Pagina-afbeeldingen
PDF
ePub

courage et d'adresse dans la possession Ce prince assiégeait sans succès la des villes protestantes du Midi. Il y ville de Rouen ; mais une blessure mor. soutint trois guerres dont il sortit tou telle que reçut le général espagnol dćjours avec honneur pour lui-même, barrassa Henri IV de son plus redou. mais sans remporter de grands avanta table adversaire. Désormais il n'eut ges à cause du petit nombre de ses trou plus affaire qu'à Mayenne, dont le parti pes et des mauvais succès de quelques était dans la confusion. Les états étaient uns de ses lieutenants. Mais, en 1587, réunis à Paris : Philippe II voulait la quand Henri III dut conduire avec vi couronne pour sa fille et le duc de Guise gueur la guerre contre les huguenots, qu'elle aurait épousé. Mayenne favorisa sa position devint dangereuse. Vain sous main la protestation du parlequeur à Coutras, il se laissa , comme à ment contre toute infraction à la loi salil'ordinaire, détourner de ses devoirs que, et fit décider que la trêve générale par ses folles amours, et compromit le proposée par le roi serait acceptée. Dans sort de son parti , qui retomba bientôt l'intervalle , Henri abjura, dans l'église dans la plus grande détresse.

de Saint-Denis, la religion réformée. Le roi de Navarre ne tenait plus Alors la ligue perdit tout prétexte pour que la Rochelle et quelques châteaux, ne pas reconnaître Henri IV. Plusieurs lorsque la révolte de Paris, contre provinces firent leur soumission; les Henri III, lui ouvrit une nouvelle chefs et les villes se laissèrent acheter carrière en lui donnant l'occasion tant les uns après les autres. Enfin le gouverdésirée de se rapprocher du roi de neur de Paris, Brissac, fit aussi son France. Cette jonction ranima la marché avec Henri, et lui livra une des guerre; mais le meurtre de Jacques portes de la ville. Le 22 mars 1594 , Clément rendit de nouveau la situation Henri IV entra dans sa capitale armé du Béarnais fort critique. Abandonné de toutes pièces, escorté de ses genpar une grande partie des troupes, il tilshommes et de ses soldats, gui redut lever en hâte le siége de Paris; les poussaient à coups de pique et d'arqueparlements et le pape déclaraient crimi buse les habitants stupéfaits et silennels de lèse-majesté divine et humaine cieux. tous ses adhérents. Enfin ,

Henri resta longtemps impopulaire, Charles VII, le nouveau roi , quoique surtout à Paris ; cependant la paix inlégitime héritier du trône, ne possé- térieure se consolida peu à dait guère que les villes de la Loire. en négociant avec les ligueurs, le roi Cependant il vainquit Mayenne à la poursuivait la guerre contre les Espajournée d'Arques, et l’année suivante gnols, leur reprenait Amiens et les au(1590), la victoire d'Ivry lui permit de tres villes qu'ils tenaient encore en Pivenir mettre le siège devant Paris. cardie. Philippe II se vit enfin obligé Forcé dans ses lignes à Lagny par le de céder à la fortune croissante de la duc de Parme, général de Philippe II, France, et signa la paix de Vervins, il fut contraint de lever le blocus. Les par laquelle il rendait au roi de France hostilités parurent alors pour quelque tout ce que les Espagnols possédaient temps suspendues. La division se mit encore dans le royaume , à l'exception dans le parti de Henri, qui, découra de l'ancienne ville impériale de Cambrai. gé, embarrassé, brusquait ses amis, Vingt jours avant la conclusion de ce caressait ses ennemis, et cherchait à s'af- traité, Henri avait publié l'édit de Nanfranchir des caprices intéressés de ses tes, qui fixait l'état politique des propartisans, en appelant dans son armée testants, et « maria, comme il le disait, force étrangers : Anglais et Allemands. la France avec la paix. » D'un autre côté, la désunion croissait Nous voici parvenus à la seconde paraussi parmi les ligueurs. Mayenne finit tie du règne de Henri IV. Il faut que le par l'emporter sur les Seize, et par en guerrier se fasse administrateur; et c'est lever à la ligue son énergie démocrati- l’éternelle gloire de Henri IV, comme que. Dès lors le tiers parti augmenta de celle de son ministre Sully, d'avoir pu, jour en jour, et prépara l'entrée de après vingt-huit ans d'une vie de soldat, Henri IV à Paris.

s'enfermer dans un cabinet pour s'y li

comme

peu. Tout

vrer au travail d'une réforme adminis peu... Mais sa bravoure, son esprit, ses trative et financière. Ces soins inté mots heureux, son talent oratoire, ses rieurs n'empêchaient pas le roi de por- malheurs, ses aventures, ses amours le ter ses regards au dehors, et de songer feront éternellement vivre. Sa fin traà abaisser la maison d'Autriche. Le gique n'a pas peu contribué à sa renompoignard de Ravaillac arrêta ces projets mée : disparaitre à propos de la vie est (14 mai 1610).

une condition de la gloire (*). » Marie de Médicis, sa seconde femme, HENRI IV (monnaies de). Les arts, lui avait donné plusieurs enfants : l'ainé, négligés pendant les guerres de religion, âgé de huit ans et demi, fut Louis XIII; commencèrent à refleurir à l'avenevenaient ensuite un duc d'Orléans, mort ment de Henri IV. L'art monétaire se en 1611; Jean-Baptiste Gaston , mort ressentit du progrès général; on comen 1660; Élisabeth, mariée à Philippe mença à exécuter les empreintes avec IV d'Espagne ; Christine, mariée à Vic- plus de soin; cependant, il n'y a rien tor-Amédé, duc de Savoie; et Hen de particulier à dire sur la numismatiriette-Marie de France, femme de Char que de ce prince. Les espèces qui cirles Icr d'Angleterre. De Gabrielle d'Es culèrent sous son règne, furent absolutrées, Henri avait eu : César, duc de ment les mêmes que celles qui avaient Vendôme; Alexandre, dit le chevalier cours sous celui de Henri III. Elles sont de Vendôme; Catherine-Henriette, ma. marquées des mêmes types ; seulement, riée à Charles de Lorraine, duc d'El- l'effigie de Henri IV y est substituée à bouf. De Henriette d'Entragues, mar celle de son prédécesseur. quise de Verneuil : Henri, évêque de Il faut dire, cependant, qu'en 1589, Metz, puis duc de Verneuil; Gabrielle- il sit frapper des pièces d'argent , qui Angelique, duchesse d'Epernon. De furent appelées demi-écus; on y voyait, Jacqueline de Beuil, comtesse de Mo d'un côté, les mots HENRICVS III D. ret : Antoine de Bourbon, comte de G. FRAN ET NAVA REX, une tête laurée, Moret. De Charlotte des Essarts , com barbue, drapée à l'antique , et tournée tesse de Romorantin : Jeanne-Baptiste à droite; au-dessous, la lettre monéde Bourbon , abbesse de Fontevrault, taire de la ville où la pièce avait pté et Marie-Henriette de Bourbon, abbessé frappée; C, par exemple, pour la ville de Chelles.

de Caen; de l'autre côté, à l'exergue, Henri IV aimait les lettres ; il les pro- séparé du champ par un trait, DEMIS tégea toujours , et, ce qui est moins ESCV R. CHRS. VINCIT. CHRS. REGNAT. connu, il les cultiva : on lui attribue CARS IMPT; dans le champ, l'écu de généralement une épître en

France, surmonté d'une couronne feradressée à Gabrielle, une chanson , et mée, et accoste de deux h couronnés ; des couplets à la marquise de Verneuil. à l'exergue, séparé du champ par un Ces petites compositions ne manquent trait, la date 1589. ni de verve ni de grâce; on les lira avec HENRI V d'Angleterre (monnaies intérêt dans le recueil de M. Tissot. de). Après le désastreux traité signé à Du reste, l'esprit du Béarnais avait de Troyes, en 1422, Henri V, et ensuite bonne heure été cultivé par l'étude. Henri VI, rois d'Angleterre, firent Dès l'âge de 11 ans, il avait traduit les frapper en France des monnaies à leur cinq premiers livres des Commentaires nom. Henri V, cependant, ne fut jamais de César, et, sur la fin de sa vie, il son proclamé roi de France; mais, sur les gea, dit-on , à écrire ses Mémoires , et espèces qu'il fit forger en Normandie, commença même à les rédiger. Ainsi, province dont il s'était rendu maître, il sans sa mort prématurée, nous aurions prenait le titre d'Hæres Franciæ. « Le peut-être, à côté des Mémoires de Sully,

(*) Chateaubriand, Études historiques. ceux de Henri IV. 1 Un écrivain dont on ne suspectera à cette phrase, au lieu de ses amours, nous

Nous ne voudrions changer qu'un seul mot pas le témoignage sur l'auteur de la dy, désirerions qu'il y eut : ses amours même , nastie des Bourbons, caractérise ainsi quelque scandaleuses qu'elles aient été. Voyez Henri IV : « Le Béarnais était ingrat GABRIELLE D'ESTRÉES, ENTRAGUES (Henet gascon, oubliant beaucoup, tenant rielle d'), etc.

vers

roi Henry, dit Pierre de Fenin, fit for- pour légende HENRICVS DEIGRA: FRANger une petite monnoye qu'on nommoit CORV ET ANGLIE REX. Au droit et au double, et qui valoit trois mailles. En revers, la légende ordinaire des pièces commun langage, on les appeloit ni d'or : XPS VINCIT XPS REGNAT XPS quetz; il ne couroit autre monnoye pour IMPERAT. (Voyez SALUTS.) lors, et, quand on en avoit pour cent Les angelots avaient les mêmes léflorins, c'étoit la charge d'un homme. gendes au droit et au revers; comme C'estoit bonne monnoye pour son prix. les saluts, ils portaient l'empreinte Outre lit forger blanc; doubles, » On a d'une croix cantonnée d'une fleur de encore de ce prince des saluts et des lis et d'un léopard, ainsi que les armes demi-saluts d'or. Nous en parlerons de France et d'Angleterre accolées, dans l'article que nous consacrerons mais à cette différence près que le revers aux monnaies de Henri VI.

était moins orné , et que les écussons HENRỊ DE BOURBON , dit Henri V étaient portés par un ange, ce qui leur (monnaie de). En 1830 et en 1831, quel- avait fait donner leur nom. ques partisans de la branche aînée de

Quant aux francs à cheval, ils n'of. la famille de Bourbon firent frapper, à fraient rien de remarquable ; leur lél'effigie du duc de Bordeaux, sous le gende était la même que celle des francs nom de Henri V, des demi-francs, des de Charles VI et de Charles V, et ils francs, et des pièces de cinq francs. avaient la même valeur. Ces monnaies, d'un travail assez né. Les nobles sont mentionnés dans plugligé, présentent, d'un côté, le portrait sieurs ordonnances ; mais on n'en condu prince, avec le titre royal, HENRI V naît pas l'empreinte. Ils devaient res. ROI DE FRANCE ; le revers est sembla- sembler beaucoup aux nobles d’Angleble à celui des espèces de Charles X; terre et avoir le même poids. (Voyez mais la plupart de ces pièces ont été Nobles.) frappées à l'étranger.

En argent et en billon , Henri VI fit Henri VI (monnaie de). A la mort frapper des grands et des petits blancs, de Charles VI, en 1422, une partie de des doubles et des simples parisis, des la France se soumit aux Anglais, et deniers et des oboles tournois. reconnut le roi d'Angleterre, Henri VI, Parmi les blancs, ceux qu'on renconpour souverain. Depuis cette année juş. tre le plus souvent présentent encore qu'en 1436, époque où ces étrangers fu- les armes de France et d'Angleterre, rent contraints d'abandonner Paris, on accolées et surmontées du mot HENRIfrappa, tant dans cette ville que dans cvs; au-dessus on voit la croix cancelles qui leur obéissaient, une foule de tonnée du léopard et de la fleur de lis. monnaies d'or, d'argent et de billon, au Les légendes sont, pour le droit, les nom et aux armes du. jeune Henri VI. mêmes que celle de l'or; au revers, elles

Les principales de ces monnaies qui présentent la légende sit NOMEN DNI soient parvenues jusqu'à nous, sont : BENEDICTV; una fleur de lis , un léoen or, des saluts, des angelots, des pard, une couronne, un fer de moufrancs à cheval et des nobles à la lin, etc., indiquent dans quelle ville,

Saint-Lô, Rouen, Paris, Dijon, etc., Les saluts étaient d'or fin; on en la piece a été frappée. D'autres taillait 63 ay marc, et ils valaient 25 blancs, qui présentent au droit trois sous. Ils étaient ainsi nommés parce fleurs de lis placées au-dessous d'une qu'ils représentaient la Salutation ange couronne soutenue par deux leopards, lique : d'un côté, la Vierge, nimbée, et au revers une croix florencée, sont recevait une bandelette que lui presen- beaucoup plus rares. Il en est de même tait un ange, et sur laquelle on lisait des petits blancs, qui offrent le type Ave; ces deux personnages avaient la du blanc décrit en premier lieu, à cette partie inférieure du corps cachée par les différence près que les légendes sont géécus de France et d'anileterre accolés. néralement coupées par les écussous, De l'autre on voyait, dans le champ, une et que la croix du revers eșt de temps croix latine , accostée d'une fleur de lis en temps cantonnée par un h ou un R. et d'un léopard. Les saluts portaient Les parisis simples portent le même

rose.

DOVBLE

type que les doubles ; on lit au droit, ont joui du droit de battre monnaie jusdans le champ , le mot HERI sous une qu'à la révolution française. Les pieces couronne; au pourtour FRANCORV ET qui sont sorties de ces ateliers sont asANGL REX. Au revers, on voit une croix sez communes , et consistent presque fleuronnée, le signe RV, et les mots uniquement en doubles tournois, porPARISIVS CIYIS. La seule différence tant d'un côté l'effigie du prince requ'il y ait entre ces deux pièces, c'est gnant, de l'autre, les armes de Bé. que les doubles offrent de plus que les thune, dans un champ semé de fleurs simples, une fleur de lis et un léopard. de lis. En légende, on lit : Maximilien

Les tournois présentent une petite DE BETHUNE Prince souverain D'HENparticularité qu'il est bon de noter : RICHmont, et au revers, autour du champ dans lequel on re TOVRNOIS, et la date suivie d'une lettre marque toujours la fleur de lis et le de l'alphabet, comme contre-marque, leopard, ainsi qu'une croix simple, on sans doute; ainsi 1636 z 1642 H. lit: : H. REX FRANCIE ET ANGL. au lieu On connaît encore deux pièces d'arde Francorum et Anglie, qui se trouve gent frappées au nom des princes d'Hensur les autres monnaies. L'obole est en richemont. Ces dernières sont fort ratout semblable au denier; on y lit, res. L'une représente Maximilien-Fraucomme à l'ordinaire, OBOLVS CIVIS. çois, fils de Sully, l'autre, ce grand

Maitre des places les plus importan- homme lui-même. La première a pour tes du royaume, Henri VI faisait frap- légende MAXIMILIEN François De BEper d'ordinaire des espèces de bon aloi, THVNE DUC DE SYLLY Prince SOVIEtandis que son compétiteur Charles VII, RAIN D'HENRICHEMON. Cette legende pressé par la nécessité, faisait altérer se lit encore au revers, et pour type on les siennes. Aussi trouve-t-on souvent, trouve les armes de Béthune, surmon. dans les ordonnances de l'usurpateur, · tées d'une couronne ducale, et suppordes phrases de ce genre : Voyant que tées par deux Hercules. Sur la seconde, l'ennemy et adversaire de nous et de on lit : MAXI DE BETIIVNE. P. S. D'HEN. nostre royaume , qui s'ingere de por RICI ET BoiBelle , autour de la tête de ter nos armes de France, s'est efforcé Sully; et au revers, on voit une croix, et s'efforce chaque jour de faire faire au milieu de laquelle se trouve une m, à nos dites armes de France doubles initiale de Maximilien, et pour legende deniers de moindre poids et aloy que HIC PRO REGE ET PATRIA VIXIT ceux de notre très-cher père et ayeul 1637 L. le roy Charles, etc.

HENRICIENS (secte des). L'hérésiarHENRICHEMONT,ci-devant Boisbelle, que Pierre de Bruys ayant été brûlé à petite ville du département du Cher, Saint-Gilles, vers 1146, un de ses disarrondissement de Santerre , popula- ciples, nommé Henri, se mit courageution, 2,973 habit. Boisbelle était autre. sement à la tête de la secte. Gagnant fois le chef-lieu d'une principauté dont la confiance du peuple par ses vertus, il les seigneurs faisaient battre monnaie répandit dans tout le Alidi, malgre les en leur nom et avec leur effigie, et qui efforts de saint Bernard, ses doctrines, avait passé par mariage de la maison de qui consistaient à nier la présence Sully dans celle d'Albret. En 1597, réelle dans le sacrement de l'eucharisMaximilien de Béthune, duc de Sully, tie ; à s'opposer au baptême des petits la racheta de Charles de Gonzague, et enfants, aux prières pour les morts, à y fit bâtir sur une hauteur, à 1 kil. de l'adoration de la croix, au culte des reBoisbeile, une petite ville à laquelle il liques, et à la croyance du purgatoire. donna le nom de Henrichemont, en Henri fut condamné à une prison perl'honneur de Henri IV. Cette princi- pétuelle. pauté fut seulement réunie à la coule HENRIET (Israël ), dessinateur, craronne en 1766. Elle avait 48 kilom. de veur et marchand d'estampes, naquit circonférence, et environ 6,000 habi à Nancy, en 1608. Après avoir reçu its tants, jouissant de divers priviléges. premières leçons de son père , peintre

HENRICHEMONT (monnaie de). Les sur verre, il se rendit à Rome, et se princes de Boisbelle et d'Henrichemont mit sous la direction d'Antoine Tem

[ocr errors]

au

peste, peintre alors en réputation. De ne tarda pas à aimer la duchesse, et fut retour à Paris, il se mit à graver. Lié payé de retour. Cette intrigue éclata; le d'amitié avec Callot, il a cherché à imi duc, auquel on ne connaissait pas de ter son genre, et a même copié diffé- maîtresses, mais que la voix publique acrents ouvrages de lui, de sorte qu'on ne cusait de scandales plus graves , obtint peut pas souvent distinguer la copie de du roi l'exil de M. de Guiche. Peut-être, l'original. Telle est, entre autres, l'His du reste, Louis XIV, par ce châtiment, toire de l'enfant prodigue, attribuée à ne voulut-il pas travailler uniquement Callot par quelques personnes. Henriet pour un frère qu'il n'aimait ni n'estimait, fut choisi pour être maître de dessin car bientôt on commença à parler vaguede Louis XIV, alors jeune, et mourut ment de l'amour de Louis pour sa belleen 1661.

sæur. Henriette tenait de sa mère une HENRIETTE-ANNE D'ANGLETERRE ambition effrénée; elle fut loin de se (Madame duchesse d'Orléans , fille de trouver offensée de cet amour royal, et, Charles Ier), naquit en Angleterre, en lorsque Anne d'Autriche, craignant que 1614, au milieu des horreurs de la la jeune reine ne prit de l'ombrage guerre civile. La reine était accouchée avertit son fils et sa bru; lorsque le duc d'elle depuis 17 jours seulement, lors d'Orléans se plaignit avec emportement, qu'elle fut obligée de se sauver en ni l'un ni l'autre ne furent, dit-on, écouFrance, laissant sa fille entre les mains tés. des parlementaires. La gouvernante de Cependant, mademoiselle de la Valla jeune princesse étant parvenue, lière effaça cet armour dans le cour du bout de deux ans, à s'échapper avec son monarqué. Henriette et la comtesse de eleve, vint rejoindre en France la reine Soissons, une autre des anciennes mais d'Angleterre. A la mort de Charles Ier, tresses de Louis XIV, firent alors de Henriette avait moins de cinq ans. On vains efforts pour rompre cette liaison. eut quelque temps l'idée de la marier à La duchesse d'Orléans eut encore Louis XIV; mais celui-ci la trouva trop d'autres intrigues, notamment avec le jeune, et il épousa une princesse espa duc de Montmouth , fils naturel de son gnole, dont l'alliance était peut-être plus frère Charles II. Cependant, elle se plainécessaire, politiquement, mais que la sait assez à jouer le rôle d'épouse malnature avait moins richement dotée heureuse. Philippe, il faut bien le dire, qu'Henriette. Peu de mois après la si avait des mignons; le comte de Guiche gnature du traité des Pyrénées , qui avait été du nombre; le chevalier de amena la conclusion du mariage de Lorraine, qui lui succéda , gouvernait Louis, Anne d'Autriche obtint pour son leduc d'une manière absolue. Henriette second fils Philippe, duc d'Orléans , la le fit exiler par le roi; mais son intémain de la princesse d'Angleterre. rieur ne fut que plus agité après ce fu

A cette époque (1660), une restaura neste succès, et le chevalier se vengea tion venait d'avoir lieu dans la Grande cruellement. Louis XIV, mécontent de Bretagne; le fils de France épousait sa belle-sœur, ne la soutenait plus que donc la sour chérie d'un puissant mo- faiblement, lorsque la politique le rapparque. Il rendit à sa femme tous les de- procha tout à coup d'elle. C'était en voirs de la plus rigoureuse étiquette. «Il 1670 : le roi de France méditait la ruine n'y manquoit que de l'amour, dit ma de la Hollande ; mais pour l'obtenir, il dame de la Fayette ; mais le miracle fallait détacher l’Angleterre de la triple d'enflammer le coeur de ce prince n'étoit alliance conclue avec la Suede et les réservé à aucune femme du monde. » États-Généraux. Déjà Louis XIV avait Henriette allait avoir 20 ans; elle était envoyé à Londres, å cet effet, un amjeune et belle , son esprit était cultivé, bassadeur , qui ne put rien obtenir. sa grâce inexprimable, elle brillait au Alors il jugea convenable de le remplapremier rang au milicu de l'élégante cer par Madame; celle-ci se trouva cour de Louis XIV, et elle s'aperçut hautement flattée d'une telle marque de bientôt que tout était amoureux d'elle, confiance, et d'autant plus peut-être, tout, excepté le seul homme qu'il lui que le roi recommandait le secret, fut permis d'aimer. Le comte de Guiche même envers le duc d'Orléans. Char

« VorigeDoorgaan »