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spécial; ensin, la plaie, après avoir suivi la marche la plus régulière, fut cicatrisée au bout de deux mois. La cicatrice, qui représente un sillon dans lequel on peut loger le bout du petit doigt, fut précédée de l'exfoliation de quelques lamelles osseuses du coronal. Réflexions. Cet exemple, joint à une multitude d'autres de même nature, enseigne qu'il ne faut pas trop se tourmenter à vouloir relever les fragments osseux, à moins que des indications précises ne l'exigent; tels sont les symptômes de compression bien marquée ou permanente, le coma et la paralysie. Hors de là, il est prouvé tous les jours que le cerveau relève insensiblement les fragments ou qu'il s'habitue à leur contact, ainsi qu'il est arrivé dans le cas que nous relatons. Une circonstance digne de remarque a accompagné cet accident : c'est une altération de la voix (aphonie) qui a pris naissance avec lui et qui existait encore à la sortie du malade de l'hôpital. Cette aphonie a-t-elle eu sa source dans la naturede cet accident ? Si l'on passe en revue les causes qui peuvent donner lieu à cette affection, la pathologie nous apprend, en effet, qu'elle peut provenir d'une lésion de l'encéphale. Or, celui-ci a dû nécessairement recevoir une atteinte de l'accident qui eut lieu, tel qu'un ébranlement du centre encéphalique, et il ne serait pas étonnant, comme on l'a souvent observé, qu'elle persistât après la guérison. « On voit souvent l'aphonie, est-il dit dans le Dictionnaire abrégé des sciences médicales, dépendre des affections du centre encéphalique, et, dans ce cas, elle persiste souvent, alors même que la lésion primitive, dont elle n'était que le symptôme, a cessé. » Nous ne savons ce qui est advenu, sous ce rapport, chez cet homme, l'ayant perdu de vue depuis sa sortie de l'hôpital.

====== II. REVUE ANALYTIQUE ET CRITIQUE.

Médecine et Chirurgie.

RECHERcHEs sUR LE TRAITEMENT DEs seul, plus avantageux dans la pratique, à

FIÈvREs INTERMITTENTEs PAR LE sULFo-TAR-
TRATE DE QUININE ; par M. le docteur RAI-
MoND BARTELLA.
L'auteur de cet important travail , que
le Bulletin de thérapeutique a publié dans
trois de ses numéros, poursuit depuis deux
ans l'étude des effets produits par l'asso-
ciation de l'acide tartrique au sulfate de
quinine dans le traitement des fièvres in-
termittentes. Ne pouvant reproduire en
entier ce mémoire, nous en donnons ici
les conclusions, en émettant le vœu que
les résultats obtenus par M. Bartella soient
pleinement confirmés par nos confrères
des Flandres.
1° Le sulfate de quinine associé à par-
tie égale d'acide tartrique est plus actif,
à même dose, que le sulfate de quinine

cause de la dose moindre, par laquelle on
peut triompher d'un accès quelconque de
fièvre intermittente, préférable sous le
rapport économique au sulfate de quinine,
qui est cependant la moins chère de toutes
les préparations de quinine.
2° La dose minimum à laquelle le sulfate
de quinine associé à l'acide tartrique peut
être administré, ou la dose économique de
ce fébrifuge peut être évaluée, en général,
à la moitié de celle du sulfate de quinine,
qui est néanmoins la plus active de toutes
les préparations de quinquina ; mais , en
particulier, il est impossible de préciser
cette dose d'une manière absolue dans les
diverses espèces de fièvres intermittentes,
parce qu'elle varie suivant diverses cir-
constances ; ainsi, sans parler de l'âge du

malade, cette dose varie suivant la saison, la gravité, le caractère et la périodicité de la maladie. Tout en laissant la plus grande latitude à la sagacité et au coup d'œil du praticien , je dirai que : Dans les mois de juillet , d'août et de septembre, à conditions égales , il est nécessaire de donner une plus forte dose qu'à d'autres époques de l'année ; Plus l'accès fébrile est intense, plus la dose doit être forte; Dans les fièvres à caractère pernicieux, la dose doit toujours être plus élevée que dans les fièvres intermittentes simples ; ainsi : Dans les premières (les fièvres pernicieuses ) la dose doit être moins forte quand elles sont sub-continues que lorsqu'elles coïncident avec un symptôme prédominant; dans les secondes, la première dose doit être d'au moins trente grains (1), et la seconde moindre, mais en rapport avec les changements en mieux survenus dans le nouvel accès , dans les premiers, la dose peut varier entre 12 et 24 grains, suivant la tendance à la continuité, et la seconde ne doit pas être moindre de 6 grains. Dans les fièvres intermittentes légitimes, la dose varie suivant la périodicité : plus petite dans les fièvres tierces simples, un peu plus forte dans les quotidiennes et dans les doubles tierces , plus forte encore dans les fièvres quartes. En général, avec une première dose moindre de 8 grains, on ne coupe pas la périodicité. (Une première dose de 9 grains a réussi seulement dans quelques cas de fièvres tierces légitimes et 12 grains ont coupé 17 fois sur 50 la fièvre tierce, 1 sur 7 la fièvre quotidienne, 15 sur 46 la fièvre double-tierce et 2 sur 18 la fièvre quarte, de sorte que la première dose ne doit pas être, pour les fièvres tierces et quotidiennes, moindre de 9 grains, ni plus forte que 18 ou au plus que 24 grains, et la seconde dose d'autant moindre, que la première a été plus forte et quelquefois égale à celle-ci , si du moins elle n'a pas dépassé 6 grains). Dans les fièvres quartes, le mode d'administration le plus avantageux du fébrifuge consiste à donner un demi-scrupule de fébrifuge avant l'accès, et une dose semblable au commencement de la sueur, 6 grains de la même manière le jour du nouveau paroxysme, ct 6 autres grains le jour où l'on attend le troisième accès, qui manque habituellement. 5° Relativement au mode et à l'époque

(1) La dose de sulfo-tartrate de quinine indiquée par l'auteur doit toujours s'entendre d'une

d'administration du sulfo-tartrate de quinine , on peut dire qu'il est plus actif s'il est dissous dans une petite quantité de liquide et si on le fait prendre dans la période de sueur.

En terminant , je crois pouvoir résumer les avantages du sulfo-tartrate de quinine dans les propositions suivantes : économie considérable, certitude plus grande de guérison, nombre moindre de récidives et facilité plus grande à triompher de celles-ci.

EMPLoI DE LA BELLADoNE CoNTRE LA sALIvATIoN ; par M. le docteur ERPENBECK. — Une femme , atteinte d'entérite sérieuse, avait été soumise à un traitement par le mercure à l'intérieur et à l'extérieur. A la suite, il lui était survenu une abondante salivation. L'auteur prescrivit 2 grains et demi d'extrait de belladone dans une émulsion pour les vingt-quatre heures. Le lendemain, la salivation avait disparu et la bouche'était complétement sèche. Dès que l'emploi de la belladone fut interrompu, la salivation reparut; elle disparut encore dès qu'on revint au médicament. L'auteur croit donc d'après ce fait, et d'après quelques autres observés par lui, que la belladone constitue un bon moyen prophylactique contre la salivation. (Hanover corresp. Blatt.)

EMPLoI DE LA CRÉosoTE CoNTRE LA GANGRÈNE DE LA BoUcHE ; par M. le docteur HASBACH. — L'auteur a eu l'occasion de voir un assez grand nombre de cas de cette maladie, chez des enfants pauvres habitant des endroits humides et malpropres, chez lesquels elle suivait une marche si rapide que l'on n'avait pas grand temps pour se revoir. La créosote fut étendue avec un pinceau sur les parties malades, et, dit I'auteur, avec un plein succès. Il se montrait bientôt une ligne de démarcation entre les parties saines et les parties malades, et les parties molles gangrenées ne tardaient pas à se séparer, ce qui amenait la guérison. D'après l'expérience de l'auteur , la créosote réussirait mieux dans les cas où l'économie et les liquides semblent avoir éprouvé une altération septique, que lorsque lâ maladie est purement locale et ulcéreuse. (Organ. für die gesammle Heilkunde et Scalpel.)

dose égale de sulfate de quinine et d'acide tartrique.

SUR LA DIFFÉRENcE ENTRE LA PHTHIsIE ET LA TUBERcULosE ; par RUD. VIRCHOW.— L'auteur rappelle qu'après avoir établi, dans des communications antérieures. l'origine inflammatoire et locale de certaines tuberculoses, et après avoir trouvé la formation des cavernes et l'ulcération des poumons indépendantes, dans beaucoup de cas, de la tuberculose, il était arrivé à admettre qu'un grand nombre de formations nouvelles peuvent subir la métamorphose tuberculeuse sans pour cela être des tubercules. Il a montré qu'il n'existe pas d'exsudation tuberculeuse avec des caractères spécifiques , mais que le tubercule se produit partout aux dépens des éléments organisés de nos tissus.

Cependant l'expression de métamorphose tuberculeuse qu'il avait proposée pour désigner cette modification morbide des tissus , ne lui paraît pas convenable, et il la remplace aujourd'hui par la dénomination de métamorphose caséeuse(kasige metamorphose). afin de mieux faire ressortir ses caractères. Le tubercule peut donc devenir caséeux, comme le pus, le cancer, le sarcome ; en d'autres termes, la nature caséeuse ne constitue pas un caractère spécifique du tubercule, elle n'est qu'une forme , à la vérité très-fréquente, de sa métamorphose.

On a tort de regarder la phthisie pulmonaire et la tuberculose comme identiques. L'infiltration caséeuse du parenchyme pulmonaire, soit qu'elle se rattache au véritable tubercule ou à un épaississement du produit de la sécrétion bronchique. n'est pas une condition nécessaire de la phthisie.

Reinhardt et Carswell ont clairement démontré qu'une grande partie des désordres des poumons que l'on attribue à des tubercules proviennent de pneumonies anciennes suppurées. Les masses caséeuses que ces auteurs ont trouvées dans les bronches et dans les alvéoles des poumons , et qu'ils ont montrées provenir d'un pus épaissi, ne méritent pas le nom de tubercules ; car on trouve quelquefois, au milieu de ces masses , ou sans elles, le vrai tubercule tel qu'il se caractérise si bien dans la méningite tuberculeuse. La tuberculose aiguë du poumon, pas plus que la tuberculose chronique, ne dérive du pus ; l'une et l'autre proviennent d'amas gris, celluleux, d'abord mous, puis plus consistants, remarquables par la friabilité des cellules et par la fréquence des novaux, et qu'on ne peut nulle part mieux distinguer et reconnaître que dans la muqueuse des bronches. Il existe donc une bronchite tuberculeuse dans laquelle la

muqueuse bronchique sécrète du pus et contient des tubercules, comme nous voyons la méningite produire des infiltrations purulentes à côté des granulations tuberculeuses qui la caractérisent. Il convient donc de circonscrire l'idée du tuberculose pulmonaire et de la séparer de la phthisie. Les questions relatives à l'antagonisme entre la phthisie et certaines maladies ou certaines régions, ne pourront que gagner à cette séparation. Il en est de même pour ce qui concerne l'étiologie des deux affections. Habitué qu'on était à regarder le tubercule comme un produit dyscrasique, comme une exsudation spécifique qui faisait nécessairement supposer l'altération spécifique du sang, on arrivait à envisager la phthisie pulmonaire comme l'expression , la localisation d'une dyscrasie particulière contre laquelle on avait d'autant moins d'espoir de réussir qu'on pourrait le plus souvent en attribuer la cause à l'hérédité. Cette dernière cause est certainement de la plus haute importance, mais elle constitue une base constitutionnelle et non dyscrasique de la maladie. Or cette distinction n'est pas purement théorique ; elle peut avoir des applications pratiques importantes. La disposition héréditaire se lie presque toujours à une faiblesse native de l'organe menacé, et l'on comprend qu'il n'est pas impossible, par des soins bien entendus, de combattre les effets de cette disposition. (Verhandl. der physic.-med. in Wurzburg Gesells et Gazette médicale de Paris.)

EMPLoI DU cUBÈBE coNTRE L'INcoNTINENCE D'URINE. — Les effets si remarquables exercés par le copahu et le poivre cubèbe sur les organes génito-urinaires, et l'heureux succès de ce traitement dans la blennorrhagie ont engagé les médecins à tenter l'emploi de ces moyens contre plusieurs autres maladies des mêmes organes. C'est ainsi que nous avons rapporté, il y a un an ou deux, un fait d'hématurie qui a été traité avantageusement par le cubèbe. Nous trouvons dans un journal allemand un travail de M. Deiters qui recommande ce même médicament contre la faiblesse de la vessie, du système nerveux et de la moelle épinière. C'est surtout dans l'incontinence d'urine liée à l'atonie du col de la vessie ou à la présence de vers intestinaux que M. Deiters se loue de ce traitement ; seulement la dose de cubèbe doit être assez forte, deux fortes pincées tous les jours chez les petits enfants, deux à trois demicuillerées à café chez des enfants plus âgés ou des jeunes gens, tous les jours pendant trois à huit semaines. Sous l'influence de ce traitement, dit M. Deiters , l'incontinence diminue graduellement, ne se montre plus qu'à certains intervalles et finit par disparaître entièrement; ce moyen n'a du reste aucun inconvénient. D'après M. Deiters, on réussirait encore avec le cubèbe contre les pollutions des onanistes et dans les paralysies de la vessie consécutives à des chutes sur la colonne vertébrale. (Orga. Viestel. Zeit. et Bulletin général de thérapeutique.)

OBsERvATIoN DE PARALYSIE DE LA vEssIE TRAITÉE AvEc sUCCÈS PAR LEs INJECTIoNs DE NicoTINE. — L'emploi des injections vésicales a gagné beaucoup de terrain dans ces derniers temps ; nous ne croyons pas cependant qu'avant M. Pavesi, quelque chirurgien ait eu la hardiesse d'injecter dans le réservoir urinaire une substance aussi active et aussi énergique que la nicotine, dans le but de guérir la paralysie vésicale. Voici en quelques mots le fait rapporté par M. Pavesi.

Un homme de plus de soixante ans avait été pris, à la suite d'un refroidissement survenu pendant la nuit, de douleurs violentes dans la région lombaire et à la partie inférieure de la colonne vertébrale, dans les aines et dans la région de la vessie, avec strangurie. Après dix jours, tous les symptômes aigus avaient disparu, mais le malade conserva une paralysie de la vessie, de sorte qu'il lui fallait se faire sonder deux ou trois fois par jour ou porter une sonde à demeure. Divers moyens avaient été employés sans succès, lorsque, deux mois et demi après le début des accidents, le malade vint consulter M. Pavesi. Ce chirurgien employa d'abord l'électricité pendant un mois ; mais il n'y eut pas de résultat soutenu ni durable , et le malade n'urina jamais librement plus de deux heures après l'électrisation. M. Pavesi songea alors aux injections de nicotine pour rendre à la vessie la contractilité qu'elle avait perdue. Voici comment il y procéda : il introduisit une grosse sonde en argent dans la vessie, retira l'urine et pratiqua une injection de 4 à 5 onces d'une décoction faible de mauves pour nettoyer les parois vésicales ; après quelques minutes, il laissa écouler le liquide et il injecta 15 grammes d'une solution de nicotine comme suit :

Pr. Nicotine . . . . 0.60 gram. Eau distillée . . 560 Mucilage . . . 50

L'opération fut répétée une seconde fois dans l'après-midi ; on y revint tous les jours, et, après trois jours, la quantité de

la solution fut portée à 50 grammes. En continuant ainsi tous les jours, la vessie reprit graduellement sa puissance contractile , de sorte qu'après quinze jours, le malade pouvait se passer complétement du cathétérisme. Jamais les injections n'amenèrent d'effet particulier sur les centres nerveux. Après vingt jours, le malade urinait par un jet parabolique de vingtsept centimètres de diamètre, sans aucun effort. Nous avons cru devoir faire connaitre ce fait, parce que la nicotine, par la puissance tétanique qu'elle possède, est certainement susceptible de rendre des services dans les paralysies ; mais, ce qu'il ne faut pas perdre de vue, c'est qu'un agent aussi terrible ne devra être manié qu'avec une très-grande prudence et en commençant par des doses très-faibles, sauf à les augmenter graduellement. (Gazetta med. Lombarda et Bulletin général de thérapeutique.)

EMPLoI DU CHLoRoFoRME EN vAPEUR coxTRE LEs TÉNEsMEs. — Un médecin allemand, M. Ehrenreich, rapporte avoir fait usage avec suecès de vapeurs de chloroforme chez un malade affecté de dyssenterie et souffrant de ténesmes intenses et douloureux. Dans une seringue à lavement, dont le piston laissait un espace libre de quatre pouces environ, il versa 50 gouttes de chloroforme. Lorsque celuici se fut mélé à l'air, il poussa les vapeurs dans l'intestin, au moyen d'une canule ordinaire.Après l'irritation passagère qui se manifesta, les ténesmes cessèrent pendant trois heures et durant ce laps de temps il ne se fit pas d'évacuations alvines. La matière de celles qui survinrent plus tard était d'un meilleur aspect et contenait considérablement moins de sang. Lorsque, le lendemain, les ténesmes se firent sentir de nouveau, Ehrenreich versa 50 gouttes de chloroforme sur une petite éponge qu'il appliqua au moyen d'un verre à ventouse sur l'orifice anal déplissé. Cette application fut suivie du même résultat, mais produisit une irritation locale un peu plus vive.

L'auteur pense que dans des cas semblables on pourrait se servir d'une petite bouteille contenant un drachme de chloroforme qu'on vaporiserait à l'aide de la chaleur des mains ou de l'eau chaude, et dont les vapeurs seraient conduites dans le rectum par un tube d'une longueur convenable de caoutchouc ou de gutta-percha. (Prcuss. Ver-Zeit. et Ann. méd. de la Flan EMPLoI LocAL DE LA vAPEUR DE CHLoRoFoRME coNTRE LEs DoULEURs UTÉRINEs; par M. S. L. HARDY. — Les douleurs que le praticien anglais a surtout en vue de calmer par ce moyen sont celles que cause le cancer de l'utérus ; souffrances atroces, torturantes, intolérables, que l'opium endort, sans doute , mais au prix d'une congestion cérébrale qui amène un état de torpeur et de céphalalgie presque aussi insupportable que le symptôme contre lequel il a été administré. Aussi accueillera-t-on avec empressement cette nouvelle tentative , faite pour substituer un agent local à un sédatif qui n'opère que par l'intermédiaire d'une perturbation grave infligée à tout l'organisme. L'appareil dont se sert M. Hardy est assez simple : c'est un récipient métallique auquel on adapte, d'une part, un insufllateur en caoutchouc, de l'autre un tube terminé par une canule de la longueur et de la forme les plus propres à porter l'agent anesthésique sur les parties malades. Notre confrère irlandais recommande de ne placer dans le récipient qu'une éponge imprégnée de chloroforme, et non du chloroforme en nature. Sans cette précaution , on s'exposerait , lorsqu'on comprime ensuite l'insufflateur, à pousser sur les parties malades non-seulement de la vapeur, mais du chloroforme liquide, ce qui doit être évité. On comprend qu'avec ce mode de propulsion le praticien demeure maître de varier la quantité de vapeur et sa force de projection , suivant les indications spéciales à chaque cas et suivant aussi les premiers effets qu'il voit être déterminés par l'action de ce remède. En général, les malades ressentent d'abord une chaleur plus ou moins forte, et dont elles supportent plus ou moins aisément l'impression assez pénible ; mais elle cesse au bout de peu de minutes et fait immédiatement place à un état de bien-être produit par l'apaisement des souffrances qui existaient précédemment. La douleur se suspend en premier lieu dans les reins, puis dans la région du pubis. Le calme produit par ce procédé dure plusieurs heures ; la douleur ne revient ensuite qu'atténuée. Toutes les malades chez lesquelles il a été mis en usage l'ont préféré à l'administration de l'opium , et comme il ne fatigue ni les organes digestifs ni le système nerveux, on reste libre d'en recommencer l'application aussi souvent que l'indication s'en renouvelle. Du reste , la dysménorrhée, les douleurs utérines qui succèdent parfois à l'avortement sont également soulagées par

dre occid. )

cette douche anesthésique. M. Hardy cite plusieurs cas où il a suffi d'une douzaine de jets de vapeur (dans la même séance). pour amener la sédation vainement demandée auparavant à d'autres médications. (Dublin Quarterly Journal et Gazette hebdom. de médecine.)

NoTE sUR LEs PRoPRIÉTÉs PURGATIvEs DU RHAMNUs FRANGULA ; par le docteur J. OSSIEUR, de Roulers.

Ne pigeat ex plebeis suscitari si quid ad curationem utile. (HIPP.)

Le but de cette note est de vulgariser l'emploi d'une substance qui n'est guère connue qu'à la campagne, où il est de pratique traditionnelle, bien que son utilité thérapeutique, connue depuis Mathiole, le savant commentateur de Dioscoride, s'appuie sur de nombreux et honorables témoignages.

Le Rhamnus frangula de Linné (Syn. : Merprun bourdaine, Bourdaine, Rhubarbe des paysans, A une noir, Bois noir, Bare, Frangula, DoD., Alnus nigra baccifera, BAUH., Zwarte els, Onseboomenhout, Sporkenhout, Pylhout) est un grand arbrisseau indigène très-commun dans les endroits humides des bois. Son écorce fraiche et donnée à la dose d'une demi-once à une once sur une décoction de six onces, provoque ordinairement de nombreux vomissements, accompagnés quelquefois d'évacuations alvines. A une dose moindre. de 1 à 2 drachmes par exemple, et administrée sous la même forme, elle s'est montrée, entre nos mains, le plus souvent inerte. Sèche et vieille d'une année, l'écorce de bourgène est un excellent purgatif dont les paysans belges faisaient déjà un fréquent usage du temps de Dodoens. On l'administre à la dose d'une demi-once à une once sur six onces de colature.

Le Rhamnus frangula, administré à dose purgative, ne me paraît pas doué de propriétés spéciales, bien que Gumbrecht (1) le considère comme un purgatif résolutif, tonique, fortifiant, et que M. Cazin (2) ait eu à s'en louer dans un cas de leucophlegmatie consécutive à une fièvre intermittente; mais comme simple évacuant, c'est pcut-être le meilleur purgatif que nous ayons. En effet , il produit des selles molles, sans douleur aucune, contrairement à l'effet que produit l'administration de la plupart des autres purgatifs, tels que les feuilles de séné, etc.; il ne pa

(l) Hannoversche Annalen : Neue folge, III, 2. (2) Traité prat. et rais. de l'emploi des plantes méd. indigènes ; Boulogne, 1849.

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