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Nous irons plus loin : nous accorde. génie de M. Victor Hugo était bien fait rons à M. Victor Hugo que le grotesque pour le genre dramatique. M. Victor et le laid , présentés sans adoucisse Hugo possède une imagination très-vive ment et sans voiles, peuvent être quel et très-riche. Il est poëte par l'organi quefois un moyen puissant d'intérêt sation et par le tempérament. Mais les dramatique. Nous ne nions pas le grand qualités poétiques qui participent de la et heureux effet produit par la conver réflexion et de l'observation sérieuse et sation des fossoyeurs à la fin d'Ham- profonde, lui ont été refusées. La poésie let. Nous accordons que, sans le per- de M. Victor Hugo manque de logique. sonnage repoussant, hideux de lago, Dans le drame, il n'a jamais su tracer Othello troublerait moins les âmes. un caractère. Hernani, don Ruy Gomez

. Nous croyons qu'il est des contrastes Marie Tudor, Triboulet, Ruy Blas. tou vigoureux que l'art peut employer dans ces personnages agissent comme de ve certains cas limités. Mais exiger que le ritables insensés. Rien de plus incohe grotesque et le hideux soient toujours rent, de plus contradictoire, de plus là, pour leur part, sur la scène; faire de continuellement imprévu que leur lalıl'antithèse constante, perpétuelle, du gage et leurs actions. Il est vrai que beau et du laid, le fondement même cette étrangeté et ces disparates des ca de l'art dramatique; systématiser le re ractères que le poëte met en scène, ont poussant et l'ignoble, ériger l'exception souvent leur cause dans le fatal système en règle, c'est plus que du mauvais qu'il a embrassé. En effet, M. Victor goût, plus que de l'absurdité, c'est de Hugo, pour réaliser le principe de l'op la folie.

position du beau et du laid, ne se con. D'un pareil système, que pouvait-il tente pas de mettre des événements sortir? De ce parti pris de reproduire touchants à côté de catastrophes affreula vie réelle dans tout ce qu'elle a d'af ses , d'entre-choquer des personnages freux, de grotesque, d'infâme, et de sublimes et des personnages infâmes : mettre toujours le trivial au revers du souvent il établit le contraste des élésublime, l'ombre à côté de la lumière, ments dans l'âme d'un même personque pouvait-il résulter , sinon une suite nage, et il porte ce contraste au dernier de compositions incohérentes , dispara- degré. De là, des grands hommes qui se tes, bizarres, tour à tour plaisantes conduisent comme des niais, des furieur sans gaieté, effrayantes sans intérêt, qui sont doux comme des moutons, des exagérées sans grandeur ? A telle pré- héros qui parlent comme des braves et face, tels drames. En 1827 , M. Victor agissent comme des lâches, des courtiHugo proclame dans la préface de Crom sanes candides comme des vierges, des well l'union du beau et du laid comme reines faciles et vulgaires comme des une découverte qui va régénérer l'art. grisettes, etc. En 1832, il donne au théâtre le Roi s'a Du reste , qu'il y ait dans Hernani, niuse, où, sous prétexte de faire res dans Marion Delorme, dans d'autres sortir la pure et candide figure d'une ouvrages, de beaux vers, de belles tijeune vierge aimante et dévouée, il nous rades, des traits énergiques, fait assister aux sales et bas manéges cordons sans peine. Nais qu'est-ce que d'un bouffon cynique et méchant, qui cela prouve ? De beaux vers ne font pas insulte à toute vertu et se fait pour un bon drame. On peut trouver des tivoyeur de la couche royale, et aux hon rades magnifiques dans Robert Garnier

, teux plaisirs d'un prince qui vient ache dans Mairet, dans Rotrou ; en conclu. ter dans un bouge infect étalé sur la ra-t-on que ce sont là de grands poètes scène, les baisers impurs d'une courti- dramatiques ? sane. Il est vrai que le contraste pro On loue vivement chez M. Victor duisit peu d'effet , et que cette fois-là, Hugo l'art de conduire l'action. Mais malgré la coterie puissante qui combat cet art devient assez facile quand on a tait pour l'auteur, les siflets eurent le à sa disposition un grand nombre de dessus.

personnages secondaires et une quantité Lors même qu'il n'eût point été égaré indéterminée de poignards, de tioles de par un système , nous ne savons si le poison , de portes, de verrous, d'esca

nous l'ac.

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liers dérobés, etc. La conduite de l'ac- description, c'est la peinture de Paris tion n'est plus un fardeau aussi lourd tel qu'il était au moyen âge, avec ses pour le poëte, quand le poëte peut re mours, ses superstitions, sa vie étroite mettre une partie de sa besogne au ma et cependant poétique, ses repaires de chiniste.

brigands, ses rues sombres, ses maisons Si M. Victor Hugo possédait ce ta au bizarre aspect, sa riche et sublime lent, il en a tellement abusé, dans ses cathédrale! Là, l'imagination de M. Vicdernières pièces surtout, qu'il est dif tor Hugo se déploie avec toute sa puisficile de lui en savoir beaucoup de gré. sance et toute sa magie. Dans Lucrèce Borgia, dans Marie Tu

Peu de poëtes ont plus produit que dor , les coups de théâtre, les méprises, M. Victor Hugo. Peu de poëtes ont vu Jes rencontres imprévues, les coups d'é. leurs auvres accueillies à leur première pée, soutiennent seuls l'attention. Ma apparition par plus de témoignages rie Tudor et Lucrèce Borgia sont de d'enthousiasme. Cependant que resteravéritables mélodrames.

t-il pour la postérité de cette collection Et c'est pour arriver là que, dans sa si nombreuse d'œuvres de toute espèce? préface de Cromwell, M. Õictor Hugo Deux recueils lyriques et un roman : parlait de Racine et de Corneille avec les Orientales, les Feuilles d'automne, une pitié mal dissimulée , comme de et Notre-Dame de Paris. Déjà , depuis grands hommes réduits en momies sous quelques années, M. Victor Hugo a vu les bandelettes des règles. C'est pour at

un refroidissement sensible s'opérer teindre ce résultat glorieux, qu'il rom dans le public à son égard. Il y a lå une puit sans retour avec le passé, qu'il in leçon que nous désirerions voir profiter sultait les gloires de notre théâtre, ou, aux jeunes poëtes. Si M. Victor Hugo ce qui revient au même, les laissait in veut ranimer une sympathie qui s'est sulter par cette bande ridicule de sec éteinte en partie, et accroître par des taires qu'on vit un jour danser autour travaux sérieux le nombre de ses cudu buste de Racine en blasphémant son vres durables, il faut d'abord qu'il renom!

nonce au drame, pour lequel il n'est Nous sommes heureux de pouvoir pas né; il faut ensuite qu'il se défasse nous dédommager de tant de critiques de cette confiance en lui-même qui lui malheureusement trop justes, en nous

fait regarder l'improvisation comme le associant aux éloges qui ont accueilli le meilleur procédé de composition poétiprincipal essai de M. Victor Hugo dans que; il faut entin qu'il consente à comple genre du roman. Notre-Dame de Pa ter avec la critique, qui n'est, après ris n'a pas seulement excité une vogue tout, quand elle est bien faite, que la passagère, mais a remporté un succès voix du public connaisseur, et qui a les durable. C'est un véritable titre de gloire mêmes droits que ce public à la défépour M. Victor Hugo. Toutefois, ce li rence et au respect. A ces conditions, vre ne satisfait pas à toutes les condi M. Victor Hugo peut obtenir encore de tions du roman. Les caractères n'y sont nouveaux et solides triomphes. Mais pas tous suffisamment raisonnés, ou peut-être, aujourd'hui , a-t-il tout autre suffisamment dignes d'intérêt. Quasi chose en tête que la poésie et la gloire modo est un être impossible, une chi littéraire. Peut-être que, troublé dans mère, un personnage de pure fantaisie, son sommeil, par les lauriers politiques au milieu de la réalité vivante du poëme. de M. Lamartine, il ne rêve qu'aux Claude Frollo n'est qu'un homme en

moyens de s'habiller du manteau de pair, proie à un appétit brutal qu'on ne peut qu'aux triomphes de la tribune et qu'à un honorer du nom de passion , et qui

ministère en perspective. Si telles sont, n'inspire aucune espèce de sympathie. comme on l'assure, ses préoccupations Gringoire est plein d'esprit, mais trop d'aujourd'hui, la critique n'a plus rien

le quinzième siècle. En à débattre avec lui; elle ne peut que lui revanche, la figure de la Esmeralda est exprimer le souhait de lui voir mettre ravissante de grâce, de pureté et de frai- dans ses discours à la chambre plus de cheur. Mais ce qui donne surtout un raison et de logique que dans ses draimmense intérêt à ce roman, c'est la mes et dans ses préfaces.

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voltairien pour

seulement ici quelques considerations

HUGUENOTS. Ce furent les communi. lui sept lettres et quelques opuscules cations journalières des protestants de sur des sujets de piété. France avec Genève qui , vers 1559, fi Un autre saint HUGUES, né en 1053. rent appliquer aux calvinistes le nom de dans le Dauphiné, fut nommé, en 1079, huguenots. En effet , dès l'an 1518, les évêque de Grenoble, et se retira deux ani partisans de la liberté à Genève, s'étant après à l'abbaye de la Chaise-Dieu. Mai

: fait admettre parmi les confédérés suis- le pape Grégoire VII l'obligea de re ses, avaient pris le nom d'eignots ou prendre ses fonctions épiscopales. I huguenots, du mot allemand eidgenos- mourut en 1132. Il a laissé un carti sen , confédérés, et de Hugues, nom laire, monument précieux à cause de du citoyen qui avait négocié l'alliance observations dont les chartes y sort avec les cantons ; leurs coreligion. accompagnées. Plusieurs fragments të naires de France adoptèrent ensuite ce ont été publiés dans les Mémoires por: nom à leur exemple. Mais comme per servir à l'histoire du Dauphiné, par sonne ne savait ce que c'était que les Allard. eidgenossen ou le citoyen Ilugues, on Hugues d'Amiens descendait, dit-ol chercha d'autres explications à ce terme de l'illustre famille des comtes d'Amiens introduit par les missionpaires de Ge- Il embrassa de bonne heure la vie relinève. Pasquier, dans ses Recherches, gieuse à Cluny, fut pourvu en 1113 du le fait dériver de Huguet , Ilugon oú prieuré de Saint-Martial de Limozes Chat - Muant, nom d'un lutin qu'on qu'il résigna peu de temps après , et fut honorait du titre de roi , et qui, dans la élu en 1130 archevêque de Rouen. Il ascroyance du peuple, courait les rues de sista aux conciles de Reims , de Pise et Tours pendant la nuit, comme les pre de Paris, et prit une part active à miers protestants allant au prêche. Sui toutes les affaires de l'Eglise de France. vant Guy Coquille, au contraire, ces der- Il mourut en 1164. Il nous reste de lui niers auraient été ainsi appelés parce plusieurs ouvrages théologiques et quel qu'ils soutenaient les droits des descen- ques lettres adressées à Louis VII et à dants de Hugues Capet contre les Guises, Suger. Elles ont été insérées par Duqui se disaient fils de Charlemagne. chesne dans le ive tome des Scriptor.

Le père Maimbourg , dans son His Francor. toire du protestantisme, parait avoir HUGUES CAPET. Nous ne nous éten. été le premier auteur français qui ait drons pas sur la vie de ce prince qui a donné la véritable étymologie du mot déjà été traitée dans les Annales, t.ler, huguenot, étymologie que Voltaire a pag. 163 , et dans le dictionnaire à l'aradoptée sans citer son autorité. ( Pour ticle CAPÉTIENS; nous présenterons l'histoire des huguenots, voyez CalviNISTES, ÉDITS, GUERRES de reli

sur le rôle politique qu'il a joué; rôle gion, etc.)

sur lequel les auteurs sont en général Hugues (saint), abbé de Cluny, né à fort peu d'accord. Les uos, en effet

, Semur, en Briennois, en 1024, d'une le représentent comme un prince nul. des plus illustres familles de Bourgo sans capacité aucune, porté gne, entra de bonne heure dans le mo. par la force des événements et par l'aminastère de Cluny dont, à l'âge de vingt- bition de son père, plutôt que par so cinq ans, il fut elu abbé à l'unanimité; propre volonté; suivant les autres et, sous son administration, la congré- contraire , ce fut un homme énergique gation de Cluny parvint à un si haut et remarquable à tous égards. Nous ile degré de splendeur, qu'il eut bientôt, partageons pas l'enthousiasme de ces suivant Orderic Vital, plus de dix mille derniers; mais en déplorant le manque moines sous sa juridiction. Malgré la de documents relatifs à cette époque.si modération dont il fit preuve dans la importante où s'organisa la feodalite querelle des investitures, il fut chargé en France, nous croyons devoir, par par les papes de plusieurs missions im l'examen des seuls faits dont la connaisportantes. Il mourut en 1109. La

sance nous ait été transmise, attribuer Bibliotheca cluniacensis renferme de

à Hugues Capet plus d'influence sur son

au trône

siècle qu'on ne lui en accorde générale- séculiers, qui suivaient le prince dans I ment.

ses voyages (*). » Il se montra adroit lors de son élec Hugues Capet essayait ainsi d'établir tion qui dut éprouver de grands obsta son pouvoir sans blesser les seigneurs cles, et sut habilement opposer à ses qui étaient ses pairs , et en se les attarivaux, Richard, duc de Normandie, son chant par des concessions peu imporbeau-père, et deux ou trois autres sei tantes. Ne se sentant pas assez fort pour gneurs qui l'aidèrent puissamment. Il mettre fin aux guerres que se faisaient avait d'ailleurs préparé les voies à son les vassaux de la couronne, il les laissa avénement; c'est ce que prouve le paz. s'entre-détruire sans prendre part à leurs sage suivant de Gerbert : « Lothaire disputes. Après la défaite qu'il eut à es1x n'est roi que de nom; Hugues n'en suver devant Laon, il comprit que la

porte pas le titre; mais il l'est en force ouverte n'était pas le moyen qu'il fait et en cuvres. » L'intrigue avait lui fallait employer, et changeant son donc aplani à Hugues Capet la route système belliqueux en un système ** qui menait au trône, et quand une fois purement politique, il chargea Ger

il y fut arrivé, il sut habilement se bert de réparer le mauvais eifet qu'amaintenir dans la position qu'il s'était vait pu produire sa déroute , et lia créée.

une correspondance avec Ascelin de « Porté au trône par des seigneurs Laon. Voici en quels termes le moine * et des évêques, et ayant pour competi- d'Aurillac parle de ses negociations

teur Charles, duc de Lorraine, le nou dans une lettre adressée à l'évêque veau roi dut se ménager par des faveurs de Trêves : a Ne croyez pas trop l'affection des grands du royaume. Des « légèrement aux rapports du peuple. terres nobles leur furent distribuées ; « Avec la grâce de Dieu et par l'aide de et ces nouveaux bénéfices , de même « vos prières , nous sommes toujours, que ceux qui existaient précédemment , « comme devant, maîtres de tout l'évêfurent rendus patrimoniaux, mais tou « ché; et de toute la rumeur que vous jours avec réserve de foi et hommage « avez entendue, rien n'est vrai, si ce de la part des possesseurs, et à la charge « n'est que les soldats du roi étant. par eux de servir le roi à la guerre avec « après midi, accablés par le vin et le leurs hommes d'armes. Après ce sacri « sommeil, les habitants de la ville ont fice sa it à la politique, Hugues Capet, « fait une sortie que les nôtres ont reéclairé par l'expérience sur les causes poussée ; mais pendant ce temps-là, qui avaient produit l'affaiblissement et « le camp a été brûlé par des goujats, la chu te de la seconde race, rendit une « et tous les préparatifs du siège ont loi prononçant l'abolition des partages

« été détruits. Le dommage sera cepenentre les fils du roi, et la défense d'a a dant réparé avant le 25 août. » Tiener le domaine, qui se composait, au La vérité était que Charles, à la tête comme

encement de la troisièine race, des chevaliers lorrains, laonnais et rédu duché de Bourgogne, de la ville et mois, avait mis en fuite le roi de du conté de Paris, d'une partie de la France, après s'être emparé de son Picardi e, de la Champagne, de l'Orléa- camp et l'avoir incendié. Nous ne pounais, du pays. Chartrain, du Perche, vons nous empêcher de remarquer ici du comté de Blois , de la Touraine, du que ce fut à peu près à la même époque Maine et de l'Anjou, tous grands fiefs qu'Aldebert fit à Hugues la fameuse qui avaient fait de Hugues le plus puis réponse Qui t'a fait roi? réponse à lasant des vassaux. Les seigneurs obtin- quelle on a attribué un sens différent de rent encore de Hugues Capet d'être celui qu'elle avait réellement, et qui siconfirmés dans l'exercice de la justice gnifiait simplement qu'un comte de Péhaute , moyenne et basse, sur leurs rigord était souverain à aussi bon titre hommes et sujets , sauf le droit d'appel et aussi pleinement qu'un roi de du parlouer du roi ou parlement. On désignait alors sous ce nom une cour ambulante, composée de barons, de (*) Bailly, Hist. financière de la France, pairs du royaume, ecclésiastiques et pag. 45,

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France (*). Hugues Capet avait d'ail. HUGUES CAPET (monnaies de). Ces
leurs compris, ou peut-être n'était-ce monnaies sont extrêmement rares; Le
qu'une conséquence de son esprit su blanc en a publié une où ce prince prend
perstitieux le parti qu'il pouvait tirer le titre de roi; mais on ne la retrouve
des moines, qui jouissaient alors des plus dans aucune collection. On y li-
deux puissances spirituelle et tempo. sait d'un côté hvGO PRA, et dans le
relle : il se fit le roi des prêtres, aux champ Rex; et de l'autre côté, PARISIS
quels il rendit la liberté des élections CIVIS. C'est un denier, seule monnaie
et prodigua les donations de toute na que l'on connût en France à cette
ture. En somme, et d'après l'examen époque.
attentif des faits que nous connaissons M. de Longperier a publié une pièce
de l'histoire de Hugues Capet, nous sur laquelle on lit en légende GRATIA
croyons pouvoir dire

que
s'il ne fut pas

DEI REX, dans le champ Hygo, et ru un grand roi, il ne mérite pas non plus revers REMIS CIVITAS. Cette pièce aple mépris qu'ont jeté sur lui quelques partenait à un amateur distingué don historiens.

le monde savant déplore la perte it A part les batailles, son règne pro- cente, M. Dassy de Meaux. Par son style prement dit offre peu d'événements im et par sa fabrique, elle paraît contempo portants; on peut cependant noter la raine de Hugues Capet. Nous hésitons fondation de la ville d'Abbeville, et l'em- cependant à la regarder comme apparploi de la langue vulgaire, romane ou tenant à ce prince; car, vers le mene gauloise, dans un concile tenu à Mai- temps, vivait un archevêque de Reims son en 995.

nommé Hugues. Le mot GRATIA DI REI Hugues Capet mourut à Paris, le pourrait bien n'y être placé que compe 24 octobre 996, à l'âge de cinquante une simple formule. Cette conjecture sept ans. Le moine Helgaud de Fleury, reçoit un haut degré de probabilité de la à qui l'on doit un panegyrique du roi piece suivante, frappée à Senlis, et ou Robert, assure que Hugues, sentant on lit, d'un côté, le nom latin de cette approcher sa fin, lit appeler son fils,

SILVA et lui tint ce discours , qui vient à l'ap

ville en deux lignes,

et au te

NECTIS, pui de ce que nous avons dit de la dé

vers, en première légende, GRATIA DI yotion superstitieuse du fondateur de REX, en deuxième légende HVGO DVX. 11 la monarchie capétienne, et de ses mé est évident que la première légende n'est nagements envers le clergé :

qu'une réminiscence carlovingienne inO mon cher fils! je te conjure, au signifiante, et que cette pièce n'est a nom de la sainte et indivisible Trinité, qu'une monnaie ducale de Hugues Ca« de ne jamais abandonner ton esprit pet, antérieure à son avénement au « aux conseils des flatteurs qui cherche- trône. Il en est de même d'une pièce de « ront à te séduire par des présents

PARISIUS « empoisonnés, pour que tu disposes,

Paris, où on lit

GRATIA « selon leur volonté, de ces abbayes que DI DVX; et Hvgo, en monogramme,

je laisse après Dieu sous ton gouver- dans le champ. Ces pièces sont toutes « nement. Qu'aucune légèreté d'âme ne deux calquées sur celles de Charles le « t'engage à piller leurs trésors, à les Chauve. a distraire ou à les dissiper. Je te re HUGUES LE GRAND , duc de France, a commande encore, et cela par-dessus fils de Robert et neveu du roi Eudes. « toute chose, de ne jamais permettre Voyez FRANCE (duché et ducs de),

qu’on t'arrache à la dévotion du chef t. VIII, p. 421. « de notre religion, savoir, de notre Un autre Hugues le Grand , frère

père saint Benoît; c'est lui qui, après du roi Philippe I", se signala en terre « la mort de ce qui n'est que chair", te sainte pendant la première croisade, er « procurera auprès de notre commun mourut à Tarse d'une blessure reçue « juge, l'entrée du salut, seul port tran dans un combat contre les Turcs. quille et seul asile assuré. »

HUGUES DE BRÉGI, de Bresil ou de (*) Voyez les Lettres de M. Thierry sur Bersil, célèbre trouvère du 13° siècle, l'Hist, de France.

dont on sait seulement qu'il fit , avec

C

CIVIS

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