les propriétés diverses du chloroforme me fait un devoir d'appeler l'attention des médecins sur un côté trop négligé de la question. En effet, déjà l'industrie mercantile tend à dénaturer, par ses sophistications, cet agent si justement en vogue, ou bien elle ne le purifie qu'imparfaitement pour le vendre au rabais. Qu'il me soit permis d'exposer d'abord brièvement les propriétés physiques du chloroforme, pour arriver ensuite à offrir quelques moyens faciles et pratiques d'en apprécier la valeur. Lorsqu'il est parfaitement pur et rectifié avec soin , le chloroforme est trèslimpide, fort mobile, presque comme l'éther hydratique ; il réfracte puissamment la lumière, est très-volatil, et jouit d'une odeur spéciale analogue à l'huile dite des Hollandais, bien purifiée; comme elle, il jouit d'une saveur sucrée fort agréable, sans âcreté, et ne prenant nullement à la gorge, comme le font beaucoup de préparations chlorées. Quoique très-volatil , il ne produit cependant pas un sentiment de froid bien vif quand on le répand sur sa main; cette action est bien plus prononcée dans l'éther hydratique. Il entre en ébullition à 45° ; cependant je dois faire observer que le mouvement ne se manifeste, quand on le distille dans une cornue de verre. qu'au moment où le bain-marie atteint 60 ' ; cela tient , sans aucun doute, à la faible conductibilité du VCI'I'e. Bien que tous les auteurs semblent préférer pour sa rectification le chlorure calcique, je crois devoir faire observer qu'il retient alors encore une petite quantité d'alcool déphlegmé, qui passe à la rectification, et prédomine surtout dans les derniers produits de la distillation. Aussi je préfère employer l'acide sulfurique concentré (privé d'acide azotique ou sulfureux par son ébullition de quelques minutes , à la dose d'environ un dixième du poids du chloroforme. Il est vrai que cet acide semble lui faire éprouver une certaine décomposition. Il se colore en brun ; mais disons de suite que le produit distillé ne contracte aucune odeur, aucune saveur, qui indiquent une altération réelle d'un agent dont la pureté doit être absolue, ainsi que nous le dirons plus tard. Il faut donc alors qu'il y ait, avant la rectification , un corps organique autre que le chloroforme, qui se trouve atteint fortement par l'acide sulfurique, lequel le charbonne légèrement. Ainsi rectifié, le chloroforme n'est nullement acide, et ne contient aucune trace d'acide sulfureux. Il est imutile d'ajouter, pour les préparateurs, que la distillation avec l'acide sulfurique s'opère au bainmarie, comme avec le chlorure calcique. A cet état, le chloroforme acquiert une pesanteur spécifique de 1494,50 au moins, et marque 48° à l'aréomètre pour les acides. Je pense qu'il ne doit pas être considéré comme pur et privé d'alcool ou d'eau, s'il ne marque 47",5 à la température moyenne de 15° centigr. Ainsi obtenu, il n'est point inflammable, du moins à la lampe à alcool, ou par l'approche d'un corps brûlant avec flamme; mais, jeté sur un brasier, il s'enflamme de suite, brûle en répandant beaucoup de fumée, et donne une flamme d'un trèsbeau vcrt. A 48° de densité, il n'est point décomposé par le potassium brillant et récemment coupé; ce métal se couvre seulement de quelques bulles, d'hydrogène probablement, tandis que si le chloroforme contient de l'alcool en notable proportion, il peut être altéré par la combustion du potassium, qui, en passant à l'état d'oxyde, le brunit et dégage une vapeur acide, fortement chlorée et très-piquante. Je ferai même observer qu'il est prudent de ne pas écraser le potassium pour faciliter la réaction et hâter le résultat de l'essai, car il arrive fréquemment une inflammation subite, accompagnée d'une petite détonation qui projette le liquide hors du verre, et peut lancer une partie pareille de potassium dans l'œil de l'expérimentateur, ce qui causerait alors un effet fort grave, sinon très-dangereux. J'ai remarqué qu'avec 5 pour 100 d'alcool à 40°, ou 96°,5 alcoométriques, la proportion des bulles n est pas notablement augmentée; la réaction n'est pas bien sensiblement plus nette. A 10 pour 100, elle est beaucoup plus forte, et déjà assez remarquable ; la coloration brune ou grisâtre se manifeste réellement, et cela au bout d'un certain temps. A 12 pour 100, elle est assez vive, et si le mélange s'élève à 15 pour 100, alors la décomposition est rapide ; il y a même inflammation, si la quantité de potassium est assez considérable relativement à celle du chloroforme en essai. C'est alors sur

tout qu'il y a à craindre de laminer le potassium dans le fond du verre avec une tige , et que se produisent la petite détonation et la projection. Le chloroforme du commerce contient souvent cette proportion de 12 pour 100 d'alcool ; c'est pour ce motif que j'insiste sur la précaution à prendre dans l'essai au potassium. Avec des quantités élevées, et même avec 20 pour 100 d'alcool, le chloroforme ne s'enflamme pas encore à la bougie lorsqu'on y présente un papier qui en est encore imprégné. Il faut au moins qu'il contienne 1l4 de son poids d'alcool ; alors il brûle avec une flamme verte, et la combustion ne continue même pas, si l on retire le papier du contact de la flamme ; il faut au moins 50 pour 100 d'alcool pour obtenir ce résultat. L'essai par ce mode, auquel beaucoup de pharmaciens se bornent pour son admission, est donc sans aucune valeur. Le chloroforme pur, à la densité de 1494,50 à 15°,6, comme je l'ai indiqué au début, présente une particularité assez remarquable. C'est qu'en effet, si on l'additionne de 1, 2, 5, 4 et même 5 pour 100 de son poids d'alcool à 40° ou 96°,5 centigr. , cette addition le rend opalin, il se trouble ; et si l'on vient à porter la dose à 10 pour 100, par exemple, il redevient parfaitement limpide et reprend sa transparence parfaite, qu'il conserve à toujours. N'est-ce pas déjà un assez bon moycn d'essayer le chloroforme destiné surtout à l'inhalation ? Additionné de 5 pour 100d'alcool, même jusqu'à 7 à 8 pour 100, et versé dans un verre d'eau limpide, il conserve la formc hémisphérique d'une manière assez marquéc pour que l'on soit au moins dans le doute, et il ne devient pas assez opalescent pour que la conviction de son impurcté soit bien formée. Ces deux caractères ne sont donc que des indices de médiocre valeur et ne sussisent pas pour motiver un rejet définitif. Le bichromate potassique offre sans contredit un assez bon moyen de reconnaitre la présence de l'alcool dans le chloroforne. mais pourtant il peut donner lieu à controverse entre deux opérateurs. Je crois donc devoir ici exposer avec détail mes propres observations, qui, dans deux circonstances, m'ont valu des insinuaticns peu bienveillantes de la part de deux fournisseurs de la capitale. A la densité de 1494,50 ou 47°.5, le chloroforme mis en contact avec le bichromate potassique et l'acide sulfurique, prend une légère teinte jaune verdâtre. Déjà . à 5 pour 100 d'alcool en poids, la réaction est nette, il se forme une zone vert bleuâtre assez foncée, qu'un opérateur un peu expérimenté reconnaît de suite, mais il est assez difficile, pour ne pas dire impossible. d'apprécier à cette réaction quelle peut être la proportion d'alcool d'une manière assez approximative, et cela surtout selon le mode par lequel l'essai a été fait. Ainsi, si l'on prend une solution aqueuse assez concentrée de bichromate potassique, si l'on y ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique seulement, cet acide, ainsi trèsétendu, ne décompose qu'imparfaitement et lentement le bichromate (et il est essentiel que l'acide chromique soit mis en liberté pour que la décomposition ait lieu); alors la réaction peut ne pas se produire, ou du moins se faire attendre jusqu'au lendemain.Voici comment j'opère, et l'action est alors presque instantanée. Je prends environ un milligramme de bichromate en poudre, ou simplement un petit cristal, que je mets dans un tube en verre de 10 à 12 centimètres de long et de 1 1l2 de large au plus. Je verse 4 à 5 gouttes d'acide sulfurique concentré pur, j'agite et délaye avec une tige en verre ; j'ajoute, quand la teinte rouge-rubis est apparue, 5 à 4 gouttes d'eau pour opérer la dissolution de l'acide chromique, puis je verse 5 à 4 centimètres de chloroforme, j'agite vivement environ une trentaine de secondes, et abandonne au repos ; bientôt, la riche nuance verte de chlorure de elrome apparaît, si la proportion d'alcool est déjà de 5 pour 100, et se détache à une couche inférieure très-tranchée, tandis que la couche supérieure est à peine colorée en verdâtre très-léger. Si le chloroforme est pur, la masse est à peine jaune verdâtre, et il n'y a pas séparation sous forme de zone isolée. Si le ehloroforme a été additionné d'éther, les réactions sont identiques; mais, hâtons-nous de dire que cette adultération moins grave, il est vrai, que celle à l'alcool, ne se pratique pas, qu'elle a même bien moins de chance d'être pratiquée, attendu que l'examen au densimètre en ferait de suite justice, comme je vais plus bas le démontrer pour l'alcool. Le chloroforme peut encore contenir de l'eau ; non qu'on l'ait ajoutée à dessein, car elle y est peu miscible directement; il n'en est pas de même dans la distillation. Outre que ce chloroforme aura une densité assez faible (j'en ai vu descendant au-dessous de 40 ° au lieu de 48), le potassium viendrait en faire justice de suite ; il s'enflammerait, dans ce cas, avec une bien plus grande promptitude, et il resterait

assez d'eau pour dissoudre l'alcali formé, ce qui fait alors que la coloration serait bien moindre qu'avec le mélange de l'alcool et que le trouble serait fort minime. L'essai à l'albumine ne me semble pas concluant; car sa solution étendue, et filtrée, pour être aussi transparente que possible, ne se coagule que si la proportion de l'alcool est déjà assez considérable, ou bien si l'on emploie une forte dose de chloroforme par rapport à la quantité de solution albumineuse. Ce moyen m'a toujours paru peu sûr dans les circonstances cidessus, et l'albumine normale est déjà opaline, et laisse à désirer dans la réaction que produit avec elle le chloroforme pur, qui ne me semble pas être totalement sans action. En résumé, tous ces moyens sont plus ou moins bons pour reconnaître la pureté du chloroforme ; mais aucun ne peut permettre de fixer la proportion du mélange. Comme l'alcool est l'élément le plus à redouter, soit parce qu'on peut l'y avoir laissé en négligeant la rectification, soit que frauduleusement on ait pu l'ajouter, j'ai recherché un moyen facile d'en déterminer la quantité, et je crois être assez heureux pour offrir ici un mode prompt, économique et à la portée de tous ; il est fondé sur l'examen au densimètre et à l'aréomètre dit pèse-acide. Pour cela, j'ai opéré des mélanges en proportions variées et j'ai comparé les différences de densité ;je ne crois pouvoir mieux faire que de les présenter sous forme de tableau, qui permettra de saisir de suite ces différences. Il est établi depuis 100 de pureté à 75, ou de 0 alcool à 25 pour 100 de liquide.

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Observations. — La diminution dans la pesanteur spécifique par chaque centième d'alcool à 40o qui s'y trouve mélangé ou qui n'a pas été enlevé par la rectification, est donc sensiblement de 5,40; d'où il résulte que le chloroforme mêlé à 10 pour 100 d'alcool perd 54 au densimètre, à 20 jour 100 de mélange 68; aussi la densité étant déterminée à l'aréomètre à pesanteur spécifique, pour connaître le dosage du mélange, il faut diviser par 5,40 la différence trouvée, Avec la proportion inscrite à la fin du tableau, la réaction du potassium est très-nette. Le mélange de l'eau au chloroforme est bien plus difficile et ne saurait s'effectuer en proportion bien notable, sans qu'il y ait trouble de ce liquide, puis séparation en deux couches , dans ce cas, il suffirait de prendre une goutte ou deux de la couche supérieure, de la mettre dans un verre et d'y jeter un petit fragment de potassium. A l'instant l'inflammation aurait lieu, sans cette odeur bien nette que donne le chloroforme et sans qu'il se produisit cette coloration brune, qui se manifeste avec le chloroforme alcoolisé. Pour compléter cette note, je crois devoir indiquer, pour mes honorables confrères qui tiendraient à préparer euxmêmes ce produit, les doses qui m'ont le mieux réussi pour sa préparation un peu en grand. Je n'insisterai pas sur les détails de température et de fractionnement des doses successives , attendu qu'ils leur seraient inutiles ; les ouvrages spéciaux rappellent, du reste, les précautions à prendre, soit relativement à la capacité au moins quadruple de la totalité des mélanges que doit avoir l'appareil distillatoire, pour n'avoir pas à craindre de voir le mélange passer dans le récipient; l'attention à apporter à la conduite de la chaleur, soit en recommandant la recohobation des eaux-mères, à bien dire, du chloroforme. Il est un point sur lequel je crois devoir insister, c'est de bien déterminer à l'avance le titre de l'hypochlorite calcique, afin de ramener à 9o chlorom. les doses à employer. Il est essentiel de le délayer avec le plus grand soin pour que la réaction soit complète et presque instantanée. Le délitage de la chaux doit être aussi fait avec soin , et l'on doit éviter, autant que possible, de mettre le dépôt de sable ou de matières étrangères qu'il contient, qui sont inutiles et qui peuvent même n'être

pas sans influence sur la réaction, et, par leur accumulation , déterminer, dans le dernier mélange, des soubresauts et le passage subit du liquide générateur dans le réfrigérant et le récipient.

En fractionnant en 5 doses les quantités qui suivent, j'ai obtenu au moins 4 kil. 700 gram. de chloroforme à 48° enVlI'OIl .

Hypochlorite calcique à 90° chlorométriques. . . . . . . .. 100 kil. Chaux vîve blanche. . . . .. 18 Alcool à 86°. . . . . . . - 12 Carbonate sodique cristallisé 0,500 Acide sulfurique à 66°, préalablement porté à l'ébullition pendant quelques minutes. . .. 1

Le chloroforme provenant de la réaction qui passe à la première distillation ne marque, après le traitement par le carbonate sodique, que 18° à 20° du pèse-acide. Il faut le laver avec soin à deux ou trois reprises avec le double de son volume d'eau , le laisser bien déposer et le décanter ensuite au moyen d'un flacon à robinet , puis procéder à sa rectification au moyen de l'acide sulfurique, environ un dixième de son volume ci-dessus indiqué, ou, si l'on préfère, du chlorure calcique. En opérant au bain-marie, il n'y a nullement à craindre qu'il ne passe la plus légère trace d'acide sulfurique. Le chlorure de calcium ne retient pas toujours complétement l'alcool , il exige que l'on fasse une macération, jusqu'au lendemain , avant de procéder à la rectification ; il ne me semble présenter aucune garantie de plus pour la pureté du chloroforme, et il est moins économique et surtout moins facile à se procurer. En insistant sur les moyens de constater la présence de l'alcool et de l'isoler complétement, j'ai eu surtout pour but d'appeler l'attention des chirurgiens sur les inconvénients du chloroforme alcoolique auquel il faut, à mon avis, attribuer l'anesthésie incomplète qu'ils ont pu parfois observer, et les accidents nerveux, qui non-seulement les gênent dans leurs opérations , mais peuvent parfois en compromettre le succès. (Bulletin général de thérapeutique.)

III. BIBLIOGRAPHIE.

DE LA sTRUCTURE DEs GANGLIoNs LYMPHATIQUEs (Ueber den Bau der Lymphdrüsen ); par M. le docteur OscAR HEYFELDER.

La structure des ganglions lymphati

ques est encore un des points les plus obscurs de l'anatomie. Pour Albinus . Hunter, Meckel, Hewson, MM. GoodsirEngel , Lébert, ils sont constitués uni

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