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détail toute cette passion insensée ; vous ? » - « Je me regrette , réponnous n'en citerons qu'un seul trait qui dit la jeune poitrinaire. prouve, comme tous les autres, la no HOUDON (Jean-Antoine), sculpteur, blesse d'âme de madame d'Houdetot. né à Versailles en 1741, mort à Paris Emue un jour jusqu'aux larmes de l'é en 1828. A une époque où l'imitation loquence avec laquelle le grand écrivain de l'art antique était de mode, Houdon lui peignait son amour, elle s'écria : sut, ainsi que Greuze, son ami, résister « Non, jamais bomme ne fut si aima à cet entraînement ; il n'eut d'autre ble, et jamais amant n'aima comme but que de rendre la nature telle qu'elle vous; mais votre anni Saint-Lambert est, sans la voir à travers le prisme des nous écoute, et mon cœur ne saurait ai conventions et des théories. Il est vrai, mer deux fois. » Le nous écoute était et c'est un reproche qu'on est en droit d'une admirable délicatesse de senti- de lui faire, qu'il manquait d'élévation, ment : Saint-Lambert se trouvait alors que ses æuvres n'offrent rien d'idéal; a l'armée de Flandre.

mais elles sont si franchement vraies, Le chantre des Saisons fut effective. si naturelles, qu'en leur présence l'éloge ment l'unique amour de madame d'Hou est seul possible. Houdon étudia de detot, et cette union, qui était fondée bonne heure à l'Académie , et reçut les sur les plus intimes rapports de gouts, conseils de Pigal. Il obtint le grand prix ne fut rompue que par la mort de Saint en 1761, et habita dix ans l'Italie. PenLambert. Marmontel, dans ses Mémoi- dant ce temps, il fit pour une église de res, nous la montre en quelques lignes Rome une statue de saint Bruno, et le sous son véritable jour : « Jamais, dit-il, caractère distinctif de son talent était deux esprits et deux âmes n'ont formé déjà si remarquable, que quand le pape un plus parfait accord de sentiments et Clement XIV vit cette statue, il s'écria: de pensées. »

« Si la règle de son ordre ne lui presDans sa vieillesse, madame d'Hou- crivait pas le silence, je suis sûr qu'elle detot prodigua les soins les plus ten- parlerait. » dres et les plus assidus à son ancien Houdon exposa au salon, en 1771, amant qui, tombé dans une sorte d'en- le dieu Morphée, ouvrage qui lui vafance, se plaignait sans cesse d'une lut le titre d'académicien; il fit ensuite amie dont il ne comprenait même plus son célèbre modèle de l'Écorché, alla en le dévouement. Quoique depuis long. Amérique exécuter la statue de Wastemps l'âme de Saint-Lambert fut ab- hington (salle des états de Virginie); sente lorsqu'il mourut, madame d'Hou- puis, à son retour, en 1781, exposa ses detot, qui lui survécut dix ans, pleura statues de Tourville (à Versailles) et de amèrement celui qu'elle avait si chère Voltaire (vestibule du Théâtre-Franment aimé. Mais jusqu'à sa mort, qui çais). La preinière est d'un mouvement fut douce et n'eut lieu qu'en 1813, à et d'une vérité adınirables ; la tête est l'age de 83 ans, elle conserva sa bonté, expressive, et les draperies agitées par sa tendresse, son imagination , et jus- le vent sont très belles. La statue de qu'à son aimable talent pour la poesie. Voltaire est plus célèbre encore, c'est la Quelques-unes des pièces fugitives nature prise sur le fait; de Maistre ne qu'elle composa, et qui sont parvenues pouvait en supporter la vue. jusqu'à ngus, font regretter que la mo La même année, Houdon fit pour destie de cette femme charmante l'ait l'impératrice de Russie une Diane à empêchée de s'abandonner complétement laquelle on a reproché d'être trop nue. à son talent aussi gracieux que facile. Après ces œuvres principales, nous de

On a publié en 1782 un joli volume vons mentionner encore sa Frileuse , de poésies, aujourd'hui très-rare, d'une son Oiseau mort, et, si nous voulions belle-lille de madame d'Houdetot. C'est citer tous les bustes que l'on doit au de cette jeune femme, morte tres-jeune ciseau de ce célebre statuaire, nous d'une affection de poitrine, qu'est cette aurions une liste trop longue ; nous depiquante et touchante réponse faite peu vons cependant mentionner ceux de de temps avant sa mort à un de ses Moliere (foyer du Théâtre-Français) et amis qui lui demandait : « À quoi rêvez de Joséphine.

HOUEL (J. P.), né à Rouen en 1735, les familles, de prendre chez eux des étudia d'abord l'architecture et la pein- coffres de louage pour s'épargner les ture sous Descamps, puis la gravure sous frais d'un cercueil (*). Lemire, à Paris. Mais comine la pein Les huchiers, huissiers, etc., étaient ture avait surtout pour lui des attraits, alors compris sous la dénomination géil quitta ensuite les leçons de Lemire nérale de charpentiers de la petite copour suivre celles de Casanova. Il se ren- gnée. dit ensuite en Italie et visita Naples, KUDSON (expédition dans la baie d'). la Sicile, Malte et les îles de Lipari. De Le gouvernement français résolut, en retour à Paris, il s'occupa de publier la 1782, de ruiner les établissements des relation de son voyage, et de graver les Anglais dans la baie d'Hudson. Il falvues pittoresques et les monuments qu'il lait pour commander cette expédition avait dessinés; en effet, secondé par un marin aussi babile qu'intrépide : Leprince, il donna, six ans après , son Peyrouse fut choisi. Il partit du cap Voyage pittoresquc de Sicile, de Malte Français le 31 mai, sur le Sceptre, vaiset de Lipari. Cet ouvrage comprend seau 'de 74, accoinpagné des frégates 4 vol. in-fol. de texte et 264 planches l’Astrée et l'Engageante, de 36 canons. gravées. C'est un riche trésor sous le Le 17 juillet, l'escadre eut connaissance rapport des observations sur les moeurs, de l'ile de la Résolution, située à l'enles coutumes et les objets d'histoire trée du détroit. A peine eut-elle fait naturelle. J.es principaux monuments, vingt lieues dans la baie, qu'elle se vit tels que les théâtres, les amphithéâtres, engagée dans les glaces, quí l'arrêtèrent les aqueducs, les vases, les statues, les plusieurs jours. Une brume épaisse vint monnaies, les bas-reliefs, etc., sont re à diverses reprises augmenter le péril. présentés avec la plus grande exacti Enfin, apres une navigation pleine de tude. Outre cet ouvrage, Houel a gravé difficultés et de périls, dans laquelle un grand nombre de vues et de paysa- l'escadre éprouva des dommages consiges. Il est mort à Paris en 1813.

dérables, on découvrit, le 8 août, le HOULME (le), petit pays de la basse fort du prince de Galles, situé à l'emNormandie, borné au midi par le haut bouchure de la rivière Churchill. Les Maine, au levant par le pays des Mar- troupes débarquèrent sans obstacle, et ches, au nord par le Bocage, et au cou sur la première sommation, le fort se chant par l'Avranchin. Ce pays fait ac rendit. La Peyrouse le détruisit, puis il tuellement partie du département de se porta avec son escadre sur le fort l'Orne.

d’York, autrefois fort Bourbon, situé HOULSAI, seigneurie de l'Orléanais, à 40 lieues de là, vers le sud. Le débarérigée en marquisat, en 1678, en fa quement fut des plus pénibles, et lorsveur de Claude Maillet.

qu'il fut effectué, il fallut avec la bous. HOZIER. Voyez d'HOZIER.

sole se frayer une route jusqu'au fort, Huchiers, fabricants de huches, cof à travers une épaisse forêt. Du reste, le tretiers. On comptait à Paris, en 1092, fort se rendit également sans résisvingt-neuf huchiers, et l'on voit, par tance, et il fut rasé. L'expédition fut Le Livre des métiers d'Étienne Boileau, ainsi terminée à la fin d'août. que, sous Louis IX, ces artisans étaient HUESCAR (combat d'). L'armée espacompris dans la corporation des char gnole aux ordres du général Blacke pentiers. Le statut de 1258 fait une avait été, au mois de septembre 1811, distinction entre eux et les huissiers chassée du royaume de Grenade par le fabricants de portes ou fenêtres. Mais, quatrième corps de l'armée française, comme l'observe M. Depping, ces deux dont le maréchal Soult avait le commétiers, si jamais ils ont existé séparé mandement. Elle se reforma bientôt ment, ont dû bientôt se confondre à après aux environs de Murcie, et tenta cause de l'analogie de leurs travaux. quelques entreprises partielles sur les

L'ordonnance de 1290 défend aux huchiers « que nus loue ne ne puisse loner (*) Documents inédits sur l'hist. de France. coffres à gens morz;» ce qui nous mon Rè:lements sur les arts et métiers de Paris, tre que l'usage s'était introduit dans

publiés par M. Depping, p. 373 et suiv.

cantonnements occupés par les troupes On doit aussi à cet artiste quelques du maréchal. Le 1er octobre, une co collections de lithographies et plusieurs lonne composée de 2,000 hommes d'in gravures à l'eau-forte, d'une grande difanterie et de 300 chevaux vint assaillir mension et d'un travail très-remarquable. à l'improviste le poste d'Huescar, que Huet (Pierre Daniel), évêque d'A. défendaient une compagnie du 43° régi- vranches, naquit à Caen en 1630. Ma. ment de ligne et 50 dragons du 12e ré thématicien habile, philusophe et théo. giment. Les Espagnols avaient manau logien, savant philologue, élégant poète vré de façon à envelopper notre faible latin, peu d'hommes ont joui au dir: détachement, et à lui couper la retraite septième siècle d'une réputation plus sur Velez-el-Rubio, celui de nos autres haute et plus étendue. A vingt-deux ans postes qui était le moins éloigné; mais il fit avec Bochart, son compatriote et le chef d'escadron Lenourrit exécuta son guide en érudition, le voyage de une charge si habile et si brillante que Suède, et il en rapporta une copie des les assaillants furent contraints de se commentaires inédits d'Origène sur replier en désordre sur Lorca , après l'Écriture sainte. A son retour il s’ocavoir perdu au moins 300 des leurs, cupa de la traduction de ces commentués ou blessés.

taires, qui parut en 1668. Deux ans Huet (Paul), paysagiste, est né à Pa- plus tard, la place de précepteur de ris le 3 octobre 1806. Élève de Guérin Charles-Gústave, successeur de Chriset de Gros, il n'a cependant pas adopté tine, lui fut offerte en Suède, mais il le genre de peinture auquel semblaient refusa. En 1670, Bossuet ayant été l'appeler les leçons de ces maîtres. chargé de l'éducation du Dauphin, Huet Porté par son goût et son caractère à la fut choisi pour l'assister dans cette tå. contemplation des grands spectacles de che, avec le titre de sous-précepteur. la nature , il chercha à les reproduire il conçut alors, d'après une idée du duc sur la toile. Toutefois maître de son pin- de Montausier, le plan de ces belles ceau, il ne voulut pas faire de nouvelles éditions des classiques latins, dont le études sous un professeur spécial, et titre (ad usum Delphini) indique la pensa que la nature était le meilleur

destination, et ce fut lui qui en dirigea guide qui lui convint; il crut même pou l'exécution. Il fut reçu à l'Académie voir ouvrir pour le paysage une voie française en 1674. Quoique âgé de quanouvelle, dans laquelle l'ont suivi beau rante-six ans, il n'était encore que toncoup de jeunes peintres de nos jours. suré en 1676; il prit alors les ordres

Il avait vingt et un ans lorsqu'il exposa sacrés, et deux ans plus tard, en re pour la première fois au salon de 1827

compense de ses services, Louis XIV guelques tableaux qui ne passèrent pas lui donna l'abbaye d'Aulnay, près de inaperçus. Quatre ans après, car à cette Caen. En 1685 il fut nommé évêque de époque les expositions n'étaient pas annuelles, au salon de 1831, M. Huet donna, fussent expédiées, une permutation lui

Soissons ; mais avant que les bulles avec plusieurs autres tableaux, une vue de Rouen qui lui valut une grande me vranches, qu'il préférait. Après environ

donna, au lieu de ce siége, celui d'Adaille. Il avait aussi exécute avec M. Colin sept ans d'exercice, déja atteint par les tableaux du Diorama Montesquieu. quelques infirmités , 'et sentant qu'il ne Ses ouvrages sont presque tous des pouvait concilier son goût pour l'étude paysages coinposés , et l'on y trouve, avec les devoirs de l'épiscopat, il se avec une heureuse imitation de la na démit de cet évêché et obtint en échange ture, une teinte remarquable de mélan- l'abbaye de Fontenay , où il se retira; colie. Nous citerons entre autres, ou

puis , fatigué des procès qui l'y assailtre la vue de Rouen dont nous avons

lirent, il vint se fixer à Paris dans déjà parlé, une Soirée d'automne et

la maison professe des Jésuites. C'est une Matinée de printemps ; les Envi. rons d'Honfleur, paysage où la marine de sa vie, tout entier à l'étude,

là qu'il passa les vingt dernières années tient une place importante ; un Tor laquelle il conserva jusqu'à sa mortalia rent en Italie ; Souvenirs d'Auvergne; même passion. Il mourut, âgé de 91 ans, plusieurs intérieurs de forêts.

le 26 janvier 1721.

pour

:

Esprit plus étendu que profond, Huet à Nancy, s'engagea à 14 ans comme fut surtout un érudit aimable et un élé. simple soldat, et fut nommé officier gant écrivain. Il se recommanda à la en 1790. Il parcourut la série entière reconnaissance des théologiens et des des guerres de la révolution, et se savants par ses beaux travaux sur Ori. signala d'une manière brillante sur le gène. Les littérateurs citent surtout de Rhin, en Vendée, et sur le Danube. lui sa Lettre sur l'origine des romans, Simple chef de bataillon au combat de destinée à être mise en tête de Zaïde. Caldiero en Italie, il sauva l'armée En philosophie, après avoir embrassé française, un moment repoussée, de la avec ardeur les principes de Descartes, nécessité de repasser l'Adige, et conil s'en montra plus tard l'adversaire dé- tribua ainsi puissamment au succès de claré. Ce fut pourtant le doute métho- cette journée. Il passa ensuite au service dique de Descartes qui devint la base de de Joseph Bonaparte, alors roi de Nason propre système; il érigea ce doute ples, et ce fut lui qui détruisit les banen scepticisme radical, définitif, et pré- des redoutables du fameux brigand Fra tendit asseoir sur ce fondement le Diavolo. En récompense de ses services, dogme de l'infaillibilité de la foi. Cette il fut nommé colonel , maréchal du padoctrine, qu'il développa surtout dans lais et chef militaire de la province d’Ason Traité sur la faiblesse de l'esprit veline. humain, l'un de ses derniers ouvrages, Joseph ayant été ensuite transféré fut vivement combattue par Arnaud, et, en Espagne, le colonel Hugo l'y suivit prise sans doute à contre-sens, elle fit, et y rendit encore des services signalés. au dix-huitième siècle, suspecter la sin- Nommé général et gouverneur des procérité de sa foi. Parmi ses nombreux vinces centrales d'Avila, de Ségovie, de ouvrages, dont plusieurs ont encore au- Soria, puis de Guadalaxara, etc., il jourd'hui une haute valeur, nous ci- guerroya trois ans contre le célèbre terons de Interpretatione libri Empécinado , le battit en trente-deux duo, etc., Paris, 1661; Lettre sur rencontres, et parvint ainsi à délivrer l'origine des romans, Paris, 1670 et tout le cours du Tage des guérillas qui 1772, etc.; Demonstratio evangelica, l'infestaient et à rétablir les communi1679; Censura philosophiæ carte- cations entre les divers corps de l'armée sianæ, ib., 1689; Quæstiones alue- française. En 1812 il fut nommé au tanæ , Caen, 1690 ; de la Situation du cominandement de la place de Madrid, Paradis terrestre, Paris, 1691, et en et il commanda l'arrière-garde lorsque, latin, Amsterdam, 1698; Nouveau peu de temps après, les Français dumémoire pour servir à l'histoire du rent évacuer cette ville. Dans cette recartésiasnisme, 1692, Amsterdam, traite désastreuse il sauva plusieurs 1698; Carmina, Utrecht, 1700; His- milliers de Français, et peut-être le roi toire du commerce et de la naviga lui-même, en arrêtant les Anglais à la tion des anciens, Lyon, 1763 ; Traitė hauteur d’Alagria. philosophique de la faiblesse de l'esprit En 1813 l'empereur le nomma au humain, Amsterdam, 1723; Origines commandement de Thionville, où, avec de Caen, 2e édit., Rouen, 1706; un ro une faible garnison et des munitions man de Diane de Castro, ou le Faux insuffisantes, il soutint pendant quatreIncas (sans nam d'auteur), 1728. L'abbé vingt-huit jours un blocus très-serré, d'Olivet, ami de Huet, a publié le auquel mit fin la déchéance de NapoHuetiana , 1722. On trouve à la biblio léon. Durant les cent jours, il défendit thèque du roi 2 vol. in-4° mss. con de nouveau cette place que les alliés tenant 300 Lettres latines de Huet prétendaient démanteler. "Mis à la re(écrites de 1660 à 1714). Ce précieux traite (par l'ordonnance de 1824), il se recueil fut découvert en 1696 par retira à Blois, où il s'occupa de pluM. A.-A. Barbier. On aussi décou sieurs ouvrages. On a de lui : 1° (sous vert à Caen, en 1825, quelques mss. le pseudonyme de Genti) Mémoires sur de Huet.

les moyens de suppléer à la traite des HUGO (Joseph - Léopold - Sigisbert, nègres par des individus libres, etc., comte), lieutenant général, né en 1774 Blois, 1818 ; 2° Journal historique du

ces vers :

blocus de Thionville , en 1814, et des rent se préparer aux examens de l'école siéges de cette ville, de Sierck et Rode- polytechnique. mäck, en 1815, Blois, 1819 ; 3o Le jeune Victor avait une singulière moires du général Hugo, Paris, 1825. facilité pour les mathématiques et réus

Victor-Marie Hugo, fils du précé- sissait fort bien dans ce genre d'étude, dent, est né à Besançon en 1802. Ses Mais il préférait en secret la poésie, et premières années se passèrent tantôt réservait à la muse toutes ses heures de en France, tantôt en Italie , son père loisir. Animé d'une sympathie chevase faisant suivre de sa famille dans ses leresque pour les Bourbons, que sa changements de garnison. Ramené à mère, fille de la Vendee, lui avait appris Paris en 1809, à l'âge de huit ans, à aimer, il composa dans sa chambre il commença ses études sous les yeux d'écolier une tragédie classique intitude sa mère et sous la direction du lée Irtamène , où il célébrait symboligénéral Lahorie, qui, poursuivi par quement le retour de Louis XVIII. Cet la police impériale comme suspect d'a essai resta enfoui dans ses papiers : voir trempé dans l'affaire de Mo mais une pièce de vers sur les avanreau,

était venu demander un asile à tages de l'étude, sujet mis au concours madame Hugo, et vivait ignoré dans par l'Académie française, fut envoyee une petite chambre du logement qu'elle aux Quarante, et attira sur lui une vive occupait au fond de l'impasse soli attention. La pièce parut spirituelle et taire des Feuillantines. L'enfant rece brillante, et elle eût même remporté vait avec plaisir et ardeur les leçons le prix si elle ne s'était terminée par du proscrit, et courait chaque jour expliquer avec lui les annales de Tacite ou Moi, qui toujours fayant les cités et les cours l'entendre lire une traduction de Po De trois lustres à peine ai vu Ginir le cours. lybe. Mais on découvrit la retraite de On ne voulut pas croire qu'un talent Lahorie, et la famille qui l'avait couvert déjà si distingué appartint à un poete d'une si généreuse protection le vit de quinze ans ; les juges s'irriterent de avec douleur arrêté, et jeté dans le ce qu'ils prirent pour une mystification, cachot d'où il ne devait sortir que et la pièce n'obtint qu'une simple menpour aller tomber aux côtés de Mallettion. Après la distribution, le jeune dans la plaine de Grenelle. Quelques poëte, instruit de ce qui avait empêché mois après, le jeune Victor Hugo alla son succès, alla porter son extrait de rejoindre son père en Espagne. Il passa naissance aux académiciens ; la méun an à Madrid Jans le séminaire des prise ne put être réparée, mais cette nobles , et dut à ce séjour une connais aventure se répandit partout, et tout le sance prompte et familière de la langue monde admira cette rare et singulière espagnole.

précocité. De retour à Paris en 1812, de nou En 1818, le jeune poëte obtint de veau retiré avec sa mère dans la soli son père la grâce de ne pas se pré. tude de l'impasse des Feuillantines, senter à l'école polytechnique ; il put il acheva ses études classiques avec un

dès lors se livrer tout entier à son pen. vieux prêtre, ami de la famille. Déjà, chant, et il usa de nouveau du moyen que dans ses moments de loisir, il cherchait les concours académiques offrent aux à réaliser les rêves de sa jeune imagina- poëtes débutants pour se faire connai. tion et s'essayait à faire des vers. Il tre. Une ode sur la statue de Henrill, avait treize ans quand revinrent les une autre sur les vierges de Verdun, Bourbons. A cette époque, de fâcheux une troisième intitulée Moïse sur le vil, dissentiments s'éleverent entre le gé- furent couronnées par l'Académie des néral Hugo et sa femme : ces troubles jeux floraux de Toulouse : la troisième domestiques, encore aigris par une vive lui valut le grade de maitre és jetz dissidence d'opinions politiques, fini- floraux. rent par amener entre eux une sépara En 1822, il fit paraître un volume tion presque complète. Le général, d'odes et de ballades qui le plaça ileusant de ses droits de père, fit placer cidément parmi les célébrités linteses fils dans une institution où ils du- raires de notre temps. Il avait vingt et

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