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Dans les grands établissements, là où l'industrie donne des dividendes, là surtout où se rencontrent des administrateurs qui se distinguent par l'élévation de leurs sentiments, et qui ne reculent pas devant un sacrifice pour améliorer le bienêtre des ouvriers, il serait possible, croyons-nous, de remédier à cet état de choses, moyennant une modique retenue sur le salaire. L'ouvrier pourrait l'aire ses ablutions avant de quitter l'établissement et se dépouiller de ses vêtements de travail pour en prendre de secs, appropriés à la saison.

5° Les banques populaires, les sociétés de secours mutuels, tout ce qui parle à l'ouvrier d'épargne, d'économie, doit être particulièrement encouragé. Montrez à l'ouvrier la possibilité d'échapper aux étreintes de la misère, que des institutions populaires de crédit lui permettent d'espérer d'avoir un jour son nid à lui, d'acquérir du bien-être, et de cet homme qui s'adonne à la boisson, à l'ivrognerie, à l‘inconduite, parce que peut-être ses efi'orts pour sortir de la misère, pour acquitter ses dettes, ont été vains, vous ferez un ouvrier honnête, rangé, économe.

Ces mesures, etd’autres semblables, doivent,en améliorant la position du mineur, amener graduellement la suppression du travail des femmes.

Je finis, et je vous demande pardon, Messieurs, d'avoir abusé si longtemps de votre patience. Si j'ai mis, par moments, quelque vivacité dans l'exposition de mes idées, je serais fâché que de savants collègues, pour lesquels’ je professe la plus profonde estime, pussent trouver dans mes paroles quelque intention désobligeante à leur égard. La même pensée nous anime tous, la pensée de faire un peu de bien; tous nous nous intéressons de toutes les forces de notre âme à cette classe nombreuse et vaillante de travailleurs qui n'ont que trop souvent pour toute perspective qu'une vieillesse prématurée ou une mort violente. D'accord sur le but, nous difl‘érons sur les moyens : mes honorables collègues ont plus de foi dans l'autorité pour accomplir le bien qu'ils projettent, j'ai plus de confiance dans la liberté et dans les progrès de l'industrie et de la civilisation. Les membres de la Commission ont été parfois, hors de cette enceinte, attaqués avec une violence que je déplore. Un d'entre eux surtout, l'auteur du rapport, M. Kuborn, a été particulièrement exposé à des accusations injustes, immérilées : il s'en consolera aisément par l’alfectueuse estime que nous avons tous pour lui et dont je tiens personnellement à lui donner un témoignage dans cette enceinte.

— lu. le Président : La parole est à M. Vleminckx.

—— tu. Vlemlnckx : L'heure est avancée et j'en ai pour une heure et demie. Je déclare cependant à l'Académie que je ne l'entretiendrai que de ce qui concerne l'emploi des femmes et des filles dans les fossés et que je ne m'occuperai de rien d’étranger à cet objet. Je désirerais que ceux qui me suivront dans la discussion voulussent bien se restreindre dansl’objet même en discussion; ce serait un moyen d'en finir beaucoup plus tôt.

Je crois, d'ailleurs, que, quant à cette question du travail des femmes et des filles dans les fosses, les opinions sont à peu près faites, et qu'en consacrant la séance prochaine à entendre les orateurs encore inscrits, nous pourrons en tinir. Mais je demande que les membres qui ont des amendements à proposer veuillent bien les déposer.

Quant à moi, je demande à parler dans la séance prochaine (Adhésion). '

— La séance est levée à 2 heures.

1v. — OUVRAGES PRÉSENTÉS.

BonLéz (1.). De l'importance de I'ophthalmologie et de ses rapports

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Hnumovrz (IL). Mémoire sur la conservation de la force; traduit de

l'allemand par L. Pérard. Paris, 1869; vol. 8°.

Jussens (E.). Annuaire de la mortalité ou tableaux statistiques des causes de décès et du mouvement de la population dans la ville de

Bruxelles, pendant l'année 1868. Bruxelles, 1869; 8°.

LARRBY (H., baron). Recherches et observations sur la hernie lombaire. Paris, 1se9;ao.

PAIRE (M.). Tlie institutes of medicine. New York, 1868; vol.8°.

Van Humour (J.-B.). Ad judiccm neutrum causam appeIIal suam et

suorum philadelphus, ou apologie du magnétisme animal, publiée

pour la première fois par C. Broeckx. Anvers= 1869; 8°.

Vas Humeur: (11.). Biographie du docteur André Uytterhocven. Bruxelles, ‘1869; 8°

J canaux de médecine et divers recueils scientifiques périodiques.

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Comme tous les individus atteints de rachitisme dans leur jeune âge, G..., Charlotte, épouse C..., 28 ans,couturière, née et domiciliée à Liège, est de petite stature; les membres inférieurs, le bassin et la colonne vertébrale sont fortement déformés.

On verra plus loin, par les dimensions que nous avons relevées sur le bassin, combien la maladie avait affecté le système osseux de G..., dont la taille ne dépassait pas 1 mètre I5.

Charlotte G..., quoique d'une santé très-débile depuis sa naissance, a été menstruée à 12 ans, habitant l'une des rues les plus étroites et les plus malsaines de la ville, la rue Grande Béche, qu'elle n’a jamais quittée, privée d'air pur et d'une nourriture sullisante, elle fut atteinte de phthisie pulmonaire qui était parvenue au troisième degré lorsqu'elle se présenta à la Maternité.

Ses règles parurent pour la dernière fois au commencement de juillet 1866; les symptômes d'une grossesse se firent remarquer immédiatement après leur suppression.

L'examen par le palper abdominal ne donne aucun résultat satisfaisant quant à la présentation de l'enfant à cause de la distension de l'utérus; par le toucher vaginal on trouve les dimensions suivantes :

Ligne sacro-pectinée droite . . . . . . 0"‘,015 — -—- gauche. . . . . . 0"‘,050 Diamètre.antéro-postérieur du détroit supérieur. 0*“,0‘22

Dans des conditions semblables, en ne pouvait penser à

pratiquer l'accouchement prématuré artificiel, opération que réclamaitG...'; il fallut donc attendre le terme naturel de la grossesse.

Pour réparer autant que possible sa constitution épuisée par les privations et par sa maladie, nous lui proposàmes d'entrer à l‘hôpital de Bavière, ce qu‘elle accepta,et ce fut de cet hôpital, qu’aux premiers symptômes du travail, pendant la nuit du 22 au 25 mars elle fut transférée à l'hospice de la maternité.

Le diamètre du col effacé est celui d’une pièce de 50 centimes, les douleurs sont franches, régulières et fréquentes.

Le 95 mars 1867, à 7 heures du matin, MM. Borlée, professeur à l'Université, J. Vaust, Fleussu et Van Aubel, docteurs en médecine, ainsi que les élèves sont réunis dans la salle d"amphithéàtre où la patiente est couchée sur le lit d’opérations.

Nous ne parvenons ni par le toucher vaginal ni par le palper abdominal à déterminer la présentation. D'un côté, la grande quantité de liquide amniotique accumulée dans l’utérus ne laisse percevoir aucune sensation nette, et de l’autre, le col est la seule partie du segment inférieur qui puisse être atteinte.

Le col est resserré et même réformé vraisemblablement,

par une contraction spasmodique, car l’exploration digitale cause de vives douleurs. Nous ne voyons pas là de contreindication à l’opération immédiate. MM. Borlée et Vaust veulent bien nous servir d'aides principaux. La femme réclame l’emploi du chloroforme que nous lui administrons malgré l’état des voies respiratoires. L’anesthésie est rapidement obtenue.

1 Après avoir pris toutes les précautions usitées pour écarter les anses intestinales qui pourraient se trouver dans

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