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La grossesse était gémellaire : les enfants, du sexe masculin, étaient de petite dimension.

Une hémorrhagie légère provoque à diverses reprises des syncopes dont la malade sort par la respiration de vapeurs excitantes; l'hémorrhagie elle-même est arrêtée par un traitement approprié.

L'angle inférieur de la plaie ne fut pas compris dans la suture, mais à chaque quinte de toux les intestins se précipitaient par cette petite ouverture que l'on dût fermer complétement. ‘

La réunion de la plaie étant opérée, M. Wasseige eut d'abord recours à l'application sur le ventre de compresses imbib'ées d'eau froide, puis de vessies pleines de glace. Malgré son état de faiblesse, l'opérée supporta très-bien l'emploi continu du froid. .

A part quelques symptômes de péritonite qui n'ont pas présente beaucoup de gravité, les suites de couches furent assez heureuses : le 1er avril, la femme était dans une situation des plus satisfaisantes.

Depuis cette époque, l'afl‘ection pulmonaire fait des progrès rapides; à deux reprises surviennent des symptômes de péritonite qui sont combattus par des onctions mercurielles belladonées sur l'abdomen.

Le 15 avril, la femme meurt dans une syncope.

A l'autopsie, l'abdomen est modérément ballonné; les lèvres de la partie supérieure de la plaie, primitivement réunies par plusieurs points de suture, sont fortement écartées; on constate que la vessie a contracté des adhérences avec les organes voisins; en avant, elle ferme la partie inférieure de la plaie abdominale, en arrière,elle oblitère la plaie utérine. La partie supérieure de la plaie du ventre est bou

chée par le colon transverse et quelques anses de l’intestin grêle. On trouve des fausses membranes et des exsudats mous, non encore organisés, sur tous les points de la cavité péritonéale.

Les poumons présentent les diverses lésions de la phlhisie; quelques points de la partie moyenne du poumon gauche restent seuls perméables à l'air.

M. Wasseige signale, avec raison, l’intérét qui s'attache à l’observation dont nous venons de présenter le résumé. L'épouse C..., atteinte de tuberculose pulmonaire, a néanmoins supporté parfaitement la chloroformisation et quoiqu‘elle fût dans un état de faiblesse très-prononcé,elle a subi avec avantage le traitement préconisé par M. Metz, d'Aix-laChapelle. il est aussi digne de remarque que la femme a plutôt succombé à la phthisie qu'aux suites de l'opération césarienne. '

La deuxième observation relatée par l’auteur porte pour titre : grossesse de 9 mois; prolapsus de l'utérus; gangrène partielle du col; rétrécissement du bassin; présentation du siège; application du crochet mousse articulé; enfant vivant; femme guérie.

Lambertine L_..., arrivée au terme de sa deuxième gros

sesse, se présente à la clinique des accouchements le,

7 mars 1868. Le premier accouchement a nécessité l'emploi du forceps. ,

Entre les grandes lèvres se trouve une tumeur de couleur rose, ayant en bas un hiatus dans lequel le doigt peut facilement s’engager. Cette tumeur a un volume qu’on peut estimer à celui de deux poings. L’index introduit sur les côtés de la tumeur pénètre à une grande profondeur avant d'atteindre les culs-de-sac utéro-vaginaux. L'orifice interne du col est légèrement dilaté, les membranes peuvent être touchées. Ça et là apparaissent sur la tumeur quelques plaques de gangrène superficielle.

Croyant que la tumeur est formée par le col, œdématié, l'auteur prescrit le décubitus dorsal et l'application de compresses imbibées de vin aromatique.

Le 8 mars, le volume de la tumeur est augmenté, les plaques gangréneuses sont agrandies et plus profondes, le doigt pénètre toujours à une grande profondeur entre la tumeur et les parois vaginales.

Le 9 mars, la tumeur est encore plus volumineuse, la gangrène a fait de nouveaux progrès en étendue et en profondeur. Le vagin est manifestement renversé : le doigt ne pénètre plus qu'à une profondeur de 3 centimètres environ.

En présence de cette aggravation continue des accidents, on tente et on obtient, sans grande difficulté, la réduction de la tumeur. Celle-ci occupe alors toute l'excavation du bassin: le museau de tanche repose sur le plancher périnéal.

Le 10 mars, la réduction de la tumeur s'est maintenue, la femme n'éprouve plus de douleurs, l'état général est excellent. Les jours suivants, l'amélioration persiste.

Le 15, la femme éprouve les premières'douleurs de l'enfantement.

Le 16, le travail marche avec lenteur.

Le 17, on reconnaît une présentation du siège en position sacre-iliaque gauche, variété antérieure.

Dans l'examen du bassin, on trouve un rétrécissement marqué; les lignes sacro-cotylo‘idiennes n'offrent qu'une étendue de 6 1/2 à ‘7 centimètres.

Bientôt l'auscultation révèle un état de souffrance de l'en

faut; les fesses sont engagées dans le détroit supérieur au point qu'on ne peut les refouler.

M. Wasseige se décide à terminer l'accouchement en faisant pour la première fois usage du crochet mousse articulé,dont il est l'inventeur. Le crochet est appliqué avec une facilité et un succès qui justifient l'éloge que M. Hubert a fait de cet instrument dans un rapport qu'il a présenté à l'Académie (1).

Les suites de couches furent excellentes : la femme sortit le 25 mars de la Maternité.

M. Wasseige termine sa communication en exposant, avec sagacité, les réflexions que suggère l'observation qui précède.

Nous vous proposons, Messieurs, de voter des remerciments à l'auteur et d'insérer son travail dans le Bulletin de la Compagnie.

— Ces conclusions sont adoptées.

2. RAPPORT de la Conunéuion chargée d'examiner la mémoire de Il]. le docteur DIII'ON'I‘, lnlltnlé : Du une“! et de non (renflement par l'émulsion de "nuances de

citrouille. — lll. MARINUS, rapporteur.

Messieurs,

L'Académie a reçu de M. le docteur'Dupont, médecin de bataillon au 5° régiment de ligne, un travail relatif au tænia et à son traitement par l'émulsion de semences de citrouille,

sur lequel nous avons été chargés, M. Crocq et moi, de vous présenter un rapport.

(1) Bulletin, t. V", p. 541.

Nous venons vous rendre compte du résultat de l'examen auquel nous nous sommes livrés avec toute l'attention que comporte le sujet.

L'auteur s'est proposé de soumettre à votre appréciation les réflexions que lui ont suggérés trois cas de tænia qu'il a eu à traiter, aux points de vue du diagnostic, du mode de propagation et surtout de l'élimination de cet entozoaire.

Sur le premier point, M. Dupont reconnaît, avec tous les pathologistes, que le diagnostic des maladies parasitaires internes n'est pas toujours facile à établir, et qu'en ce qui concerne le tænia, les signes tirés de l'ensemble des symptômes connus sous le nom d'helminthz’ase, sont loin de constituer, à eux seuls, des caractères snflisants de sa présence dans l'intestin. Le seul signe certain, pathognomonique, est l'expulsion de fragments du ver ou de ses œufs, lesquels sont blancs, arrondis et pourvus de trois membranes superposées, dont la plus interne laisse voir, par transparence, l'embryon pourvu de trois paires de crochets, comme l'entozoaire adulte. Ces œufs, dont chaque article est pourvu de plusieurs centaines, ne sont appréciables qu'à l'examen microscopique.

Voilà pour le diagnostic. Jusque-là l'auteur ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà ?

Quelle est l'origine du tænia et comment se propage-Lit?

Les auteurs qui se sont occupés d'helminthologie ont beaucoup disserté sur ce sujet et n'ont émis que des hypothèses plus ou moins bien étayées. Ce n'est que dans ces derniers temps que l'observation et l'expérimentation ont conduit à la découverte de l'origine du ver solitaire dans le corps humain. Voici l'explication qu'en donne M. Dupont :

Lorsque le tænia a atteint tout son développement, les

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