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gion d'honneur en 1833, il a été, en

on alla en bateau dans les rues Saint-Denis, 1836, envoyé comme directeur de l'é

Saint-Honoré, Saint-Antoine, etc. cole de Rome, où l'a récemment rem

7408. Paris. (29 et 31 janvier.)

1427. France, notaminent Paris , où la place de placé M. Schnetz.

Grève et les environs de la Sainte-Chapelle INHUMATION. Voyez SÉPULTURE.

furent submergés (juin.) INNOCENT VI. ÉTIENNB AUBERT, qui 1493. Paris: (Janvier), les eaux pénétrèrent jusqu'à

la -dans la suite devint pape sous le nom

1496. Paris. d'Innocent VI, naquit dans la paroisse 1499. Paris. Le pont Notre-Dame fut emporté avec de Biessac, près de Pompadour. Pro

ses soixante maisons. fesseur de droit civil à Toulouse, il fut

1557. France,

1567. Orléanais. La Loire et le Loiret se confondirent, ensuite promu à l'évêché de Noyon, 1570. Lyonnais, Dauphiné et Languedoc (2 décemb.) puis, en 1340, à l'évêché de Clermont.

1571. Lyon.

1578. France (octobre). Lyon (2 décembre.) Nommé, deux ans plus tard, cardinal

1579. La petite rivière de Bièvre iponda diverses évêque d'Ostie et grand penitencier, il

rues de Paris, et entraina beaucoup d'édifut enfin élu pape, en 1352, à la mort

fices. Ce desastre fut appelé le Déluge de

Saint-Marcel, de Clément Vi, et siégea comme lui à 1595. Paris. Avignon. Entre autres réformes, il or 1008. France. La Loire surtout causa des dégâts

considérables. donna à tous les prélats et autres béné

1809. France. Nicolas Pasquier dit qu'on devait voir ficiers de se retirer chacun dans leurs

dans cette inondation un présage de la mort bénéfices et d'y résider, sous peine d'ex

de Henri IV. communication. Il essaya de recouvrer

1616. Paris.

7649. 1651. France et principalement Paris. Dans Je patrimoine de l'Église en Italie ; mais

cette dernière année on pavigua dans plumalgré les efforts de son légat, le car

sieurs rues de la capitale. dinal Albornoz, il ne réussit qu'impar

1657. Paris. Des assemblées furent tenues pour déli

hérer sur les moyens de conjurer le retour faitement. Du reste , il vécut en assez

du fléau. « 011 y proposa, dit Gui Patin, de bon accord avec les puissances tempo

détourner la Seine avant son entrée à Parelles. Cependant le portrait que Pierre

ris..... D'autres conseillèrent d'ouvrir un Ozarius en a laissé dans sa Chronique,

grand fossé devers Saint-Maur, qui passat

au travers de la plaine Saint-Denis,et se vint n'est point fort avantageux. On lui re

décharger dans la Seine entre Saint-Ouen et proche , comme à Clément VI, d'avoir

Saint-Denis, etc.

1658. Rouen, Amiens, Paris (février et avril.) trop favorisé ses parents. Mais c'était 1665. Paris (sévrier.) un homme ami des lettres et des lettres , 1678. Gascogne. de mæurs regulieres, et économe dans

1726. France et notamment Paris. sa maison, qualités assez rares parmi 1750. Paris. Cette inondation, la plus forte des les pontifes de cette époque. Il mourut

lemps modernes après celle de 1658, sert à Avignon en 1362 , après environ dix

encore de point de comparaison, et son ni

veau est ruarqué à l'échelle du Pont-Royal ans de pontificat.

où les eaux atteignirent 25 pieds. INNOCENTS (fête des). Voyez FÊTES. 1782, France (mars), INONDATIONS. Le tableau suivant

1800, France (novembre).

1802. Paris. fait connaître les inondations les plus 1808. France. remarquables qui ont eu lieu en France 1834. France, depuis le sixième siècle :

1836. Paris. La Seine dépassa de 7 mètres le niveau

des plus basses eaux. Contrées inondées.

1846. Lyon et le Midi (octobre). Le Rhône et la 580. Le Berri es les contrées voisines. Le Rhône et

Saône causèrent des desastres immenses, la Saône renversèrent une partie des murs 1841. Le Midi, de Lyon.

1842. Lyon. 583. Paris. Les eaux couvrirent tout l'espace entre

la Cité et l'église Saint-Laurent. Grégoire INQUISITION, INQUISITEURS. C'est de Tours mentionne ces désastres.

en France que l'inquisition a pris nais821, 886. Paris. 1195. France; à Paris les ponts surent emporiés

sance. Mais, ainsi qu'il arrive toujours 886; Philippe-Auguste aban pour ces sortes d'institutions, elle s'of. donna son palais de la Cité et se réfugia à frit d'abord comme une mesure locale

l'abbaye de Sainte-Geneviève. 1206. France et surtout Paris.

et temporaire. Effrayé des progrès de 1214, 1232, 1236. 1242. Paris.

l'hérésie albigeoise, Innocent III inves1280. 1296, 1373. Desastres extraordinaires à Paris, tit, en 1198 , deux moines de Cîteaux, en janvier 1280 et en décembre 1996; on ne

frère Gui et frère Régnier, de toute pul pénétrer dans la ville qu'en bateau. Les deux popts furent emportés. En 1373,

l'autorité du saint-siége pour rechercher

1709. Paris.

Dates.

comme en

C

sur tout le royaume. Deux dominicains les conférences de Melun, une sanction ner à la peine de mort toute l'extensitu porte en effet , qu'en raison de l'énor le prouver , même le témoignage des qui ne pouvaient déposer en justice.

Alors aussi s'introduisit le secret des ainsi conçu : « Chaque évêque visitera, procédures. On trouve, vers le même « au moins une fois l'an, la partie de temps, l'inquisition organisée de méme

sur les confins de la Flandre contre l'hérésie des Bulgares ou paterins. Le dominicain frère Robert, dit le Bule gare ou le Boulgre, hérétique converti, se vantait que dans le cours de deur ou trois mois, cinquante de ces malheu reux avaient été brûlés ou ensevelis si

« Abusant, dit Matthieu Paris, de la dont la destinée devait être si étroite- transgresser les bornes de la justice et

bons avec les méchants, et enveloppa les plice des coupables. C'est pourquoi l24

torité du pape lui ordonna de ne pas Auch et Bordeaux, décida, sous la pré- j'aime mieux taire que raconter, parals:

et poursuivre les hérétiques dans les sidence du légat romain de Saint-Ange , provinces d’Embrun, Aix, Arles et que les évêques députeraient dans chiNarbonne, avec injonction aux évêques que paroisse un prêtre et deux ou trois et aux seigneurs temporels de leur prê- laïques, lesquels jureraient d'y recher: ter dans cette mission toute l'assistance cher soigneusement les hérétiques et possible. « Nous avons , écrivait-il, leurs fauteurs. a donné plein pouvoir au frère Régnier On le voit, l'inquisition, à son debut « de contraindre les seigneurs, soit en se trouvait placée sous l'autorité des « les excommuniant, soit en jetant l'in- évêques. Grégoire IX la rendit plus « terdit sur leurs terres. Nous enjoi- formidable en la confiant, en 1383, « gnons aussi à tous les délégués de vos dominicains exclusivement. Les proria« provinces de s'armer contre les héré

ces de Bourges, Bordeaux, Narbonne

. tiques lorsque le frère Régnier et le Auch, Vienne, Arles, Aix et Embrus « frère Gui les en requerront. » furent spécialement confiées à ces rei

Le succès ne répondant point au zèle gieux ; mais leur juridiction s'étendal des deux légats, le pape envoya à leur place, en 1203, Pierre de Castelnau et furent installés à Toulouse, et auta Raoul, deux moines du même ordre, dans chaque ville, pour former le trilox auxquels se joignirent spontanément, nal de la foi. trois ans après , Diego Aubez, évêque La même année, l'établissement de d'Osma , et Domingo ou Dominique, l'inquisition reçut 'de Louis IX, dan son archidiacre.

Rechercher, dénoncer, stimuler le solennelle. zèle des évêques et des seigneurs, les

En 1235, le concile de Narbonne uns juges, les autres exécuteurs natu- promulgua , sur la demande des inqui rels, tel était, avec la prédication et siteurs, un règlement calculé pour même la dispute publique, le rôle encore peu délini de ces légats mission- possible. L'article 24 de ce naires.

Ce fut seulement après la croisade mité du crime, on devra admettre, pour albigeoise que l'inquisition commença à se montrer comme institution régulière malfaiteurs, des infâmes, de tous ces et permanente. On lit, dans les canons du concile de Latran (1215), un article a son diocèse qui passera pour receler

des hérétiques ; il choisirà trois homa mes de bonne renommée ou davan

tage, et leur fera jurer de lui dénon« cer les hérétiques, les gens tenant a des conventicules secrets ou menant - « une vie singulière et différente du « commun des fidèles, dès qu'ils en au vants par son seul ministère. « ront connaissance. » L'ordre de SaintDominique ou des Frères prêcheurs, puissance qui lui était confiée, pour ment unie à celle de l'inquisition, fut

de la modération, et se trouvant eleve, fondé à la même époque.

puissant , formidable , il confondit les Cependant l'inquisition n'avait paru jusque-là que comme une mesure tran innocents et les simples dans le sue sitoire; ce fut le concile de Toulouse, en 1229, qui l'établit à demeure dans les villes du Midi. Cette assemblée de tous sévir d'une manière si fulminante dans les prélats des provinces de Narbonne, cet office ; et, plus tard,

règlement

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ses fautes, que

(C

sant au grand jour, il fut condamné à Ce n'était point seulement contre les une prison perpétuelle (*). »

vivants que sévissait l'inquisition : on Des soulèvements eurent lieu à Nar- procédait même contre les morts. Des bonne, puis à Alby, en 1234 et 1235, cadavres à demi décomposés étaient contre les inquisiteurs. Les consuls

de exhumés , et, après un jugement dérila première de ces deux villes affir- soire , traînés sur la claje et brûlés. ment, dans une sorte de manifeste Les inquisiteurs firent déterrer et brû. adressé aux consuls de Nîmes, que ces ler ainsi , en 1244 , les ossements des officiers du pape ne songeaient qu'à ministres de Raymond VII et de Rays'emparer des riches; qu'après les avoir. mond VI, morts depuis vingt ou trente dépouillés, tantôt ils les renvoyaient ans; les cendres furent ensuite jetées sans procès, tantôt ils les faisaient périr au vent. dans les prisons sans prononcer contre Les poursuites furent reprises la eux aucune sentence. On peut voir même année, avec une vigueur nouaussi dans ce manifeste comment ils velle. Un concile tenu à Narbonne résurprenaient, par un habile système gla de nouveau les procédures de l'inde questions aussi futiles que captieu quisition. a Vous enjoindrez , disaient ses, les gens simples et illettrés (**). « les évêques aux inquisiteurs, vous en

Mais c'était surtout à Toulouse que joindrez aux hérétiques ou à leurs sévissait l'inquisition. Quarante domi. « fauteurs, qui étant venus s'accuser de nicains, dont le viguier du comte de « leur propre bouche, n'ont pas été mis vait exécuter les sentences, étaient ins « en prison, de porter des croix jaunes tallés dans cette malheureuse ville. En « sur leurs habits, de se présenter tous fin, organes de l'indignation publique, « les dimanches à leur curé pendant la les capitouls intervinrent et leur enjoi a messe, entre l'épître et l'évangile, gnirent de quitter le pays, si mieux n'ai. ayant une partie de leur corps nue, maient cesser toutes poursuites et pro « et tenant une poignée de verges à la cédures. La cour de Rome comprit « main pour recevoir la discipline. Ces alors le danger de pousser à bout les pénitents feront la même cérémonie à populations languedociennes. Un frère « toutes les processions solennelles : de mineur fut adjoint dans chaque ville plus, tous les premiers dimanches du aux dominicains pour tempérer leur mois, ils visiteront, en se fouettant à rigueur par sa mansuétude ; et, sur « coups de verges, toutes les maisons un ordre obtenu du pape à force d'ins « de la ville où ils ont fréquenté les hétances, l'inquisition fut suspendue pour rétiques. On construira des prisons quelque temps à Toulouse.

« pour y renfermer à perpétuité ceux Raymond VII ayant repris les armes qui se sont convertis (depuis leur arcontre Louis IX, en 1242, les habitants « restation). Comme il y a des villes où du pays crurent le moment venu de se a le nombre de ceux qui doivent être délivrer des inquisiteurs. Des héréti. « renfermés dans une prison perpéques albigeois , qui avaient trouvé un « tuelle est trop grand , en sorte qu'on refuge dans le château de Mirepoix, en « ne trouve pas assez de pierres et de partirent dans la nuit, et surprirent le « ciment pour construire des prisons, château d'Avignonnet, où Guillaume « nous conseillons aux inquisiteurs d'atArnaud venait d'établir le tribunal su « tendre là-dessus les ordres du şeiprême. Quatre dominicains, deux fran

«gneur pape. » ciscains et sept nonces ou familiers y Frère Régnier , hérétique converti, furent massacrés à coups de hache. Ils devenu dominicain, était alors l'un des attendaient leurs meurtriers à genoux, inquisiteurs les plus fervents. sans se défendre, sans chercher à se Louis IX sollicita le pape , en 1255 , sauver, en chantant le Te Deum, et en de lui envoyer de nouveaux censeurs se croyant déjà en jouissance de la de la foi , ou d'armer les inquisiteurs gloire des martyrs.

de pouvoirs nouveaux. Une bulle d'A(*) Matb. Paris, Hist. angl.

lexandre III investit , en conséquence, (**) Histoire de la ville de Nimes , t. I, le provincial des dominicains et le garliv, u1, p. 307.

dien des frères mineurs de Paris de

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Hist, des Frauc. , t. VII; Henri Martia, Ha

l'office d'inquisiteurs suprêmes pour « Quand un hérétique ne confesse pas toute la France, le comté de Toulouse pleinement ses erreurs, ou n'acux excepté. a Les successeurs de saint « pas ses complices, il faut lui dire por Louis, dit à cette occasion Reynald, « l'effrayer : « Fort bien; nous voren dans ses annales de l'Eglise, suivirent « ce qui en est. Songe à ton âme, ei longtemps l'exemple de ce très-saint « renie pleinement l'hérésie, car tu o roi, en protégeant les censeurs de la « mourir, et il ne te reste qu'à reak: foi dans tout le royaume des Fran « en bonne pénitence tout ce qui t': çais.

« viendra. » Et si alors il dit: a PN « L'absence de défenseurs, le secret « que je dois mourir, j'aime mieux e: des débuts, le secret gardé aux déla- «rir dans ma foi que dans celle di teurs, le refus de confronter les té l'Église, » alors on est assuré que a moins avec les accusés, telles furent, « repentance était feinte, et il peut er: dit M. Henri Martin, les bases des opé « livré à la justice. » rations inquisitoriales. Deux pièces au Quand un nombre d'hérétiques sea thentiques, composées avant la fin du sant pour faire un sermon (*) avait të siècle, font connaitre dans le détail fessé, les inquisiteurs qui avaient is tout ce mode de procédure. L'une de truit l'affaire convoquaient le tribuna ces pièces est intitulée : Traité de l'hé- ou conseil de l'inquisition (**), lui si résie des pauvres de Lyon; l'autre : mettaient un extrait de la confessica es Instruction sur la manière de procéder chaque accusé, en supprimant son noi contre les hérétiques , dans les provin- sur quoi les conseillers prononçaist ces de Carcassonne et de Toulouse. Ces peines étaient de trois sortes: 1) Voici le sommaire de ces pièces. L'ac- penitence arbitraire ; c'etait le chuit cusé ou suspect d'hérésie était tenu de ment des moindres fautes; on donne jurer qu'il 'dirait pleinement tout ce des croir, on imposait des pèlerinaga qu'il savait sur le crime d'hérésie et de grands ou petits, à la discrétion des yaudoisie, tant sur lui-même que sur inquisiteurs ; 2° l'emprisonnement for les autres, tant sur les vivants que sur pétuel ; 3° la remise au bras secuirre les morts. S'il nait ou célait quelque c'est-à-dire la mort. Les relaps et la chose de ce qu'on voulait savoir, on le impénitents étaient de droit livros jetait au fond d'un cachot, et alors bras séculier (***). commençait l'application d'un système a Ce système d'interrogatoires arti: savamment combiné pour briser le cieux et de tortures morales passa, di corps et dégrader l'âme. a Qu'on lui M. de Sismondi, de l'inquisition dans a donne à entendre qu'on a des témoins la procédure criminelle, et y produst a contre lui, et que s'il est une fois une révolution. Tout avait éte pubie « convaincu par témoins, on ne lui fera dans l'ancienne justice française. Lisa a aucune misericorde; qu'en même quisition, au contraire , s'entoura de

temps on lui retranche să nourriture; paisses tenebres ; l'enquête, le nommer « car cette crainte et cette souffrance des témoins, tout fut secret. Toutelos « contribueront à l'abattre. Que nul la torture proprement dite n'est pour « ne l'approche , si ce n'est de temps à a autre deux fidèles adroits, qui l'avers d'investigation ; ce ne fut guère quue

encore mentionnée parmi les moyens « tissent avec précaution, et comme s'ils demi-siècle plus tard qu'elle devint ne « avaient compassion de lui, de se ga« rantir de la mort, de confesser ses

(*) C'est ainsi que l'on nommait les grai « erreurs, et qui lui promettent que s'il

des assises de l'inquisition. « le fait, il pourra échapper et n'être

(**) Ce conseil se composait de l'évéque ce a point brûlé; car la crainte de la mort quels on adjoignit, dans la suite come

de son vicaire, de moines dominicains, zelo « et l'espoir de la vie amollissent quel« quefois un cœur qu'on n'aurait pas at

l'a déjà vu, iin franciscain et des docteurs de

droit canon, a tendri d'aucune autre maniere. Qu'on « lui parle d'une manière encourageante.

(***) Doctrina de modo procedendi,elem areal

Marten. Thesaur. anecd., 1. V; Sismond « — Ce n'est que par subtilité qu'on « peut prendre ces renards subtils. - de France, t. IV.

(

usage fréquent dans les tribunaux tant Cependant Marguerite de la Porette civils qu'ecclésiastiques. »

fut encore brûlée à Paris vers 1314, par On voit déjà vers 1289 le parlement ordre de l'inquisition. C'était une femde Paris entrer en lutte contre l'inqui me pieuse et savante, dont tout le crime sition, qui sévissait en ce temps-là de était d'avoir écrit sur l'amour de Dieu a manière la plus abusive dans les pro un livre que l'on trouva infecté de quiévinces du Midi. Frère Nicolas d'Ab tisme. D'ailleurs Jean XXII usa de tout Deville, inquisiteur à Carcassonne, sem son ascendant sur Philippe pour donner olait avoir pour but non plus la des un plus libre cours aux procédures des truction des hérétiques, mais les moyeos tribunaux de la foi. On fit, de 1308 à l'extorquer de l'argent; il faisait me 1319, sis sermons à Toulouse seulepacer, emprisonner, mettre à la torture nient. Le dernier fut présidé par l'histoceux qui lui paraissaient assez riches rien frère Bernard Guidonis, qui s'intipour pouvoir se racheter. Philippe le tulait, avec frère Jean de Beaune, inquiBel fut enfin forcé de défendre au sé siteur de la foi dans tout le royaume de néchal de Carcassonne d'emprisonner France. Cent huit ennemis y figurèrent, jui que ce fût sur la seule demande des et dans ce nombre, vingt-sept furent nquisiteurs.

condamnés à une prison perpétuelle, Le même prince voulant, en 1202, au pain et à l'eau ; treize moururent iffaiblir le crédit de l'Eglise, révéla tout avant ou pendant l'instruction du proI coup au public toutes les horreurs ces; quatorze furent condamnés à mort qui avaient été commises par l'inquisi- par contumace; enfin quatre seulement tion, et qui jusqu'alors avaient été sanc furent brûlés vifs. tionnées par l'autorité royale. Le frère En 1350, sous Philippe de Valois, Foulques' de Saint-George était alors toute la France, dit M. de Sismondi, grand inquisiteur à Toulouse. Philippe était soumise aux tribunaux de la foi, écrivit en ces termes à l'évêque de cette à la réserve du Maine et de l'Anjou; et ville : « La clameur et les plaintes de quelques hérétiques, poursuivis par le a nos fidèles, des prélats, des comtes, grand inquisiteur, Guillaume Miles, s'é« des barons et d'autres personnes di. tant réfugiés dans ces provinces, Clé« gnes de foi, nous ont appris que le ment VI ordonna (26 septembre 1351) « frère Foulques de l'ordre des frères que les ordres du grand inquisiteur de

prêcheurs, qui exerce dans le Toulou- France y fussent exécutoires, comme « sain les fonctions d'inquisiteur, ne

dans le reste du royaume. craint point de commettre des forfaits En 1372, à l'instigation de Gréqui soulèvent d'horreur, sous prétexte goire XI, les procédures de l'inquisition « de la foi catholique. Il afflige et acca se multiplièrent dans le Midi et dans le a ble nos fidèles et nos sujets par des Nord. A Paris et dans diverses villes dų « exactions, des excès, des oppressions royaume, un grand nombre d'hérétiques « et des charges sans fin. Il commence nommés turlupins furent brûlés. Le a ses procès d'inquisition par l'arresta. grand schisme qui survint peu de temps « tion et la torture, pour laquelle il in après (1378) suspendit seul les persécu« vente des tourments inouïs. Ceux qu'il tions religieuses: « accuse selon son caprice, il les force En 1381, Hugues Aubryot, prévôt de « à des aveux mensongers par la me Paris, la plus illustre des victimes de a nace ou les tourments; et s'il ne peut l'inquisition en France, fut condamné a ainsi leur arracher des paroles suffi. à une pénitence publique, et exposé sur « santes pour leur condamnation, il un échafaud dressé au parvis Notrea suborne contre eux de faux témoins, a Dame. Il fut ensuite enmuré dans les

Une ordonnance du roi défendit en cachots de l'inquisition, pour y finir ses même temps qu'aucune personne fût jours au pain et à l'eau. arrêtée sans le consentement et par au Des noms d'inquisiteurs figurent encune autre autorité que celle du séné core dans nos annales jusqu'en 1465;

mais cette institution, ayant contre elle (*) Ordonnance du 3 mai aux sénéchaux le génie national, l'opposition des parlede Toulouse, Beaucaire et Carcassonne. ments et la jalousie de l'autorité royale,

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chal du roi (*).

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