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ment établies, nous complétons l'appareil en les réunissant au moyen d'un fil métallique d'un diamètre moins fort que celui des nos 17 ou 18; ici, la nature du métal nous est indifférente et, comme le fil de fer est plus commun et d'un prix moindre, nous lui donnons la préférence. On en prend un bout qui, plié double, soit un peu plus long que la hauteur des deux ou des trois sutures; on introduit chaque branche dans chacun des cils de la suture supérieure en procédant de haut en bas, on l'attire jusqu'à son angle de flexion, on rapproche les deux branches en les croisant et les serrant fortement contre les cils; puis, on les passe deux ou trois fois l'une sur l'autre en tressant et en serrant, de manière que le bout tressé soit assez long pour maintenir à la hauteur voulue la suture supérieure, et à égale distance de la moyenne que celle-ci de l'inférieure; alors, on passe les branches dans les æils de la seconde suture en se conduisant comme nous venons de le dire pour la première et, après les avoir serrées et tressées à la longueur convenable, afin que les trois sutures soient maintenues à égale distance l'une de l'autre, on les passe dans les cils de la troisième où on les arrète; voici comment : on les croise, on les serre et on les tresse et, si le bout de la tresse est trop long, on le rompt au moyen de la pince ; en s'aidant de cet instrument, on contourne ensuite l'extrémité restant en dedans de l'embrassement des cils, en la ramenant au dehors, et on la dissimule, afin qu'éloignée des tissus sensibles, elle ne puisse les blesser.

Ces trois agrafes, ainsi réunies, constituent un appareil qui doit se trouver là, dans les lèvres et la cavité de la vulve, comme s'il s'y était introduit de lui-même ou y serait placé par juxta-position, sans opérer de tiraillement sur les parties qui le soutiennent en le complétant. Il présente, comme il est facile d'en juger, toutes les conditions désirables de solidité et d'efficacité. Embrassant beaucoup de tissus, les efforts les plus violents de la femelle ne sauraient l'ébranler; par sa nature moins altérable que les ligatures, il peut rester en place pendant six ou huit mois et plus; et, n’exerçant aucune tension sur les parties qu'il pénètre et qui l'entourent, il résiste aux efforts expulsifs sans que des déchirures ou l'inflammation consécutive soient à craindre; un engorgement considérable pourrait même avoir lieu sans que l'étranglement fùt à redouter; d'autre part, l'action éliminatoire est presque nulle et les dangers exprimés à propos de l'évacuation des urines sont chimériques.

L'opération terminée, on arrose la partie avec de l'eau froide, et on continue à la lotionner trois ou quatre fois dans la journée pendant deux ou trois jours. Un léger gonflement se manifeste suivi d'un peu de suppuration : quelque chose à peu près de semblable à ce qui se passe quand on perce les oreilles d'une jeune fille.

On pourrait passer le fil de fer à travers les lèvres de la vulve, en se servant d'une aiguille à tige creuse, confectionnée pour cet usage : un des bouts du fil de fer introduit dans son intérieur, la suivrait au dehors en la poussant en avant. Par ce procédé, les piqûres seraient moins larges et on éviterait le léger froissement, résultat du passage, , à travers la plaie, du petit crochet du fil de fer attiré par l'aiguille.

Nous allons exposer un autre procédé, qui nous parait offrir plus d'avantages aux cultivateurs qui voudraient livrer å la reproduction les vaches affectées de renversement du vagin.

:

Il consiste dans un appareil également composé de plusieurs pièces que nous introduisons dans les tissus de la vulve. Placées séparément, ces pièces se réunissent pour fermer l'ouverture dudit organe et s'opposer à la sortie du vagin.

Les pièces de cet appareil sont deux tiges en fer limées et polies d'environ deux pouces de long, légèrement courbes et de la grosseur à peu près d'un fil de fer du no 8 ou 10. Elles sont terminées à leurs extrémités : d'un côté, par une tête en T de la longueur d'un pouce et du même diamètre que le corps de la tige; et, de l'autre, par une vis; de plus, elles sont percées dans leur milieu d'un trou rond destiné à recevoir une troisièine lige, également en fer, mais d'une grosseur un peu moindre, garnie à une de ses extrémités d'une tête arrondie, et à l'autre d'une vis, ou bien d'une vis à chaque extrémité.

Une aiguille, longue d'un pouce et demi environ, un peu courbe sur plat, dans le genre de la lame d'une forte aiguille d'emballeur, présentant au bout opposé à la pointe une vis femelle, s'adaptant à la vis des tiges. Trois écroux, dont un arrondi pour la traverse qui réunit les pièces principales, et deux autres, un pour chacune de celles-ci, semblables de forme et de dimension à la lète, complètent cet appareil qu'il s'agit de placer.

La bête étant maintenue comme il est dit ci-dessus, et l'aiguille fixée sur l'une des tiges, on saisit, de la main gauche, la lèvre droite de la vulve, les quatre doigts placés à l'intérieur de cette cavité et le pouce à l'extérieur,

renverse cette partie au dehors en l'attirant à soi, et on plonge l'aiguille comme par l'autre méthode, le plus près possible de l'ischion et un peu au-dessus de la com

on

missure supérieure, en donnant à l'instrument une légère direction oblique de haut en bas et de dehors en dedans. Cette partie étant traversée, on attire la tige jusqu'à la tète et on place la traverse ; on dirige ensuite la pointe de l'aiguille vers la lèvre gauche, qu'on entame de dedans en dehors, de manière à l'embrasser tout entière, ainsi qu'il a été fait pour la lèvre droite, et en la faisant sortir au niveau de son entrée; puis, en tirant en dehors on amène la tige qui suit l'aiguille; on dévisse celle-ci et on la remplace par un écrou. On place la seconde lige par le même procédé, en la faisant passer un peu au-dessus de la crète ischiale. Quand la lèvre droite de la vulve est traversée, on attire la tige et on introduit, dans le trou qu'elle porte, l'extrémité inférieure de la traverse qu'on fixe avec l'écrou; puis on saisit la lèvre gauche et on se conduit comme pour la première. Il est bien entendu que la convexité des tiges doit être tournée du côté du vagin. La traverse représente une perpendiculaire abaissée de la tige supérieure, placée horizontalement en travers de la vulve, sur la seconde qui. affecte la mème direction. Elle est placée dans le plan médian justement en regard de la ligne d'ouverture de la vulve, sert à réunir les deux pièces principales, à leur donner plus de fixité et une solidité plus grande, tout en concourant à maintenir le vagin dans sa position.

L'appareil étant placé, on lotionne la partie pendant quelques jours avec de l'eau froide, et tout est dit.

De ces deux systèmes, c'est au premier que nous donnons la préférence; d'une pratique aussi facile et moins coûteuse, il atteint, mieux que le second, le but proposé ; les arcs de cercle que présentent les ellipses de l'appareil, en faisant saillie du côté du vagin, en pénétrant même dans cette cavité, tendent à repousser cet organe en avant, l'empêchent de se replier en arrière, et le maintiennent parfaitement en place. L'application de ce système, avantageuse dans tous les cas, est surtout préférable quand il s'agit de bètes qu'on veut livrer à l'engraissement. L'appareil ne coûte rien ou très-peu de chose : cinq ou dix centimes de fil de fer ou de cuivre !

Lorsque des vaches pleines ont été opérées par ce procédé, dès qu'on s'aperçoit que le moment du part approche, on coupe, avec des tricoises, les fils métalliques et on enlève l'appareil ; rien n'est plus facile. Pendant la mise-bas

. on doit avoir soin de prendre les précautions recommandées plus haut. Aussitôt que le petit sujet est sorti, on fait relever la mère et on dispose la litière pour que le train postérieur soit plus élevé que l'antérieur, quand elle est couchée; du reste, les suites du part ne sont pas plus à craindre chez elle que chez toute autre nouvelle accouchée. Ordinairement, l'arrière-faix est rejeté peu de temps après le part; si on pouvait prévoir que son expulsion serait retardée, des efforts capables de provoquer le renversement de l'utérus n'auraient rien de redoutable. Car, comme nous avons déjà eu l'occasion de le soutenir ailleurs, le renversement de l'utérus est un accident dont les conséquences sont ordinairement moins préjudiciables que celles auxquelles peut donner lieu le séjour prolongé du délivre dans la matrice. La réduction de l'utérus n'est pas une mer à boire ; et cette opération, beaucoup plus facile et moins dangereuse, pour le chirurgien et pour la bète, que celle que certains vétérinaires disent pratiquer encore pour détacher et enlever l'arrière-faix, n'aurait pas de suite si le renversement pouvait se produire en présence d'un praticien qui n'en est pas effrayé.

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