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dan, est en avant de Killem et marche les Anglais, réunis aux Allemands directement sur Hondschoote; enfin la et aux Flamands, s'étant présentés gauche se dirige entre Killem et le canal avec une flotte nombreuse devant leur de Furnes, tandis que le corps du colonel ville, les bourgeois , réunis aux DiepLeclerc, parti de Bergues, se porte sur pois, les abordèrent avec courage, le flanc droit de l'ennemi. L'action quoique fort inférieurs en nombre; s'engage bientôt au milieu des taillis beaucoup de vaisseaux ennemis furent qui couvrent le centre. Des deux côtés, coulés à fond, et l'amiral Hugues Spenon envoie successivement les plus cer fait prisonnier. Sous Charles VII, grandes forces sur ce point. Nos soldats Honfleur tomba au pouvoir du roi sont obligés de revenir plusieurs fois à d'Angleterre Henri VI, qui laissa penl'attaque , et finissent par rester vain- dant dix années garnison dans cette queurs. Pendant ce temps, les retran ville, jusqu'à ce que Dunois la lui enchements sont aussi emportés à la leva. Vers la fin du seizième siècle, elle droite, et le général Walmoden, qui se vit alternativement la victime de avait remplacé Freytag, se décide enfin tous les partis. Henri IV y entra par à ordonner la retraite, qui s'effectue sur capitulation en 1590, à la suite d'un Furnes par Honthem et Hoghestade. siége trés-meurtrier. Un capitaine du

Durant l'action, York, contenu par nom de Goyon parvint peu de temps les sorties vigoureuses que la garnison après à la reprendre, et il la conserva de Dunkerque exécuta sous la conduite juqu'au 5 juin 1594, époque où il fut de Hoche , ne put porter secours à ses obligé de capituler. lieutenants. La nuit venue, il leva le Honfleur possède seulement deux ou siége, abandonnant la plus grande par trois édifices gothiques qu'il faut aller tie de ses équipages, et regagna son

chercher dans un dédale de rues étroi. camp de Furnes.

tes, sales et mal aérées. Quant au port, Les alliés perdirent à Hondschoote il consiste en deux bassins construits environ 3,000 hommes tués, blessés ou depuis peu, et où la mer s'élève de neuf faits prisonniers. La perte des Français à dix pieds : il est spacieux, et sa situafut à peu près égale. Cette victoire, tion le rendrait très-important sans les outre qu'elle dégagea Dunkerque, fut vases qui l'encombrent et sans la diffiencore plus importante par l'effet mo culté de son abord. ral qu'elle produisit. Néanmoins, si, le Honfleur est aujourd'hui l'un des 8, Houchard eut donné l'ordre de pour chefs-lieux de canton du département suivre les vaincus, les résultats eussent du Calvados; on y compte 9,000 habi. été bien plus considérables encore. Il tants. eût facilement coupé toute communi HONG (combat de), livré le 25 sepeation avec Furnes, et enfermant l’ar tembre 1799, par les 4o, 5o et 6e divimée anglaise qui assiégeait Dunker sions de notre armée du Danube, sous que, il ne lui eût laissé d'autre moyen

la conduite de Masséna, contre une de salut que celui de capituler. Cette colonne russe de Korsakow, qui ocseconde faute était encore beaucoup cupait Zurich et les alentours. moins pardonnable que la première ; Taillés en pièces et vaincus, malgré aussi Houchard fut-il sévèrement puni leur supériorité numérique, les enne(Voyez HOUCHARD.)

mis furent poursuivis jusque sous les HONFLEUR. L'origine et la fondation murs de cette ville. de Honfleur ne peuvent se déterminer HONGRIE (relations avec la). La Honavec certitude; on sait seulement que grie occupe l'emplacement de l'ancienne Guillaume le Conquérant, peu de temps Pannonie et d'une grande partie de la avant sa mort, y passa quelques jours. Dacie. Ces contrées appartenaient aux

En 1346 , Edouard III, roi d'Angle- Avares, peuple d'origine tartare, lorsterre, s'empara de cette ville et la mit que les incursions de leurs sauvages haau pillage ; les indignes traitements bitants dans la Germanie decidèrent qu'il fit subir aux habitants leur laissè. Charlemagne à les attaquer. Après une rent le désir de se venger , et ils en guerre active, l'empereur les vainquit trouvèrent l'occasion sous Charles VI : (voyez Huns), s'empara de leur pays,

le réunit à son empire, et ses succes retraite, mais riches de prisonniers et seurs le gardèrent jusqu'à l'invasion de butin. des Magyares, qui, en 889, commen On les retrouve en 935 désolant la cèrent la conquête de la haute Hon. Bourgogne par le pillage, le meurtre et grie. Bientôt le territoire entier fut l'incendie. « Ils dévastèrent probablesoumis à ces terribles étrangers venus ment la ville de Dôle; mais cela ne dura des extrémités septentrionales de l'A- pas longtemps, le roi Rodolphe arrivait sie. Arnoulf, empereur d'Allemague, suivi d'une armée imposante. Ils se dieut l'imprudence de leur laisser dé- rigèrent sur l'Italie, et, chemin faisant, truire les retranchements que Charle- ils détruisirent les abbayes de Saintmagne avait élevés surles rives du Raab, Pierre et de Saint-Marcel, à Châlonpour défendre l'Allemagne contre les sur-Saône, celles de Tournus, de Savi. invasions des barbares ; il les appela gny, de l'île Barbe, près de Lyon. Ils même à son secours contre les Moraves

ne purent entrer dans cette dernière révoltés. Dès lors ils firent irruption ville', car le comte Guillaume se tenait dans l'Europe occidentale, et pendant sur ses gardes; mais Dieu sait quels plus de soixante ans ils y exercèrent ravages ils firent dans le pays. Ils dé. d'effroyables ravages.

truisirent notamment la riche abbaye Leurs invasions commencèrent en d'Ainay. Enfin ils quittèrent la France, 899; l'Italie et l'Allemagne en souffri- après avoir dévasté l'abbaye de Saintrent d'abord. En 910, ce fut le tour de Amand à Nantua (*). » la France; la Lorraine fut dévastée; Ils rentrèrent dans le royaume en ses monastères, ses églises furent pil: 937; la Lorraine, la Champagne, la lés; puis les hordes retournèrent chez Bourgogne, l'Aquitaine , puis la Franelles. Mais nos ancêtres les virent repa- che-Comté, furent dévastées sans opraître en 917, en 922 et en 923, où position. Le désordre et l'absence de elles furent taillées en pièces par le toute administration étaient tels, que comte de Toulouse. Trois ans après, les nulle part on n'essaya de résister à ce Hongrois dévastèrent le diocèse de torrent dévastateur. Verdun, incendièrent les villes et les Les contemporains font des Hongrois villages, tuèrent les habitants ou les une description effrayante : « Petits de emmenèrent en esclavage, enfin, en taille, mais vifs; la tête rasée ; les yeux trèrent dans Verdun, prirent le palais enfoncés, étincelants; le visage d'un épiscopal, et y brûlèrent tous les do- jaune qui tire sur le brun; leur aspect cuments relatifs à l'histoire et aux inspire de l'horreur. Ils sont toujours à privileges des églises. Ils s'avancèrent cheval; de leurs arcs, faits de corne, ensuite jusqu'à Vouzy (dix lieues de ils lancent des javelots redoutables, et Reims), en détruisant tout sur leur sont aussi agiles pour surprendre l'enpassage. Les habitants du diocèse, ef

nemi que pour simuler la fuite. Ils ne frayés, se hâtèrent de retirer de leurs vivent pas comme les hommes, mais tombeaux le corps du bienheureux saint comme les bêtes; ils mangent la chair Remi et ceux de quelques autres saints, crue, et boivent le sang de leurs enpour les transférer à Reims. Mais la

nemis. » horde n'attaqua pas cette ville. La ter Les contes que l'on débitait sur les reur y fut telle néanmoins, qu'on mæurs de ces barbares jetèrent une tercrut voir la lune couleur de sang et reur profonde dans les esprits; il se des armées de feu se battre dans répandit un bruit que les Magyares le ciel. Une peste horrible qui suivit étaient les peuples de Gog et de Magog, mit le comble aux calamités de cette qui doivent venir, d'après l'Apocalypse, année.

à la fin du monde. Leurs cruautés n'éCependant le roi de France Raoul, taient pas de nature à changer l'opi. occupé à faire la guerre à Guillaume nion populaire, et ces invasions, jointes Tête d'Étoupes, duc d'Aquitaine, se à celles des Arabes et des Normands, hâta de quitter ce duché pour venir forcer les Hongrois à abandonner la (*) Histoire des invasions des Hongrois , Champagne. En effet, ils battirent en par M. Dussieux, 1 vol. in-8°, 1839.

durent contribuer à affermir les esprits postérité, en 1290, avait eu pour dans la croyance à l'arrivée du jour du femme Marie , fille de Charles jer d'An. jugement dernier en l'an 1000 (*). jou , roi de Naples. A sa mort, Char

« Néanmoins aux malheurs de l'inva les II, roi de Naples, fit valoir les droits sion, qu'opposait-on ? De la patience et de son fils, Charles Martel, neveu de des récits de miracles. Les chroniques cette princesse, à la couronne de Honde l'époque sont remplies de ces naïves grie, et le pape Nicolas IV conféra en narrations. Les Hongrois n'avaient pu effet cette couronne au jeune prince ; brûler, disait-on, les murs de l'église mais les Hongrois élurent André III. de Saint-Maire. Dans l'église de Saint Celui-ci étant mort en 1302, Boniface Basle, un de ces barbares, s'efforçant plaça sur le trône vacant Charobert, fils de monter sur l'autel et y appuyant sa de Charles Martel. L'opposition des main , elle s'attacha aux pierres, sans Hongrois força Clément v à publier qu'il pût l'en séparer : alors ses com à Poitiers, en 1307, une bulle en pagnons coupèrent la pierre autour de faveur de ce prince et de son légat; ensa main, et le pasen fut obligé de la fin, le cardinal Gentil, à force d'haporter ainsi. A Orbay, église de la Brie, bileté, amena les états rassemblés à jamais ils ne purent entamer la chair Pesth, en 1310, à reconnaître Charod'un moine en le frappant de leurs glai- bert pour leur roi. ves. Exposé nu à leurs flèches, le pa Le règne de ce prince fut glorieux tient ne fut point blessé; les traits re pour la Hongrie, et l'époque de cette bondissaient sur son corps comme sur dynastie française est la plus justement un diamant, sans laisser de traces. » célèbre dans l'bistoire de ce pays.

On conçoit bien qu'avec un pareil sys Louis le Grand, fils de Charobert, tème de défense les Hongrois purent re élevant des prétentions sur l'Italie, se venir en France tant qu'ils voulurent; ligua avec Charles V, roi de France : en effet, en 938 et en 951, on les voit Louis, comte de Valois , second fils de faisant le pillage dans l’Aquitaine. En Charles, devait épouser Catherine, 950, ils ravageaient le royaume d'Arles fille du roi de Hongrie; et, après la dans lequel ils avaient pénétré par l'Al mort de Jeanne , les deux époux devaient sace, le Jura et Besançon.

être placés sur le trône de Naples. La En 953, ils assiégèrent Cambrai, mort de Catherine empêcha l'exécution qu'ils ne purent prendre, et de là se

de ce plan. répandirent dans la Champagne et jus Sigismond, margrave de Brandeque dans l'Aquitaine; en 954, ils revin- bourg, devenu roi de Hongrie en 1392, rent encore piller la Lorraine, la Cham- ayant résolu d'arrêter les conquêtes des pagne et la Bourgogne.

Turcs et appelé à son aide les divers Enfin, l'année suivante, une grande peuples de l'Europe, la France, malgré défaite qu'ils essuyèrent en Allemagne la guerre qu'elle soutenait contre l'An. sur le Lech, en délivra pour toujours gleterre, ne déserta pas la cause génél'Europe occidentale.

rale de la chrétienté, et envoya ses cheLes Hongrois prirent leur revanchevaliers au secours des Hongrois. [Voyez sur les Français quand les premières Nicopolis (bataille de)]. bandes des croisés passèrent par leur ter Lorsque la Hongrie , après avoir été ritoire. Godefroy de Bouillon et Louis longtemps la gardienne de l'indépenVII le traversèrent cependant libre dance de l'Europe contre les Turcs, dement pour aller en terre sainte. Le vint, par ses désordres intérieurs, inroi Béla III, qui régna de 1174 à 1196, capable de soutenir seule ce rôle, épousa même deux Françaises : Agnès, Ladislas II forma une ligue avec Ve. fille de Renaud de Châtillon, et Mar- nise, le pape , la France et l'Espagn guerite de France, fille de Louis VII. (1500); mais les flottes coalisées furent Le roi Ladislas le Cuman, mort sans détruites par la tempête.

Vers ceite époque , l'indépendance de (*) Le souvenir des Hongrois appelés aussi la Hongrie, menacée de tous côtés, fut Oigours ou Ogours , s'est conservé dans la détruite sans retour, au profit de l'Autradition de l'Ogre. Voy. BARBARES.

triche. Aussi, n'avons-nous plus main

tenant à enregistrer de relations spé- courages, aux grands esprits dont elle ciales entre ce pays et la France. Nous s'honore, mais surtout, et avant tout devons seulement mentionner encore ce peut-être, à ce sentiment loyal et ferme, fait, que parmi les peupies de races di à cet instinct de la justice et du droit, verses établis en Hongrie , et occupés de qui est dans le coeur de ses enfants, la culture des terres , se trouve une pe en un mot, à l'HONNEUR FRANCAIS. tite colonie de Français, qui, du temps Il serait difficile peut-être de donner de Marie-Thérèse, allèrent s'établir dans de ce mot une définition exacte et com. la plaine située entre la Maros et la plète; on ne définit pas la beauté, la Beja , au milieu d'un pays marécageux, vertu ; on les sent, on s'émeut aux immais fertile. Ils habitent particulière- pressions qu'elles font naître, on se ment le bourg de Hatzfeld, les villages dévoue pour elles. Il en est de même de Charleville et de Saint-Hubert, dont de l'honneur; dans la vie privée , c'est les noms rappellent assez l'origine, une sorte de conscience en dehors de ceux de Nagyjetsa et de Csadat dans le la conscience religieuse, qui fait que, comitat de Torontal; il en existe aussi sans se préoccuper de l'intérêt personà Breztovacz , dans le comitat de Bacs. nel, ou des prescriptions de la loi civile, Cette petite colonie a jusqu'ici conservé on accomplit tout ce que l'on croit sa langue.

juste et loyal; dans les rapports so. D'un autre côté, il y eut de la cavale- ciaux, c'est pour les autres , lorsqu'ils rie hongroise dans les arınées de France, en sont dignes, de la bienveillance, des dès l'année 1637, et ensuite sous égards, à la charge, pour eux, de renLouis XIV et Louis XV. (Voyez Hus dre égards pour égards , bienveillance SARDS).

pour bienveillance; vis-à-vis des fem. HONGRIEURS ou hongroyeurs ; c'est mes, c'est cette vigilance attentive sur le nom que l'on donne aux artisans qui les paroles , qui fait éviter tout propos préparent des cuirs à la manière de qui pourrait éveiller les soupçons injuHongrie, ou aux marchands qui en ven rieux; c'est la discrétion dans le bondent. Henri IV envoya en Hongrie un heur, le respect de la femme par laquelle habile tanneur nommé Roze, qui re on est heureux ; pour le soldat , c'est la vint avec le secret de la fabrication de religion du drapeau, la générosité dans ces cuirs, et en fonda en France des la victoire, la mort au poste assigné; manufactures. Mais ces artisans ne fu- dans la politique, c'est le dévouement rent jamais réunis en corps de jurande absolu à la cause que l'on regarde comme et ne composèrent pas de communauté. la plus juste, et comme celle qui doit Ce furent toujours des ouvriers particu- faire la gloire et la prospérité du pays; liers travaillant aux gages et pour le c'est la sincérité dans l'intention, la compte d'une compagnie.

probité dans les moyens. HONNEUR. Chaque peuple a dans L'honneur, en France, a un code l'histoire son rôle particulier; il semble formel et précis; un code dont les lois que les nations adoptent, comme les ne sont pas écrites ; qui se transmet, individus, des règles de conduite qu'elles pour ainsi dire traditionnellement, dans suivent fidèlement à travers les phases l'éducation de la famille, dans les en diverses de leur destinée. Tout le secret seignements de la vie sociale, et qui de la politique de Carthage se résume n'en est pas moins respecte, dans ce seul mot : la foi punique , qui pour tribunal l'opinion publique, et a suffi à flétrir la mémoire d'un grand pour peine, l'infamie. C'est ce code qui peuple. Si de l'antiquité nous passons a fait de la société française, la plus aux temps modernes, si nous cherchons élégante, la plus polie de toutes les soà démêler dans l'histoire les causes qui ciétés modernes ; qui a fait de nos solont assuré dans tous les temps la gran- dats les premiers soldats de l'Europe, deur et la puissance de notre patrie, et

et de la plupart de nos défaites, même pourquoi , à toutes les époques, elle a dans les plus mauvais jours, des dééveillé autour d'elle tant de vives sym. faites glorieuses. Qu'est-ce, en effet, pathies , nous reconnaîtrons bien vite que l'esprit chevaleresque, la galantequ'elle le doit non-seulement aux grands rie chevaleresque de nos aïeux, sinon

car

il a

l'honneur francais sous un nom féodal. mots, Honneur et Patrie, gravés sur Quand saint Louis fait graver sur son une croix d'émail, et suspendue par un anneau: Dieu, Marguerite et la France, ruban à la poitrine du soldat, le payent, n'est-ce pas un royal sentiment d'hon avec usure, du sacrifice de la vie. Peutneur qui parle, en même temps que être, et sans se montrer sévère, troul'amour et la piété ? Quand le saint roi, verait-on que cette noble voix de l’hontrahi par son courage, subit la dure neur, toujours écoutée en France, que captivité de ses vainqueurs et leur cette voix , qui a conseillé tant et de si commande le respect, ce n'est pas seu- généreux sacrifices, a quelquefois été lement par des vertus, toutes chré méconnue par les maîtres de la politiennes, que des musulmans ne pou- tique moderne ; mais il faut, du moins, vaient toujours comprendre, mais aussi rendre cette justice à la nation franpar ce même honneur, dont il avait çaise, que c'est là le fait isolé de queldonné tant de preuves. La noblesse ques hommes; que la conscience des française du moyen âge dédaigne les masses, toujours sûre quand il s'agit armes qui tuent de loin; et quand elle de distinguer ce qui est ferme et digne attaque l'ennemi , elle veut le voir face d’avec ce qui est faible et tortueux, a à face, le combattre corps à corps ; elle repoussé, avec un blâme unanime , les succombe à Crécy, parce que ses cheva actes qui tendaient à humilier l'hon. liers se disputent l'honneur d'arriver neur français , à le faire dechoir de ce les premiers à l'ennemi; elle succombe rang supérieur auquel l'ont élevé ses à Poitiers, devant un adversaire qui nobles susceptibilités ; car on se souoffre la paix, pour ne point perdre viendra toujours en France que, dans l'honneur de la journée et à Azincourt, la vie politique comme dans la vie priparce qu'elle dédaigne de se servir de vée, il n'y a de force, de grandeur, de ses canons contre un ennemi dépourvu stabilité que pour ceux qui resteront d'artillerie. Ce mot d'un roi vaincu et fidèles aux maximes de l'honneur, aux prisonnier, tout est perdu, fors l'hon. devoirs qu'il impose. neur, suffit à consoler la France de la HONNEUR (chevalier d’), conseiller défaite de Pavie. C'est ce même senti- d'épée, lequel avait séance et voix déliment qui enflammait Condé, lorsqu'il bérative dans les cours souveraines. Un jetait dans les lignes ennemies son bâ- édit royal de 1702 créa deux chevaliers ton de maréchal, et que ses soldats se d'honneur dans tous les parlements du précipitaient pour lui disputer l'hon- royaume, chambres des comptes et cour neur de le reprendre. A Malplaquet, des aides : deux au grand conseil, deux tandis que Marlborough attend, pour en la cour des monnaies, et un en cha. commencer le combat, que les brande- que bureau des finances (*). Ces officiers viniers soient arrivés, le soldat fran étaient héréditaires et leurs charges veçais, qui n'a point mangé depuis vingt- nales ; ils avaient voix délibérative et quatre heures, jette son pain pour courir prenaient séance au-dessus du doyen à l'ennemi.

des conseillers. On trouverait ainsi, dans nos

On appelait aussi chevalier d'honnales, des faits sans nombre qui at- neur, un jeune gentilhomme chargé de testent combien a été fort et puissant, donner la main à la reine, à la dauphine à toutes les époques, ce noble ins ou à Madame, dans leurs promenades tinct de courage et de loyauté, qui est ou lorsqu'elles montaient en voiture. resté, en France, comme une sauvegarde HONNEUR (dame:d'). Vers la fin de éternelle aux époques de corruption et 1673 , les filles d'honneur furent remd'affaiblissement. Les rois dont le peu- placées à la cour par douze dames ple gardera le plus fidèlement la mé- d'honneur; le bon Anquetil critique moire, sont aussi ceux qui se montre cette innovation, prétendant qu'elle rent le plus dévoués au culte de l'honneur; témoin Henri IV et son panache blanc;

(*) Il y avail déjà des chevaliers d'honneur et c'est en parlant au nom de ce culte, au parlement de Besançon, lorsque le comté qu'ils ont obtenu les choses les plus de Bourgogne était sous la domination des difficiles et les plus glorieuses. Deux rois d'Espagne.

an

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