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son petit-fils (*), il était sincèrement atta ses intelligences mystérieuses avec le ché au maintien de la constitution, et ne cabinet britannique; ses liaisons avec se fit républicain qu'à son corps défen- le parti orléaniste d'abord, puis ensuite dant. S'il faut en croire la Biographie avec la cour; ses changements nombreux universelle, au contraire, la république suivis d'autant de défections ; l'impu. était l'objet de tous ses võux , et il ve deur avec laquelle il déclara brusque s'appuyait sur la constitution que pour ment la guerre aux partisans de la re. la mieux détruire. Enfin, des admira- publique, qui l'avaient vu jouer, à leur teurs de Guadet le louent pour la fran- iête, le rôle d'agent provocateur; aucun chise de ses opinions démocratiques; de ces motifs n'était de nature à le rentandis que d'autres admirateurs, des dre digne d'estime. Aussi quelque chose parents même, exaltent la bonne foi de de la déconsidération de Brissot rejailson dévouement à la monarchie repré- lit-il sur les girondins, qui l'avaient acsentative. Que conclure de ces deux ju- cepté pour auxiliaire , et particulièregements opposés, qui, l'un et l'autre, se ment sur Guadet, qui avait été son inbasent sur des faits et sur des aveux troducteur auprès d'eux. Guadet croyait non moins positifs que contradictoires ? ne recevoir que les conseils de Brissot; Il faut en tirer cette conséquence, que mais, en réalité, il se laissait diriger Guadet ne tenait guère plus à une forme par ses intrigues, et bien des raisons de gouvernement qu'à une autre. Le portent à croire qu'il n'était pas moins triomphe de la révolution, et la pré- trompé par son ami que Gensonné par pondérance de son parti , voilà ce qu'il le sien. voulait avant tout, ce qu'il poursuivait Guadet ne commença à jouer un rôle soit à travers la monarchie, soit à tra important sur la scène politique que vers la république. En cela encore , il vers la fin de l'année 1791, au moment ressemblait à Danton, avec cette diffé où s'ouvrit l'Assemblée législative. Ce rence, toutefois, que le tribun monta- pendant, peu s'en fallut qu'il ne parit gnard était partisan de l'unité et ambi- plus tôt à la tribune nationale;

des tieux de la première place; tandis que l'année 1789, il avait obtenu un nonle tribun girondin était moitié oligar- bre considérables de votes, lors des que, moitié fédéraliste, et se serait con élections pour les états généraux. Sil tenté d'un des premiers postes. Mais ne put réunir la majorité, c'est en leurs idées, à tous les deux, péchaient grande partie à son jeune âge qu'il faut par la même base : l'un et l'autre man l'attribuer. Déjà alors il s'était acquis quaient de ces convictions fortes qui beaucoup de réputation dans le barreau peuvent manquer à un citoyen, même de Bordeaux. Dès l'âge de 15 ans ,

il à un citoyen honnête , mais qui ne peu avait quitté la maison paternelle pour vent faire défaut à un homme d'État, à venir terminer son éducation dans cette un chef de parti aspirant à diriger les ville, beaucoup plus florissante à cette affaires d'une grande nation.

époque que de nos jours. Fière de sa Malheureusement, il n'entrait peut- prospérité commerciale et de l’éloquence être pas que de la faiblesse dans le de ses avocats , Bordeaux se regardait scepticisme politique de Guadet ; l'am

presque comme la capitale du Midi, et, bition personnelle y était bien aussi se laissant enivrer par les fumées de pour quelque chose. Sa liaison étroite l'ambition , elle voulait traiter d'égale à avec Brissot, homme plus que douteux, égale avec la ville de Paris. Mais Borsemblerait du moins l'indiquer. L'ami deaux oubliait que nul empire ne sau. tié de Brissot a eu presque autant d'in rait avoir deux capitales , et que si son fluence sur la conduite de Guadet que commerce et son barreau étaient un l'amitié du général Dumouriez a pu en double foyer d’éloquence et de richesse, avoir sur la conduite de Gensonné. Or, Paris était le centre du gouvernement, Brissot ne valait guère mieux que Du le centre des traditions nationales, mouriez : sa conduite en Angleterre; ville française par excellence. Non-seti

lement Bordeaux n'était pas un milieu (*) Dictionnaire de la conversation ; Ency- propice pour former des hommes d'Eclopédie des gens du monde, art. Guader. tat, car il ne suffit pas de savoir bien con

duire les affaires d'un comptoir ou de Tant qu'il resta dans les rangs de bien manier la parole pour mériter ce l'opposition, c'est-à-dire, tant que le titre; mais encore, dans sa lutte de ri ministère feuillant ne fut pas remplacé valité avec la capitale, Bordeaux était par le ministère girondin, Guadet parla condamnée à prendre pour point d'appui à peu près dans le même sens, et ne se non pas la France tout entière, comme montra pas plus indulgent que les monParis, mais une partie de la France. tagnards envers les émigrés, les nobles, Dans cette lutte , Bordeaux était con les prêtres dissidents, et toute la faction damnée à n'avoir pas de drapeau ou à des contre-révolutionnaires. Dès son arlever l'étendard du provincialisme. Cette rivée à Paris, il s'était fait admettre au triste alternative pesa de tout son poids club des jacobins qui, loin d'être feuilsur les députés de la Gironde, et, par con lant comme à son origine, marchait tre-coup, sur Guadet, le plus fougueux, alors, avec le club des cordeliers, à la le plus véhément, le plus résolu d'entre tête du parti démocratique. Mais c'était eux ; nous ne disons pas le plus actif, surtout dans le sein de l'Assemblée léparce que rarement son énergie put al- gislative qu'il donnait carrière à sa fouler jusqu'à l'action, paralysé qu'il était gue d'improvisateur. Le 28 octobre, il par la base vicieuse du girondisme et appuya une motion ayant pour but d'enpar l'hésitation de ses collègues , qui, joindre à Monsieur, frère du roi, de étant nés moins bouillants, ressentaient rentrer en France dans le délai de deux encore plus les atteintes de l'incertitude mois, sous peine d'être privé de ses et du scepticisme. Par son caractère, droits. Cette motion fut décrétée deux Guadet se trouvait déplacé au milieu des jours après. girondins; en effet , tant que dura la Vers le commencement de novembre, Constituante, il se prononça pour le il demanda que les émigrés fussent décôte gauche de cette assemblée, en d'au clarés suspects de conjuration, et que tres termes, pour le parti démocratique, si, au 1er janvier 1792, ils n'étaient pas que représentaient alors Pétion, Buzot, rentrés dans le royaume, on les pourGrégoire et Robespierre.

suivît comme conspirateurs, et on leur Ces démonstrations de républica- infligeât la peine de mort. Il voulut nisme contribuérent à le faire nommer aussi que le séquestre fut mis sur leurs membre de l'Assemblée législative par biens , et que la nation en percût les la ville de Bordeaux, à l'époque des revenus. L'Assemblée adopta ces diverélections du mois de septembre 1791. ses propositions. Peu de temps après,

Le 5 octobre, quatre jours après un député ayant demandé qu'on mit en l'ouverture de la session, il fit son dé accusation les frères du roi, Guadet rébut à la tribune. Il y monta pour ap- pondit ironiquement qu'il fallait réserpuyer Couthon, qui proposait l'adop ver cette mesure pour les étrennes du tion d'un nouveau cérémonial à observer peuple, et la fit ajourner au 1er janvier. avec le roi, et la suppression des titres Le 25 novembre, il proposa, conjointede sire et de majesté. « Le roi, dit Gua ment avec Albitte : 1° d'exclure les pré* det, qui s'accoutumerait à régler dans tres dissidents, ou prétendus dissidents,

nos séances le mouvement de nos du culte simultané dans les églises sercorps, croirait bientôt qu'il peut ré- vant au culte salarié par la nation ; 2° gleraussi le mouvement de nos âmes. » de permettre la vente ou la location des Accueillies par des acciamations, ces autres églises aux citoyens attachés à un paroles eurent beaucoup de retentisse- autre culte quelconque, pour y exercer ment, et elles commencèrent sa répu ce culte, en se conformant aux lois de lation comme improvisateur chaleureux police et d'ordre public. et comme patriote impatient des formes Vers la fin de décembre, il réclama monarchiques. On vit dans la suite qu'il l'application de l'amnistie de septemavait malentendu entre lui et les mon bre aux soldats de Châteauvieux. Le tagnards, et que son républicanisme, 2 janvier 1792, il appuya Gensonné aux allures si fougueuses, ne s'opposait pour faire prononcer le décret d'acpas à certains accommodements avec la cusation, jusque-là ajourné sur sa de. royauté.

mande, contre les princes frères du

ce

roi et les autres chefs de l'émigration. les girondins. Son discours, éminem

Douze jours après, il remporta un ment national, pour l'énergie du langage de ses plus beaux triomphes oratoires, de l'orateur vis-à-vis de l'étranger, avait à l'occasion du rapport que Gensonné, en outre un côté politique dont le but organe du comité diplomatique, rédigea était de rendre possible un ministère sur les intrigues, les menaces et les ar girondin. A cette fin, Guadet affectait mements des puissances étrangères. d'oublier ses précédents déinocratiques, u Quel est donc, s'écria Guadet, et se rattachait à l'ancre de la constitu

complot nouveau formé contre la li tion, ce qui équivalait à une rupture « berté de notre patrie, et jusques à avec le parti populaire. En un mot, ilarait « quand souffrirons-nous que nos enne prononcé ce que l'on appelle aujourd'hui u mis nous fatiguent par leurs manau un discours-ministre; mais ce discours a vres et nous outragent par leurs espé avait une perspective éminemment pa• rances! Apprenons à tous les princes triotique. Dès lors, en effet, on pres. u de l'Empire (d'Allemagne) que la na sentit, soit à la cour, soit dans le peua tion française est décidée à maintenir ple, non pas que les députés de la Gi

sa constitution tout entière. Nous ronde deviendraient membres du conseil a mourrons tous ici.... » A ces mots , (la constitution ne le permettait pas), l'orateur est interrompu par les accla mais qu'il faudrait passer sous les fourmations de tous les membres de l'As ches caudines d'un cabinet dominé par semblée, qui se lèvent et qui jurent de l'ascendant des triumvirs bordelais, de mourir. Les tribunes joignent leurs ma Brissot, leur instigateur, et de tous nifestations d'enthousiasme à celles des leurs auxiliaires. Toutefois, il devait représentants, et de toutes parts on en s'écouler deux mois encore avant l'actend retentir ces mots : Vivre libre ou complissement de leurs væux. mourir ! La constitution ou la mort! Le 22 janvier, huit jours après sa « Oui, reprit Guadet, quand le calme brillante improvisation, Guadet fut ap « fut un peu rétabli, oui , nous mour pelé au fauteuil de la présidence. Inca« rons tous ici plutôt que de permettre, pable de diriger la révolution, le minis

je ne dis pas qu'on mette en question tère feuillant ne cessait d'être en butte « si le peuple français demeurera libre, aux attaques de l'opposition girondine. « mais seulement qu'il soit porté la Dans le courant du mois de février, a moindre atteinte à la constitution.... Guadet monta à la tribune pour accua Marquons l'avance une place aux ser les ministres de trahison. La majo« traitres , et que cette place soit l'é rité n'osa pas le suivre sitôt sur ce ter« chafaud! Je propose à l'Assemblée rain glissant ; mais le ministère fut « nationale de déclarer , dès l'instant encore plus fortement ébranlé. Les ger« même, infâme, traître à la patrie, cou mes de division qui existaient entre les « pable du crime de lèse-nation, tout membres du conseil se développèrent « agent du pouvoir exécutif, tout Fran avec rapidité. Le ministre de la guerre,

çais qui chercherait à détruire la Narbonne, prévoyant le triomphe des « constitution... » L'orateur est de nou- girondins, s'était rapproché d'eux, et veau interrompu par des applaudisse avait brisé, presque ouvertement avec ments unanimes. Dès qu'il put se faire Bertrand de Molleville et Delessart. entendre, il presenta son projet de dé Ces derniers parvinrent à expulser Narcret, qui fut adopté à l'unanimité, au bonne, qui entretenait, dit-on, des inmilieu d'un redoublement d'acclama telligences secrètes avec Guadet, Gentions. L'Assemblée s'occupa ensuite de sonné, Vergniaud, Brissot, et qui, vers transmettre au roi la déclaration qu'elle le commencement de février, s'était advenait d'arrêter, et ce fut Guadet qui, joint le général Dumouriez. Les giron. désigné pour présider la députation, fit dins protestèrent contre la destitution lui-même cette communication à Louis de Narbonne, qui leur donnait pied XVI.

dans le gouvernement, et ils firent de La séance du 14 janvier ne fut pas clarer qu'il emportait les regrets de seulement un triomphe pour Guadet, l'Assemblée. Enfin, le 10 mars, Guadet elle fut encore un triomphe pour tous donna le coup de grâce au ministère,

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en faisant décréter la mise en jugement ple et au roi, que ni l'un ni l'autre ne de Delessart, ministre des affaires ex• prévaudraient contre la volonté de la térieures, qui s'était coalisé avec Ber Gironde. Pour plus de sûreté, les gitrand de Molleville pour renverser Nar rondins poussèrent Servan au minisbonne. Dès lors, le triomphe de la tère de la guerre, où il remplaça DeGironde fut assuré. Dumouriez rem graves, dominé par Dumouriez. Guadet plaça Delessart aux affaires extérieu ne partageait pas les illusions de Genres, et de plus, il eut la haute main sur sonné sur ce général, et il se garda bien le portefeuille de la guerre, confié à de le ménager. Degraves, qui avait remplacé Narbonne. Toujours dirigé par le besoin d'affaiCependant le ministère girondin ne fut blir ou d'effrayer le parti de la cour complété que le 24 mars, époque où pour faire prévaloir Roland, Clavière Roland fut nommé au département de et Servan, Guadet provoqua, le 19 mai, l'intérieur, Clavière aux finances, La la suppression du million que la liste coste à la marine, Duranthon à la jus civile attribuait aux frères du roi. Le tice. Dumouriez resta aux affaires étran 20, il attaqua vivement le juge de paix gères et Degraves à la guerre. La seule Larivière , qui avait décerné des manmodification importante que subit le dats d'amener contre Merlin de Thionnouveau ministère jusqu'au 13 juin, fut ville, Chabot et Bazire, coupables, suila nomination de Servan, qui remplaça vant la cour, d'avoir affirmé sans preuDegraves à la guerre dans le commence ves l'existence d'un comité autrichien. ment d'avril.

Le 28, il demanda que M. Delaporte Du 24 mars au 13 juin, Guadet cessa comparût à la barre , pour s'expliquer de faire de l'opposition systématique, sur les ballots de papiers brûlés à Sèsinon contre la cour, du moins contre vres. Le 30, il appuya la proposition de le ministère. Chose bizarre! lui qui de licencier la garde royale, et d'ordonner vait tonner avec tant de force contre les l'arrestation du chef de cette garde, le meurtriers de septembre, il se prononça

duc de Brissac. le 14 avril pour que l'on couvrit par Après la destitution de Roland, de une amnistie les massacres de la Gla Clavière et Servan, Guadet ne garda cière d'Avignon. Il est vrai que plu plus de bornes contre la cour et contre sieurs députés de son parti se trouvaient Dumouriez. Le 16 juin , lorsqu'on lut gravement compromis dans ces assassi à l'Assemblée nationale la lettre où la nats.

Fayette manifestait le dessein de déCependant son ministérialisme de fendre la monarchie constitutionnelle nouvelle date ne put se manifester long contre les envahissements de la démotemps sans un mélange d'inquiétude. cratie, Guadet eut une idée pleine d'àDès que le général Dumouriez se vit propos : il refusa de croire qu'une dans un poste éminent, il donna car pareille lettre, digne d'un nouveau rière à son ambition et à son caractère Cromwell, pût être du fils aîné de la aventurier. Arrivé au ministère par la liberté; il en nia l'authenticité. Le géprotection des girondins, il voulut s'y néral Mathieu Dumas s'étant levé pour maintenir avec la protection de la cour, protester, au nom de la Fayette, contre et la division éclata entre lui et ceux ce qu'il appelait une atroce calomnie, des ministres qui, comme Roland et Guadet reprit vivement : a Je disais Clavière, étaient restés fidèles à la Gi a que M. la Fayette n'ignore pas que ronde. Guadet et ses collègues se virent lorsque Cromwell tenait un pareil donc forcés de rentrer , sous quelques langage, la liberté était perdue en rapports, dans les rangs de l'opposi Angleterre. Or, je ne me persuaderai tion. Voilà ce qui explique comment, le « jamais que l'emule de Washington 3 mai, Guadet dénonça le journal ( Ami a veuille imiter le protecteur de la du Roi en même temps que le journal « Grande-Bretagne.» Malheureusement, l'Ami du Peuple , et lit rendre un dou il était trop tard, la Fayette ne pouvait ble décret d'accusation contre Royou nier l'existence d'une lettre qui venait et Marat, rédacteurs de ces deux feuil de recevoir un commencement de pules. C'était une manière de dire au peu blicité. T. ix. 11° Livraison. (Dict. ENCYCL., ETC.)

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Guadet et Brissot, son intime, pas que presque tout le monde regardait sent pour avoir été au nombre des prin comme une nécessité. Les girondins cipaux instigateurs de la journée du 20 choisirent ce moment pour adresser à juin, dans laquelle la Gironde voulut Louis XVI un mémoire signé par Gen. sans succès imposer par la terreur ses sonné, Guadet et Vergniaud, mémoire ministres à Louis XVI. Huit jours après, présenté par l'entremise du peintre la Fayette, trouvant inutile d'écrire de Boze, et où ils s'engageaient à dompter nouveau, vint en personne à la barre le parti démocratique, si le roi consen

de l'Assemblée pour demander la ré tait à rappeler Roland. La cour , qui ?

pression des excès cominis contre le comptait sur l'étranger, et qui d'ailleurs monarque. Le président venait de ré savait bien que la Gironde n'aurait pas pondre au général que sa deinande se la puissance de tenir ses promesses, en rait examinée, lorsque Guadet s'elanca supposant qu'elles fussent de bonne foi, vers la tribune : « Messieurs, s'écria-t-il, la cour n'eut pas de peine à faire reje« au moment où la présence de M. la ter par Louis XVI les propositions des « Fayette à Paris m'a été annoncée, une triumvirs bordelais. « idée bien consolante s'est présentée à Ainsi repoussés, les triumvirs et leurs « mon esprit. Ainsi, me suis-je dit à auxiliaires résolurent d'avoir recours à a moi-même, nous n'avons probable une nouvelle journée du 20 juin, et ils a ment plus d'ennemis extérieurs. Ainsi offrirent leur alliance aux montagnards « les Autrichiens sont vaincus. Mais, comme ils venaient de l'offrir à la cour. « Messieurs, cette illusion n'a pas duré De ce côté encore, ils devaient être

longtemps : nos ennemis sont toujours déçus dans leurs espérances. Les suites « les mêmes, notre situation extérieure de la journée du 10 août dépassèrent « n'a pas changé, et cependant le géné toutes leurs prévisions; ils ne voulaient a ral d'une de nos armées arrive à Pa que forcer la main à Louis XVI, le peu« ris... ! » Le reste de son discours ne ple avait détrôné le monarque. fut ni moins fougueux, ni moins fine Que fit alors Guadet ? De concert ment ironique. Il finit par demander avec Vergniaud et Gensonné, il essaya que le ministre de la guerre lui-même de regagner le terrain perdu, sinon en fut interrogé sur-le-champ, pour savoir rendant la couronne à Louis XVI, ce s'il avait ordonné ou permis à M. la qui paraissait impossible, du moins en Fayette d'abandonner ainsi le corps travaillant à l'établissement d'une réplacé sous son commandement. Cette gence qui aurait gouverné sous le nom motion n'eut pas de succès ; mais le du dauphin, encore mineur. Conçue par discours de Guadet n'en produisit pas le parti feuillant, cette combinaison moins une grande impression; il agran- n'eût rien eu d'extraordinaire; mais ve dit encore la brèche faite à la popularité nant des girondins, qui laissaient croire du fils aîné de la révolution.

au peuple qu'ils voulaient la république, Toutefois, au moins autant pour em une pareille conduite était aussi malapêcher le parti de la Montagne d'arriver droite qu'ambitieuse, surtout dans un au pouvoir , que par peur des excès po moment où la France avait besoin d'un pulaires, les girondins résolurent, avant gouvernement fort pour repousser l'ind'avoir recours une seconde fois au peu vasion ennemie. Aussi, malgré les efple, de faire une dernière tentative au forts de Guadet , de Vergniaud et de près de la cour, à qui Danton faisait des Gensonné, qui tous les trois présidèrent avances. Le 16 juillet, Guadet présenta, successivement l'Assemblée législative au nom de la commission extraordinaire dans la journée du 10 août, le roi fut nommée à cet effet, un projet de mes déclaré, non pas seulement suspendu, sage au roi, où l'Assemblée déclarait comme ils le voulaient, mais déchu, que la France saurait se sauver toute comme le demandaient la Montagne, la seule, si le roi compromettait son sa Conimunc de Paris, et l'immense malut. Quoique ferme et énergique, ce lan- jorité de la nation. Roland, Clavière et gage n'était plus en rapport avec les Servan, les protégés de la Gironde, renvoux de l'opinion publique. L'abdica trèrent au conseil des ministres, il est tion ou la déchéance du roi, voilà ce vrai , mais on leur adjoignit pour collè

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