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rallèles; mais on évite le décroisement du forceps ordinaire en commençant loujours par la branche à pivot, comme le conseille P. Dubois, el, si l'on n'a suivi ce conseil, si la branche mâle, introduite au-dessus, doit être ramenée audessous de la femelle, on y parvient généralement sans peine, pourvu qu'on procède avec lenteur et douceur. Nous ne nous rappelons pas y avoir jamais rencontré une difficulté sérieuse.

3) Le nouvel instrument peut élre appliqué asymétrique ment, c'est-à-dire sur deux points non diametraleinent opposés du crâne. Il y aurait lieu de distinguer ici entre l'asymétrie sorcée, exceptionnelle, et l'asymétrie volontaire, posée en règle générale par le docteur Hamon.

M. Carof ne s'arrêle pas à cette distinction, et peut-être faut-il louer sa prudence; peut-être, parmi les exagérations de l'accoucheur de Fresnay, existe-t-il quelque vérité qu'il faut laisser au temps et à l'expérience le soin de dégager. Si l'indication de l'asymétrie vient à être établie, au moins pour quelques cas, le forceps de M. Carof pourra la remplir aussi bien que celui de M. Hamon. En altendant, voici un service qu'il est appelé à rendre dans la pratique usuelle:comme tous les accoucheurs le savent, les deux cuillers du forceps ordinaire se trouvent parfois appliquées à peu près, mais non tout

છે à fait exactement, en regard l'une de l'autre. Dans ces conditions, si nous ne parvenons pas à les articuler sans déployer une force qui peut devenir dangereuse, nous nous trouvons dans la nécessité de les extraire et de chercher à les replacer plus régulièrement, sans être toujours certains d'y réussir, tandis que le mécanisme imaginé par M. Carof permet de les fixer solidement dans leurs rapports légèrement dėseclueus et, après quelques tractions, de les ramener peu à peu à un darallélisme complet.

C'est là un avantage très-réel et qu'apprécieront surtout les jeunes praticiens, encore peu familiarisés avec le maniement du forceps.

En résumé, et comme M. Carof le dit lui-même : son forceps peut être appliqué comme les autres; dans tous les cas, l'emploi de son mécanisme spécial reste facultatif et comme en réserve pour les circonstances exceptionnelles.

Ajoutons que ses manches dévissés, séparés des cuillers, le rendent très-portatif, et concluons que s'il offre toute la solidité désirable et s'il n'est pas trop coûleux, il mérite réellement de fixer l'attention des accoucheurs.

La notice de M. Carof est rédigée avec une rare précision; elle dit ce qu'elle doit dire, rien de plus, rien de moins; elle indique un esprit judicieux et droit. Nous vous proposons donc de l'insérer dans votre Bulletin, avec les deux planches qui l'accompagnent. Nous vous proposons, en outre, de voter des remerciments à son auteur et de le prier de vouloir bien continuer ses relations scientifiques avec l'Académie.

Ces conclusions sont adopiées.

3. SUITE de la discussion du rapport de la Commission

qui a été chargée de l'examen des questions relatives à l'admission des femmes dans les travaux souterrains.

M. KUBORN, rapporteur (1).

M. Van Bastelaor : Messieurs, je ne pensais pas prendre la parole dans cette discussion et j'avouerai que j'y ai été amené par un sentiment d'équité blessée.

Depuis quelque temps on s'ingénie dans le public, à

(1) Voir Bulletin, t. III, ze série, pp. 11, 99, 366, 483, 032 et 730.

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peindre les pays houillers sous les couleurs les plus soinbres et les plus fausses ! Ayant vécu ma vie entière au milieu d'un district éminemment charbonnier; babitué avec la généralité du peuple el avec les industriels que j'ai eu l'occasion de fréquenter, à considérer Charleroi, Mons et Liége comme des circonscriptions privilégiées ; à regarder la population des houillères comme grossière, mais non comme abrutie; comme une race dans laquelle il ne faut pas chercher des Adonis, ni des colosses, mais qu'il ne faut non plus regarder comme abåtardie et chélive, car on y trouve la force, la vigueur et la vie; habitué à ces opinions professées bien plus généralement qu'on ne vous l'a dil, par les gens sensés et observateurs de nos cantons : témoin le discours de noire honorable collègue, M. le docteur Gallez, qui lui aussi est un enfant du pays charbonnier, compétent pour l'apprécier à tous les points de vue; j'ai senti mes idées se révolter devant les assertions qui se sont fait jour dans ces derniers Temps sur l'industrie charbonnière, el j'éprouve le besoin de signaler l'exagération de certains reproches qu'on a faits à cette industrie.

On finit par croire dans plusieurs parties de la Belgique que les arrondissements charbonniers sont un repaire d'infection, d'immoralité et de brigandage.

Avec les sentiments que je viens de vous exprimer, Messieurs, et en présence d'assertions qui teodent à les délruire, j'ai voulu les discuter avec moi-même, au point de vue du travail des femmes et des enfants, et me former une conviction certaine, basée sur des fails. C'est celle conviction, que je prends la liberté de venir vous exposer avec les raisons qui l'ont formée en moi.

Je ne crois pas nécessaire, Messieurs, d'affirmer mon indépendance complète envers l'industrie charbonnière et ses sociétés d'exploitation, ni de vous dire que je n'y ai aucun intérêt malériel et que la vérité seule m'a fait prendre la parole. Malgré l'incident soulevé pendant une des dernières séances, je suis convaincu que jamais personne ici ne fera à un collègue l'injure de douter que les opinions professées dans celle enceinte ne soient parfaitement libres, consciencieuses et entièrement indépendantes de toute pression élraugère.

Il serait surtout par trop facile et souverainement injuste de mettre en suspicion des adversaires parce qu'ils sont médecins de charbonnages. Ce sont au contraire les médecins des bassins houillers et surtout les médecins de charbonpages qui sont les plus compétents, pour discuter les intérêts qui nous occupent. L'Académie l'a parfaitement senti, quand elle a choisi dans cette calégorie de praticiens la Commission presque entière, et cette Commission elle-même s'est empressée, avec raison, de recourir aux lumières des médecins des divers cantons houillers, convaincue que lå elle devait trouver des lumières et des éléments propres à l'aider dans sa tâche importante et difficile.

Ces quelques réserves faites, j'en reviens à ma conviction sur la question discutée, et cette conviction, je commence par la formuler :

1° Les travaux de l'industrie houillère n'exercent aujourd'hui aucune influence pernicieuse sur la santé des travailleurs. La statistique prouve cette vérité d'une manière irréfragable. Cette industrie est surtout bien moins préjudiciable que beaucoup d'autres grandes industries.

2° L'impioralité des houilleurs est grande, pour ce qui est des meurs proprement diles ; mais elle ne dépasse pas le

degré d'immoralité des ouvriers de toute grande industrie; elle n'atteint même pas ce qui a lieu dans beaucoup d'agglomérations ouvrières.

Quant à ce qui est du sens moral, de la probitė, de l'amour du travail, du courage, des sentiments de justice et d'obéissance aux lois ; je considère comme incontestable que les populations charbonnières valent infiniment mieux sous ces divers rapports que la plupart des populations ouvrières.

La conséquence de ces faits, c'est qu'il n'y a pas de raison de faire une loi plutôt pour les mines que pour les autres grandes industries, c'est qu'une loi de cette nature ne peut sans injustice atteindre seule l'industrie houillère; mais il faut y soumettre loute la grande industrie en général, ou ne pas faire de loi.

La conséquence enfin, c'est qu'il faut s'en tenir à l'esprit de l'arrêté royal du 7 septembre 1843 ou ne rien faire.

a Cet arrêté instilua une Commission pour préparer un projet de loi sur le travail des enfants (sur le travail des enfants !) et la police des ateliers. On fit une enquête dans tout le pays, concernant la condition des ouvriers. On s'adressa aux chefs d'industrie, aux ingénieurs des mines, aux Commissions médicales provinciales, aux Sociétés de médecine, aux Conseils de salubrité, aux Chambres de commerce, à l'Académie même. Les documents nombreus, dignes des méditations des hommes d'Étal, des philanthropes, des médecins et des économistes, que fournit celte enquête, ont été consignés dans trois gros volumes, publiés, en 1846, par les soins du ministère de l'intérieur.

« L'Angleterre nous avait donné l'exemple; en France, on discutait, à la Chambre des pairs, avec une incontestable

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