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le pronostic, la nature, les transformations et le traitement de la dyspepsie chronique.

Chacun de ces points y est traité avec soin et avec beaucoup de lucidité, dans ses moindres détails. Je mentionnerai spécialement les points suivants :

Les symptômes généraux de la dyspepsie chronique, souvent mal interprétés et qui donnent lieu par là à de fréqnentcs erreurs de diagnostic, n'ont été nulle part exposés d'une façon plus complète.

La nature de cette affection, dont on ne parlait guère que pour la ranger, sans autre examen, dans la catégorie des troubles nerveux, est élucidée par des considérations puisées dans les nombreuses expériences faites par Beaumont et dans les données de l'anatomie pathologique.

Enfin, les agents thérapeutiques que l'on emploie souvent un peu au hasard, trouvent, grâce au travail de llLWilliéme, des applications plus sûres, parce que les indications sont mieux précisées.

Fruit de l'expérience, d'une étude persévérante et approfondie de la matière, cet ouvrage mérite de fixer sérieusement l'attention des médecins en général. Les praticiens y trouveront, mis en ordre, une quantité de matériaux, généralement peu connus parmi nous, recueillis non-seulement dans les auteurs français, mais encore dans ceux écrits en langue allemande et anglaise que l'on n'avait pas jusqu'ici sufflsamment utilisés.

Si cet ouvrage était un peu plus condensé, si la disposition des matières était améliorée, pour éviter certaines répétitions, certaines longueurs, il acquéreratt plus de prix encore.

Nous vous proposons, Messieurs. de voter des remerci

ments à l'auteur, de déposer son ouvrage dans notre bibliothèque et d'inscrire son nom sur la liste de nos correspondants; il y figurera assurément avec honneur et en toute justice.

— Les deux premières conclusions sont adoptées.

Conformément à une décision prise, en principe, par l'Académie dans une séance antérieure, la troisième conclusion est renvoyée à la Commission qui sera appelée à arrêter les listes des candidats à soumettre à l'Académie.

(M. Thiry remplace M. Vleminckx au fauteuil.)

2. SUITE de la dtumu‘ou du rapport de la Commando“ qui a été chargée de Forum”. de. quoeuonu relative. !) l’admluion de; femme. dans le: travaux aoularrahn.

— M. KUBORN, rapporteur (1).

— lILVIemlnclx : Messieurs, permettez-moi, en commençant, de réclamer toute la bienveillance de l’Académie. Je serai obligé d'être très-long et je crains, par conséquent, (le fatiguer votre attention. Je le crains d'autant plus qu'à l'heure qu'il est, l'opinion de la plupart (l'entre vous doit être l'aile sur la question que nous examinons depuis bientôt six mois; mais je me suis dit que toutes les paroles que nous prononçons dans cette enceinte, sont transportées au dehors. C'est donc pour le dehors que je compte parler en grande partie; car c'est le dehors qu’il faut convaincre. il nous faut le concours d'hommes en situation de préparer ou de réaliser la grande réforme que nous poursuivons. C'est à l'effet d’ob— tenir ce concours que je m’efl‘orcerai, dans la mesure de

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mes moyens, de réfuter les diverses objections qui ont été faites au rapport de la Commission.

Messieurs, je regrette de devoir le dire, dans cette discussion il a été perdu beaucoup de temps. On s'est attaché, dans plus d'un discours, à produire des aperçus complétement étrangers à la question fondamentale. D'autre part, j'ai eu beau demander, dès l'ouverture du débat, qu'on voulut bien ne pas s'occuper de nos conclusions, que celles-ci feraient l'objet d'une discussion spéciale, lorsque la question de principe serait vidée; mes recommandations n'ont pas été prises en considération. On s'est presque toujours occupé des conclusions exclusivement et avant l'heure, ce qui, je le répète, nous a fait perdre un temps précieux.

Un seul membre de cette assemblée m'a semblé avoir bien compris la situation, c'est l'honorable M. Fossion. il s'est, lui, bien moins attachéà nos conclusions qu'au fond même

‘de la question, c'est-à-direà l'emploi des femmes et des filles dans les fosses. C'est à son discours que je me propose de répondre principalement. J'ai pour le talent de l'honorable membre une très-grande estime. C'est assez vous dire que si, dans le cours du discours que je vais prononcer, il se trouvait quelques observations qui fussent de nature à lui être personnellement désagréables, il ne doit pas le moins du monde s'en prendreà mes intentions, qui sont toutes pleines de bienveillance pour lui.

Qu'a donc voulu prouver notre honorable collègue dans le long discours que vous avez entendu?

Je vais vous le dire ou plutôt je vais vous le rappeler, car vous avez entendu ce discours,et il est probable que plusieurs d'entre vous l'ont lu ensuite dans le Bulletin.

Voici ce qu'il a cherché à démontrer, c'est que de tous les

travaux auxquels les personnes du sexe se livrent, ceux des mines sont relativement les plus salubres, les plus propres à faire des femmes vigoureuses et saines, et, ce qui vous étonnera peut-être, des femmes relativement plus vertueuses et plus morales! (Interruption. ) C'est pourtant comme cela.

Quelle est, Messieurs, la conclusion à tirer d'une semblable prémisse? C'est que toutes les femmes et toutes les filles du royaume destinéesà travailler, devraient abandonner les autres industries quelles qu'elles soient pour aller s'enfermer dans nos mines et y faire office de hiercheuses.

On a dit de certains catholiques qu'ils étaient plus catholiques que le Pape, vous savez cela; l'honorable M. Fossion m'autorise à lui dire qu'il est plus charbonnier que les plus féroces de nos charbonniers.

Et je vais vous le prouver, Messieurs.

Vous connaissez déjà l'opinion des charbonniers du Comité _

de Charleroi; vous savez qu'ils nous ont déclaré, à nous, membres de la Commission, qu'il était désirable que les femmes n'enlrassent plus dans les fosses. Voici maintenant la déclaration des charbonniers de Liège; je l'ai trouvée consignée dans une publication de l' Union des charbonnages, mines et usines métallurgiques de la province de Liège, publication dirigée exclusivement contre notre rapport :

« Nous croyons avoir montré dans ce qui précède, combien les allégations de la Commission d'enquête sont entachées d’exagération. Les prémisses étant fausses, il ne faut pas s'étonner que les conclusions rencontrent une opposition des plus sérieuses.

c Nous ne prétendons cependant pas que l'état actuel de toutes nos mines soit partait au point de vue de l'hygiène du travail, et qu'il ne soit pas CONVENABLE, DIÏSlItABLE même,

que la femme n'y soit pas employée; il est évident qu'il faut autant que possible établir une certaine harmonie entre la nature de l'ouvrier et celle de son travail. C'est ainsi que des institutions louables se sont fondées dans plusieurs villes, à Paris, Bruxelles, Berlin,Vienne, Breslau, Carlsruhe, Weimar, pour procurer aux femmes le genre de travaux: QUI CONVIENT A LEUR sexe; mais il s'en faut que de telles institutions se soient généralisées, et, d'ailleurs, le degré d’instruction première de la plupart de nos ouvrières en rendrait actuellement la généralisation impossible aux localités Charbonnières. »

Quels aveux, Messieurs, quels accablants aveux dans ce peu de lignes!

Nous parlerons plus tard de l'exagération de nos allégalions; vous jugerez cela; mais fussent-elles mille fois exagérées, encore résulte-t-il du passage que je viens de vous lire :

1° Que l'état actuel des mines du district houiller de Liège n'est pas parfait au point de vue de l'hygiène;

2° Qu'il faut établir, autant que possible, une certaine harmonie entre la nature de l'ouvrier et celle de son travail;

3° Qu’il est convenable, désirable même que la femme ne soit plus employée dans les fosses;

4° Que, malheureusement, la cessation de l'état actuel des choses est impossible à l’heure qu’il est, à défaut, dans les localités Charbonnières, d'institutions dans lesquelles la femme puisse trouver un travail en harmonie avec sa nature;

5° Que, d'ailleurs, l’instruction des femmes dans ces localités laisse tellement à désirer qu'elles ne pourraient pas même être employées dans de semblables institutions.

Est-ce clair?

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