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chy ; tisane de houblon et de chicorée ; 2 litres trois quarts d'urine. La dernière fois que nous avons vu ce malade, il prenait toujours de l'extrait de valériane, et la proportion de ses urines tendait de plus en plus à revenir aux conditions normales. C'est donc là un fait intéressant, et dont on peut tirer profit dans le cas de diabète non sucré. (Journal de médecine et de chirurgie prat.)

AFFECTIoN cÉRÉBRALE. BIzARRE ET TRÈsct RABLE. — Au n° 2 de la salle SainteAgnès , à l'Hôtel-Dieu , est couché un homme âgé de trente-deux ans, qui présente une affection du cerveau dont la singularité et la curabilité méritent une mention toute spéciale. Cet homme , qui est corroyeur, se lève un matin parfaitement bien portant, et en mettant son soulier, il éprouve un étourdissement et perd subitement l'usage de la parole, sans que ce phénomène morbide s'accompagne d'aucun symptôme de paralysie. ll entre dans cet état à l'Hôtel-Dieu, et quand on l'interroge, il fait de vains efforts pour exprimer sa pensée. Cependant son intelligence est nette, il écrit son nom et fait des phrases avec ses doigts, mais non avec sa langue. Celle-ci est libre et se meut avec facilité. ll avale aisément , se promène, va aux lieux, tient toutes ses petites affaires avec la régularité d'un ancien soldat. Chez ce malade, c'est l'organe de la parole seul qui refuse de fontionner. Il est fort difficile de dire à quel genre de lésion organique répond un pareil trouble morbide ; mais ce qu'il y a de consolant dans ce cas, c'est la curabilité constante de cette affection. M. Trousseau en a vu dans sa pratique plus de vingt exemples, et toujours il y a eu, après un délai plus ou moins long, retour complet de la faculté de parler. La parole revient quelquefois au bout de quatre à cinq jours. Dans le cas dont il s'agit, ce médecin a cru devoir prescrire des affusions froides. Elles plaisaient au malade qui les demandait , matin et soir on lui versait doucement sur la tête et les épaules quatre seaux d'eau fraiche ; on l'enveloppait ensuite dans une couverture de laine chaude, et on le ramenait à son lit. Cette médication a été continuée pendant quinze jours, et soit qu'on doive attribuer à l'action dynamique du froid le résultat observé, soit que la nature seule ait fait les frais de la guérison, il est certain que cet homme a recouvré peu à peu le libre exercice de la parole, montrant ainsi que la suspension de cette fonction peut être rapprochée des singulières perturbations

qu'on remarque dans l'hystérie, et qu'il y a, selon toute probabilité, dans les faits de ce genre quelque chose de nerveux qui nous échappe, et contre lequel on devra se garder de conseiller des saignées, des cautères, et autres moyens actifs pour le moins inutiles. (Ibid.)

DE L'oBsTRUCTIoN DE L'oRIFICE PHARYNGI N DE LA TRoMPE D'EUsTAcHE : par le docteur J. NEILL. — Un genre d'obstruction à peine indiquée par les auteurs qui se sont occupés des maladies de la trompe d'Eustache tiendrait , suivant le docteur Neill, à une hypertrophie des follicules qui entourent l'orifice guttural de ce conduit. Ces follicules, contenus dans un des replis de la membrane muqueuse, l'attirent en bas, de manière à recouvrir quelquefois complétement l'orifice. Ils présentent quelquefois l'aspect et les dimensions de l'amygdale elle-même avec ses follicules à large ouverture. Cette altération a été rencontrée après la mort sur trois sujets; elle est probablement plus commune qu'on ne le pense, et réclamerait, dans le cas où on parviendrait à la reconnaitre sur le vivant, une cautérisation à l'aide d'un porte-caustique recourbé introduit par la bouche. ( The medical Examiner et Gazette dicale de Paris.)

TRAITEMENT DEs GERçUREs DU sEIN PENDANT L'ALLAITEMENT. Voici les préceptes que donne à ce sujet M. Chassaignac. Il conseille d'attaquer les gerçures du scin de très-bonne heure, préventivement, en quelque sorte, et avant que leur accroissement, et en nombre et en profondeur, ait rendu leur traitement difficile. Aussitôt que la moindre sensibilité morbide , la moindre fendillure existe, soit à l'extrémité du mamelon, soit sur l'un des points quelconques du monticule qui le forme , soit sur la surface de l'aréole , on construit une cuirasse de sparadrap à bandelettes imbriquées et croisées, et on applique une fois chaque jour une solution de nitrate d'argent, à la proportion de 5 grammes pour 50 grammes d'eau distillée. D'une part, le mamelon est protégé par la cuirasse. Celle-ci a pour principal effet de prévenir l'action fâcheuse de l'air et des changements de température, et surtout la formation de petites croûtes qui houchent les orifices des canaux galactophores. D'autre part, le mamelon , raffermi au moyen de la solution de nitrate d'argent, reprend avec une promptitude remarquable ses conditions normales. Au bout de 24 ou 48 heures, on peut présenter le sein à l'enfant, pour peu qu'on ait soin de laver à plusieurs reprises le mamelon avec du lait chaud et sucré. Les chlorures alcalins que contient le lait neutralisent les restes de nitrate d'argent qui pourraient encore exister à la surface et dans les anfractuosités du mamelon. Il fait disparaître le goût désagréable que pourrait laisser subsister l'application de la cuirasse. On observe alors attentivement l'état dans lequel la succion qui va avoir lieu laissera le mamelon. S'il est dans des conditions satisfaisantes, il suffit de le saupoudrer avec de l'amidon : si les gercures se sont rouvertes, on réapplique la cuirasse après avoir promené de nouveau sur les parties malades le pinceau chargé de la solution à 5 grammes. Dans les premiers jours de ce traitement, on ne doit présenter le sein malade à l'enfant qu'une fois dans les 24 heures. Nous croyons pouvoir dire qu'au moyen de la cuirasse et de la solution , employées avec intelligence, on parvient constamment , et dans un assez court délai, à faire avorter les accidents. (Revue de thérapeutique médico-chirurgic.)

LUMBAGo RAPIDEMENT GUÉRI PAR LE LINIMENT DE HoME ; par M. BARRERE. — Le liniment dont il s'agit a été recommandé par F. Home, un des médecins les plus distingués du XVIIIe siècle, qui le donne comme presque infaillible contre le lumbago. Ce médecin dit s'en être également servi avec succès contre les douleurs musculaires et articulaires sans fièvre, contre la pleurodynie, les douleurs des vieilles luxations et vieilles fractures, celles qui suivent certaines contusions. Sa formule est la suivante : Pr. Poudre de camomille. . . 8 gr. | Sel commun. . . . . . 2 Camph. (préalablem. dissous dans essence de térébenth. 8 grammes). . - , ... .. . — 25 c. Ong. de sureau ou d'althea. 100 Savon noir. . . . . . 50 Mélez exactement.

Dans le fait que rapporte M. Barrère, l'application de ce liniment, trois fois le jour, sit disparaître, en 24 heures, un lumbago dont les douleurs horribles condamnaient la malade au repos le plus absolu. (Revue thérapeutique du Midi.)

GUÉRIsoN sPoNTANÉE DEs TUMEURs sANGUINEs, oU HÉMATocÈLEs RÉTRo-UTÉRINEs. — Les tumeurs dont il s'agit ne se trouvant décrites dans aucun auteur classique, M. Nélaton a saisi avec empressement l'occasion qui s'est offerte à lui d'appeler l'attention de ses auditeurs sur une affection qui paraît être beaucoup plus commune qu'on ne le croyait autrefois.

Il y a quinze mois, une femme couchée en ce moment dans les salles de ce professeur, fit une fausse couche au quatrième mois de sa grossesse. Depuis, elle fut réglée imparfaitement. Il y a quatre mois, les menstrues se supprimèrent tout à fait ; puis, vers le 1er décembre dernier, elle éprouva dans le bassin et dans les organes sexuels des douleurs qui la décidèrent à se faire admettre à la Clinique. L'examen attentif auquel se livra alors M. Nélaton, lui fit constater ce qui suit : le doigt introduit dans le vagin trouvait le col utérin à pcu de profondeur en avant, très-rapproché de la symphyse pubienne, petit comme le col d'une femme qui n'a pas eu d'enfant, aplati d'avant en arrière, percé d'un orifice étroit, puis, immédiatement en arrière, le même doigt rencontrait une masse arrondie, formant un relief très-prononcé. Si, au lieu d'un doigt, on en introduisait deux, et qu'on palpât avec l'autre main la région sus-pubienne, on trouvait à droite de l'utérus dévié de ce côté, et reporté en haut par une tumeur indépendante de cet organe, située à la gauche de celui-ci, et qui ne pouvait être qu'un phlegmon du ligament large , ou une hématocèle rétro-utérine. Or, ce qui démontrait l'existence de l'hématocèle, c'étaient les signes tirés du toucher. En effet, on trouvait derrière le col utérin une tumeur repoussant ce col en avant, derrière la symphyse du pubis, une tumeur avec consistance pâteuse, fluctuation douteuse et incertaine, développée rapidement, assez douloureuse au toucher, et s'élevant dans la cavité abdominale. Il y avait d'ailleurs un autre signe qui ne laissait pas de doute sur la nature du mal. En appliquant le spéculum, on pouvait distinguer la coloration toute particulière de la muqueuse du vagin qui recouvrait la tumeur. La paroi de celle-ci était suffisamment amincie et distendue, pour laisser apercevoir la couleur bleuâtre du liquide qu'elle contenait, couleur qui contrastait avec la teinte rosée des autres parties du vagin. M. Nélaton n'a donc pas hésité à diagnostiquer une tumeur sanguine, eten ponctionnant cette tumeur, il en a retiré un liquide noirâtre comme du raisiné, qui eût dissipé toutes les incertitudes, s'il y en avait cu.

Ces tumeurs sont très-communes. MM. Laugier, Denonvilliers et Huguier en ont signalé un certain nombre de cas. Il y a un an une malade, traitée par M. Rostan, semblait être affectée d'un vaste abcès pelvien : c'était une hématocèle rétroutérine. Leur développement commence ordinairement par des irrégularités de la menstruation. Les règles, comme ici, sont tantôt supprimées, tantôt trop abondantes et prennent les proportions d'une perte. Ce sont là les phénomènes prodromiques. Puis tout à coup les malades accusent du malaise; elles ressentent des douleurs vives dans le bas-ventre, douleurs qui s'irradient vers le rectum, la vessie et les reins. En même temps, le ventre devient volumineux, tendu, douloureux à la pression et sous l'influence d'un mouvement ou d'un choc un peu brusque. circonstance qui oblige les malades à garder le repos le plus absolu. Cet état peut même se compliquer de troubles fonctionnels divers, de vomissements, de dysurie, de fièvre. D'autres fois, et c'est peut-être le cas le plus ordinaire, les désordres généraux sont peu appréciables; mais il y a scnsation extrêmement désagréable d'un corps pesant qui va s'échapper du vagin, et, bien que la maladie n'ait pas duré longtemps, l'amaigrissement des sujets est très-considérable. Il est difficile de bien préciser le siége anatomique de ces tumeurs, par la raison très-satisfaisante qu'elles ne se terminent presque jamais d'une manière fatale, et qu'il n'y a pas lieu d'en compléter l'histoire par un examen nécroscopique. On suppose qu'elles se forment ou dans le cul-de-sac du péritoine, ou dans le tissu cellulaire lâche et lamelleux qui existe derrière le vagin, en avant du rectum, et en haut derrière le col utérin. Elles paraissent avoir pour cause déterminante les efforts violents qui accompagnent les accouchements laborieux, et en première ligne les fausses couches. Ce que nous avons dit au sujet de leur siége prouve que les hématocèles rétroutérines n'ont pas la gravité qu'on leur supposerait au premier abord. Le plus grand nombre, en effet, de ces tumeurs, guérissent par résorption du sang épanché. L'année dernière, une malade fut admise dans le service de M. Nélaton pour un prétendu kyste.Ce chirurgien l'examina attentivcment, et, croyant reconnaître une hématocèle, il s'assura du fait par une ponction exploratrice, et ne tenta aucun moyen de traitement. Cette femme a séjourné dans les salles pendant plusieurs

mois. On la touchait tous les dix ou quinze jours, et à la fin on a pu constater que la tumeur avait disparu sans opération. D'autres fois, il est vrai, le sang n'est pas résorbé ; mais il se fait jour par une voie nouvelle. MM. Marotte, Laugier et Denonvilliers l'ont vu aussi s'échapper par le rectum ou par les organes génitourinaires. C'est encore un mode de terminaison heureux, tandis qu'il est arrivé qu'après avoir incisé ces tumeurs, du sang resté dans la cavité a subi la décomposition putride, et donné lieu à des accidents mortels. Aussi M. Nélaton ne fait-il plus ce qu'il faisait autrefois. Il se borne à constater, par une ponction exploratrice, la nature de ces tumeurs; mais il s'abstient de les inciser, d'abord parce qu'il y a danger à le faire, et qu'ensuite il est persuadé que la guérison de cette maladie s'obtient spontanément dans la grande majorité des cas. (Journ. de méd. et de chirurg. pratiques-)

CANCER DU RECTUM. — AUToPLAsTIE PAR GLIssEMENT. — GUÉRIsoN. — M. Demarquay vient de présenter à la Société de chirurgie une malade qui nous paraît offrir un véritable intérêt. C'est une femme sur laquelle ce chirurgien a pratiqué , le 50 août dernier, en présence de MM. Denonvilliers et Guersant, l'ablation de la partie inférieure du rectum, avec des modifications qui peuvent avoir une grande utilité pratique. Voici le fait. La nommée Marie, cuisinière, entre à l'hôpital Necker le 14 août 1855 , pour être débarrassée d'une masse cancéreuse qu'elle porte depuis six mois au pourtour de l'anus; la tumeur est plus développée du côté droit que du côté gauche. La maladie avait de plus envahi la partie inférieure du rectum, dans une étendue de 5 à 4 centimètres ; le doigt toutefois arrivait parfaitement à la limite du mal. Les douleurs intenses que la malade ressentait lui faisaient réclamer avec instance l'opération. Voici le procédé mis en usage par M. Demarquay. Une incision partant du coccyx circonscrit toute la tumeur ; puis celle-ci est disséquée.Avant de détacher la partie malade, l'extrémité inférieure de l'intestin rectum est fendue suivant sa longueur, et elle est ensuite coupée circulairement, suivant le précepte de M. DenonvilliersLes vaisseaux intéressés sont liés à mcsure. Pour combler la plaie considérable résultant de l'opération, M. Demarquay, après avoir disséqué , dans une certaine étendue, la partie saine de l'intestin , attira à lui le rectum devenu libre, et le fit adhérer au pourtour de la marge de l'anus, avec la peau. Par suite de cette espèce d'autoplastie par glissement, la plaie résultant de l'opération était comblée. Actuellement, la malade est complétement rétablie ; elle va librement à la garde-robe. A la place de la tumeur cancéreuse, on trouve une cicatrice souple et élastique. Ce fait montre une ingénieuse application des principes d'autoplastie formulés par M. Jobert. (Bulletin général de thérapeutique.)

EMPLoI DE L'ALcooL coNcENTRÉ coNTRE LEs FURoNcLEs. —A diverses reprises nous avons, dans ce journal, fixé l'attention de nos confrères sur l'action résolutive de l'alcool concentré. Dans notre tome XIII, p. 534, nous avons fait connaître les essais que M. Nélaton a faits avec cette substance pour guérir les kystes du poignet, médication qui, d'ailleurs, avait été proposée par M. Houzelot. Il y a quelques mois (tome XVI, p. 571) nous exposions l'opinion de M. Nélaton qui considère l'alcool comme le meilleur des résolutifs et le scul vraiment digne de ce nom ; aujourd'hui il nous reste à rapporter ici l'emploi qu'il en fait pour déterminer l'avortement des furoncles. Dans ce cas il l'emploie de la manière suivante : quand les furoncles apparaissent et commencent à s'enflammer, on applique sur les parties qui en sont atteintes un linge trempé dans de l'alcool concentré marquant 40°. Il faut avoir le soin de recouvrir exactement avec la compresse toutes les parties où apparaissent les furoncles, et de la mouiller assez fréquemment pour maintenir la partie humide et donner lieu à une évaporation constante à sa surface. M. Nélaton assure que, par ce moyen, on obtient toujours l'avortement des furoncles.

OBsERvATIoN D'UNE vARIÉTÉ NoUvELLE DE TUMEUR sANGUINE RÉDUCTIBLE DE LA voûTE DU CRANE ; par le docteur E. AZAM. — Il est toute unc catégorie de faits pathologiques auxquels on peut donner à juste titre le nom de curiosités. Ces faits, isolés et uniques, sont en général d'un intérêt médiocre pour le praticien, dont les travaux doivent avoir pour base la comparaison et l'analogie raisonnée. Mais aussitôt qu'un fait de ce genre est suivi d'un fait analogue, il n'est plus stérile, et l'on peut supposer qu'en le manifestant sur l'organisme vivant, la nature n'a pas été seulement

bizarre, mais qu'elle offre à l'étude un mode nouveau de lésion que l'on n'avait pas aperçu. C'est alors un devoir pour l'observateur d'insister sur ces faits; sur eux peut se baser l'étude d'une maladie nouvelle, et le cadre nosologique, déjà trop riche, peut compter une maladie de plus. Ces réflexions m'ont été suggérées par un travail que M. le docteur G. Dufour a présenté à la Société de médecine pour obtenir le titre de membre correspondant. Ce travail porte sur une observation jusqu'alors unique, présentée en 1851 à la Société de Biologie, et publiée dans la Gazette médicale, sous ce titre : D'une variété nouvelle de tumeur de la voûte du crâne, suite de lésion traumatique. Ayant eu l'occasion d'observer un cas analogue, je viens le joindre à celui de mon honorable collègue; car ces deux faits se prêtent un grand et mutuel appui. Pour épargner des recherches à mes lecteurs, je ferai en peu de mots l'analyse de l'observation de M. Dufour. En 1851, vivait, à l'hôpital des Invalides, un vieux militaire qui, en 1797, avait reçu sur le front un violent coup de crosse de fusil; à la suite de cette blessure, il resta vingt-quatre heures sans connaissance; il fut considéré comme ayant une fracture du crâne sans plaie aux téguments ; il guérit; mais il lui resta l'infirmité que M. Dufour décrit ainsi : Quand il se penchait. la tête inclinée vers le sol , il sentait se former sur le lieu même de sa blessure une grosseur du volume d'une noix , de couleur violette. laquelle disparaissait d'elle-même dès qu'il redressait la tête. M. Hutin, chirurgien en chef des Invalides, caracterisa la lésion de la manière suivante : Peu de cicatrice apparente ; dépression osseuse très-sensible, due sans doute à l'absorption d'une portion du diploë et au rapprochement des lames du frontal; la poche, qui se forme aux dépens de la peau amincie, contient évidemment un liquide; la tumeur qu'elle forme est réductible à la pression, et quand elle n'est point réduite, le malade éprouve des vertiges; elle n'est pas pulsatile, et l'auscultation n'y perçoit aucun bruit. Cet invalide a vécu cinquante ans avec cette lésion bizarre ; il meurt d'un érysipède, et l'autopsie démontre les faits suivants : Amincissement de l'os, le diploë est raréfié; on découvre trois ou quatre pertuis qui perforent le frontal et vont s'ouvrir dans un canal veineux de nouvelle formation, qui va s'aboucher avec le sinus longitudinal supérieur; l'arachnoïde vis

cérale et pariétale sont adhérentes à la dure-mère , le cerveau est sain. Ainsi , de l'autopsie , il résulte que cet invalide a porté toute sa vie dans la région frontale une tumeur sanguine, suite de lésion traumatique, tumeur qui recevait au travers du frontal le sang du sinus longitudinal supérieur, et qui, par suite, était parfaitement réductible. Ce fait curieux fut présenté, comme je l'ai dit plus haut , à la Société de Biologie en 185 l ; il y eut discussion à son sujet, et aucun des membres de cette savante Société ne cita de fait analogue. Voici maintenant le fait que j'ai observé à l'hôpital Saint-André en 1850; le lecteur jugera de l'analogie : Chondel , âgé de vingt-deux ans, meunier, entre à la salle 17, service de M. Hirigoyen, le 11 novembre 1850. Il raconte qu'à l'âge de dix ans, il a fait sur le front une violente chute; trois jours après , apparut une tumeur qui est restée stationnaire et a toujours eu l'aspect qu'elle présente aujourd'hui. Cette tumeur est située sur la région frontale, un peu à droite de la ligne médiane; ses dimensions sont celles d'une grosse noix ; clle est irrégulièrement arrondie et sans changement de couleur à la peau; la fluctuation y est manifeste; si on la presse doucement avec la paume de la main, elle se réduit entièrement , et la peau reste flasque et vide ; le malade la réduit lui-même avec facilité : cette manœuvre ne s'accompagne d'aucun vertige. L'inspiration et l'expiration forcée ont sur elle une légère action ; elle ne présente ni battements ni bruit de souffle. Le seul phénomène d'auscultation que j'aie pu percevoir est un bruit de souffle obscur sur le trajet du sinus longitudinal supérieur pendant que le malade réduisait presque violemment sa tumeur. Lorsque la tumeur est réduite. on découvre. au travers de la peau amincie, une dépression osseuse circulaire, à bords saillants , inégaux et rugueux. Chondel voudrait guérir de cctte sorte d'infirmité , qui cependant ne lui cause aucune douleur : il a déjà consulté un médecin , et une ponction a été pratiquée. Cette ponction a donné issue à un jet de sang. Le 20 novembre, M. Hirigoyen y pratique une petite ponction au moyen d'une lancette; comme la première fois , il sort un jet de sang ; ce sang n'est pas vermeil. Un stylet, introduit par l'ouverture, ne rencontre aucune rugosité; l'os semble recouvert d'une membrane molle, et il est impossible de rencontrer l'orifice de com

munication avec l'intérieur du crâne. Malgré l'écoulement du sang , la tumeur ne diminuant pas de volume, il est impossible de douter de sa communication avec une source sanguine considérable. Cependant, cet écoulement est facilement arrêté, et l'ouverture cicatrise rapidement au moyen d'une simple bandelette de toile-dieu. Ce malade intéressant fut examiné par un assez grand nombre de médecins - et plusieurs opinions furent émises.Je ne les énumérerai pas ici. Je dirai seulement que je me rangeai à l'idée que cette tumeur était une tumeur sanguine en communication avec le sinus longitudinal supérieur. Rien ne pouvait être tenté pour guérir ce malade. Aussi, peu de temps après . il sortit de l'hôpital , et je n'en ai plus entendu parler. J'avais noté ce fait avec soin, et à l'époque où un heureux hasard le soumit à mon étude, j'avais fait dans les auteurs de nombreuses recherches infructueuses.Aucun ne citait un fait analogue. La seule observation de M. Gustave Dufour montre une lésion pareille.Je n'insisterai pas auprès de mes lecteurs pour en démontrer l'analogie. Ainsi, il est aujourd'hui démontré pour moi qu'on peut ajouter aux effets des traumatismes de la voûte du crâne à la région frontale, une lésion non encore décrite, caractérisable de la manière suiVaIlte : Raréfaction du diploë, perforation de la voûte crânienne, communication avec le sinus longitudinal supérieur, et formation consécutive d'une tumeur sanguine réductible, contenant du sang provenant de ce vaste réservoir. (Journal de médecine de Bordeau.c. )

EMPLoI DEs sINAPIsMEs coNTRE LA cRÉroTA 1oN DoULoUREusE DEs TENDoNs. - Deux hommes atteints de cette maladie se sont présentés dans le service de M. Nélaton. Chez l'un d'eux le mal avait son siége dans la gaîne du long extenseur du pouce. chez l'autre dans une bourse séreuse développéeaccidentcllement au niveau d'une ancienne fracture de l'avant-bras. Ces deux malades ont été traités par de simples sinapismes, et bien que la crépitation durât depuis quatre à six jours, elle a cédé comme par enchantement à l'action rubéfiante de ces topiques. (Journal de médec. et de chir. pratiques.)

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