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sistaient ces prérogatives, reconnues était bourgeois établi dans la ville. De par l'autorité royale.

même , les acquéreurs parisiens pouDans l'espace dont Paris était le cen vaient seuls en faire le commerce dans tre d'action, le chef-lieu judiciaire, sur la ville et aux environs. un rayon de 24 à 32 kilom., la Seine Le confluent de la Seine et de la était presque considérée comme la pro- Marne se trouvant dans la banlieue, les priété des marchands de la ville. Il était Bourguignons étaient en même temps arrêté en principe que tout bateau chargé exclus de la navigation de cette derde denrées ou de marchandises, qui en nière rivière. Philippe-Auguste accorda remontait le cours, devait s'arrêter au encore à la hanse des droits importants pont de Mantes, s'il n'était expédié par pour l'accroissement de son pouvoir, un bourgeois hansé; le marchand du indépendamment de ses bénéfices comdehors, arrivé à la limite du ressort de merciaux. Il lui permit de lever un im. la compagnie française, devait déclarer pôt sur les denrées arrivant par eau son intention de vendre les produits (charte de 1213). C'étaient les massqu'il apportait , et alors le prévôt des trats de la Marchandise qui nommaiint marchands et les échevins lui dési les mesureurs de grain et de sel, les gnaient un compagnon parmi les né- jaugeurs, les courtiers, en un mot, tous gociants parisiens. C'est à ce compa- les preposés au commerce des rivres et gnon qu'il déclarait le prix réel de sa du combustible. Enfin, la hanse avait cargaison ; le Parisien prenait la moitié acheté les criages (voyez CRIEURS), aude ce prix, ou, s'il aimait mieux laisser tre source d'un revenu considérable. vendre le tout, il partageait les bénéfices Le commerce sluvial étant restéloos avec le proprietaire; condition vraiment temps la branche la plus importante du exorbitante. Que le marchand de la commerce de Paris, il n'est pas eton. basse Seine dépassât le port de Mantes, nant que le corps des marchands de ou qu'il fit seulement embarquer des l'eau füt considéré comme represendenrées au-dessous de Paris, sans l'in tant la communauté marchande tout tervention de la hanse , sa cargaison entière, et même la bourgeoisie, qui était saisie, et le prévòt des marchands, ne se composait, en effet, que de séant au Parloir-aux-Bourgeois , aussi marchands et d'artisans. Dans les charappelé Maison de la Marchandise , ne tes de la fin du treizième siècle, ses manquait jamais de la confisquer au chefs ne sont déjà plus les directeurs profit du roi et de la compagnie. Le roi d'une association particulière; mais ils avait la moitié des ainendes. On ne se s'y trouvent qualifies de prévôt et écherelácha en rien de la rigueur d'un pareil vins jurés; et, un peu plus tard, on les système , quand la Normandie füt de- voit à la tête de tout le commerce de venue française. Ainsi, les Parisiens re Paris. Enfin, ils deviennent les chefs de tenaient les denrées qui leur conve la commune. Peut-être est-ce à cette naient , soit qu'elles dussent être dé- origine de sa municipalité que remonte barquées dans la banlieue, soit que leur l'adoption du vaisseau figurant dans les destination fût la Bourgogne ou la armoiries de la ville (*). Champagne; ils perceraient des profits On ne saurait nier que les efforts de sans courir le moindre risque. Il est vrai la Marchandise de l'eau pour s'assurer que ces priviléges ressemblaient fort, le monopole des denrées n'aient beaupour la moralité, à celui des tribus ara coup contribué à la prospérite de Paris. bes mettant à contribution les caravanes Mais, dans les trop fréquentes années qui traversent le désert.

de famine (voyez ce mot), on ne voit Afin de compléter son système de jamais qu'elle ait eu soin de tenir des monopole, la hanse songea à y soumet- grains en réserve , ou d'en faire venir tre aussi la navigation de la haute Seine, en temps opportun. Toute son attention surtout le commerce des vins de Bourgogne. En 1192, Philippe-Auguste lui (*) La substilution du vaisseau au simple fit cette importante concession. Qui- bateau qui apportait le via et le sel peut conque amenait du vin en bateau à Pa avoir paru mieux convenir à des armoiries, ris , ne pouvait le débarquer que s'il mieux orner un sceau, un écusson.

était absorbée par le soin de veiller avec La hanse provinciale, dont le siége jalousie à ce qu'aucun étranger ne portat était à Orléans, formait une association atteinte à ses droits, à exercer sur son non moins fortement constituéeque celle domaine une police sévère, minutieuse. de Paris. La Loire, qui parcourt dans une

La condition des marchands navi. vaste étendue les populeuses campagnes guant sur la Seine au moyen âge devait du centre de la France et baigne tant de être assez pitoyable; car, sans compter bonnes villes, était dominée par de forts les exigences de la compagnie française, châteaux. Jusqu'au quinzième siècle, la ville de Rouen, toutes les communes les marchands, entravés dans leur combourgeoises situées sur les rives du merce par les châtelains, prirent pafleuve, et tous les seigneurs qui le do- tience ; mais enfin ils se liguèrent pour minaient par leurs châteaux forts, pré- veiller à leur défense commune. Ils se levaient sur les cargaisons des contri- constituèrent à l'hôtel de l'Autruche, à butions semblables. Toutefois, la hanse Orléans, en assemblée de députés des de Paris arrêtant les sels et la marée marchands de ville, naviguant et frides Normands, les vins et les bois de la quentant la rivière de Loire. Ces villes Bourgogne, restait de beaucoup la plus hanseatiques, ces cités envoyant des puissante, malgré les réclamations qui délégués, c'étaient presque toutes nos s'élevaient fréquemment contre ses pré- villes commerçantes entre la Seine et tentions. Rouen plaida pourtant sa la Loire. Parmi les monuments municause avec chaleur auprès de Charles VI. cipaux de la commune de Nantes, on Elle perdit son proces, comme elle l'a trouve trois délibérations relatives à vait déjà perdu en 1258 devant le par l'élection de ces députés. Ils recevaient lement. « Notre grande ville, disaient un salaire, avaient leur procureur géa les Parisiens, a besoin d'approvision- néral, leurs commis-gérants, leur tré

nements immenses. Or, qu'arriverait- sorier, pour la levée de la contribution a il si le commerce de la Seine était que les marchands des villes s'impo< entièrement libre? Les meilleures den saient eux-inêmes, par la permission du « rées passeraient outre, iraient au de- roi; ils avaient aussi leurs avocats, a hors, sans que nous pussions en pro leurs procureurs à la cour présidiale « fiter (*). - Charles VI confirma de d'Orléans, et au parlement de Paris. nouveau les priviléges de la hanse de Voyons maintenant comment cette Paris, dans l'ordonnance qu'il rendit en société sut affranchir successivement 1415 pour régler tout ce qui concernait son fleuve. En 1429, le seigneur de Frol'approvisiounement et le débit des di menteau veut percevoir des droits qui verses denrées à Paris, ordonnance qui dépassent le tarif de son péage; aussisuivit le rétablissement de la prévôté tot un sergent va lui signifier des lettres des marchands, supprimée après l'in- du roi, pour qu'il ait à mettre fin à ses surrection des maillotins. Ce ne fut exactions, et l'ajourne à justice, en cas qu'au dix-septième siècle que la hanse de refus. En 1451, le sire de Ronignac, fut enfin supprimée, ou perdit au moins seigneur de Méance-sur-l'Allier, s'emses prerogatives. Toutefois, même à pare d'un chargement considérable de cette époque de complete décadence, fer que portait un bateau , échoué sur son nom fut conservé. « Seront et de cette rivière. Comine la fédération étend « meureront, dit l'édit de 1672, les aussi sa surveillance et sa protection • droits de compagnie francoise éteints sur les aflluents de la Loire , elle ne a et supprimez, sans préjudice du droit perd pas de temps, elle formule ses * de banse, et sans qu'il soit fait au- plaintes, assigne le seigneur de Méance • tre distinction entre marchands , que devant le parlement, qui le condamne à de forains et de marchands de Pa la restitution et aux dépens. En 1498 et e ris (**), »

anné-s suivantes, sa hanse, qui avait

déjà fait réprimer bien d'autres extorCharte de Charles VI de l'an 1388, sions féodales, s'adresse aussi à la cour en original aux archives.

des aides pour avoir justice des finan(**) Voyez Lamare, Traité de la police, ciers. Les magistrats, en termes de t. II, p. 14.

greffe, disent alors, par plusieurs ar

une

contre Philippe de Valois, en offrant

En 1346, Edouard ayant voulu des.

nait en Angleterre, lorsque , sur les

rêts, aux péagers, aux grènetiers , aux hissaient ses secrets, et, de concert contrôleurs : « N'ayez à l'avenir à visi avec le Bourguignon, engageaient Charter les bateaux des marchands de sel les à rejeter toute proposition de paix. que lorsqu'ils descendront à terre pour Ils furent tous deux enfermés dans des vendre leur chargement; n'ayez, gour cages de fer. Celle de l'évêque était à mands que vous êtes, à vous faire in Ia Bastille, et il y resta quatorze ans. viter à dîner; et quand les bateaux des On sait que Louis XI, visitant un jour marchands navigueront au milieu de la cette prison d'État, et entendant les rivière, allez avec une barque recevoir supplications et les sourds genissele péage; et si vous ne voulez aller au ments qui sortaient de la cage où Guilbateau, ne le forcez pas à venir vers laume vieillissait depuis tant d'années, vous, pourvu qu'en passant on vous feignit l'étonnement, et demanda si la jette l'argent dans un navet, cage renfermait un prisonnier. pomme, ou un båton fendu. »

HARAS ROYAUX. Ces établissements Après avoir encore plusieurs fois étaient fort nombreux en France avant remporté la victoire sur de puissants 1789, époque où ils furent tous suppersonnages, tels que la veuve du sei- primés. Cependant Napoléon avant regneur de Montjean, née princesse de connu l'utilité de quelques-uns, fit rele

. Bourbon., et messire Juvénal des Ur ver en 1800 celui de Pompadour (Corsins, qui prélevaient indûment une part rèze), fondé par M. de Choiseul en 1765, sur les provisions de figues et de raisin et celui du Pin (Orne), créé en 1714. sec , la fédération s'attaque aussi au Louis XVIII, en 1815, ordonna la forclergé, et obtient des arrêts contre le mation du haras de Rosières, près de chapitre de Saint-Martin de Tours, en Nancy, pour remplacer celui de Deus. 1525 ; contre celui de Saint-Aubin d’An Ponts. Ces trois haras distribuent leurs gers, en 1529. Ce n'est pas tout : les étalons dans un nombre variable de démarchands ne craignent pas de se me. pôts, à Abbeville, à Angers, Arles, Ausurer avec les municipalités ; par exem rillac, Blois, Braine , Cluny, Jussey, ple, avec la communauté de Decize, qui Langonnet, Libourne, Montier-en-Der

, imposait un péage sur les bateaux pour Pau, Rhodez, Saint-Lô, Saint-Maixent, la construction de son pont. En 1606, Strasbourg et Tarbes. ils font assigner ce corps de ville de

HARCOURT (famille de). Cette maivant le conseil du roi; la victoire leur son prétend tirer son origine de Ber. demeure. Mais enfin , sous Colbert, la nard le Danois, un des

pirates du Nord hanse de la Loire n'eut plus à s'occuper

qui viorent en Normandie avec Rollon. que du curage des digues et des travaux Les descendants du Danois se maintinhydrauliques de son fleuve.

rent à un rang fort élevé. Ainsi yn HAQUEBUTE. On désigna d'abord

Jean II, sieur d'Harcourt, fut maré. sous ce nom l'arme appelée ensuite ar. chal sous Philippe le Hardi , et amiral quebuse. (Voyez ce mot.) HARANCOURT

sous Philippe le Bel en 1295. La baron.

d'). Cette an. cienne maison de Lorraine, éteinte en

nie d'Harcourt, comprenant les terres

d'Elbeuf et de Lillebonne , fut érigée en 1715, a produit, entre autres personna

comté, l'an 1338, en faveur de Jean II. ges distingués, Guillaume d'Haran.

En 1340, Jean V épousa Blanche de court, évêque de Verdun, qui, attaché à Ponthieu. Son frère Geoffroi se vengea Charles, duc de Guienne, pendant ses

de quelques mécontentements qu'il avait querelles avec Louis XI, partagea les intrigues et le châtiment du cardinal la Balue. Vers le milieu d'avril 1469 , un

son bras à Édouard III, et il devint un prêtre, nommé Simon Bélée, agent de gleterre, un des chefs de son armée

.

des plus dévoués chevaliers du roi d'Anl'évêque, fut arrêté et conduit vers le roi à Amboise. On avait trouvé cousue

cendre sur les côtes de Guienne, fut sur lui une lettre que le cardinal adres constamment repoussé par les vents

. sait au duc de Bourgogne pour entraver Il renonçait à son entreprise, et retour les arrangements pris par Louis XI. Le roi apprit ainsi que les deux prélats tra instances d'Harcourt, il tenta de prete

dre terre sur les côtes de Normandie. de Charles le Mauvais, et Geoffrui Édouard ne réussit que trop bien, et la d'Harcourt, oncle du comte, apprirent France dut au traitre, non-seulement ces événements, ils songèrent à la vende voir la Normandie et la Picardie ra geance. Geoftroi envoya au roi Jean vagées, mais encore de perdre la fatale des lettres de défi où il lui annoncait bataille de Crécy, où Geoffroi comman une guerre mortelle, et il tint parole. dait un corps considérable de l'armée Après avoir mis ses châteaux en état de anglaise, tandis que son frère, Jean defense, il passa en Angleterre avec Phid'Harcourt , mourait avec deux de ses lippe de Navarre, pour ménager une alfils, les armes à la main, en défendant liance avec Édouard, auquel il fit homsa patrie.

mage, le 18 juillet, pour les fiefs qu'il Sous le règne du roi Jean, le traître avait dans le Cotentin, le reconnaissant d'Harcourt reparit en France : ce fut comme roi de France. Toutes ses seipour y fomenter de nouveaux troubles. gneuries furent aussitôt conquises par Il se jeta dans le parti de Charles le l'armée de Jean. Il ne tarda pas à paMauvais. Lorsqu'en 1354, le roi de Na raître en Normandie avec Philippe de varre voulut se défaire par un meurtre Navarre et le duc de Lancastre, à la de Charles d'Espagne , favori du roi tête de 4,000 combattants , et ravagea (voyez FAVORIS), il se fit accompagner tout le plat pays de cette province, où par trois d'Harcourt, Geoffroi , Jean V ses vassaux se livrèrent à des actes d'une et Louis. Toute cette fainille étaii alors cruauté inouïe. Il porta le fer et la flamme ennemie du roi de France. Ce fut le jusque dans les faubourgs de Caen, Saintcomte d'Harcourt, Jean V, qui résista LÔ, Avranches, Coutances. Dans le mois le plus vivement à ce que la gabelle fût de décembre, il rencontra près de Saintetablie sur ses terres en 1356 (voy. GA Sauveur-le-Vicomte une troupe de cheBELLE). Aussi la vengeance du roi Jean valiers français supérieure à la sienne. ne tarda-t-elle pas à l'atteindre. Le dau Ses cinq cents hommes furent défaits phin Charles est ordre de l'inviter, ainsi après une résistance intrépide, et pour que le roi de Navarre, à dîner au châ lui, il aima mieux se faire tuer que de se teau de Rouen, le samedi 16 avril 1356, rendre. Saint-Sauveur et tous ses autres veille de Pâques fleuries. L'invitation fiefs reçurent garnison anglaise. fut acceptée par le comte. Quant à Geof Louis d'Harcourt, vicomte de Châtelfroi qui devait l'accompagner, il s'y re

lerault, avait refusé d'entrer dans le fusa par méfiance. Le roi Jean survint complot, et était resté fidèle au roi Jean, al moment où l'on s'asseyait à table. aussi fut-il toujours mal vu de sa famille. Après avoir mis lui-même la main sur Il mourut en 1388, gouverneur et lieule roi de Navarre, « il passa avant, et tenant général de Normandie. prit une masse de sergent, et s'en vint Jean V avait eu de son mariage avec sur le comte de Harcourt, et lui donna Blanche de Ponthieu trois enfants qui un grand horion entre les épaules, et formèrent autant de branches distincdit : « Avant traitres, orgueilleux, pas tes. L'aîné fut Jean VI, qui, en 1374, a sez en prison, à mal étrenne; par l'âme épousa Catherine de Bourbon , seur a de mon père, vous saurez bien chanter puînée de Jeanne, épouse de Charles V. quand vous m'échapperez (*). » Les mâles de cette branche finirent avec

Le même jour, le comte, mené en Jean VII, époux de Marie d'Alençon. charrette à l'échafaud , eut la tête cou Marie d'Harcourt, issue de ce mariage, pée en présence du roi, et fut traîné par son alliance avec Antoine de Vaudejusqu'au gibet, où le cadavre resta pendu mont, aïeul du duc de Lorraine René II, et la tête exposée. Il paraît qu'il y eut porta les biens de sa famille dans la mai. quelque mouvement à Rouen pour déli son de Lorraine. vrer Harcourt, qui y était fort aimé, Ce Jean VII, comte d'Harcourt et et que Jean dut se montrer aux bour d'Aumale, mort en 1452 , était cousin geois pour les apaiser.

germain de Jacques d'Harcourt, baDès que Philippe de Navarre, frère ron de Mongommery, marié à Margue

rite de Melun, comtesse de Tancarville, Froissard.

et qui lui causa de graves embarras. Un T. ix. 21° Livraison. (Dict. ENCYCL., ETC.)

21

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ce

jour le comte vintirendre visite au comte trahison semblable à celle dont Jean Jacques à Aumale, « et le conte luy fist d'Harcourt avait été victime, devait, sur grant chière, dit Pierre de Fenin en ses ces entrefaites, lui tourner à mal, et Mémoires (année 1418), et après plu- terminer dignement sa carriere. sieurs parolles et recognoissance, mes « Quant il eut mis le Crotoi en comsire Jacques, qui avoit induit aucuns de posicion, et qu'il eut baillé hostages de ses gens de ce qu'il voulloit faire faire, le rendre au jour, il lessa ses gens de mist luy de sa personne la main au conte dens, et s'en alla pour quérir secours de Harecourt, et luy dist : « Monsei- devers le roy Charles, comme il donnoit «gneur, je vous fais prisonnier du roy.» à entendre à ses gens. Mais il fist tout Lors fut le conte bien esbahy et cour le contraire, car il s'en alla voier le seichié(*), et dist: a Biau cousin, que voullez- gneur de Partenay, son bel-oncle (on« vous faire ? » Et messire Jacques res cle de sa femme), lequel luy fist grant pondy: « Monseigneur, ne vous desplaise, chière et grant honneur. Il avisa que je ay charge du roy de vous mener vers seigneur avoit une puissante forteresse

, « luv, » et list messire Jacques prendre et qu'elle luy seroit bonne s'il en pou. ledit seigneur de Harecourt par aucuns voit finer. Lors il se pensa qu'il seroit de ses gens, et le fit mener au Crotoi, tant qu'il l'airoit, et print conclusion et là le tinst grant temps prisonnier et avec aucuns de ses gens, de prendre le en plusieurs aultres places, et mist gar- seigneur de Partenay de par le roy Char: nison de par luy à Aumarle; et avecquez les, et luy oster sa maison. Il reviot à ce prinst tous les biens dudit conte de Partenay voier son oncle, lequel luy fist Harecourt à son prouflit ; et disoient ancoire grant chière. Mais ce seigneur aucuns que c'estoit du consentement avoit esté averti du malvais tour que du fils au conte de Harecourt (Jean de messire Jacques luy vouloit faire, et pour Harcourt, capitaine général de Norman- ce, se pourvei de gens pour résister à die, né en 1396, mort en 1424); car il l'encontre, et les mist en lieu secret dene inist point de pourchas de ravoir son dens son chastel (*). » Jacques fit comme père. Ainssi tinst messire Jacques de avec son cousin ; il mit la main sur le Harecourt prisonnier le conte de Hare- vieillard, en lui disant : « Bel oncle, je court dempuis ce temps jusquez à ce que vous fais prisonnier du roi; » mais ici, messire Jean fût mort. »

à un signal donné, les gens du seigneur Quant à Jacques d'Harcourt, il con- de Parthenay « saillirent tout armes sur tinua à mener une existence fort aven messire Jacques et sur ses gens, et finatureuse et turbulente. A la tête d'une blement les tuèrent tous. Ainsy fina mestroupe nombreuse, il alla, peu de temps sire Jacques de Harecourt sa vie,

donc apres cet infâme guet-apens, attaquer il fut peu plaint. » les Anglais au siège de Rouen, fut battu, La branche issue du second fils de et se tint ensuite au Crotoi , d'où il Jean v d'Harcourt s'éteignit avec le guerroya contre les Anglais. En 1420, petit-fils de son auteur. Ses biens pas. il abandonna le parti de Philippe , duc sèrent dans la maison de Longueville de Bourgogne, dont il avait été un des par l'union de Marie d'Harcourt avec amis les plus dévoués, parce que Henri

Jean d'Orléans, comte de Dunois et de d'Angleterre, allié de ce prince , rete- Longueville. nait les terres du comté de Tancarville, La troisième se subdivisa en deur « Il se tourna du parti au doffin (celui rameaux : Harcourt d'Olonde et Harqui avait fait assassiner Jean sans Peur court-Beuvron. Plusieurs membres de à Montereau), et avec lui se tournèrent la famille s'étaient distingués moult de gentilz-bommes de Vimeu, de âge dans la carrière ecclésiastique. Ponthieu et d'ailleurs. » Jacques d'Har- Tels furent Robert d'Harcourt, évêque court lit une rude guerre aux Anglais de Coutances en 1293 , mort en 1316; et aux Bourguignons, jusqu'à ce qu'il Raoul, son frère, chanoine de Notrefût assiégé dans son château du Crotoi Dame, à Paris, archidiacre des églises (voyez ce mot) par les troupes qu'y en de Rouen et de Coutances, chancelier voya le duc de Bedford (1423). Une de celle de Bayeux, conseiller de Phi(*) Courroucé.

(*) Pierre de Fenin, année 1423.

au morea

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