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4° Une petite quantité d'acide sulfurique la colore en bleu foncé, tandis qu'une plus forte proportion de cet acide la change en une masse solide d'un rouge de sang.

5° La solution de chromate de potasse la décompose complétement en flocons bruns, et la couleur jaune de la solution est détruite.

6° Elle dissout l'iode avec lequel elle forme un extrait liquide.

7° Elle dissout complétement la santaline.

Huile de cannelle.

L'odeur de l'huile de Ceylan est différente de celle de l'huile de Chine. La première de ces deux essences est plus liquide et d'un poids spécifique moindre que la seconde. L'huile de Ceylan peut aussi être exposée à une température plus basse que celle de Chine, sans devenir trouble. Les caractères communs à ces deux esSCIlCeS SOnt : 1° Leur solubilité dans la solution alcoolique de potasse caustique, en prenant une couleur d'un brun jaunâtre ; la solution se trouble fortement en peu de temps, et il se précipite une huile plus dense non dissoute, tandis que la solution redevient de nouveau claire. 2° Leur décomposition par l'acide nitrique qui leur communique l'odeur d'huile d'amandes amères, en même temps qu'il se produit un baume de couleur jaunâtre : l'huile de Ceylan éprouve plus vite une décomposition vive et avec moins de chaleur. 5° L'iode se dissout rapidement dans l'huile de Ceylan avec une augmentation considérable de chaleur et formation d'un résidu coriace ressemblant à de l'extrait. Avec l'huile de Chine, la réaction est lente ; il se développe peu de chaleur, et le résidu est mou ou liquide. 4° Le chromate de potasse décompose partiellement l'huile de Ceylan en flocons jaunes qui restent suspendus dans la solution. Celle-ci est privée de sa couleur jaune, tandis que la portion non décomposée prend la couleur rouge jaune-pâle et s'épaissit. La solution traitée avec l'huile de Chine, ne perd pas complétement sa couleur jaune, ne renferme pas de flocons, et l'huile, trouble comme émulsive, ne redevient plus claire. 5° L'acide sulfurique forme avec l'huile de Ceylan une masse dure, solide, changeant d'une couleur vert-brun en du noir foncé; avec l'huile de Chine cette matière est plus molle et d'un vert-olive foncé.

Une quantité plus petite d'acide colore les huiles en rouge-pourpre.

6o L'acide chlorhydrique communique à ces huiles une couleur violette.

Huile de sassafras.

1° Cette huile forme avec l'iode une solution claire qui ne s'épaissit pas. 2° Deux parties de cette huile et une d'acide sulfurique produisent un liquide vert, qui ne se forme avec aucune autre huile : puis, en chauffant le liquide, cette couleur change en rouge de sang. Une plus grande quantité d'huile produit dans l'acide chauffé une couleur d'un beau rouge-amarante, tandis que l'huile ellemême paraît simplement d'un rouge brun ou bleu. 5° L'acide nitrique décompose cette huile sans chaleur, et il se forme une résine brun rougeâtre, laquelle étant soumise à la chaleur, devient dure et cassante. 4° Enfin, la grande pesanteur spécifique de cette huile et son peu de solubilité dans l'alcool, conduisent aisément à la découverte de l'addition de ce dernier, qui en détruit les propriétés.

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La pesanteur spécifique constante de cette huile (de 0,97 à 0,99 et plus souvent de 0,98 à 0,99), de même que sa disposition pour se congeler promptement à une basse température, sont des caractères trèsdistinctifs pour la reconnaître. Cependant un meilleur moyen consiste dans sa prompte conversion avec l'iode en une masse solide, dure, par une augmentation sensible de chaleur, et la production de vapeurs grises et rouges jaunâtre. L'acide sulfurique, chauffé avec cette huile, donne lieu à une belle couleur pourpre, il l'épaissit et la durcit promptement. Les autres réactions sont semblables à celles obtenues avec l'huile d'anis étoilé.

Huile de rhue. Le prix élevé de cette huile, ainsi que sa forte odeur, rendent sa falsification fréquente et facile. On reconnaît celle qui est préparée dans les laboratoires, en ce qu'étant dissoute doucement dans l'iode, on n'aperçoit aucun signe visible de réaction, et par la formation d'un liquide légèrement visqueux , on y découvre par ce moyen son adultération par les essences des conifères, des aurantiacées et de la plupart des labiées. L'acide nitrique n'agit que lentement sur cette huile et la change en un liquide jaune verdâtre, d'une légère consistance de baume. Le chromate de potasse est sans réaction sur elle. Les huiles moins chères des labiées se reconnaissent facilement par la solution trouble dans l'alcool, la solution brun rougeâtre dans la potasse caustique et par la coloration analogue, mais plus foncée, que l'essence et l'acide prennent par l'acide sulfurique. Lorsqu'on compare ces réactions avec celles qu'on obtient avec l'huile du commerce, celle-ci ne paraît être qu'un produit adultéré.

Huile de cajeput.

1° Avec l'iode, l'action est peu énergique sans augmentation sensible de température, et il se forme immédiatement un coagulum délié, se changeant en peu de temps en une masse dure, sèche, d'un brun verdâtre. Pour cette raison, les huiles fulminantes sont facilement décelées, de même que celle des labiées. L'essence de romarin produit aussi quelquefois avec l'iode quelques parties coagulées, mais qui ont toujours la consistance d'un extrait mou. 2° Les légers changements de couleur produits par le chromate de potasse sont un peu plus marqués avec l'huile de romarin, mais la coloration, également faible, que prend la solution dans la potasse caustique, qui est claire à froid et trouble à chaud, est la même dans l'eau de romarin. Cette dernière ne peut pas être décelée par l'épreuve à l'acide sulfurique ; celui-ci se colore en rouge foncé jaunâtre, et l'huile devient brune ; cependant, plusieurs autres adultérations peuVent être reconnues par ce moyen. La légère coloration de l'huile de cajeput par l'acide nitrique, qui lui communique seulement une couleur rouge-brunâtre, accompagnée d'une réaction très-vive et la formation d'un baume liquide, permettront de la distinguer facilement des autres huiles, mais non de celle de romarin. 5° L'huile de cajeput peut aussi être reconnue à une sensation de froid qu'elle laisse dans la bouche.

4° Sa pesanteur spécifique est au

dessous de 0,91 jusqu'à 0,92 ; il sera facile de démontrer la présence des huiles plus légères et de l'alcool. 5° Son adultération par le camphre sera reconnue par son affinité pour l'eau et par une distillation divisée.

Huile de menthe poivrée.

Toute adultération de cette essencc, sauf avec l'alcool ou avec une autre huile de menthe, se découvre facilement à l'odeur et à la saveur particulières de cette huile. La présence de l'alcool se reconnaît à la densité de l'huile qui est rarement sous 0,90 et qui doit être considérablement moindre si l'alcool employé est plus fort. Quant aux autres essences de menthe, nous ne connaissons que celle de la menthe crépue; cependant, nous pouvons conclure du peu d'affinité de l'huile de menthe poivrée pour le chromate de potasse et l'iode, que les autres espèces en diffèrent chimiquement, autant que les plantes qui les produisent diffèrent entre elles par l'odeur. Le caractère le plus distinctif que l'essence de menthe poivrée ne partage avec aucune autre huile de labiées, sauf avec quelques-unes de ses composées, est son action sur le chromate de potasse, à laquelle ce sel communique une couleur d'un rouge-brun foncé, et son épaississement en forme de coagulum, plus semblable à un extrait qu'à une résine : ce coagulum se divise par l'agitation sous forme floconneuse, pendant que la solution du sel perd en peu de temps toute sa couleur jaune ou parait d'un vert jaunâtre. Le rouge-pourpre communiqué à l'huile par le quart de son volume d'acide nitrique, est, au moins pour les qualités de 0,89 à 0,90 très-caractéristique. Les autres huiles, qui ne prennent qu'une coloration brune, ont au moins une légère teinte rougeâtre, mais toutes par l'addition d'un acide et à l'aide d'une température plus élevée, changent en brun rougeâtre et se prennent en un liquide balsameux.

Huile de thym.

Cette huile ne se distingue par aucun caractère particulier, et dans la plupart des cas où elle est employée comme parfum ou pour l'usage externe, son odeur pure et délicate sera un signe suffisant pour la reconnaître. Sa faible réaction avec l'iode fera découvrir son adultération par l'essence de térébenthine, tandis qu'une réaction plus forte avec le chromate de potasse peut servir pour reconnaître d'autres mélanges.

Essence de lavande.

L'alcool est le seul liquide dont on fait usage pour falsifier cette essence, sans en diminuer entièrement la valeur : on reconnaît ce liquide dans les qualités inférieures débitées dans le commerce à sa pesanteur spécifique. Sur dix échantillons examinés, la densité la plus basse de la plus mauvaise qualité était de 0,86; celle des meilleures qualités, le plus souvent de 0,87 à 0,89.

Le caractère particulier de l'huile de lavande qui la distingue, pour ce qui regarde son degré, de toutes les huiles obtenues des labiées, est sa fulmination vive et violente avec l'iode, et le changement complet de l'odeur piquante acido-balsamique du résidu mou extractif. On observe constamment ce phénomène dans toutes les huiles pures. Celle de moindre qualité, moins chère, fournie par le commerce, ne fulmine pas. L'addition d'un tiers d'alcool n'affaiblit pas sensiblement la fulmination ; de même, une demipartie d'alcool ne la détruit pas complétement, seulement elle l'affaiblit ; à volume égal, la fulmination n'a plus lieu, mais il se développe une légère ébullition et la production de vapeurs rouge jaunâtre. Par conséquent, on ne peut reconnaître par les réactions de petites quantités d'alcool ; par ce motif, la plus légère réaction qui résulte de l'huile pure avec la santaline, est un meilleur réactif, parce que celle renfermant de l'alcool dissout promptement cette matière.

Une adultération par des huiles fulminantes qui ne sera pas découverte dans ce cas par l'iode, sera décelée par les réactions différentes qu'elles éprouvent par la potasse caustique. La solution alcoolique de potasse forme, avec l'huile de lavande, une solution claire, en lui communiquant une couleur d'un brun rouge, jaunâtre foncé, tandis que les autres huiles s'y dissolvent difficilement et devicnnent troubles et très-légèrement colorées.

Parmi les meilleurs réactifs de l'huile de lavande, on peut aussi compter la couleur rouge-brunâtre foncé, produite par l'acide sulfurique, accompagnée d'un fort épaississement, pendant que l'acide, également coloré, prend une légère teinte jaunâtre.

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Cette huile, dépourvue d'oxygène, diffère des autres, ayant la même composition, par sa viscosité et sa faible action sur l'iode, qui lui communique, au commencement de la réaction réciproque, une couleur violette. L'alcool absolu, en grande

proportion et à une haute température, forme avec cette huile une solution le plus souvent claire, à volume égal; on obtient une solution très-trouble, en laissant précipiter des flocons. L'huile, fortement troublée par l'acide nitrique, devient simplement d'un rouge pâle par la chaleur, mais elle est décomposée et changée en une résine consistante. L'acide sulfurique prend une couleur rouge, l'huile devient cramoisie ; ces caractères suffiront pour l'essai de cette huile, qu'il est déjà très-difficile de falsifier, à cause de sa viscosité et de l'absence de couleur.

Huile de bergamotte.

A cause de leur odeur délicate, les huiles des aurantiacées sont plus à l'abri des falsifications que l'huile de lavande, hormis celle par l'alcool ; d'un autre côté, un mélange de ces huiles s'effectue plus facilement et se reconnaît plus difficilement. Cependant des fraudes de cette nature sont peu à craindre, à l'exception de celles de l'huile de fleurs d'orangers, beaucoup plus chère que les autres. La similitude de leurs propriétés chimiques respectives ne laisse d'autre épreuve que l'odeur. La forte pesanteur spécifique et invariable (de 0,87 à 0,88), servira à faire découvrir tout mélange d'alcool. L'affinité que l'huile de bergamotte a pour ce liquide démontre distinctement la différence qui existe entre sa quantité propre et celle des autres huiles de la même famille; elle se dissout promptement dans l'alcool; mais, comme les autres huiles, elle rend, du moins lorsqu'elle est récente, la solution opaque. Elle se distingue aussi des huiles de citron et d'orange par ce fait qu'elle se dissout facilement et clairement dans une solution de potasse caustique. La différence dans ses éléments est aussi rendue manifeste par sa réaction avec l'iode, non tant pour ce qui regarde sa propriété fulminante, qui, quoique plus faible que dans l'huile de citron, est plutôt plus forte que dans l'huile d'orange, mais par la nature homogène du résidu, qui, dans les deux huiles mentionnées en dernier lieu, et dans toutes celles exemptes d'oxygène, forme deux combinaisons . différant de consistance. Cette huile, par son impropriété de dissoudre la santaline, est, de même que les autres huiles de la même famille, à l'abri de l'adultératiou par l'alcool. Un mélange d'une partie d'alcool et de cinq parties d'huile est à peine capable de donner lieu à la fulmination. Deux gouttes d'alcool ajoutées à trois gouttes d'huile ne produisent réellement pas de fulmination, mais il se forme

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NoTE sUR LEs FALsIFICATIoNs DEs ALoÈs ; par NoRBERT GILLE, pharmacien , répétiteur à l'École de médecine vétérinaire de l'Etat. — Si l'on s'en rapporte à l'opinion émise par deux savants professeurs, MM. Delafond et Lassaigne, l'aloès est le seul bon purgatif que possède la médecine vétérinaire, pour les grands animaux et notamment pour le cheval ; d'un autre côté, la médecine humaine tire de cet agent thérapeutique de grands avantages et il peut être rangé au nombre de ceux qu'elle utilise le plus souvent. A ce double titre il intéresse à un haut point les vétérinaires et les médecins, puisque les uns et les autres en font une arme précieuse pour combattre des maladies qui sont au nombre de celles qui réclament le plus souvent leurs lumières. Les pharmaciens, de leur côté, dans la sphère de leurs attributions, ne doivent laisser échapper aucun fait, aucune observation , lorsqu'il s'agit d'une substance médicamenteuse aussi souvent employée ; c'est mû par cette pensée que nous avons écrit ces quelques lignes.

Plusieurs hommes éclairés se sont occupés de différentes questions qui se rattachent à son histoire; ils ont, la plupart, levé une partie du voile qui la recouvrait, mais le dernier mot n'a pas encore été dit, il reste plus d'un point à éclaircir.

Appelé par notre position à manier souVent l'aloès, nous avons étudié attentivement ce qui se rattache à ce médicament ; les procédés recommandés pour rechercher ses falsifications ont surtout attiré notre attention; quelques expériences que nous avons faites pour élucider cette partie de son histoire nous ont conduit à des résultats qui nous ont paru assez intéres

sants pour pouvoir être soumis à l'appréciation des hommes qui s'occupent d une partie quelconque des sciences médicales. Lorsque l'on consulte les différents ouvrages qui traitent des falsifications, on y rencontre l'énumération des corps étrangers qui sont employés pour falsifier l'aloès, ces corps sont : la colophane, la poixrésine, la poix noire, les ocres, les os calcinés, la gomme arabique, l'extrait de réglisse. Quoique la plupart de ces sophistications ne se commettent que très-rarement , il importe néanmoins de connaître des procédés qui permcttent de constater leur existence. Si l'on met à exécution ceux qui jusqu'ici étaient les seuls connus pour déceler la présence des résines qui viennent d'être énumérées , on s'aperçoit bientôt qu'ils laissent beaucoup à désirer et qu'ils peuvent même induire en erreur; c'est en effet ce que nous avons pu constater aux manipulations de l'école vétérinaire où les élèves doivent rechercher, sous nos yeux, les principales falsifications des médicaments qu'ils doivent avoir plus tard dans leurs officines. Malgré leur imperfection, ces procédés étaient rccommandés par les auteurs les plus estimés, par ceux même qui épient sans cesse les falsifications, qui veillent constamment sur la qualité des médicaments et auxquels nous devons les publications les plus utiles sur cette partie importante de la pharmacologie. C'est guidé par l'exemple et l'expérience de ces savants que nous avons aussi recommandé un de ces procédés dans notre petit volume sur les falsifications des médicaments qui doivent se trouver dans l'officine du médecin vétérinaire belge. L'un de ces procédés consiste à plonger dans l'aloès soupçonné une broche de fer chauffée presque jusqu'au rouge ou à l'exposer à une température assez élevéc. Dans ces différents modes d'essai, le but que l'on veut atteindre est de faire développer l'odeur qui caractérise les résines des abiétinées, mais la nature de l'aloès, la présence de la résine qui s'y trouve déja naturellement, lui donne la propriété de répandre une odeur forte lorsqu'on le traite par ces moyens ; il suffit de faire l'expérience avec de l'aloès pur et avec de l'aloès que l'on a falsifié, pour se convaincre qu'il est difficile, sinon impossible, de pouvoir se prononcer d'après les résultats obtenus ; on sera bientôt persuadé que l'odeur exhalée de l'aloès pur doit dominer ct masquer celle des autres résines qui ont quelquefois été mélées avec lui. Un autre moyen a été préconisé pour rechercher les résines ; il ne laisse pas moins à désirer que celui qui vient d'être mentionné, il a même dû être imaginé dans un moment d'aberration et être livré au public médical sans avoir été soumis à l'expérimentation. Pour le mettre en pratique on traite l'aloès par l'eau pour le dissoudre, dit-on, et séparer ainsi les diverses résines qui auraient pu y être mêlées. Ce procédé,très-simple et d'une exécution très-facile, devrait être préféré à tous les autres s'il avait reçu la sanction de l'expérience ; mais si on se rappelle la composition des différentes qualités d'aloès, si on se rappelle comment elles se comportent avec l'eau, si enfin, on expérimente sur de l'aloès pur et sur de l'aloès que l'on a falsifié soi-même, on sera bientôt convaincu que ce mode d'essai est beaucoup plus vicieux que le premier et qu'il ne peut donner que des résultats qui feraient tirer des conclusions erronées; il ferait en effet considérer comme ayant été falsifiés les aloès qui laissent un résidu que l'eau pure ne peut dissoudre. Ces différents procédés , malgré les inconvénients qu'ils présentaient, ont été, faute de mieux, les seuls que nous avons fait suivre pendant quelque temps par les élèves de l'école de Cureghem ; mais leur imperfection ne donnait pas à l'opérateur cette satisfaction et cette conviction quc donnent les réactions nettes et bien tranchées, elle laissait dans l'esprit une incertitude qui faisait désirer tout naturellement la découverte d'un procédé qui pût conduire à des résultats plus concluants. Pour satisfaire à ce besoin il fallait de nouvelles recherches, il fallait des expériences ; nous nous sommes mis à l'œuvre et nous avons trouvé un procédé qui présente sur les autres un avantage essentiel : celui de donner des indications beaucoup plus affirmatives.Ce procédé, nous l'avons mis en usage, nous l'avons répété plusieurs fois, les élèves de I'école vétérinaire le suivent depuis quelque temps et toujours il donne les preuves qu'on en attend; outre ce grand avantage, iI a celui d'être simple et d'une exécution très-facile. La manière d'opérer consiste à choisir dans la masse de l'aloès les parties suspectes ; on en concasse une certaine quantité, on le chauffe avec environ dix fois son poids d'eau à laquelle on a ajouté 2 à 5 centièmes de carbonate de soude et en ayant soin de ne pas laisser adhérer l'aloès au fond du vase ; la solution s'opère facilement et, par le refroidissement et le repos, elle ne laisse déposer aucun corps étranger, si l'aloès est pur ; lorsqu'il est

impur il laisse déposer, au contraire, nonseulement les résines mais encore la plupart des impuretés qui sont quelquefois ajoutées par fraude et même celles que les aloès peuvent contenir sans avoir été falsifiés à dessein. L'odeur qui s'exhale pendant l'opération permet souvent de reconnaître la présence de la colophane et celle des autres résines fournies par les arbres de la famille des abiétinées, mais lorsque après le refroidissement, on décante le liquide et qu'on retrouve au fond ces corps étrangers avec leur odeur caractéristique il ne peut plus rester le moindre doute sur leur présence ; on peut même alors faire avec ce résidu préalablement débarrassé de l'alcali, les réactions produites par l'action de l'acide pinique(résine alpha de Berzélius) sur l'acétate de cuivre et celle que la colophane donne avec l'acide chrysammique. Les ocres, les os calcinés, et beaucoup d'autres corps qui sont ou qui pourraient être ajoutés aux aloès sont séparés facilement en traitant celui-ci par l'eau alcaline précitée. Le carbonate de soude n'est pas le seul corps qui favorise la dissolution de la partie de l'aloès qui ne se dissout pas dans l'eau pure, les solutions alcalines en général possèdent cette propriété; aussi le carbonate de potasse, l'ammoniaque , Ia potasse et la soude caustiques sont autant d'intermèdes qui peuvent le remplacer pour l'expérience qui vient d'être indiquee. Différentes qualités d'aloès ont été soumises à l'épreuve du moyen que nous recommandons, mais c'est surtout sur les qualités les plus usitées, sur les différentes variétés d'aloès du Cap, improprement désigné sous le nom d'aloès succotrin que l'expérience a été le plus souvent répétée. L'aloès des Barbades et l'aloès Caballin ont été employés pour quelques expériences, les résultats obtenus ont toujours été aussi concluants qu'avec les autres qualités. Quant à la gomme arabique et l'extrait de réglisse, le prix auquel on les débite doit exclure leur présence dans les aloès du Cap , qui sont les plus employés en Belgique; ce n'est qu'en ajoutant ces corps à des aloès de prix plus élevés que les falsificateurs pourraient trouver quelque bénéfice. Quoi qu'il en soit, le moyen qui consiste à dissoudre l'aloès dans l'alcool permettra de séparer ces corps et les autres qui n'ont pas la propriété de se dissoudre dans ce véhicule.

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