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noirâtre résino-graisseux. Si on le chauffe au bain-marie, la matière grasse se sépare en partie, ce qui montre qu'elle n'est qu'incomplètement mélangée.

Nous en avons fait une seconde analyse, M. Emile Chevalier et moi, sur un échantillon recueilli sur un autre cheval : nos deux analyses concordent parfaitement.

Traité par l'alcool, le cerumen du cheval fournit un léger résidu, fort hygrométrique. Si on le calcine, il laisse pour résultat de la magnésie.

Avec l'eau, on obtient un liquide ambré, dont l'évaporation fournit un résidu assez abondant; nous avons constaté que la base alcalino-lerreuse est encore de la magnésie.

Ce résidu, resté indissous après l'action successive de l'éther, de l'alcool et de l'eau, est noirâtre; calcinė, il laisse aussi un résidu de magnésie. Il n'y a que des traces de chaux.

Le cérumen du cheval contient par gramme:

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Eau .
Matière grasse séparée par l'éther, fort colorée .

soluble dans l'alcool (à base de magnésie).
soluble dans l'eau (à base de magnésie)

insoluble (à base de magnésie). Traces de chaux.

0,039 0,387 0,092 0,204 0,278 traces.

.

En résumé, le cerumen du cheval comparé à celui de l'homme (dont j'ai donné précédemment l'analyse, voir la séance de l'Académie du 24 avril 1869 et mon deuxième mémoire) renferme de la magnésie, au lieu de polasse, quatre fois moins de matière soluble dans l'alcool, environ deux fois plus de matière insoluble, presque une fois plus de malière soluble dans l'eau et de matière grasse.

Voyons maintenant ce qui regarde le cérumen du mulet.

Il est physiquement semblable à celui du cheval, mais chimiquement il en diffère beaucoup. Le résidu de la solution alcoolique est à base de magnésie, comme chez le cheval, mais là s'arrêle la ressemblance; le résidu de la matière insoInble est à base de chaux, comme chez le chien ; enfin, le résidu de la solution aqueuse est à base de magnésie et de chaux, caractère que nous n'avons rencontré que chez l'âne, avec lequel le mulet devra former une catégorie spéciale. Ce cérumen renferme par gramme :

Eau .

0,174 Matière grasse, fort colorée

0,261 soluble dans l'alcool (à base de magnésie).

0,217 soluble dans l'eau (à base de magnésie et de chaux). 0,217 insoluble (à base de chaux).

0,131

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Le cerumen du mulet, comparé à celui du cheval, a pour base de la magnésie et de la chaux, au lieu d'avoir de la magnésie seulement; comparé à celui de l'homme, il contient le méme chiffre de matière grasse et autant de matière insoluble, environ une fois et demie autant de matière soluble dans l'eau, et presque moitié moins de malière soluble dans l'alcool.

En définitive, dans la série des animaux soumis à notre examen, le cérumen a présenté quatre variétés principales : dans la première, le cerumen est à base de potasse, comme chez l'homme ; exemples le veau, le bouf, le porc, le mouton; dans la deuxième, il est à base de chaux; c'est ce que nous avons constate chez le chien ; dans la troisième, il est à base de magnésie ; tel est celui du cheval ; enfin, dans la qualrième, il est à base de magnésie el de chaux, comme nous l'avons trouvé chez le mulet et l'âne.

2. RAPPORT de la Commission qui a examiné la commu

nication de M. BLAS, relative à la recherche de la picroloxine dans la bière, M, DEPAIRE, rapporteur.

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Messieurs,

Dans la séance du 28 novembre 1868, vous avez entendu la lecture d'un rapport que j'ai eu l'honneur de vous faire au nom de MM. Vleminckx, Chandelon et au mien, sur la falsification de la bière par la coque du Levant; vous en avez adopté les conclusions séance lenante, après quelques observations qui vous ont été présentées par plusieurs de nos collègues.

Ce rapport avait à la fois un côté administratif et un côté scientifique : en effet, il répondait à une lettre de M. le Ministre de l'Intérieur, demandant quelles étaient les mesures à prendre pour empêcher la falsification de la bière par la coque du Levant, et il indiquait la marche analytique à suivre pour arriver à constater la fraude.

La partie scientifique a été appréciée de deux manières différentes et diamétralement opposées, dans deux mémoires qui vous sont soumis, l’un par M. Bonnewyn, correspondant de cette assemblée, l'autre par M. Blas, professeur de pharmacie et de chimie analytique à l'Université de Louvain.

Vous connaissez le travail de M. Bonnewyn ; l'auteur vous en a donné lecture, et en vertu de l'art. 106 de notre réglement, il a été publié dans le Bulletin de l'Académie.

Vous vous rappelez sans doute que M. Bonnewyn prétend

que nous vous avons présenté sous un faux jour l'état des connaissances chimiques sur la picrotoxine, principe actif de la coque du Levant, et que le procédé que nous avons indique pour en constater la présence dans la bière ne mérite aucune considération.

Nous n'avons pas dessein, Messieurs, d'examiner aujourd'hui le travail de M. Bonnewyn ; nous nous réservons de démontrer, lorsque la question sera débattue devant vous, que l'auteur n'a pas compris notre rapport et que ses critiques n'ont pas de valeur.

Le travail qui vous est présenté par M. Blas a été soumis à l'avis de M. Chandelon et au mien, et c'est au nom de cette Commission que je viens faire rapport. M. Blas corrobore en tous points ce que nous avons avancé et ce résultat est acquis, non par des citations d'auteurs, mais par des observations de laboratoire; c'est-à-dire que l'auteur a fait ce que nous avons fait, il a mis la main à la pâle, il a opéré, et les résultats qu'il a obtenus démontrent une fois de plus qu'en chimie on arrive aux mêmes conclusions pratiques, lorsqu’on agit dans les mêmes circonstances.

M. Blas propose un mode opératoire permettant de reconnaitre les alcaloïdes et la picrotoxine, il décrit les expériences qu'il a instituées pour en apprécier la valeur; il trace les caractères principaux de notre méthode et de celle que M. Kohler a publié dans ces derniers temps, les expériences faites pour les comparer, et il finit par indiquer l'analyse de cinq bières différentes plus ou moins suspectes qui lui ont été soumises.

Le procédé de M. Blas consiste à concentrer la bière par évaporalion, à la rendre alcaline par le carbonate sodique et à l'agiler avec de l'éther qui dissout la plupart des alcaloïdes qui pourraient y exister, ainsi que le principe amer du houblon, sans toucher à la picrotoxine.

On acidule ensuite le liquide alcalin par de l'acide acélique, on agite de nouveau avec de l'éther qui cette fois dissout la picrotoxine et l'abandonne par évaporation.

La picrotoxine est purifiée par dissolution dans l'alcool à différents degrés, avec ou sans acide acétique, et au besoin par l'action de la chaleur sur la solution aqueuse acidulée par l'acide sulfurique, ainsi que nous l'avons indiqué.

Celte méthode permet d'isoler la picrotoxine et de reconnaitre la présence d'alcaloïdes dans la bière; elle est donc plus générale que la nôtre qui a été donnée en vue de la seule recherche de la coque du Levant; elle sera suivie avec avantage lorsque l'expérimentateur sera en présence de l'inconnu et qu'il n'aura aucun indice sur la nature de la substance qui aura pu servir à falsifier la bière.

Lorsque la picroloxine est isolée, il s'agit d'en constater l'identité; à ce propos, M. Blas déclare, d'accord avec nous, que les réactions chimiques de ce principe toxique ne sont pas assez caractéristiques, et il recommande de la soumettre à l'expérimentation physiologique que nous avons indiquée en la faisant agir sur des poissons.

L'auteur s'est assuré que l'éther enlève plus facilement et plus complètement la picrotoxine aux liquides acides qu'aux solutions neutres ou alcalines ; il a déterminé le minimum de coque qu'il faut employer pour obtenir la picroloxine cristallisée, la quantité de celle substance qui est nécessaire pour communiquer à un volume connu de bière une amertume supportable, et enfin, il a constaté que le lupulin n'a pas assez d'action toxique sur le poisson.

Nous avons reconnu dans l'exposé fait par l'auteur, les

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